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"Le Conseil national de l’Ordre des médecins se distingue par sa capacité à se saisir de sujets qui prêtent à sourire."
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Hippocrate au pays des cocus : les dessous du conseil de l'Ordre des médecins
Publié le 12 mai 2013
Qui se cache derrière le Conseil de l'ordre des médecins, né sous le régime de Vichy ? René Chiche enquête sur la caste très fermée qui règne sur le secteur de la santé. Extrait de "Enquête sur les mandarins de la médecine" (2/2).
René Chiche, journaliste depuis près de 25 ans, après avoir travaillé pour les groupes Ayache et Hachette-Filipacchi, a été rédacteur en chef et producteur délégué de magazines pour La Cinquième et France 5. Depuis quelques années, il dirige son agence...
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Qui se cache derrière le Conseil de l'ordre des médecins, né sous le régime de Vichy ? René Chiche enquête sur la caste très fermée qui règne sur le secteur de la santé. Extrait de "Enquête sur les mandarins de la médecine" (2/2).

En revanche, très critiqué pour sa « gentillesse » en cas de faute médicale – même avérée –, le Conseil national de l’Ordre des médecins se distingue, parfois, par sa capacité à se saisir avec zèle et passion de sujets qui prêtent, eux, à sourire, tant ils semblent anecdotiques. Comme, par exemple, cette croquignolesque « affaire » de Freyming-Merlebach, en Moselle, où le ridicule dispute la palme d’or à la mauvaise foi sur fond de potins de campagne. Et qui a mobilisé le conseil régional de l’Ordre des médecins de Moselle pour un dossier qui aurait eu sa place dans les pages de Voici ou de France Dimanche plus que sur les bureaux de l’instance ordinale. Tout cela parce qu’au début de l’année 2011, Pierre Lang, député-maire depuis 1995 de cette petite ville mosellane, par ailleurs président de la fédération départementale de la chasse, a demandé aux conseillers de l’Ordre de sa région la radiation d’un toubib, coupable de l’avoir cocufié ! Pierre Lang, pharmacien et biologiste de profession, était en instance de divorce avec sa future ex-épouse,une ravissante pharmacienne d’une cinquantaine d’années. En se basant sur l’un des articles du fameux serment d’Hippocrate, ce texte ancestral qui détermine les obligations morales, éthiques et légales des docteurs en médecine, l’élu avait estimé que le praticien avait violé cette charte symbolique des toubibs puisque, selon les termes d’Hippocrate, il aurait dû « se préserver de tout méfait volontaire et corrupteur et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves ». Dans sa version moderne, en vigueur depuis dix-sept ans, le serment d’Hippocrate souligne désormais que le praticien « reçu à l’intérieur des maisons, respectera les secrets des foyers et sa conduite ne servira pas à corrompre les mœurs ». Il faut néanmoins reconnaître que ce texte n’a plus qu’une portée symbolique et que la profession s’appuie uniquement sur le code de déontologie médicale et le Code de santé publique.

Avocate de Pierre Lang, Me Martine Génin défendit la demande de son client en arguant qu’« un médecin ne doit pas se livrer à des œuvres voluptueuses avec sa clientèle. Le côté récurrent du comportement de ce médecin a ému mon client qui s’est senti contraint de dénoncer ces faits à l’Ordre. » Car selon Pierre Lang, il ne s’agissait en aucun cas d’une affaire privée, mais d’une question de trouble à l’ordre public, le premier magistrat étant le garant de la moralité dans sa commune. Et de dénoncer les agissements donjuanesques de son rival, « coupable » à ses yeux de multiplier les conquêtes féminines en profitant de son statut de médecin. Pour Me Stanislas Louvel, défenseur du « mis en accusation », cette affaire a un côté « pagnolesque » pour reprendre l’expression utilisée par son client lors de son audition devant la chambre disciplinaire régionale : « Le code de déontologie n’a pas été violé. Le président de la chambre disciplinaire avait pris la bonne initiative de convoquer Mme Lang qui expliqua qu’elle n’avait fait l’objet d’aucune manipulation et que personne n’avait abusé d’un hypothétique état de faiblesse. L’ex-épouse du député-maire Lang est une femme responsable, même à poigne diront ses proches, qui n’a pas hésité à reprendre ses études de pharmacienne à l’âge de quarante-cinq ans. Ayant toujours vécu sous les ors de la République en raison des activités politiques de Pierre Lang, elle ne pouvait pas être impressionnée par un médecin, elle qui a rencontré des centaines de personnalités importantes. C’est une affaire d’ordre privé comme il en existe des milliers en France et on ne cherche pas, à chaque fois, à faire trancher ces épisodes de vie devant une juridiction. Cette plainte de Pierre Lang était tout simplement abusive et sans fondement. » Saisi par le conseil départemental, l’Ordre régional plancha sur ce sujet, ô combien important pour la Moselle et son armada de praticiens ( !), pour finalement débouter le mari trahi par son épouse. L’adultère ne représente pas une faute disciplinaire et le député-maire n’a pas réussi à faire punir le toubib, dont le seul crime était d’avoir séduit une femme consentante ! Néanmoins, grâce à ses relations au plus haut niveau des conseils de l’Ordre, le député-maire Lang parvint à mobiliser ses amis conseillers pour, au moins, traduire l’amant devant les tribunaux ordinaux. Tout cela pour, finalement, une banale histoire d’adultère ! Du Labiche ou du Feydeau au Conseil de l’Ordre !

Extrait de "Enquête sur les mandarins de la médecine" (Editions du moment), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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alesbru
- 12/05/2013 - 14:27
Le Conseil de l'ordre, un reliquat de Vichy devrait être dissous
Le Conseil de l'ordre permet d'éviter que les médecins qui ont commis des fautes ne soient réellement jugés. C'est un groupe de pairs (voire de frères) qui s'auto protège au détriment de la justice. Il n'est que temps de mettre un terme à des agissements de type mafieux. Ayant déposé une plainte devant ce Conseil, j'en connais les limites.
gliocyte
- 12/05/2013 - 10:30
Déontologie?
En quoi le Conseil de l'Ordre est-il responsable dans cette histoire? Jouer sur le mot "dessous" dans l'intention de ternir le Conseil de l'Ordre ne ternit que celui qui en joue. Le mot Conseil de L'ordre est-il si tabou chez les journalistes? Il est vrai que la création d'une instance déontologique, seul remède pour le SNJ pour pallier à "la méfiance voir l'indifférence du public envers les médias qui ne cesse de croître" (dont il s'alarme) n'a jamais, depuis des décennies, réussi à voir le jour. Ceci explique cela... Je ne défends pas Le Conseil de l'Ordre( qui a beaucoup de défauts) mais, au moins, il a le mérite d'exister...