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Karl Marx : un petit bourgeois comme les autres ?
Publié le 22 juillet 2012
Avec Phil Mason
Phil Mason revient sur la vie du père de l'idéologie communiste et raconte qu'il ne vivait pas selon ces propres préceptes. Il dépendait même financièrement d'un riche fils de capitaliste. Extraits de "Les testicules de Jeanne d'Arc" (2/2).
Phil Mason est un écrivain, auteur de "Les testicules de Jeanne d'Arc et autres surprises de l'histoire"  et de "L'homme qui a perdu 103 élections et autres histoires extravagantes de la vie politique dans le monde" aux éditions de l'Opportun.
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Phil Mason revient sur la vie du père de l'idéologie communiste et raconte qu'il ne vivait pas selon ces propres préceptes. Il dépendait même financièrement d'un riche fils de capitaliste. Extraits de "Les testicules de Jeanne d'Arc" (2/2).
Avec Phil Mason

Héros de millions de gens au XXe siècle, Karl Marx a vu sa réputation décliner quelque peu après l’effondrement du communisme dans les années 1990. Le prophète qu’on avait un temps cru infaillible s’est retrouvé échoué sur la plage des idées quand les marées de l’opinion ont tourné. Si les gens en avaient su un peu plus sur lui en tant qu’homme, ils auraient été difficiles à convaincre dès le départ. Il était tout de même plutôt contradictoire qu’un théoricien politique comme lui, dont le regard sur le monde était focalisé sur les inégalités générées par le capitalisme et les grandes entreprises, doive autant compter sur le soutien financier de Friedrich Engels, le riche fils d’un fabricant de coton de Manchester.

En 1867, quand Marx a publié sa grande oeuvre, Le Capital, à l’âge de quarante-neuf ans, il connaissait Engels depuis que celui-ci avait travaillé pour son journal à Cologne vingt-cinq ans plus tôt. Deux ans après leur rencontre, les deux hommes s’étaient retrouvés à Paris – où Marx résidait alors – et après dix jours d’intenses débats philosophiques, apparemment copieusement arrosés au vin rouge, ils s’étaient juré une amitié éternelle.

Engels tint parole. Tout en étudiant les conditions de vie de la classe laborieuse en Angleterre, il devint le poumon artificiel financier de Marx le démuni. Les deux philosophes se complétaient parfaitement : Engels recueillait les informations de terrain sur les effets du capitalisme tandis qu’avec ses capacités analytiques, Marx s’efforçait d’en comprendre le fonctionnement. Mais, à l’époque, peu de gens savaient que Marx dépendait du fils fortuné d’un capitaliste pour vivre et se délectait de sa vie indolente d’homme entretenu.

Une vie de contradictions

Au moment de ce tournant, pour un homme marié avec une fille de moins d’un an et un autre enfant en route (il en a eu quatre entre 1844 et 1849), Marx menait une vie pour le moins bohème. Il passait de longues matinées dans les cafés et, selon l’un de ses biographes, « des nuits encore plus longues en parties de cartes et en conversations imbibées ». Quand il s’installa à Londres en 1849, Engels ne tarda pas à le suivre. Bien que sa famille et lui manquassent d’argent, Marx refusait de se salir en prenant un métier comme les autres exilés (il considérait cela comme un « vil commerce ») et préférait se débrouiller avec les petites sommes qu’Engels lui envoyait régulièrement. Ce dernier jouissait d’une rente de son père d’un montant de deux cents livres par an (ce qui équivaudrait à environ cent soixante-dix mille euros aujourd’hui) et possédait deux maisons, une en ville, l’autre à la campagne. Un jour, il écrivit à Marx que la firme familiale avait doublé ses profits en dix ans : « Il va sans dire que je ne serai pas inutilement regardant.» Avec des amis comme ça…

Marx profitait au maximum de cette générosité. Même dans sa situation précaire, il employait un secrétaire, non parce qu’il en avait vraiment besoin mais parce qu’une personne de son statut et de son ambition se devait de maintenir les apparences. (On l’a même entendu déclarer qu’il refusait de mener une existence « sous-prolétarienne ».) À la même époque, le boulanger refusait de continuer à lui livrer du pain tant qu’il n’aurait pas réglé sa note. Le journaliste Francis Wheen, auteur de l’une de ses biographies, estime que les bonnes années, Marx recevait jusqu’à cent cinquante livres de son bienfaiteur, « une somme permettant à une famille de la petite bourgeoisie de vivre assez confortablement ». À ce moment-là, Marx n’avait encore rien écrit. Il faisait simplement des « recherches » interminables à la British Library depuis des années et menait une vie notoirement dissolue. Un soir, dans les années 1850, accompagné de deux collègues révolutionnaires, il avait fait une tournée des grands-ducs sur Tottenham Court Road, près de chez lui. Les trois hommes avaient décidé de boire une pinte dans chacun des dix-huit pubs de la rue et avaient atteint leur objectif. À la fin, vers deux heures du matin, ils s’étaient mis à briser les lampadaires (Marx en aurait eu cinq) avant d’être mis en fuite par la police.

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Extrait de "Les testicules de Jeanne d'Arc... et autres surprises de l'Histoire", Editions de l'Opportun (3 mars 2011)

 

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Oaxaca
- 23/07/2012 - 12:18
L'article occulte l'important
L'article occulte l'important .
Si Marx dépend de son ami , c'est bien dû au fait que ses écrits sont purement et simplement interdit ,tant en Prusse qu'en France en Belgique ou a Londres...
Et comme il refuse de se soumettre aux pouvoir dominants , il est contrait a la clandestinité
La vie de Marx en exil est extraordinairement difficile comme en témoigne sa correspondance. Le soutien financier d'Engels, également installé en Angleterre, lui permet de survivre. Malgré ce soutien, Marx et sa famille doivent faire face à une extrême misère : « Ma femme est malade, la petite Jenny est malade, Léni a une sorte de fièvre nerveuse. Je ne peux et je ne pouvais appeler le médecin, faute d'argent pour les médicaments. Depuis huit jours, je nourris la famille avec du pain et des pommes de terre, mais je me demande si je pourrais encore me les procurer aujourd'hui » (à Engels, 4 septembre 1852). L'un de ses enfants, Edgar, meurt d'ailleurs de sous-alimentation.
papaye97450
- 23/07/2012 - 12:06
Agressif en plus,
Agressif en plus, premièrement, la "vraie" vie ouvrière comme tu le dis je ne la regarde pas en face, je la vis. Tu as raison au moins 30% des ouvriers votent pour Le Pen et 40% pour la gauche. Aussi, comme tu le soulignes très bien le FN est est un parti libéral, et par conséquent au service du capitalisme sauvage. Pourquoi ce n'est pas la solution particulièrement pour nous les classes populaires? Parce que malgré la volonté de fermer les frontières humaines et pourquoi pas sortir de l'UE et fermer les frontières économiques, ce libéralisme conduira au monopole et par conséquent à une hausse massive des prix car pas de concurrence. Ce serait une catastrophe (pire que maintenant, il faut le faire comme même). Actuellement, le monopole est assez faible et concerne les services "publics" privatisés EDF, GDF, SNCF, qui d'ailleurs gonflent leur prix pour récolter d'énormes profits, un bon exemple (hausse du prix du gaz de 2% il y a quelques jours). Il est très important de s'informer (moi je conseille Boursorama), de lire journaux et bouquins (capital pour moi) pour bien comprendre le fonctionnement de notre système économique et ne pas se faire avoir.
le Gône
- 23/07/2012 - 10:39
@papaye97450
Pauvre gugus les Marxistes les plus acharnés ne sont que des bobo fonctionnaires n'ayant jamais rien fait de leur mains ni de leur vie...la classe ouvriere d'aujourd'hui vote Lepen!! qui est un liberal...alors rembale tes sarcasmes et regarde la vraie vie ouvriere en face.