En direct
Best of
Best of du 14 au 20 novembre
En direct
ça vient d'être publié
pépite vidéo > France
Déconfinement en trois étapes
Covid-19 : retrouvez l’intégralité de l’allocution d’Emmanuel Macron sur le déconfinement
il y a 3 heures 7 min
pépites > Politique
Feu vert en première lecture
Loi sur la "sécurité globale" : l'Assemblée nationale adopte le texte controversé, à 388 voix pour et 104 voix contre
il y a 6 heures 9 min
pépites > Santé
Crise de défiance
Coronavirus : un quart des Italiens croient aux théories complotistes sur la pandémie
il y a 7 heures 9 sec
pépites > Politique
Premier ministre
Loi "sécurité globale" : Jean Castex va saisir le Conseil constitutionnel sur l'article 24
il y a 8 heures 31 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Putzi - Le pianiste d’Hitler" de Thomas Snégaroff : un petit bonhomme au service de l’ascension d’Hitler, un portrait éclairant largement documenté

il y a 10 heures 17 min
décryptage > International
Le point de vue de Dov Zerah

La Chine s'est éveillée, le monde peut trembler

il y a 11 heures 11 min
décryptage > Culture
Repenser nos modèles

L’expérience immersive : pour sauver la culture et le savoir

il y a 12 heures 27 min
décryptage > Santé
Lieux de contaminations ?

Réouverture des petits commerces, restaurants, lieux de cultes et culturels… : voilà pourquoi (et comment ) le risque sanitaire peut être maîtrisé

il y a 13 heures 7 min
pépite vidéo > Politique
"La France se disloque"
Rachida Dati : "Nous sommes à deux doigts d'une explosion de notre pays"
il y a 13 heures 38 min
light > High-tech
Bug
Des clients britanniques d'Amazon acheteurs de la nouvelle PlayStation 5 se sont vus livrer à la place des objets qui n'ont aucun rapport avec elle
il y a 14 heures 11 min
pépites > Politique
Calendrier du déconfinement
Covid-19 : Emmanuel Macron confirme que "le confinement pourra être levé" le 15 décembre "si les objectifs sanitaires sont atteints"
il y a 3 heures 32 min
pépites > France
Chantier de la reconstruction
Notre-Dame de Paris : le démontage de l'ancien échafaudage est enfin terminé
il y a 6 heures 34 min
light > Sport
Monde du rugby en deuil
Mort de Christophe Dominici à l’âge de 48 ans
il y a 8 heures 19 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Aurélien" de Louis Aragon : un amour improbable dans le Paris des années 20... un roman à relire toutes affaires cessantes

il y a 10 heures 2 min
pépites > Santé
Covid-19
L'exemple de l'aéroport de Shanghai montre la rapidité de réaction de la Chine face au coronavirus
il y a 10 heures 35 min
décryptage > Politique
Mesures gouvernementales

Un jeune, une solution : un ministère (du travail), mille problèmes…

il y a 12 heures 1 min
pépites > Justice
Police
L'IGPN saisie après l'action de la police pour enlever les tentes installées par des associations et des militants place de la République hier soir
il y a 12 heures 37 min
pépites > Politique
Justice
Alain Griset, ministre des PME, mis en cause par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique pour non déclaration de participations financières
il y a 13 heures 34 min
décryptage > International
Diplomatie

La nouvelle alliance entre Israël et les pays sunnites du Golfe est-elle de taille à résister à l’Iran ?

il y a 14 heures 7 min
décryptage > Europe
L’union fait l’insouciance

L’Europe, puissance naïve dans un monde de brutes ?

il y a 14 heures 30 min
© BOUREIMA HAMA / AFP
Niger Kouré Daesh attaque état islamique
© BOUREIMA HAMA / AFP
Niger Kouré Daesh attaque état islamique
Menace terroriste

Daech au grand Sahel : l’assassinat des Français au Niger, une preuve de plus de sa résistance

Publié le 23 septembre 2020
Après l’assassinat de huit humanitaires dont six Français au Niger, le groupe terroriste Daesh​ a publié une revendication de l'attaque. Sébastien Boussois décrypte les enjeux au coeur de la région.
Sébastien Boussois
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sébastien Boussois est Docteur en sciences politiques, chercheur Moyen-Docteur en sciences politiques, chercheur Moyen-Orient relations euro-arabes/ terrorisme et radicalisation, enseignant en relations internationales, collaborateur scientifique du...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Après l’assassinat de huit humanitaires dont six Français au Niger, le groupe terroriste Daesh​ a publié une revendication de l'attaque. Sébastien Boussois décrypte les enjeux au coeur de la région.

L’image a fait le tour du monde est est non seulement un succès militaire pour Daech mais également une opération de communication très réussie. Hélas. Si  cela s’apparentait à un secret de polichinelle depuis l’assassinat des six humanitaires français au Niger le 9 août dernier, la revendication il y a quelques jours par Daech du drame n’est pas anodine et surtout dans un contexte où l’objectif de l’organisation djihadiste est de semer le chaos à l’approche des présidentielles en décembre. La sécurité a toujours été le maillon faible dans le grand Sahel, de ce pays et de ses voisin malien et burkinabé.

Le fait que Daech ait délibérément visé des Français n’est pas non plus fortuite car depuis des années l’hexagone représente l’ennemi numéro un, non seulement par la loi sur la laïcité perçue par les islamistes comme une loi islamophobe mais aussi de par l’implication de l’armée française dans la région depuis des années. C’est aussi un succès pour Daech qui « résiste » face à son rival Al Qaïda au Maghreb Islamique dont un des groupes a accepté d’entamer le dialogue avec le gouvernement du Mali à condition… que la France s’en aille. Aujourd’hui, près de 5000 soldats français de la force anti-terroriste Barkhane et les pays africains du G5 Sahel tentent de venir à bout de l’hydre djihadiste, disputée entre les tenants de Daech et ceux d’Al Qaïda. Rien n’y fait. Mais qui sont-ils exactement ?

Au moment de la proclamation de l’Etat islamique en Syrie et en Irak en 2014, AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) s’était bien gardé de se réjouir, pour garder son emprise et son identité propre. Mais l’hémorragie allait commencer. Un de ses chefs historiques, Gouri Abdelmalek, qui sera finalement tué par l’armée algérienne en décembre de la même année, allait rejoindre l’EI par pur opportunisme en septembre. En réalité, beaucoup de ces groupes avant tout locaux et qui sèment la terreur d’un territoire à un autre depuis des années, sont caméléons. Ils vont au plus offrant. Ainsi, le leader le plus connu de la région, encore introuvable à ce jour, Mokhtar Benmokhtar, ancien chef historique d’AQMI, est l’un des meilleurs exemples « successful » de transfuge de leader d’Al Qaïda à leader d’une branche de l’Etat islamique. Fondateur d’Al Mourabitoun, qui signifie la « Sentinelle », Benmokhtar va prêter allégeance à Daech en mai 2015 même s’il ne sera reconnu seulement qu’en octobre 2016 par la « maison-mère ». Rapidement, les tiraillements se sont multiplié au sein d’Al Mourabitoun avec une tendance pro Al Qaïda et une pro Daech. Va naître alors « L’Etat islamique au grand Sahara » dirigé par Adnane Abou Walid Al Sahraoui, le fameux groupe même qui a perpétré l’assassinat des humanitaires français cet été. Ce dirigeant est toujours également actuellement dans la nature sans que personne ne soit parvenu à le stopper depuis des années.

Ciel menaçant sur le Niger et le Mali, Al Mourabitoun constitue depuis longtemps une grave menace à la sécurité régionale en complément de la fameuse secte Boko Haram qui prêtera aussi allégeance à Daech en 2015. S’il peut y avoir concurrence locale parfois, il n’y a pas forcément eu de frictions pendant longtemps au Sahel, toutes ces organisations menant un objectif commun : renverser les Etats pour imposer un Califat supranational. C’est à qui se fera le plus remarquer cela dit de la cellule mère en commettant les attentats les plus spectaculaires. La force de ces groupes tient beaucoup à la personnalité de leurs dirigeants, qui apparaissent comme des survivants dans l’histoire, des combattants acharnés qui se jouent des armées conventionnelles, et sont déterminés à aller jusqu’au bout et à la mort.

Ces groupes résistent beaucoup grâce à la domination avant tout charismatique de leurs leaders. Al Mourabitoun doit beaucoup de sa réussite à la continuité et à la persistance jusqu’au-boutiste de son dirigeant, Benmokhtar, d’origine algérienne, et l’un des rares survivants des anciens d’AQMI à avoir combattu en Afghanistan dans les années 1980, d’abord contre les Soviétiques, puis aux côtés des Talibans. Il a suivi toute l’évolution du djihad mondial depuis et on le retrouvera sur de nombreux fronts. A son retour en Algérie en 1993, il rejoint d’abord le GIA. A partir des années 2000, il s’installe dans le Grand Sahara. Après 2011, il rejoint à la faveur du Printemps arabe les groupes islamistes de l’Est libyen où il tisse des liens solides avec notamment Ansar al-Charia sur place. Cela lui permet de s’armer à peu de frais puis de rester à l’abri des actions des opérations menées, à partir de janvier 2013, par l’armée française d’abord au nord du Mali, puis dans tout le Sahel. En 2015, face à la montée en puissance de l’Etat islamique en Libye, il retourne dans le Grand Sahara et intègre les rangs d’AQMI avec son groupe Al Mourabitoun. Après l’allégeance en 2015, Benmokhtar devient un héros et va mener un nombre d’attentats sanglants impressionnants qui ont eu un fort retentissement mondial : l’attaque de l’hôtel Radisson à Bamako en novembre 2015 (22 morts) ; attaque de l’Hôtel Splendid à Ouagadougou au Burkina Faso (30 morts) le 15 janvier 2016 et qui sera le pire attentat que le pays ait connu alors que l’armée française est sur place ; et enfin l’attaque en Côte d’Ivoire de la plage du Grand Bassam en mars 2016 très fréquentée par les touristes internationaux et qui fit 19 morts. Devant un tel succès, il ne restait plus à Daech qu’à adouber son nouveau poulain ressuscité X fois depuis l’Afghanistan.

Abou Walid al Sahraoui, qui a rejoint en 2019 …l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (qu’avait  rejoint Boko Haram), a voulu marquer un coup fort en tuant les humanitaires cet été et pour maintenir au plus haut le prestige de son « label » daechiste. Mais depuis un an, les tensions sont montées entre son groupe et le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans, nouveaux ramassis de plusieurs groupés affiliés à Al Qaïda, qui eux sont entrés dans ces fameuses négociations avec l’Etat malien. La nébuleuse rend de plus en plus complexe l’appréhension de ses groupes qui malgré des objectifs communs, mutent, et ressurgissent là où on ne les attends pas forcément. L’attaque dans la réserve de Kouré, à seulement 60 km de la capitale du Niger, Niamey, dans une zone relativement sous contrôle en a été la preuve à nouveau. On est bien loin d’en avoir fini avec Daech qui s’est redéployé dans au moins 40 pays dans le monde et offre toujours le rêve du Califat pour des milliers d’individus combattant en son nom. 

Par Sébastien Boussois, chercheur en sciences politique associé au CECID (ULB), et consultant SAVE BELGIUM (Society Against Violent Extremism), auteur de « Daech la suite », éditions de l’Aube (2019)

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires