En direct
Best of
Best of du 10 au 16 octobre
En direct
ça vient d'être publié
light > Terrorisme
Biopic
Le réalisateur Clint Eastwood sera convoqué au procès de l'attentat du Thalys
il y a 2 heures 26 min
pépites > France
Hommage national
Discours d’Emmanuel Macron à la Sorbonne : "Samuel Paty est devenu vendredi le visage de la République"
il y a 3 heures 53 min
pépites > Justice
PNAT
Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : le procureur du Parquet national antiterroriste livre de nouveaux éléments sur l'enquête
il y a 8 heures 35 min
décryptage > Culture
Atlanti-Culture

"Michel-Ange" de Andreï Konchalovsky : dans un film éloigné de toute prétention biographique, Michel-Ange, un artiste confronté à la fièvre et à la folie de sa force créatrice… Sublime

il y a 10 heures 34 min
décryptage > Santé
Lutte contre la Covid-19

Coronavirus : L’Etat freine-t-il des médicaments français qui pourraient être efficaces ?

il y a 12 heures 10 min
décryptage > Economie
Espoir face à la pandémie

Le rebond (modéré) de la croissance chinoise est-il une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

il y a 12 heures 47 min
décryptage > Politique
Lutte contre le séparatisme

Julien Aubert : "La détermination d’Emmanuel Macron face à l’islamisme relève plus de l’air du temps que de la conviction"

il y a 13 heures 4 min
décryptage > Science
Osiris Rex

La NASA est sur le point d’entrer en contact avec l’astéroïde Bennu et voilà ce que ça pourra nous apporter

il y a 13 heures 38 min
décryptage > Santé
Un mal pour un bien

Couchés plus tôt ou plus tard...? Ce que nos habitudes du confinement nous enseignent sur l’impact prévisible du couvre-feu

il y a 13 heures 59 min
pépites > Justice
Terrorisme
Samuel Paty le professeur tué à Conflans a démenti avoir commis la moindre infraction quand les policiers l'ont interrogé après la plainte d'un parent d'élève
il y a 14 heures 16 min
pépite vidéo > France
Hommage national
Retrouvez l’hommage d’Emmanuel Macron à Samuel Paty
il y a 3 heures 10 min
pépites > Santé
Extension du couvre-feu
Covid-19 : plusieurs départements vont basculer en alerte maximale jeudi
il y a 7 heures 40 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Les Inconsolés" de Minh Tran Huy : une histoire d’amour tragique, un conte féérique, un thriller gothique, une intrigue magistrale, l’exotisme du Vietnam…, un superbe roman

il y a 10 heures 12 min
décryptage > France
Majorité pacifique

Sera-t-il possible d’inverser le tragique déclin des institutions françaises en évitant la case violence ?

il y a 11 heures 48 min
décryptage > Sport
L’hymne sans la joie

PSG / Manchester United : les Parisiens confondent Ligue des champions et ligue d’égoïstes

il y a 12 heures 37 min
pépites > Terrorisme
Justice
Plainte du ministre de l'Intérieur contre un blog du site Mediapart qui accuse la police d'avoir exécuté l'agresseur du professeur de Conflans parce que ce terroriste est musulman
il y a 12 heures 59 min
light > Justice
High-Tech
Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête contre Google pour abus de position dominante au détriment de ses concurrents
il y a 13 heures 15 min
pépites > Politique
Terrorisme
François Fillon réagit après le meurtre du professeur de Conflans estimant qu'il ne peut pas rester silencieux face à ce drame
il y a 13 heures 46 min
décryptage > Politique
Pire que la fachosphère : la lachosphère

Terrorisme islamiste : comment les princes qui nous gouvernent ont réussi à faire en 72 heures ce qu’ils n’avaient pu faire en 30 ans

il y a 14 heures 4 min
pépite vidéo > Education
Mort de Samuel Paty
Marine Le Pen : "Les enseignants n'ont pas le soutien de leur hiérarchie"
il y a 14 heures 17 min
© Thomas COEX / AFP
© Thomas COEX / AFP
Du grand soir au petit matin

Et si la seule chose que nous ayons vraiment besoin de réapprendre à gérer post-Coronavirus était le temps

Publié le 09 avril 2020
L'impact du confinement et les difficultés à le surmonter au quotidien seraient-ils liés à notre rapport au temps ? Notre rapport au temps a-t-il changé depuis le début de la crise liée au coronavirus ?
Virginie Van Wassenhove
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Virginie Van Wassenhove est Docteur en neurosciences. Elle est directrice de recherche (CEA/Inserm) en neurosciences de la cognition. 
Voir la bio
Michel Ruimy
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L'impact du confinement et les difficultés à le surmonter au quotidien seraient-ils liés à notre rapport au temps ? Notre rapport au temps a-t-il changé depuis le début de la crise liée au coronavirus ?

Atlantico.fr : Existe-t-il un problème entre nos modèles de consommation capitalistes et notre rapport au temps ? Si l’on vit la crise de manière difficile est-ce dû à notre rapport au temps ? 

Michel Ruimy : L’analyse économique traditionnelle de la consommation présente certaines faiblesses. Tout d’abord, elle confond les biens / services et les besoins qu’ils doivent satisfaire. Or, l’individu n’a pas, par exemple, besoin spécifiquement de tomates. Il a besoin de se nourrir. De même, il n’a pas besoin de voiture. Il a besoin de se déplacer (ou de montrer ostensiblement sa prospérité !). De plus, elle néglige un aspect essentiel dans l’utilisation des différents biens / services : la consommation plus ou moins importante du temps. Celui-ci est une ressource rare, au même titre que les biens. Son utilisation a un coût d’opportunité (ensemble des satisfactions que l’on pourrait obtenir en faisant un autre usage de son temps). 

Le tissu est vendu au mètre, le ciment au kilo, le travail à l’heure. Le temps non vendu est dit « libre ». Ainsi, le consommateur qui achète un produit, achète la dispense de se procurer ce produit par son propre travail. Il se libère du temps pour augmenter sa quantité de travail ou s’occuper de sa famille. Les entreprises qui externalisent certaines fonctions, jugées hors du cœur de métier, libèrent du temps de travail pour développer leurs propres activités ou réduire leur consommation de travail. Les échanges économiques sont donc des échanges de temps. C’est le sens même de la division du travail. La valeur d’une marchandise est le temps qu’elle permet d’épargner en ne la produisant pas. Consommation et production sont donc des consommations et des productions de temps. 

Cette introduction du temps dans l’analyse des activités de l’individu est essentielle. Elle permet d’expliquer le comportement de notre Société pour l’accumulation d’objets. Le consommateur moderne est de plus en plus équipé et a de moins en moins de temps à consacrer à l’utilisation de chaque objet. Cette réalité inéluctable vient de ce que le temps mis à la disposition de chacun n’est pas susceptible d’être beaucoup allongé. La plupart des traits que déplorent les critiques de la société de consommation proviennent de cette rareté du temps, et non d’une dégradation morale.

La hausse continue du prix du temps aboutit à placer le consommateur dans la situation d’une entreprise qui voit, en permanence, se modifier les prix relatifs de ses facteurs de production. Cette firme répond à cette évolution en ajustant ses techniques de production, en achetant plus de machines, en remplaçant telle machine par telle autre plus efficace, etc. Il en va exactement de même du consommateur. Pour réaliser les mêmes préférences, celui-ci substitue de nouveaux achats à d’anciens achats, pour la seule raison que les nouveaux produits achetés, compte tenu de la nouvelle valeur du temps, seront plus efficaces pour satisfaire au meilleur coût ses besoins. Le changement réside non pas dans la structure des besoins du consommateur, mais dans les moyens de les satisfaire. La croissance économique ne transforme donc pas les besoins et les préférences.

Elle accroît seulement les possibilités de choix offertes à chacun pour réaliser le meilleur usage possible de ses ressources, et cela quel que soit le niveau de son revenu. 

Face au confinement total qui prend d’assaut la France entière, les « journées canapé » se profilent sans en voir la fin du fait de la publication du décret limitant la durée des sorties. Le trop-plein d’énergie et le temps intérieur supplémentaire retrouvé rend cette situation difficile à supporter car nous ne savons pas comment dépenser. Renouveler les activités à faire chez soi s’avère, chaque jour, un exercice un peu plus complexe.

Virginie Van Wassenhove : Il existe une myriade de facteurs qui contribue à notre difficulté d’appréhender la crise. 

Il y a la réalité vécue des malades graves pour qui le temps est compté. Celle des personnes qui perdent de manière imprévisible des êtres chers, et avec eux, toute une narrative future qui donnait son ambition à leur présent. Il y a la réalité cruelle et éprouvante des prises de décisions sur le vif par le corps médical soumis aux conditions d’urgence. Il y a la réalité sourde des acteurs de la société qui essaient de maintenir l’horloge sociale, même au ralenti. 

Dans toutes ces réalités uniques, et individuelles, c’est l’expérience universelle et primaire du danger imminent qui rythme notre rapport au temps. A l’inverse, la capacité raisonnée réorganise les priorités individuelles et sociétales à l’encontre de nos instincts.  Ces deux logiques possibles de rapport au temps (réaction dans le premier cas, ou réorganisation de ce qui était acquis et routinier dans l’autre) nécessitent des ressources cognitives importantes et distinctes. Notre rapport au temps est dicté par la manière dont nous gérons nos ressources individuelles propres, ce que nous considérons comme prioritaire dans un horizon futur, à très court ou à très long terme. 

C’est la raison pour laquelle j’ai lancé ce projet. Dans toute analyse raisonnée d’une situation, les données empiriques - bien plus que les « faits » - sont nécessaires. Je suis parfaitement consciente qu’une question de recherche sur la perception du temps et la perspective temporelle puisse apparaître comme un luxe intellectuel plus qu’une nécessité du moment. Cependant, je pense aussi que sans effectuer des mesures empiriques, nous ne pourrons pas produire de discours raisonné sur la manière dont les populations vivent les choses en ce moment. Suite aux échanges avec d’autres experts dans diverses disciplines en France et à l’étranger, nous nous sommes mobilisés afin de capturer le présent et de quantifier ce qui pourrait, par la suite, nourrir notre compréhension des difficultés psychologiques futures des populations. 

En cette période, les entreprises sont à la recherche de la rentabilité à court terme. Cette méthode peut-elle s’avérer dangereuse ? Est-ce dû à la structure humaine qui a été bouleversée au fil du temps ? Comment - en tant qu’individus - a-t-on laissé les économies de marché supprimer nos frustrations ?

Michel Ruimy : La performance d’une entreprise se mesure à l’aide de deux concepts : l’efficacité (capacité, pour une entreprise, d’atteindre les objectifs fixés par l’équipe dirigeante) et l’efficience (optimisation des ressources consacrées à l’atteinte des objectifs). La mesure de ces concepts s’effectue à l’aide d’indicateurs de rentabilité. Cette rentabilité n’a pas la même signification selon que l’on soit associé ou dirigeant.

Or, depuis plusieurs décennies, le capitalisme financier est prédominant dans la vie des affaires. Pour attirer de nouveaux investisseurs et/ou ne pas perdre les associés actuels, l’entreprise a privilégié la rentabilité financière (capacité de l’entreprise à rémunérer les associés) et tend à maximiser cet indicateur au détriment de la rentabilité économique (capacité de l’entreprise à générer des bénéfices à partir des capitaux investis). Ainsi, une entreprise dégageant une rentabilité financière supérieure à celle demandée par ses associés n’aura pas, à long terme, de problèmes pour financer son activité. De plus, pour les grandes entreprises, plus cet indicateur est élevé, plus l’entreprise aura des facilités à lever des fonds sur les marchés financiers. 

En considérant la formule de Benjamin Franklin : « Time is money », illustration dans une certaine mesure de l’économie de marché, certains acteurs du système (dirigeants, actionnaires…) ont désiré privilégier davantage le temps présent que le temps futur c’est-à-dire la rentabilité de leur investissement à court terme, quitte à créer certains problèmes et dysfonctionnements économiques (faillites d’entreprises, environnement…). Ils ont préféré la logique financière à la logique industrielle visant la pérennité de l’entreprise. Ce comportement est erroné. Au-delà de leur universalité commune (Le temps peut s’employer à toutes les activités humaines possibles. L’argent peut acheter toutes les productions humaines possibles), le temps passe et s’épuise tout seul, inéluctablement, quoi que l’on fasse et quoi que l’on en fasse tandis que l’argent peut soit s’épuiser, soit s’accroître selon l’usage qui en est fait. 

Or, dans sa démarche, l’économie de marché a substitué le prix à la valeur. La monnaie est devenue l’instrument de mesure des grandeurs économiques, des richesses. C’est oublier que la monnaie et le prix sont relatifs à un marché. Pour chaque marché, un système de fixation des prix et un étalon monétaire sont créés spécifiquement, et modifiés selon les besoins du fonctionnement de ce marché. Prix et monnaie expriment ainsi les conditions de fonctionnement d’un marché donné. Mais, dès lors que nous étudions le fonctionnement d’une société dans son ensemble, économie composée d’une multitude de marchés correspondants à des biens et des lieux différents mais interdépendants, le système monétaire dans son ensemble n’est plus adapté. Il convient alors d’intégrer des richesses de natures et de lieux différents.

Avec cette crise du coronavirus, notre rapport au temps a-t-il changé ? Est-il devenu problématique ? 

Virginie Van Wassenhove : Il y a plusieurs façons d’aborder votre question. 

La première est philosophique au sens où la pandémie planétaire nous rappelle à la biologie. Nous sommes des êtres soumis aux lois fondamentales de la nature, et à son ingéniosité, aux dépends parfois de certaines espèces. Elle nous rappelle aussi brutalement à notre mortalité et à notre finitude, de manière d’autant plus prononcée lorsque l’on a la chance d’être citoyen d’un pays dont le risque quotidien n’est pas celui du danger de mort. Jusqu’à cette nouvelle réalité historique.  Sur le long terme, les expériences de chacun feront trace dans la mémoire individuelle et collective. 

L’autre manière d’aborder votre question est de parler des expériences contrastées. Par exemple, de la rapidité soudaine avec l’instant présent qui s’impose à nous, alors que presque toute activité cesse et que les signes que nous passons le temps (qui lui ne passe pas vraiment) cessent aussi. Si une partie d’entre nous est plongée dans un horizon confiné au présent, une autre partie est-elle dans une accélération effrénée sous menace de vie ou de mort. Présentement, la réalité de certains devient elle-même symbole de ce qui est vécu par d’autres. 

Le troisième sens est ce qui m’amène à vous parler : nous ne saurons pas avec certitude si le rapport au temps change à moins que l’on se donne les moyens de l’étudier en situation réelle. Notre projet ambitionne de quantifier de manière méthodique la psychologie d’un individu dans ce contexte de pandémie. C’est très ambitieux et difficile, mais le projet est mis en place – lui aussi dans l’urgence et bénévolement – et commence à collecter autant de données fiables et interprétables que possible afin que nous puissions faire sens du présent actuel dans un futur proche.

Les grands groupes (Silicon Valley) nous parasitent-ils en nous poussant à nous détourner de l'ennui ? 

Virginie Van Wassenhove : Je pense que cette question ne fait sens que si l’on a la conviction qu’un individu ne possède pas de libre arbitre. Or, j’ai le romantisme de penser que le libre arbitre n’est pas une invention, et qu’il est l’avantage du système dynamique complexe dont nous sommes tous dotés: le cerveau. 

On peut opérationnaliser l’ennui comme une attente ou une incertitude inachevée. Je ne pense pas que l’on puisse parler ici d’ennui. Les préoccupations qu’apporte la pandémie tant sur le plan de la santé individuelle (physique et mentale) que sur les problèmes socio-économiques à venir, sont une charge mentale extrêmement lourde pour tout à chacun. C’est sans aucun doute ces préoccupations légitimes qui détournent présentement nos esprits, et ainsi le désir de s’évader d’une situation anxiogène.

J’espère néanmoins que le futur apportera son lot d’ennui, et son utilité à la création, comme de nombreux scientifiques et artistes l’on souvent dits. 

Alors que je finis de vous répondre, le voisinage applaudit le corps médical dans ce nouveau rituel de 20 h. Même l’ennui parasité et la distanciation sociale n’affectent pas le désir profond de synchronisation et de communication de notre espèce. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Loupdessteppes
- 09/04/2020 - 11:07
Justement il serait TEMPS :
De fournir des masques, des tests, de prendre de bonnes décisions, de ne pas agir à contre-temps... et de réagir à temps...