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© Reuters
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Bonnes feuilles

Le combat d’un père avant les attentats du 13 novembre 2015 : le jour où Azdyne Amimour a retrouvé son fils en Syrie

Publié le 12 janvier 2020
Azdyne Amimour et Georges Salines publient "Il nous reste les mots" chez Robert Laffont. Extrait 2/2.
Georges Salines
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Georges Salines a présidé l'association de victimes 13onze15 : Fraternité et Vérité et milite pour la prévention de la radicalisation. Il est l'auteur de L'Indicible de A à Z (Le Seuil, 2016).
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Azdyne Amimour
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Azdyne Amimour a exercé plusieurs métiers, dans le commerce, le sport ou le cinéma. Il est le père de Samy Amimour, l'un des trois terroristes du Bataclan.
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Azdyne Amimour et Georges Salines publient "Il nous reste les mots" chez Robert Laffont. Extrait 2/2.

GS : Finalement, Samy ne te mettra aucune barrière pour parvenir jusqu’à lui, c’était un sacré pari. 

AA : Oui. J’ai su par la suite qu’il était à Manbij, à trente‑huit kilomètres de Jarablus. Je suis retourné à la caserne, qui était un endroit assez inhospitalier. Il y avait la queue aux toilettes, la nourriture était infecte. Quant à l’ambiance, elle n’était guère mieux – pas de musique, bien sûr. Assis par terre, les gens se racontaient leurs aventures, les raisons de leur engagement, ce qu’ils espéraient faire en Syrie. Soit des idéalistes, soit des fous. Je me baladais d’une pièce à une autre et découvrais différents groupes de nationalité. « Malgré ton âge tu es venu quand même, bravo ! » m’a respectueusement lancé l’émir. J’ai passé une nuit infernale et rêvé que Samy avait été blessé. C’était manifeste ment prémonitoire… 

À 5 heures du matin, l’appel à la prière a retenti. Malgré la fatigue, nous nous sommes tous levés pour prier, tandis que l’émir a continué à dormir !

GS : Comment se sont passées vos retrouvailles avec Samy ? 

AA : J’ai attendu jusqu’à 10 heures pour voir Samy arriver. En tenue paramilitaire, appuyé sur des béquilles, une kalachnikov sur l’épaule, il s’est approché de moi en souriant. Visage creusé, petit bouc, le regard perçant, il était là. Il semblait comme habité, sûr de lui, viril. Il avait pris au moins cinq ans. 

Il m’a expliqué qu’il avait été touché par plusieurs balles dans la cuisse. Il était calme, froid, ce n’était pas les retrouvailles chaleureuses auxquelles je m’at‑ tendais. Nous sommes ensuite partis pour Manbij, à bord d’une jeep de toute évidence ravie à l’armée de Bachar al‑Assad. Je regardais Samy mais les mots avaient du mal à sortir. Malgré sa métamorphose physique, lui non plus n’était pas plus loquace qu’avant.

GS : Où t’emmenait‑il ? 

AA : Nous allions à l’hôpital de Manbij, l’état‑ major de ce que l’on appelle le « service attentats pour les opérations extérieures » de Daech. Là, c’était l’apocalypse : des Français blessés, gémissants, les jambes coupées. Même à l’article de la mort, certains conservaient leurs armes à la main. L’un d’entre eux portait encore une ceinture d’explosifs d’où pen‑ douillaient des fils. Certains étaient menottés à leur lit : des prisonniers de l’armée ou des Kurdes. Le médecin de l’hôpital ne faisait pas de distinctions : un blessé est un blessé. Nous avons passé là quatre jours, essentiellement pour que Samy soigne sa jambe. La seule activité consistant, cinq fois par jour, à se rendre dans une salle improvisée pour faire la prière. Samy se reposait et ne parlait pas beaucoup. Le deuxième jour, un de ses amis, un Marocain de trente ans, trépignait de joie. Je trouvais cela un peu bizarre, vu l’atmosphère de mort qu’il régnait ici. Nous étions en réalité le 28 juin 2014, la veille d’un très grand événement.

GS : La proclamation de l’État islamique le 29 juin par al‑Baghdadi, qui s’autodésigne calife ? À partir de ce moment‑là, Daech commence à devenir une organisation d’un type radicalement nouveau par rapport aux autres groupes djihadistes. 

AA : Oui, et c’est là que j’ai donné à Samy la lettre de Mouna, espérant un revirement de situation. Il s’est retiré pour lire la lettre et nous n’en avons pas reparlé, l’ambiance était lourde. 

Nous avons ensuite pris la route pour gagner l’autre bout de la ville et nous installer dans un ancien commissariat. Cette nuit‑là, j’ai dormi sur la terrasse à la belle étoile, il faisait très chaud et j’avais besoin de souffler un peu. Je me sentais oppressé. Nous nous sommes levés à 3 heures du matin pour manger et prier, avant de nous rendormir. 

Au matin, le califat a été proclamé. Vers 8 heures, j’ai entendu des coups de feu un peu partout dans la ville, j’ai cru au départ à une attaque. Cela ne semblait faire ni chaud ni froid à Samy, il regardait au loin, son arme sur l’épaule. Il avait une allure de vrai bon petit soldat, assuré mais blasé. Les hommes ont fini par se congratuler et Samy s’est plié à l’exercice en esquissant enfin un vague sourire. Je crois que nous avons échangé deux phrases en quatre jours. Alors qu’il parlait beaucoup avec sa mère et ses sœurs, avec moi, c’était le blocage. 

Plus tard, nous nous sommes rendus dans un cyber‑café et j’ai remarqué qu’il ne manquait pas une occasion de faire appliquer les préceptes de Daech. Il y a sermonné le propriétaire qui avait osé mettre de la musique.

J’ai vu comme du mépris dans le regard de ce vieux monsieur qui a fini par couper la radio, se pliant à ce qu’il devait considérer comme un caprice de jeune ignorant. 

J’avais le sentiment que rien n’avançait, on ne parlait pas avec Samy et tout cela me paraissait peine perdue. Je n’avais plus d’énergie pour essayer de le convaincre.

GS : Donc tu rebrousses chemin si vite ? Tu as l’impression que tu ne pourras pas faire revenir Samy ? 

AA : Je crois que j’ai eu besoin d’aller jusqu’en Syrie pour m’en rendre compte. Il n’y avait pas de marche arrière possible de son côté ni d’amélioration de notre relation, hélas. En Syrie, j’ai perdu mon fils une seconde fois.

GS : Comment es‑tu rentré ? Les adieux ont dû être déchirants. 

AA : Il y avait un départ le lendemain vers 9 heures pour la frontière turque. Nous nous sommes embrassés. J’aurais bien pris une photo, mais je ne voulais pas le contrarier. Dans la voiture, on s’est fait un signe rapide et je ne me suis pas retourné. J’ai pensé que c’était peut‑être la dernière fois que je le voyais. Il y avait du vent, de la poussière et des tombes sur le chemin. Devant les kilomètres qui défilaient, j’ai pensé au poème de Victor Hugo à sa fille Léopoldine : « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai… »

J’ai imaginé le pire : s’il lui arrivait quelque chose, où pourrais‑je me recueillir ? Comment revenir avec ma femme et mes filles ? Comment faire mon deuil s’il mourait ici et qu’on ne retrouvait jamais son corps ? Nous étions le 1er juillet 2014.

Extrait du livre d’Azdyne Amimour et Georges Salines, "Il nous reste les mots", publié chez Robert Laffont

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