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© ludovic MARIN / POOL / AFP
© ludovic MARIN / POOL / AFP
Bonnes feuilles

Commandos marine : dans l’enfer vert de la Guyane

Publié le 28 décembre 2019
Manuelle Calmat publie "Commandos Marine: Au coeur des tempêtes" aux éditions du Rocher. Ils agissent dans l'ombre, sur les terrains les plus hostiles, se glissent dans la nuit et frappent là où personne ne les attend. Extrait 1/2.
Manuelle Calmat est journaliste à Europe 1. Elle a également signé de nombreuses fictions radiophoniques pour France Inter. Elle a publié en 2009 GIGN, les experts du danger, chez Robert Laffont.
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Manuelle Calmat publie "Commandos Marine: Au coeur des tempêtes" aux éditions du Rocher. Ils agissent dans l'ombre, sur les terrains les plus hostiles, se glissent dans la nuit et frappent là où personne ne les attend. Extrait 1/2.

— On dirait un champ de brocolis ! s’exclame Tom face à l’interminable étendue de forêt amazonienne qui s’étale à perte de vue. — Tiens ! Mate avec les jumelles comme c’est beau ! s’impatiente Carlos, redevenu l’enfant de Manaus le temps d’un survol.

Des nuages chargés de particules d’océan s’accrochent aux quelques arbres qui s’élèvent à quatre-vingts mètres de hauteur, malmenés par les vents contraires. L’hélicoptère vient chatouiller la cime de ces géants verts et laisse derrière lui, telle une longue traîne, un tapis mousseux portant d’année en année les stigmates de la folie humaine. La terre suffoque, la multiplication des sites d’orpaillage clandestins est en train de l’étouffer. Seule une armée conduite par Sisyphe se bat pour limiter les dégâts.

— Tu vois ça, c’est ma sève ! s’exclame Carlos. Je n’étais pas venu depuis longtemps… trop longtemps ! Je peux te dire qu’en dix ans la nature a bien souffert…

Depuis qu’il a rejoint les commandos, Carlos n’a plus le temps de rendre visite à sa famille paternelle. Sa deuxième patrie, le Brésil. Un pays dans lequel il a passé une grande partie de son enfance, sans se sentir pour autant déraciné d’un côté comme de l’autre. Au moment de remonter l’Oyapock et de longer la frontière entre les deux pays, il repense à sa mère en métropole, qu’il ne voit pas non plus souvent, et à son père qu’il ne voit jamais, resté vivre à Manaus. Depuis tout ce temps, seules ses pensées naviguent entre ici et là-bas. Il se dit qu’il ne les voit pas vieillir et qu’il ne leur a pas encore donné de petits-enfants. Caroline, sa mère, et Vinicius, son « padre » comme il l’a toujours appelé, se sont rencontrés lorsqu’elle était venue visiter Rio. Lui, beaucoup plus jeune qu’elle et dernier d’une grande fratrie, faisait le guide pour payer ses études. Elle s’était accordé une dernière escapade sac au dos avant de chercher à fonder une famille. Ils se sont aimés quelques nuits et Carlos est né six mois après son retour à Saint-Malo. Conscients du décalage, aucun n’a cherché à s’imposer dans la vie de l’autre… Elle a fini par épouser un autre homme sans jamais renier son passé. La famille brésilienne s’est accommodée de cette intermittence, accueillant avec curiosité le petit garçon, « Caboco » comme ils l’ont tout de suite baptisé, venu du pays de la tour Eiffel. Chaque été, Juàn, le grand-père, le prenait sous son aile et l’emmenait découvrir la terre de ses ancêtres au cœur de l’Amazonie. Amoureux des grands espaces et des causes à défendre, Carlos a choisi la Marine puis les Commandos pour vivre des aventures à haute intensité. Ses prédispositions pour le « tout est possible » ont plu à Robin, qui compte sur ce pilier dans presque tous ses dispositifs. Une nuée d’oiseaux suit l’ombre de l’hélicoptère avec l’idée de le dépasser. Ils tirent sur leurs ailes, pointent leurs becs en direction de la mer, à moins qu’ils ne piquent une tête dans le fleuve Oyapock qui serpente en contrebas, à la recherche de quelques poissons d’eau douce. L’appel du ventre n’attend pas. Carlos se souvient du temps où il remontait le Rio Negro à la Fitzcarraldo, de ses parties de pêche avec son grand-père, où il ressentait déjà l’urgence de défendre cette contrée, persuadé que l’agonie de l’Amazonie annoncerait la fin prochaine de l’humanité.

À peine posés sur la base navale de Dégrad des Cannes, le préfet de Guyane les attend. Ils doivent rejoindre le Patrouilleur Antilles Guyane (PAG) La Résolue, un bâtiment de surveillance hauturière, qui navigue le long des côtes, notamment aux alentours de la base de Kourou. De son côté, il va embarquer dans une des vedettes côtières pour faire son tour hebdomadaire en compagnie des gendarmes maritimes et de la presse locale. Un reportage sur la lutte contre la pêche illicite est prévu. Par ailleurs, il compte aussi sur le petit groupe de commandos pour frapper un grand coup dans un réseau qu’il soupçonne enkysté au large de Cayenne.

— On a eu vent d’une attaque de pirates d’une violence hors norme dans les eaux surinamaises. Quinze marins disparus et quatre rescapés. Une boucherie, avec pour certains de sérieuses plaies à la tête et des doigts en moins… Il s’agit vraisemblablement d’un règlement de compte entre deux bandes rivales. Ce ne serait pas notre problème si…

— … ces mecs-là ne débordaient pas sur d’autres territoires, et en particulier chez nous. 

— Vous avez tout compris, Capitaine, et pour ne rien vous cacher, c’est déjà le cas… Les mecs ont été aperçus au large des îles Connétables. 

— Zone protégée ! 

— Exact. Protégée donc très attractive pour les pilleurs. Avec des espèces qui reprennent du poil de la bête, comme le mérou géant… 

— Ça veut dire aussi que des associations de préservation de ces espèces sont susceptibles de s’interposer… 

— Il y a déjà des collectifs qui se montent à droite à gauche sur le littoral. La colère gronde, l’impact est important, sur le plan halieutique, écologique et touristique… Et là, c’est pas bon. D’un côté, des énervés, et de l’autre, des mecs à cran, qui n’ont rien à se mettre sous la dent… Ça peut s’envenimer rapidement… 

— Si on veut frapper fort, il va falloir qu’on observe la zone pendant plusieurs jours pour repérer tous les mouvements… Où on veut et comme on veut… 

— Vous avez carte blanche, Capitaine ! S’ils veulent tester notre réactivité, ils ne vont pas être déçus… Je compte sur vous pour stopper au moins ce réseau dont la violence va crescendo… Je ne vous cache pas que la colère monte du côté des pêcheurs du coin, qui vont finir par se faire justice eux-mêmes…

Robin a compris qu’il s’agissait non seulement d’un bras de fer économique et répressif avec les illégaux, mais aussi d’un message fort à faire passer auprès de la population locale qui ne tient plus. Depuis quelques mois, certains pêcheurs étrangers ont pris l’habitude de venir se servir dans les eaux françaises, tendent leurs filets hors normes de plusieurs kilomètres et pillent allègrement les fonds. Comme pour les trafiquants d’or dans les terres, les petites mains font le sale boulot des gros trafiquants pour une poignée de réaux ou de dollars. Mais ces petites mains n’ont pas intérêt à revenir avec leurs filets vides, alors ils n’hésitent pas à dézinguer tous ceux qui peuvent s’interposer. L’objectif de Robin est non seulement de les arrêter, mais de « casser » leur outil de travail. Une « tapouille » coûte 400 000 euros et son filet de dix kilomètres, 10 000 de plus, et taper au portefeuille des armateurs est un bon moyen de dissuasion. Pour cela, il a sa petite idée. Poser un dispositif de reconnaissance très discret pour ne pas se faire repérer des vigies disposées sur la côte et souvent payées par des réseaux illégaux. À 4 heures du matin, La Résolue quitte la baie de l’Oyapock pour effectuer sa patrouille en compagnie de Robin et de toute l’équipe. Une ETRACO s’en échappe et file tout droit sur l’île inhabitée du Grand Connétable, refuge des mouettes, des frégates et autres sternes royales.

— Il y a un petit embarcadère de l’autre côté. On va contourner par la droite, les courants sont traîtres par ici… indique Ronan à son pilote.

Geoffroy parvient à stabiliser l’embarcation, pour que les trois commandos regagnent la terre ferme sans trop avoir à se mouiller. Le pilote et son chef de raid repartent illico. En quelques secondes Elliot, Boris et Eddy comprennent dans quel enfer ils ont débarqué. Un capharnaüm de cris et des sales odeurs de fientes. Cap sur le sommet de l’île ! De gros blocs se dressent devant eux, formant une sorte d’escalier qui mène en haut de la falaise. La roche magmatique qui la recouvre lui donne l’aspect inhospitalier d’un gros caillou aride, sans réelle faune, exposée aux vents forts et au soleil ardent. « On va bien s’emmerder », redoute Eddy. La seule réelle difficulté, pensent-ils, est de se trouver une planque idéale et ombragée et ne plus en bouger. Aucun bateau à l’horizon, aucune menace imminente, les trois hommes, éclairés par une belle lune pleine, attaquent la montée dans une ambiance plutôt bon enfant. Quand une avalanche de coups s’abat sur Eddy. Une bande de sternes aux ailes déployées pique tout droit sur eux. Le tireur, étourdi, se plaque contre la falaise, tandis que son binôme Elliot, totalement déséquilibré, l’entraîne dans sa chute. Il manque de tomber à la baille. Les deux hommes, cueillis à froid, se relèvent à peine qu’une deuxième vague d’oiseaux s’abat sur eux. Ils ont juste le temps de rouler dans une petite cavité creusée par l’eau et le sel.

— Oh, la vache ! s’écrie Eddy, couteau dégainé, prêt à découper le prochain volatile qui s’approche un peu trop près de lui. Il a bien failli me crever un œil, ce salaud ! 

— Ça va, les gars ? demande Boris, qui assiste impuissant à la scène. 

— Ça va, on a juste quelques égratignures ! répond Eddy. 

— Putains de sales bestioles ! peste Elliot, lui aussi sonné. 

— Bienvenue au royaume des oiseaux, les gars ! Il va falloir garder notre sang-froid… Robin m’a bien briefé… 

 Si on touche à une seule plume de ces saloperies, c’est l’incident diplomatique et adieu la planque à tout jamais ! 

— Rien à foutre, si je me prends une fiente sur la gueule, je leur arrache les plumes une par une et je m’en fais des brochettes… prévient le tireur. Faut pas confondre rustique et dégueulasse, bordel de merde !

Tout était prévu, sauf ce comité d’accueil musclé ! Résultat, les derniers mètres se parcourent plaqués contre la falaise, comme s’ils prenaient d’assaut un château ducal au temps des chevaliers… Après une ultime offensive de ces monstres ailés, les marins atteignent sans trépanation ni trop d’égratignures le petit carbet qui va leur servir de point d’observation dans les prochains jours. Sauf Elliot qui s’est ouvert la main sur la roche recouverte de guano.

Extrait du livre de Manuelle Calmat, "Commandos Marine : Au coeur des tempêtes", aux éditions du Rocher.

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Hiris
- 29/12/2019 - 10:01
Les meilleurs !
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