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Bonne année !

Jerome Powell à la Fed et Christine Lagarde à la BCE nous souhaitent une bonne année 2020. Et voilà comment ils comptent nous la garantir

Publié le 16 décembre 2019
Jérôme Powell (Fed) et Christine Lagarde (BCE) nous souhaitent tous deux une bonne année 2020, voilà comment ils estiment pouvoir nous la garantir.
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Jean-Paul Betbeze
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Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Jérôme Powell (Fed) et Christine Lagarde (BCE) nous souhaitent tous deux une bonne année 2020, voilà comment ils estiment pouvoir nous la garantir.

Merci Jerome Powell, pour votre conférence de presse du 11 septembre. Vous avez dit exactement ce que les marchés attendaient, et vous l’avez bien dit (cette fois). D’abord, vous nous avez assuré que le ralentissement de milieu d’année, tant craint et largement imputable au contexte géopolitique (en clair : Chine, Iran, Arabie saoudite, Turquie..) semblait s’éloigner. L’économie mondiale entrerait ainsi dans une phase de stabilisation. Chacun se rend compte en effet qu’il n’a rien à gagner à faire empirer la situation, notamment Donald Trump. Il préfère signer des accords que de créer des drames, s’il veut être réélu. Ensuite vous avez brossé un tableau favorable de l’économie américaine.

Jerome Powell publie ainsi des prévisions où la croissance américaine se poursuivrait, avec un léger ralentissement à 2% en 2020 (contre 2,2%), puis à 1,9% en 2021 et 1,8% en 2022. Aucun signe alarmant à l’horizon : la reprise américaine, onze ans déjà, soit la plus longue de son histoire, devrait battre encore son record d’endurance. Mieux, le taux de chômage ne cesserait de baisser, vers 3,5% en 2020, avec une hausse du taux de participation à l’emploi des 25-54 ans. Autrement dit des personnes éloignées de l’emploi y reviennent, les entreprises faisant les formations nécessaires. Les salaires horaires alors remontent plus vite (3,4% l’an), ce qui a un effet positif sur les revenus et la consommation, attire vers le marché du travail ceux qui s’en sont éloignés, mais sans faire trop monter les prix, puisqu’il s’agit surtout de bas salaires, notamment dans les services. L’inflation irait ainsi vers 2% en 2021.

Dans ce contexte, Jerome Powell ne bouge pas les taux, une décision unanime du Comité et Donald Trump n’envoie pas de tweet ! Mieux même, les taux de la Fed devraient rester dans la fourchette 1,5-1,75% jusqu’en 2021 et s’établir à 2,5% à long terme. L’escalade des taux de 2018 est donc oubliée, les trois baisses de 2019 ont été une bonne chose (merci Trump ?) et bien sûr des baisses et le quantitative easing seront toujours là pour aider ! Avec les bonnes nouvelles sur un mini-accord avec la Chine et le traité quasi entériné avec Canada et Mexique, les marchés ont adoré. 2020 s’annonce donc bien : le ralentissement sera bénin !

Merci Christine Lagarde pour cette prestation réussie, le 12 décembre. D’abord, elle s’est inscrite dans la droite ligne de son prédécesseur, reprenant presque à l’identique son introduction du 24 octobre. Les taux sont et seront inchangés (à 0%) « jusqu’à ce que nous ayons constaté que les perspectives d’inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2% sur notre horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière cohérente dans la dynamique d’inflation sous-jacente ». Nous n’y sommes pas !

Ensuite, Christine Lagarde fait une annonce importante : de début janvier à décembre 2020, la BCE va mener une revue de sa stratégie (elle n’en avait pas fait depuis seize ans !). Ceci concernerait surtout trois aspects. D’abord la définition de son objectif d’inflation, avec une meilleure prise en compte des prix de l’immobilier. Donc l’actuel désespérant 1% d’inflation contre un objectif à 2% devrait bouger. Puis ce serait la prise en considération d’une politique monétaire « plus verte », mais la BUBA est vent debout contre, car ce serait s’éloigner de sa neutralité dans le financement de l’économie ? Enfin la prise en compte des inégalités, ce qui est un terrain entièrement neuf. Et que dira alors la BUBA ? Surprise finale, tout en annonçant des prévisions en légère baisse, à 1%  en 2020, puis toujours 1,4% en 2021 et en 2022, Christine Lagarde a montré une légère touche d’optimisme, que les marchés ont saluée.

Bref, les grands argentiers ne changeront rien, autrement dit, ils seront aussi accommodants en 2020 que maintenant. Puis viendront peut-être une hausse des taux américaine mi-2021 et une autre, plus tardive, pour la zone euro, et ce sera après la présidentielle américaine ! Mais les marchés ont aussi entendu autre chose : 2020 sera plus faible, mais très peu… Nous verrons. De toute manière, si les choses empirent, les taux courts et longs baisseront encore, mais : motus ! Donc les marchés financiers, surtout les bourses, ont beaucoup aimé ces deux conférences de presse : voilà des mois de gagnés !

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Commentaires (1)
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salamander
- 16/12/2019 - 16:54
"magic money"
qu'on nous montre l'évolution de la taille des bilans des 5 principales banques centrales depuis 2009 !

"QUOUSQUE TANDEM" ?

Je conseille à tous de lire/relire le "black swan " de Nassim Taleb.