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Excisions et mariages forcés

Bilan modeste pour la loi anti-harcèlement de rue et... quasi inexistant pour la lutte contre nombre de violences aux femmes nettement plus graves

Publié le 06 août 2019
La loi Schiappa fête ses un an avec un bilan très contrasté et discutable. Si un grand nombre de contraventions pour "outrage sexiste" ont été distribuées, le harcèlement de rue n'a bien évidemment pas pour autant disparu. D'autre part, d'autres enjeux tels que le mariage forcé ou l'excision sont les grands oubliés du texte.
Gabrielle Cluzel est journaliste, rédactrice en chef de Boulevard Voltaire, et auteur. Elle a publié « Adieu Simone, les dernière heures du féminisme » aux éditions Le Centurion. 
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Gabrielle Cluzel
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La loi Schiappa fête ses un an avec un bilan très contrasté et discutable. Si un grand nombre de contraventions pour "outrage sexiste" ont été distribuées, le harcèlement de rue n'a bien évidemment pas pour autant disparu. D'autre part, d'autres enjeux tels que le mariage forcé ou l'excision sont les grands oubliés du texte.

Atlantico : Au-delà du bilan chiffré -plus de 700 contraventions pour "outrage sexiste" depuis l'année dernière- quelles conclusions peut-on tirer de la loi Schiappa et de ses résultats ? Est-elle à la hauteur des enjeux soulevés il y a un an ?

Gabrielle Cluzel : La loi Schiappa est une loi pour rien. Parce que son application, et on le savait dès le départ, est utopique et parce qu’elle n’a pas posé le bon diagnostic. Aucun médecin ne peut soigner des maux dont il a mal identifié l’origine.

Le harcèlement de rue est né d’un double phénomène : la libération des mœurs, issue de mai 68, et l’arrivée massive sur notre sol d’une populiation allochtone qui culturellement, ne porte pas le même regard sur la femme. Mais cela, il ne faut surtout pas le dire, il faut continuer à entretenir le mythe que ce harcèlement serait le reliquat d’une société traditionnelle occidentale patriarcale oppressive qu’il faudrait finir d’éradiquer, parce que le féminisme a ceci de commun avec l’écologie d’avoir été monopolisée par la gauche et d’en être le supplétif docile : les combats doivent rentrer coûte que coûte au chausse-pied dans un prisme idéologique imposé, le reste importe peu.

La vérité est que la la libération des mœurs a été comme la libération des marchés : pour faciliter l’acte sexuel, pour fluidifier les échanges et les mutliplier, on a « cassé les codes », dérégulé l’ensemble de la société, comme l’on a dérégulé l’économie. Libéraux et libertaires, ont les mêmes ressorts. Les étapes intermédiaires, les « avant-contrats », fastidieux, pour la partie la plus pressée de conclure et de consommer, mais qui permettaient de construire le consentement et d’y conduire sereinement en pleine conscience sans y être forcé - cour, fiançailles, mariage, etc.-, ont disparu au profit d’une relation immédiate, d’où le plus faible sort, comme dans tout commerce, lésé. Les policiers appellent cela prosaïquement des miols, un mot valise qui veut dire demi-viol, une contraction de « viol » et « mouais ». L’adolescent croyait l’adolescente consentante, elle ne l’était pas.

Souvenez-vous de la passe d’armes, début 2018, entre les tenantes de Me Too, plutôt jeunes, et les signataires de la "liberté d’importuner », toutes septuagénaires, ou presque. C’était une une guerre de générations : jeunes féministes contre vétérans. Parce qu’elles ne connaissaient pas la même France.

Les « baby-boomers » sont en fait des « baby-boumers » : Avec eux, tous les cadres, les frontières et les garde-fous ont fait boum. Dans tous les domaines, ils ont fait exploser une société trop conventionnelle et corsetée à leur goût - mais les conventions et le corset avait des vertus protectrices dont eux-mêmes ont largement profité - conduisant à l’ultra-libéralisme économique comme à l’ultra-libéralisme sexuel.

En cassant les codes, en désacralisant la sexualité et en la banalisant, en promouvant dans le cinéma, la littérature, la presse, la pub et jusque dans l’éducation sexuelle dispensée à l’école, un « amour libre » très entreprenant, assorti d’un vocabulaire direct jusqu’au trivial - fini, les circonlocutions fastidieuses - tellement obnubilée par son interdit d’interdire, que même face à la pornographie, elle n’a rien trouvé à redire, cette génération, prétendant libérer les femmes les a en réalité mises en danger. Il suffit pour s’en convaincre de faire un test simple. Demandez donc à vos grands-mères si l’une d’elles, jadis, s’est entendu dire dans la cour de récréation : « eh meuf, t’es qu’une salope ! (ou une p…) », lot commun, aujourd’hui, de la plupart collégiennes… même si nombre d’entre elles, secrètement blessés, ne le racontent pas à leurs parents. Mais aujourd’hui qui oserait le dénoncer ? Surtout pas nos féministes institutionnelles, comme Marlène Schiappa.

Cette perte des us a  rendu impossible le dialogue entre les sexes.

On disait « l’homme propose la femme dispose ». Les compliments, par exemple, faisaient partie des travaux d’approche, permettaient de « tâter le terrain », et la femme, comprenant à demi-mots, avait mille façons délicates d’éconduire si elle voulait en rester là. Personne n’était humilié, ni insulté. Il faut relire Galanterie française (Gallimard) de Claude Habib, pour se convaincre que la France, plus encore que tout autre pays d’Europe - même l’Italie - avait su tisser entre hommes et femmes une façon de communiquer qui ressemblait une dentelle raffinée. Aujourd’hui, les féministes dénigrent et démonétisent cette galanterie en l’appelant « sexisme bienveillant ». Ne semblent rester que l’homme qui impose (le porc), et la femme qui s’oppose (celle qui balance le porc). Comme si, en guerre, ils ne savaient plus se parler. Celles qui ont porté la loi Schiappa ont entretenu cette confusion délétère : les compliments sont assimilés à des insultes, et inversement, avec cette conséquence de criminaliser les uns et de banaliser les autres.

Non, Brel et Ronsard ne sont pas des délinquants. Quand le ton est poli, il suffit de dire merci, et voilà, c'est fini.

Dans la mesure où elle laisse de côté certains enjeux comme les excisions ou les mariages forcés, la loi Schiappa n'est-elle pas encore marquée par une volonté idéologique qui en fait une mesure partielle, militante et gadget ?

Si la loi laisse de côté ces enjeux, comme vous dites, c’est parce qu’ils risqueraient, pensent nos féministes, de « stigmatiser » une population venue de l’étranger, que la gauche - c’est son vivier électoral - ne peut se permettre de fâcher. Les féministes, jadis, quand ces enjeux-là n’étaient pas encore prégnants, ne prenaient pas autant de gants, n’avaient pas des pudeurs de rosière pour évoquer ces sujets-là : relisez Ainsi soit-elle de Benoîte Groult. Les dénonciations très dure et sans ambages qu’elle y fait de l’excision seraient assimilées aujourd’hui à de l’islamophobie.

Si l’on sort de l’idéologie, pour faire preuve de réalisme, que constate-t-on pourtant ? Sont arrivés  et arrivent toujours en France (sous l’impulsion initiale des mêmes « baby-boumers », assoiffés d’ultra-libéralisme économique) des centaines de milliers d’hommes auxquels notre savoir-vivre, notre savoir-être, notamment entre les sexes, est étranger. Ils ont une culture autre, avec une fâcheuse propension à jauger, avec leur curseur propre, la vertu d’une femme à sa façon de se vêtir.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais tous les guides touristiques dont la Française moyenne fait l’acquisition quand elle décide, pour les vacances ou son travail, de se rendre dans les pays d’origine de ces hommes. Là-bas, on lui recommande par prudence de se couvrir, les bras, les jambes, ou même la tête. Par quel coup de baguette magique ces hommes changeraient-ils de vision aussitôt qu’ils passent la frontière ? Et pourquoi le feraient-ils  alors que rejoignant leur communauté - forte et dominante dans un nombre croissant de quartiers - personne ne leur demande de se réformer ?

D’autant que c’est en s’imprégnant des codes, des rites, des usages qu’un étranger se coule dans une société. Or la société française n’en a plus - on l’a dit, on les a cassés -… ceux qui arrivent sur notre sol gardent donc les leurs.

À quel moment cette réalité, qui est une évidence pour Madame Toutlemonde, a-t-elle été évoqué par Marlène Schiappa ?

Devant la multiplication d'actes de cyberharcèlement et la mutation dans la nature des violences sexistes, les lois contre le harcèlement sexuel sont-elles condamnées à être toujours en retard sur la réalité du harcèlement sexuel en France ? 

Tant que personne n’aura le courage d’une analyse vraie et juste, même si elle fâche, ces lois sur le harcèlement - cyber ou physique -  ne seront que cautères sur jambes de bois. Ce n’est d’ailleurs pas de loi, dont on a besoin, mais d’éducation en amont. De « recivilisation ». De respect retrouvé. La gauche, il faut bien le dire, a toujours eu cette manie de faire une loi pour tenter de réparer ce que son impéritie a  suscité.

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Benvoyons
- 07/08/2019 - 10:48
Quand les coups de pieds au Cul des Parents en place Publique
car ils se défaussent de l'éducation de leurs enfants.

Car tout vient de là, des Parents.

Jamais je ne mettrais en responsabilité les profs ni les institutions sur le manque d'éducation des enfants car c'est un devoir, que Parentale, d'assumer sa progéniture.

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Anouman
- 06/08/2019 - 22:04
Harcèlement
On peut faire des lois tant qu'on veut. Mais il serait préférable de se pencher sur les viols et les agressions violentes avant de se focaliser sur les dragueurs lourdingues. Mais c'est comme toujours: céder à la facilité est la marque de fabrique des gouvernements impuissants. Et celui là a la puissance d'un moteur de deux chevaux sur une 4x4 de 2 tonnes.
Benvoyons
- 06/08/2019 - 14:39
La loi interdit de tuer & de voler & pourtant cela se fait
encore tous les jours.
Même une loi interdisant aux Cons d'être Con ne fera pas disparaître les Cons & encore moins leurs Conneries.

Ou alors il faut remettre la mise à mort par la Justice & encore il faudra qu'elle produise cette sanction systématiquement en très grand nombre & très vite.