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Trump divise-t-il trop pour vraiment régner ?
Publié le 21 mai 2019
Oui, Donald Trump divise trop. Oui il change, mais encore peu. Oui ce sont les marchés financiers qui l’influencent pour le calmer un peu, pas ses soutiens politiques.
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Oui, Donald Trump divise trop. Oui il change, mais encore peu. Oui ce sont les marchés financiers qui l’influencent pour le calmer un peu, pas ses soutiens politiques.

Regardons ainsi la récente séquence des événements mondiaux, avec la montée des tensions, puis les réactions, plus douces sinon en retrait, de Donald Trump. D’abord, on voit des attaques contre des pétroliers saoudiens dans le port émirati de Fujaïrah, à quelques encablures du détroit d’Ormuz, il y a dix jours. Puis ce sont d’autres attaques contre le principal oléoduc d’Arabie saoudite par un drone, sans qu’on en sache beaucoup plus. Puis viennent des réactions chinoises dans la séquence des tensions douanières entre États-Unis et Chine qui nous occupent depuis plus d’un an. Mais, cette fois, c’est la Chine qui monte fortement ses tarifs douaniers, en riposte aux séries de hausses (et aux propos) de Donald Trump. Puis la Chine fait savoir qu’elle a vendu pour 10 milliards de bons du trésor américain. Pour soutenir le yuan ? Pour envoyer un message ? Et il lui en reste plus de 1 100 !

Alors, on voit le Secrétaire d’état américain, Marco Pompeo, qui rencontre à Bruxelles ses « alliés » de l’Otan, mais sans les convaincre. Alors vient la décision américaine de repousser dans le temps la montée des taxes sur les exportations européennes aux États-Unis, notamment automobiles. Bien sûr, ceci n’empêche pas Donald Trump de continuer sa pression contre Huawei, mais de façon moins directement violente que contre ZTE il y a quelque temps – n’empêche, ceci fera mal. Donald Trump, sans pour autant changer de stratégie économico-politique, ce mettrait-il à mettre un peu d’eau dans son vin, face aux réactions qu’il suscite ?

Changer beaucoup non : les marchés financiers ne le demandent pas à Donald Trump. Ils manifestent cependant une inquiétude boursière devant ses excès et, en même temps, disent qu’il n’y a rien de plus sûr que les bons du trésor américain ! Donald Trump les suit : ils ne lui demandent pas (encore) de faire (trop) machine arrière. Ainsi, la bourse américaine a un peu baissé au début, face aux attaques en Arabie saoudite, sur lesquelles les informations restent clairsemées. Le Dow Jones passe de 25880 à 25300 le 13 mai. Les taux longs américains baissent aussi un peu, à 2,37% le 15, face à la crainte. Puis le Dow Jones remonte à 25900 le 16, puis les taux à 10 ans se redressent à 2,4%, pensant qu’ils ont eu « trop » peur. Les voilà respectivement à 25 700 et 2,41% : cette peur financière est donc modérée en bourse. Surtout, elle fournit sa propre antidote par la baisse des taux longs. Actuellement, le rendement du 10 ans américain est ainsi inférieur au taux d’inflation, à 2,4% contre 2,5% !

Changer non : la base politique Donald Trump le pousse moins encore à changer d’approche. Et même l’idée qu’il faut être dur avec la Chine (« qui espionne ») rencontre un large appui au-delà des Républicains, chez nombre de Démocrates.

Qu’en déduire ? Que la base politique américaine de Donald Trump est plus dangereuse que la finance, même excessive, car elle au moins se corrige vite, même si elle peut le faire trop. Certes, il est dangereux pour l’économie, non seulement américaine mais mondiale, que Donald Trump calque ses actions sur les réactions des marchés. Mais ce serait sans doute pire que sur ses appuis politiques, fondamentalement isolationnistes. On le sait : le bilatéralisme sied à Trump, pas le multilatéralisme. Voilà pourquoi il veut des deals « d’égal à égal » bien sûr (!), si possible, et rapidement, bien sûr aussi. C’est pour cela qu’il est mal à l’aise dans les accords internationaux, voire les dénonce comme « inégalitaires » ou demande leur réécriture. Mais il commence à comprendre leur complexité, reflet de celle du monde, dans un jeu est en fait nécessairement coopératif, parce qu’il est multilatéral. Cette pensée n’est pas nécessairement celle de sa base politique, mais celle des marchés financiers qui traitent les multinationales actuelles et surtout futures. C’est aussi celle des interdépendances entre la bourse d’un côté, qui épouse la volonté de croissance de Trump par la baisse des impôts et des régulations anti-business, et le marché obligataire de l’autre, indispensable pour boucler le déficit public trumpien – dangereusement croissant.

Et voilà que le Canada, le Mexique et les Etats-Unis viennent de trouver un accord pour lever les hausses de droits de douane sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) imposées par Washington. C’est l’annonce, vendredi 17 mai, du Président Trump, pour faciliter l’adoption du nouveau Nafta par le Congrès. Et celle des États-Unis et du Canada dans un communiqué commun !

Ce conflit commercial (partiel) entre États-Unis, Canada et Mexique qui vient juste de s’achever, après son lot d’excès trumpiens, est-il le signe d’un tournant ? On ne peut être l’ennemi de tous, ni même de beaucoup… si on veut une Amérique Great again ! Au fond, pour « gérer » Donald Trump, rien ne vaut le Dow Jones, même si ce réglage n’exclut pas les excès, mais au moins les rabote !

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