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© JIM WATSON / AFP
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Dear Melania : pourquoi les médias se trompent (aussi) sur la First Lady

Publié le 19 mai 2019
Un essai sur Mélania Trump est sorti chez Grasset. Cette lettre tendre à la First Lady américaine n'est qu'un prétexte pour dire du mal du mari.
Gérald Olivier
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Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
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Un essai sur Mélania Trump est sorti chez Grasset. Cette lettre tendre à la First Lady américaine n'est qu'un prétexte pour dire du mal du mari.

Pourquoi tout ce qui touche au président Trump suscite-t-il des critiques... anonymes ? Est-ce la crainte de représailles présidentielles sur twitter ? La hantise de se voir bombardé de messages vengeurs signés du caractériel Donald Trump? Quoi d’autre ? Ce ne peut pas être pour échapper à la censure populaire, car il n’y a rien de plus convenu aujourd’hui que de critiquer le président américain. S’il y a un sujet où la pensée unique est triomphante, c’est la condamnation de Donald Trump. Une condamnation unanime, indifférente de sa politique. Une condamnation si générale qu’elle vous rend le personnage automatiquement plus sympathique. Car, dans notre monde aux valeurs inversées, si  un homme est tant détesté, c’est qu’il fait forcément quelque chose de bien.

La critique ici est indirecte. Elle passe par le biais de la première dame Mélania, sous la forme d’un essai, « Dear Melania » signé par un (une) auteur(e) qui s’est réfugié (e) derrière le pseudonyme de « Personne ». Personne ! Le nom qui permit au rusé Ulysse d’échapper au cyclope, chez Homère. Ici l’objectif est tout autre. Il ne s’agit pas ici d’éviter d’être dévoré tout cru par un monstre monoculaire mais de faire parler de soi… Un peu comme se cacher pour que tout le monde vous cherche.

Car dès lors qu’un livre n’a pas d’auteur identifié,  la question n’est plus  « que raconte –t-il? » mais « qui l’a écrit? ». Si l’éditeur prétendait faire en sorte que l’auteur s’efface au profit de son sujet c’est raté. Mais cela ne me semble pas avoir été le but. Quand un auteur avance masqué, c’est pour mieux inviter lecteurs et journalistes à le… démasquer.

Faisons les choses dans l’ordre. Avant de nous interroger sur qui, examinons le quoi.

Que dit donc Personne ? En fait, pas grand-chose. Pas tout à fait rien. Mais à peine plus. Il (comme Personne parle de lui au masculin dans le livre : « je vous parais peut-être déplacé » ,nous ferons de même !) a souhaité y aller de sa petite bafouille à Mélania, pour lui faire part de son « inquiétude ». Elle « n’a pas l’air heureuse ».  Et notre auteur inconnu croit savoir pourquoi : parce qu’elle n’aime plus son mari (si elle l’a d’ailleurs jamais aimé) et qu’elle n’a nulle part où aller pour échapper aux regards des autres, tant qu’il est à la Maison Blanche. De sorte que Mélania a devant-elle  un choix cornélien « le devenir Lady-Di et le devenir-Jackie Onassis », « la people sacrifiée sur l’autel du live intégral » ou « la discrétion confinant à la disparition, le chic Garbomâtiné de dingueries à la Howard Hughes »,  « l’icône morte ou la disparue vivante »… bref « rien de très réjouissant dans les deux cas ». Et de quoi justifier que notre Zorro des lettres soit arrivé pour la tirer des griffes du méchant mari à la pointe de sa plume.

Car lui, Personne,  la comprend. En effet, qui pourrait aimer Donald Trump ? Justement personne! Et surtout pas ce Personne-là. 

Alors, Mélania est-elle  triste ? Et n’aime-t-elle pas Donald Trump ? Et  si oui, pourquoi ?

Certes, elle ne sourit guère sur les photos. On la voit peu en public. Elle et son président de mari échangent rarement des gestes tendres ?

Une chose est sûre, Mélania Trump ne goûte guère la fonction de première dame telle que définie par la « pipolisation » du monde. La surexposition médiatique ne lui plait pas. Et la vampirisation de sa personne par des paparazzis et  journaleux médiocres, dont la seule ambition est de faire parler d’eux à ses dépens, l’exècre. Tout comme son mari, mais de façon plus discrète, Mélania déteste les « mainstream médias » parce qu’elle a compris qu’ils ne racontent que des mensonges et ne lui veulent aucun bien. Elle a aussi compris qu’elle n’était qu’un pion, une bande de billard, et que si ces médiocresla prennent pour cible, c’est pour atteindre son président de mari. Le journalisme est une carabine à tirer dans les coins.

Dès lors, comment sourire à la meute lorsqu’elle lui fait face. Plutôt lui tourner le dos et inscrire en lettres capitales sur son impair « I don’t care » (« je m’en fiche »  (de ce que vous pouvez écrire, dire ou penser)).

Personne aurait dû prendre son bâton de pèlerin et accompagner la première dame lors de ses déplacements. Il aurait réalisé qu’elle a le sens de ses responsabilités, de sa fonction, et qu’elle a parfaitement conscience du monde au sein duquel elle évolue. Naturalisée américaine, elle respecte les anciens combattants, parce qu’ils se sont sacrifiés pour la nation. Mère d’un garçon de douze ans, elle s’inquiète pour les enfants, parce qu’ils sont vulnérables, et que certains parents ont renoncé à leurs devoirs d’éducateur. Le reste, y compris les infidélités supposées de son mari,  ne l’intéresse pas. Elle l’a dit à plusieurs reprises, « j’ai des choses plus importantes à gérer », ajoutant au passage « oui, j’aime mon mari, notre couple va bien ». Qui aurait pu le croire ? Personne !

Parmi les rares confidences faites à la presse au cours des  trente mois passés à la Maison Blanche, il en est une que les médias ont soigneusement ignorée. Elle est venue à l’issue du voyage que Mélania Trump effectua seule en Afrique  à l’automne 2018. « Ce qui me chagrine le plus, confia-t-elle à la chaine de télévision ABC, c’est que des associations humanitaires refusent de travailler avec moi à cause des positions de mon mari. Ces associations mettent la politique avant les intérêts humanitaires».

Cela s’appelle mettre les pieds dans le plat. Forcément ça a déplu. Par cette phrase Mélania dit tout haut, ce que tout le monde sait,que les bien-pensants n’ont d’affection que pour ceux qui pensent comme eux ! Solidarité et sectarisme vont de pair. La diversité c’est bien, sauf dans le domaine des idées. Rentrez dans le rang d’abord, faites valoir votre différence, ou ce qu’il en reste, après!

Même si l’on ne trouve donc rien d’original dans Dear Mélania, ce petit essai se lit aisément. Il est tout à fait dans l’air du temps. Sa lecture ne demande aucun effort, et ne laisse aucune trace. Comme une série télé.

Le ton est badin.L’auteur manie l’humour, multiplie les jeux de mots, un peu faciles  (« remuer le couteau dans la playmate » - notez au passage l’américanisme « playmate », signe que notre auteur est de son temps et à l’aise avec le « globalspeak » contemporain).

Le plus décevant est son caractère convenu. Dear Melania, n’est ni insolent, ni subversif. Quoi de plus facile et de plus prévisible depuis le 8 novembre 2016 que de dire du mal de Donald  Trump. C’est l’opinion la plus répandue  dans les médias et la plus partagée par les écolos-bobos. Dont notre auteur fait apparemment partie.

Car parmi les reproches adressés au président U.S., un ressort plus particulièrement: sa position politiquement incorrectesur le réchauffement climatique. Trump n’y croit pas et n’a pas peur de la dire !

 « Sa totale indifférence aux risques écologiques encourus par la terre, sa férocité à les accentuer même, sont des signes qui ne trompent pas,» nous dit Personne. Pour écrire quelques pages plus loin « On reproche à votre mari sa totale indifférence (encore, ndlr) aux questions environnementales. Il est vrai qu’il faut un début à tout, y compris à la fin du monde… »

N’en déplaise à Personne, mais Donald Trump n’est pas indifférent aux  questions environnementales. Il évoque régulièrement la lutte contre la pollution de l’air et pour la qualité de l’eau. Par contre il estime que l’unanimité pseudo-scientifique autour du réchauffement climatique est une escroquerie intellectuelle. Il n’est pas le seul à le penser. Mais il est un des seuls à oser encore le dire. Les autres ont été mis hors jeu,  privés de chaire universitaire, interdits de tribune dans les journaux, envoyés en camps de rééducation par les Pol Pots de la pensée unique, immolés devant les réseaux sociaux par les Ayatollahs de l’écologie…

Au passage, la terre ne court aucun risque écologique, elle a commencé sans nous et continuera sans nous ! Les espèces, l’homo sapiens entre autres,ont,eux, la certitude de leur finitude. Ca s’appelle, la vie!

Bon, puisqu’il faut y venir, qui donc est Personne ? Première certitude, Personne est bien quelqu’un ! Car, de la Thoraà l’éditorial du New York Times signé « anonymous » en septembre 2018, les ouvrages sans auteur en ont bien un, et derrière un pseudonyme, il y a toujours quelqu’un qui tient la plume.

Notre auteur sait manier la langue française. Il a une culture littéraire classique. Il cite les Bacchantes d’Euripide, Madame de Sévigné et la Légende Dorée. Il ne rechigne pas devant une citation latine, telle le « qualisartifexpereo » prêté à Néron. Mais il préfère nettement les américanismes contemporains, ponctuant son texte d’expressions directement sorties de la blogosphère internationale : « poker face », « live »  « people » « first lady », « empowerement » etc. Il a une sensibilité pour les princesses, Ladi Di ou Charlène de Monaco et la presse qui parle d’elles. Il connait le cinéma, surtout américain,  de Garbo à Clint Eastwood. Et la musique pop aussi, consacrant tout un paragraphe à la pochette d’un des premiers albums de Roxy Music. On se dit qu’il faut avoir eu quinze ans en 1973 pour apprécier et se rappeler encore de ces choses-là. Enfin il a eu des enfants, car il connait les classiques de Walt Disney, comme tout parent qui a aimé s’y replonger sous prétexte d’instruire son petit dernier.

Enfin, l’essai étant publié chez Grasset, il s’agit sans doute d’un « auteur maison »….

A partir de là, « your guess is as good as mine »!

DearMelania, Personne, éditions Grasset, 82 pages, 6,90 euros.

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Liberte5
- 20/05/2019 - 17:24
Plus le politiquement correct s'acharne sur D. Trump....
et plus je pense qu'il va être réélu. Ce qui me ravit et va rendre encore plus fou ces censeurs, ces ennemis de la liberté, ces sectaires qui se sont emparés des pouvoirs dans les pays occidentaux.
hoche38
- 20/05/2019 - 16:38
Cela s'est-il bien vendu?
Je le souhaite pour Grasset. Sinon ne serait-il pas urgent de créer un Goncourt de la littérature de latrines?