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Diplomatie
Comment Donald Trump pense gagner au jeu du plus malin avec Vladimir Poutine
Publié le 17 mai 2019
Donald Trump espère arriver à des résultats avec le chef d'Etat russe en jouant la carte "bon flic, méchant flic". Pas sûr que cette stratégie s'avère fructueuse.
Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné...
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Donald Trump espère arriver à des résultats avec le chef d'Etat russe en jouant la carte "bon flic, méchant flic". Pas sûr que cette stratégie s'avère fructueuse.

Atlantico : Mike Pompeo a rencontré Vladimir Poutine à Sotchi ce mardi en vue d'une possible rencontre avec Trump en juin. Concrètement comment qualifier les relations diplomatiques entre les deux pays depuis l'accession au pouvoir de Donald Trump ?

Cyrille Bret : lors de l’élection de Donald Trump, en novembre 2016, j’étais assailli de questions sur un rapprochement rapide entre les deux leaders. Préoccupés par les déclarations admiratives du candidat Trump pour le président russe, beaucoup pensaient que les deux administrations présidentielles convergeraient pour lutter contre le terrorisme islamiste, résoudre la crise en Syrie, etc. Comme je l’avais alors indiqué à Atlantico, ces déclarations étaient avant tout à usage interne : pour le candidat Trump, se déclarer proche de Vladimir Poutine était un moyen de se démarquer de sa rivale, Hillary Clinton, ouvertement hostile à la Russie, de se donner à peu de frais le statut d’un homme d’Etat capable de discuter avec un des leaders politiques les plus incontournables de la scène internationale et, enfin, de mettre en évidence son prétendu pragmatisme en matière de politique étrangère.

Depuis lors, la perspective d’un rapprochement entre les deux pays a volé en éclat, en raison de plusieurs facteurs structurels que j’avais souligné dans Le Figaro. Premièrement, les soupçons d’ingérences russes dans les élections présidentielles américaines de 2016 a sapé complètement et durablement la possibilité d’un rapprochement entre Trump et Poutine. En 2017 et en 2018, au moment où le rapport Mueller était en préparation, chacun scrutait les déclarations du président américain pour détecter le moindre indice de complaisance envers la Russie. Deuxièmement, les motifs de dissension entre les deux pays sont structurels : en Syrie, la Russie soutient le régime Al-Assad dont les opposants ont longtemps été armés et soutenus par les Etats-Unis. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis contraste avec le rapprochement économique et stratégique promu par Vladimir Poutine avec la Chine du président Xi. Enfin, la Russie est venue défier les Etats-Unis dans leur « arrière-cour » en Amérique Latine en soutenant le régime Maduro au Vénézula par un déploiement de conseillers en sécurité.

Aujourd’hui, les relations russo-américaines sont placées sous le signe de la tension, comme les déclarations des proches conseillers de Donald Trump le montrent.

Les journalistes Peter Nicholas et Kathy Gilsinan ont qualifié la stratégie de Donald Trump vis-à-vis de Poutine de plan "good cop / bad cop". Concrètement quelle est cette stratégie ?

Selon ces journalistes, l’administration Trump souffle le chaud et le froid dans ses relations avec la Russie. Le froid : Nikki Halley, John Bolton et Mike Pompeo critiquent vertement et explicitement le président russe. Ils instaurent un rapport de force en désignant la Russie comme un risque et même comme un ennemi des Etats-Unis. Mais la présidence Trump souffle également le chaud : le président Trump s’abstient manifestement de critique la Russie pour ses ingérences dans les processus électoraux en Occident ; il réitère régulièrement ses déclarations admiratives pour le président russe ; il essaie de ménager la Russie dans les domaines où les intérêts américains ne sont pas en jeu. Ainsi, il évite d’insulter l’avenir : en effet, au Conseil de sécurité des Nations-Unis, dans les différentes enceintes internationales et sur le terrain, notamment au Moyen-Orient et dans l’Arctique, Etats-Unis et Russie sont obligées de composer l’une avec l’autre.

Cette stratégie serait-elle vraiment efficace pour négocier avec Poutine?

 comme l’a bien compris le président français, le rapport de force est premier et la conciliation seconde avec la Russie. Son prédécesseur, François Hollande, avait essayé de dégager des coopérations avec la Russie pour lutter contre Daech dans le sillage des attentats de Paris en 2015. Mais il n’avait pas pu aboutir faute d’avoir établi un rapport de force suffisant avec la Russie. Etablir un rapport de force sans rompre en visière définitivement avec la Russie est sans doute la seule posture actuellement ouverte pour les Etats-Unis.

 

 

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