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© KENZO TRIBOUILLARD / POOL / AFP
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"La Crise et après ?" : Plus que répondre à la question, les chefs de partis ont placé leurs pions

Publié le 21 mars 2019
Le débat organisé par BFM et intitulé "La crise, et après ?" s'est tenu ce mercredi 20 mars au soir entre les 6 chefs des principaux partis.
Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier Le coup de com' permanent (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.
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Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier Le coup de com' permanent (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.
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Le débat organisé par BFM et intitulé "La crise, et après ?" s'est tenu ce mercredi 20 mars au soir entre les 6 chefs des principaux partis.

Atlantico : Le but du débat était d'entendre les propositions de sortie de crise des politiques après un Grand débat qui n'a pas convaincu. Sur ce plan, le débat de ce soir a-t-il tenu ses promesses ?

Arnaud Benedetti : Chacun est resté dans son couloir déclinant son offre , sans réelles surprises . À l’exception des deux représentants des partis majoritaires , on y a assisté à une critique en règle de la politique du gouvernement . Il ne fallait sans doute pas s’attendre à autre chose d’un exercice dont l’enjeu se situait à mi-chemin de la sortie du grand débat et des élections européennes . Sur le plan des personnalités , les plus aguerries et les plus différenciées dans leur volonté de rompre avec la politique d’Emmanuel Macron  ( Mélenchon , Marine Le Pen ) ont sans doute occupé avec plus de densité l’arène . Sur le fond , Stanislas Guerrini s’est efforcé de tenir la barre , mais sa prestation a fait ressortir le déficit abyssale du parti du président en leaders , en ressources combattantes susceptibles de " performer " ... L’impression générale qui a pu se dégager d’une émission qui ne restera pas dans les annales de la communication politique c’est un retour à la case départ pré-présidentielle , sans un certain nombre de sensibilités ( Hamon , les écologistes , Dupont-Aignan , etc ...) . Cette absence sur-soulignait à sa façon la crise de la représentation aiguë que nous traversons . Pas sûr que dans le contexte de crise des " gilets jaunes" les téléspectateurs ne soient pas ressortis de ce débat tout aussi dubitatifs qu’ils n’y étaient rentrés ... On a de facto eu le spectacle des blocages de la société française , de ses contradictions , de l’anomie de sa scène politique .

Le format "combat des chefs" n'a-t-il pas montré certaines limites, reproduisant par bien des aspects ceux qui ont précédé l'élection présidentielles ?

Les uns et les autres ne poursuivaient pas des objectifs identiques . Loin de là ... Pour Stanislas Guerrini, il s’agissait de faire " ses preuves ", pour François Bayrou de se positionner comme le môle d’expérience d’une majorité mise à mal , pour Marine le Pen de poursuivre l’exorcisme de l’effet toxique de son débat raté de l’entre-deux tours de 2O17 , pour Laurent Wauquiez de se différencier de Marine le Pen et d’incarner une droite lisible , pour Jean-Luc Mélenchon de retrouver la dynamique qui lui avait presque réussie lors de l’élection présidentielle , pour Olivier Faure tout simplement d’exister après qu’il eut confié les clés de la liste ps aux européennes à Raphaël Glucksmann. La réalité c’est qu’encore une fois , outre que l’ombre d’Emmanuel Macron et des gilets jaunes  planaient sur l’ensemble du débat , la situation politique est apparue encore plus confuse qu’il n’y a deux ans . Ce qui n’est rassurant ni pour les forces politiques , et pas plus pour pour l’exécutif .

Quels autres enseignements tirez-vous de ce débat ?

Il a été marqué par la conjoncture . Les questions d’ordre public , de fiscalité y ont prédominé . Par ailleurs se dessinait en creux comme une frontière entre les anciens chefs et les nouveaux avec Marine le Pen , Jean-Luc Mélenchon , François Bayrou d’un côté et Stanislas Guerrini , Olivier Faure , Laurent Wauquiez de l’autre .Marine le Pen y a modéré son image , poursuivant sa dédiabolisation , notamment lorsqu’elle a dit son opposition à la militarisation du maintien de l’ordre .Mélenchon a réaffirmé qu’il était le plus talentueux . Bayrou a répété son personnage . Guerrini a voulu faire le job , mais il a surtout démontré à son corps défendant qu’il n’était pas donné à tout le monde d’être un leader . Olivier Faure a renforcé l’image d’un ps à la recherche ( désespérément ?) de sa voie ...et de sa voix aussi . Laurent Wauquiez s’est mécaniquement attelé à procéder à la pédagogie d’un projet qu’il veut rendre audible entre l’orléanisme de Macron et le nationalisme de Marine le Pen . Quoi qu’il en soit , pour les uns et les autres , l’enjeu n’était pas tant la sortie du grand débat que de poser les premières briques télévisuelles de leur campagne en vue des européennes . Ce round là fut surtout en quelque sorte d’observation et de retenue .

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (9)
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Liberté-on-étouffe
- 22/03/2019 - 22:01
Débat des chefs de partis sur la crise
Lequel a le plus tiré profit de ce débat un peu brouillon ?
Bien sûr chacun a son propre avis suivant son attirance politique.
Personnellement, j'ai été admirative de la prestance et de la prestation réaliste de Laurent Wauquier. Oui d'énormes économies sont à réalisées en commençant par l'Elysée et ainsi de suite.....(véhicules, chauffeurs, réceptions non utiles, déplacements incessants et à plusieurs ect....Nous ne sommes plus en Royauté, surtout les caisses sont vides et nous sommes endettés jusqu'au coup. Alors STOP.
lasenorita
- 21/03/2019 - 14:37
Les gauchistes ont des oeillères!
Je ne voterai jamais pour un parti ''de gauche'' parce que les gauchistes ont des œillères! Hier encore, un musulman a pris, en otage,51 enfants dans un bus, à Milan!.. Les musulmans s'en prennent aux non-musulmans s'ils ne réussissent pas dans la vie! mais ce n'est pas la faute des non-musulmans (les Européens)s'ils sont mal éduqués et s'ils sont déjà tarés à la naissance!.. Une enquête de la Fondation pour la recherche médicale(Forum 2017) dit que 38,30% des mariages, en Algérie, sont consanguins; le taux le plus élevé de consanguinité a été enregistré à Tébessa (à l'est de l'Algérie) avec 88%..aussi quand les gauchistes disent que les musulmans sont ''pareils'' que les non-musulmans, j'affirme que c'est FAUX!
zen-gzr-28
- 21/03/2019 - 13:45
Critères de sélection dans la macronie ?
Les inconditionnels macronistes ont dû être époustouflés par "la grandiose prestation" de Stanislas GUERRINI et vont, sans doute, le conforter comme leur chef dans les prochains jours. Les deux dernières recrues, dans ce gouvernement se distinguent par un amateurisme évident.