En direct
Best of
Best Of
En direct
© Dimitar DILKOFF / AFP
Inégalités
2019 : la France préside le G7 et semble vouloir provoquer Trump. Bien, mal, très mal ?
Publié le 14 janvier 2019
Très mal : ce serait une erreur majeure. « Un G7 contre les inégalités » est le thème 2019 choisi par la France, que l’on reconnaît bien là.
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Paul Betbeze
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Très mal : ce serait une erreur majeure. « Un G7 contre les inégalités » est le thème 2019 choisi par la France, que l’on reconnaît bien là.

Il se prête à bien des interprétations, mais le site officiel croit bon de préciser : « Le dérèglement climatique affecte encore plus les populations vulnérables. Il ajoute de l’inégalité à l’inégalité, de l’insécurité à l’insécurité. C’est pourquoi nous ferons de la lutte contre le changement climatique une grande priorité de notre année du G7. » Est-ce aujourd’hui bien utile, aujourd’hui, d’avancer aussi frontalement contre Trump ? N’a-t-on pas mieux à faire et à consolider au sein du G 7 ?

Certes, les experts français ne veulent pas seulement lier « inégalités » à « climat », deux thèmes qui, séparément déjà, ne font pas l’unanimité des préoccupations. Ils listentainsi « cinq objectifs pour lutter contre les inégalités… En 2019, pour permettre à chacun(e) d’avoir les mêmes chances dans la vie quelles que soient ses origines, son sexe ou le lieu où il/elle vit, mais aussi pour assurer la stabilité globale et la paix, la France souhaite que les objectifs du G7 soient :
- la lutte contre les inégalités de destin, en favorisant particulièrement l’égalité entre les femmes et les hommes… ;
- la réduction des inégalités environnementales en protégeant notre planète grâce aux financements en faveur du climat et d’une transition écologique juste, la préservation de la biodiversité et des océans ;
- la promotion de politiques commerciales, fiscales et de développement plus justes et équitables ;
- l’action pour la paix… ;
- l’exploitation des opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle ».

Ces thèmes devraientaccompagner les réunions des ministres, puiscelle des « grands chefs » à Biarritz, avec tout au longles invitations des grandes organisations internationales (FMI…), ONG et différents partenaires. Pour conclure, les responsables africains seront conviés. Mais le risque va au-delà d’échauffourées prévisibles avec les gilets jaunes (de l’époque), les verts, rouges, noirs, et autres. Dans le monde actuel, hyper politisé et divisé, ces « cinq objectifs » proposés par la France pourraient en effet en énerver plus d’un, notamment Donald Trump. A les lire, on pourrait même penser que certains (pas tous) ont été retenus pour cela. 

Un G 7 contre Trump ? Pas entièrement, mais attentionsi rien ne change dans les textes de préparation. Bien sûr, rien n’est écritnon plus sur le déroulement des réunions. Les situations et comportements de chacunne sont pasfacilement prévisibles, de moins en moins même. Tout change tout le temps. Mais lier le réchauffement climatique à la montée des inégalités n’est pas anodin, ni même la causalité dominante. La vraie question devrait plutôt être la démarche à adopter dans les réunions de préparation, puis celles des ministres, pour soutenir la croissance. Ministres des affaires étrangères et intérieures d’abord, puis environnement, égalité entre hommes et femmes, santé, travail, « développement et éducation », Finances les 17 et 18 juillet, pourraient utilement travailler et échanger. Ceci permettrait de bien préparer le sommet de conclusion et d’acceptation (éventuelle) du communiqué final, en évitant le drame comme à Montréal et plus encore les poncifs, comme bien souvent.

Il esttrès important de ne pas « anti-trumpiser » ce G7, en mettant l’accent sur des positions clivantes. Il faut reconstruire l’unité occidentale, pas la fracturer. Tout est problématique dans notre monde, mieux vautavancer par ordre de difficulté croissante, en commençant par la croissance, seule à même de promouvoir l’égalité entre homme et femme, immense problème qui a l’avantage d’être consensuel. Ensuite viendront, toujours avec la croissance, les politiques commerciales, la paix et les avancées technologiques, sachant qu’on évoquera les terrorismes, avant d’aborder les liens entre climat et inégalités. Ce ne sera pas, à chaque étape, un mince programme.Il faudra ainsi parler de l’Afrique, et surtout avec elle, pour se lier à elle, pas pour contrer les avancées chinoises.

D’ores et déjà, il faut donc éclairer et préparer ces questions pour les combiner au mieux, pour les résoudre, non les opposer. Le risque doit être claire : celui de « politiser à courte vue » pour « faire le buzz »(sachant que les médias n’aident pas), etd’antagoniser des alliés dans ce monde qui ne sait plus où il va. N’oublions pas l’essentiel : les trajectoires de la Chine et des États-Unis se « rapprochent » et semblent faites pour se « rencontrer ». Est-ce ce que nous nous renforçons assez, chacun, dans le « rapprochement » en cours de ces deux puissances mondiales, une configuration sans exemple dans l’histoire. Et comment ? Et que voulons-nous, comme type de « rencontre » ?

Le G7 de Biarritz est l’occasion d’oublier celui de Montréal. Pour la France, c’est une occasion de briller, mais pas jaune. La guerre de Troie a eu lieu, celles entre Sparte et Athènes aussi, comme celles entre l’Allemagne et ses voisins. Quand la puissance dominante se sent menacée dans son leadership par la puissance montante, en général elle attaque, mélange de peur et de rage. La meilleure façon de contribuer à éviter la collision entre États-Unis et Chine, c’estde réussir ce G7.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
02.
La France va devenir la première puissance mondiale en moins de 5 ans
03.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
04.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
05.
Emmanuel Macron, pourquoi n’allez-vous pas en boîte comme Christophe Castaner plutôt que de faire du ski ?
06.
Acte XVIII des Gilets jaunes : retour prévu de la violence, réponse difficile à prévoir du gouvernement
07.
Recep Tayyip Erdogan critiqué pour avoir diffusé des images de l'attentat de Christchurch
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Et Marine Le Pen éclata de rire…
04.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
05.
Le voile est-il vraiment un accoutrement souhaitable pour vendre des petites culottes ?
06.
La France, cauchemar du terroriste de Christchurch : comment nous avons laissé la question du Grand remplacement se transformer en tragique métastase politique
01.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
02.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
03.
Grève mondiale des élèves pour le climat : 5 éléments pour déterminer s’il faut s’en réjouir ou... s’en inquiéter sérieusement
04.
Quand Nathalie Loiseau teste les nouveaux "éléments de langage" du progressisme face à Marine Le Pen sans grand succès
05.
Christchurch : de la théorie du Grand Remplacement à ses travaux pratiques
06.
Samedi de violences : l’Etat manque-t-il des moyens pour maintenir l’ordre ou ce gouvernement enchaîne-t-il les erreurs de stratégie ?
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
hoche38
- 15/01/2019 - 18:25
provocations
Mettre la climato-panique à l'ordre du jour du G7 est une niaiserie provocatrice bien conforme à la façon dont notre président traite nos Gilets jaunes.