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Le père Noël est une ordure
Alerte aux lendemains de noël qui déchantent : ces cadeaux qui menacent notre santé
Publié le 26 décembre 2018
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené une enquête sur les jouets vendus sur internet et le constat est édifiant.
Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier. 
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La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené une enquête sur les jouets vendus sur internet et le constat est édifiant.

Atlantico : Selon l'organe de contrôle, 75% des produits vendus sont non conformes et 39% d'entre eux présentent un danger dû à cette non-conformité : une substance cancérogène dans une oie en caoutchouc pour bébés, des phtalates dans une licorne gonflable ; quatre produits de Noël sur dix vendus sur internet sont dangereux pour les consommateurs selon cette enquête. Concrètement, quels sont les risques pour les bambins ? Des produits cancérogènes et reprotoxiques ont été retrouvés dans des jouets du premier âge. Si les parents s'en rendent compte a posteriori, que faire si l'enfant a déjà ingéré ce type de substances ?

Stéphane Gayet : Les risques sont de deux types. Il est essentiel de distinguer les risques aigus d’accident des risques à plus long terme d’intoxication lente.

Les risques aigus d’accident sont les plus préoccupants.

C’est peut-être une évidence, mais plus l’enfant est jeune et plus les risques sont importants, du fait de sa grande vulnérabilité et de son inexpérience.

Risques d’étouffement, de blessure et d’allergie


Les enfants âgés de moins de six ans sont particulièrement menacés. Ils peuvent s’étouffer en inhalant des yeux (car certains s’arrachent trop facilement), des boutons ou d’autres petits objets de poupées et d’animaux, ainsi qu’en avalant du rembourrage de peluches (car certaines ont un accès trop facile à leur rembourrage). Ils peuvent s’étrangler avec des cordons ou des ceintures de déguisements dont les boucles sont déjà formées. Il faut encore rappeler le risque des emballages en sachet plastique étanche avec lesquels un petit enfant est susceptible de s’étouffer. Ils risquent également de se couper ou se piquer avec des jouets comportant des parties métalliques dangereuses (pas toujours visibles quand le jouet vient d’être sorti de son emballage). Il peut arriver que certains mécanismes à ressort blessent le visage et même un œil lorsqu’ils sont défectueux ou se rompent. Certains vélos pour enfant se sont avérés très blessants.
Si l’enfant est allergique (connu comme tel ou non), il pourra parfois faire une crise d’asthme ou un œdème du visage avec certains apprêts utilisés pour des vêtements de poupée ou des déguisements. Il faut encore signaler le danger de certains objets en latex (caoutchouc) destinés aux très jeunes enfants (allergie ainsi qu’étouffement mécanique).

Risques thermiques


Certaines peluches ou poupées et surtout certains déguisements peuvent se montrer très inflammables. Or, les sapins de Noël avec leurs guirlandes électriques, cierges magiques et bougies représentent un risque de départ de feu. Ce risque est important et il est très souvent sous-estimé. Il est arrivé que des enfants soient brûlés de ce fait. L’excitation de la fête est une ambiance qui peut favoriser les imprudences. Il faut préciser que certaines guirlandes électriques de bas de gamme sont particulièrement dangereuses, à un point que l’on ne soupçonne pas. Or, le sapin est lui-même en général facilement inflammable.

Les risques lents d’intoxication sont moins préoccupants.

Aujourd’hui, les expressions de « produits cancérogènes », de « perturbateurs endocriniens », de « substances reprotoxiques » sont sur toutes les lèvres ou presque des adultes. Mais il ne faut pas perdre de vue le fait que ces produits agissent très lentement. Il est hautement improbable qu’un jouet comporte une substance toxique dangereuse par ingestion à court terme. Presque toujours, le risque existe pour une exposition très prolongée pendant au moins cinq ans et souvent beaucoup plus. L’action est un peu plus rapide avec le plomb (il est arrivé que les yeux d’animaux en peluche soient en plomb), mais toutes ces substances (aux concentrations où elles peuvent se trouver dans les jouets) nécessitent le plus souvent au strict minimum des mois et souvent des années d’exposition pour se montrer pathogènes. Au cas où l’on se rendrait compte a posteriori qu’un enfant a ingéré un produit connu pour être cancérogène ou reprotoxique, il ne faut surtout pas s’affoler et agir avec précipitation. Le mieux est de prendre contact avec le centre antipoison le plus proche de son domicile (en général : l’un des CHU de la région) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DCCRF).
On peut trouver sur leur site une liste de produits avérés dangereux : ici
 

Alors, comment faire en pratique ?

Les prix bas font florès dans tous les domaines (jouets, alimentation, biens d’équipement…). C’est un lieu commun que de dire qu’ils sont la conséquence de la mondialisation. En dehors de leur côté peu éthique (ouvriers adultes ou enfants très mal payés et travaillant dans des conditions lamentables) et souvent peu écologique (toxicité pour la nature), les prix bas sont souvent associés à un danger pour l’usager. C’est bien sûr le cas de la nourriture, c’est également le cas des jouets. Qu’on le veuille ou non, certaines grandes marques de jouets ont acquis leur bonne réputation sur l’efficacité éducative, la robustesse et l’innocuité de leurs produits. On en a pour son argent avec ce type de jouet.
Acheter un jouet à bas prix ou très bas prix d’une marque inconnue sur un site internet, c’est systématiquement prendre un risque que l’on est en général incapable d’estimer. Il faut alors faire preuve de perspicacité, se renseigner le plus possible, inspecter et tester le jouet avant de le mettre dans les mains de l’enfant.
Ces produits dangereux proviennent le plus souvent d’Asie du Sud-Est ou parfois du sous-continent indien. Ils échappent de ce fait aux normes réglementaires de la Communauté européenne. La DGCCRF déborde de travail avec ces importations massives de produits, dont des jouets. Les Français n'ont jamais autant commandé en ligne en dehors de l'Europe que cette année. Le chiffre d’affaires des sociétés qui vendent ces jouets sur des sites marchands en ligne est de plusieurs milliards d’euros. En plus des dangers pour les usagers dont les enfants, et au risque de se répéter, tous ces produits vendus à prix bas représentent un danger écologique (que deviennent-ils après leur obsolescence ?).
Les réponses à apporter de la part des pouvoirs publics sont loin d’être simples.

 

Atlantico : Les plus grands quant à eux ont pu avoir le plaisir de découvrir au pied du sapin peut-être un nouveau smartphone, un nouvel ordinateur ou encore les derniers jeux-vidéo à peine sortis. Ces cadeaux, à l'instar de ceux offerts aux plus jeunes ne sont pas exempts de risques. Des professionnels de la santé en parlaient déjà à Atlantico. 

Article initialement paru le 19 décembre 2012

Les problèmes de vue causés par les écrans en tout genre (smartphones, télévision, ordinateur) 


Catherine Jegat : Plusieurs études ont démontré que les personnes qui passaient beaucoup de temps devant les écrans étaient plus exposés aux problèmes de myopie. Cela est principalement lié aux usages que nous faisons des écrans car les problèmes de vue se développent car nous regardons les écrans de trop près. La vision de loin est très peu sollicitée, ce qui permet une extension de la myopisation. Les smartphones et les ordinateurs sont principalement concernés. L'ASNAV a réalisé un baromètre sur le temps passé par l'ensemble de la population sur les écrans en général et cela a montré que l'ensemble des Français passait 27 minutes et les jeunes de 16 à 24 ans 96 minutes. Ce phénomène peut donc provoquer une fatigue croissante de l’œil qui mène à des problèmes de vue. Pour pallier ses problèmes, il est nécessaire d'encourager les jeunes et autres consommateurs d'écrans de passer du temps à l'extérieur afin de développer sa vision de loin car elle permet de reposer sa vue. En outre, pour éviter les conséquences néfastes du regard statique, il est préférable de volontairement cligner des yeux pour humidifier l’œil et de faire des pauses régulières, particulièrement pour les porteurs de lentilles qui sont déjà fragilisés.

 

 

Les troubles auditifs liés à l'utilisation des casques et écouteurs mp3


 Jean-Michel Klein : Il y a deux façons d'endommager durablement l'ouïe d'une personne : tout d'abord le traumatisme sonore pur lié à un bruit extrêmement fort qui peut avoir un impact sur l'oreille interne irréversible. Puis, il existe également des traumatismes à répétition qui sont moins violents mais plus répétés. L'oreille est un système de décodage du son qui comporte des cellules au niveau de l'oreille interne qui ont des cils. Quand des a coups de pression auditives se font ressentir, les cils s'écrasent et cassent. Le décodage du son devient donc de plus en plus difficile et une baisse auditive se fera sentir. « Qui veut voyager loin ménage sa monture ». L'excès de bruit peut donc être dangereux. Particulièrement, pour ce qui est des mp3, la compression du son est particulièrement néfaste. En effet, pour faire entrer une musique dans un mp3, le son doit être comprimé pour tenir sur un volume plus faible. L'oreille humaine est sensible à la variation des sons. Toutefois, la compression fait perdre en variation du son. Par conséquent, l'écoute va donc se faire à un volume plus fort pour trouver une sensation plus forte. Peuvent donc en résulter des traumatismes sonores. En outre, le son est une pression. Quand on envoie 100 décibels dans l'espace d'une pièce, les conséquences seront évidemment moindre pour le tympan par rapport à l'envoi des mêmes décibels directement dans l'oreille. Pour pallier cela, certains casques sont vendus avec des évents pour qu'une partie du son s'évacue.

 

Les risques d'addictions liés à l'excès de jeux vidéos et à la consommation d'écrans 

Dan Véléa : L'addiction peut naître à cause de plusieurs facteurs : la fragilité psychique de l'individu, le besoin de reconnaissance, les failles narcissiques (absence d'amour, sentiment d'abandon ressenti par l'enfant). Chez certains patients, le jeu et les écrans représentent une manière de fuir la réalité, le vide existentiel et surtout le sentiment d'ennui. L'échappatoire dans le virtuel permet à l'individu de ressentir un sentiment de protection et d'assurance, cette fuite amenant aussi du plaisir, accompagnée d'un faux sentiment de maîtrise et de contrôle du temps, et des autres adversaires. Beaucoup décrivent une décharge d'adrénaline - dans la confrontation aux autres, mais surtout à soi. Dans le cas de jeux d'argent, les mises et les gains passent au second plan, il s'agit dans ces cas de lutter contre l'ennui, mais aussi de faire durer l'attente et le stress de ces moments. 
D'autres catégories de joueurs décrivent une manière efficace - au moins au début - de lutter contre ce même stress. Un aspect beaucoup plus dramatique - surtout à notre époque moderne, est la banalisation de la violence dans les jeux, mais aussi films. Cette dernière s'accompagne d'une perte de repères et des limites, avec le risque de passage à l'acte sur fond de déshumanisation des victimes. Elles apparaissent comme des personnages de jeu, dépourvues de notion de mal, et de souffrance. Certains joueurs, fort heureusement pas tous, s'identifient et incorporent leur avatar de jeu, ramenant cette virtualité dans la réalité et dans la relation avec les autres. L'addiction a des conséquences que l'on recense à long terme sur la vie personnelle (abandon des conjoints dans d n ombreux cas), professionnelle (perte d'emploi, désinvestissement), mais aussi sociale : le jouer tombe dans le piège de la fausse socialisation dans les réseaux de jeux. Dans le cas des jeux d’argent, on assiste souvent à des conséquences anxiodépressives, sur fond d'endettement massif, ainsi qu'à la perte de réseaux social et familial. 

Et l'épilepsie dans tout ça ?


 Philippe Kahane : Le risque d'épilepsie est très, très faible. Il faut savoir qu'il y a certaines formes d'épilepsie très rares, dites photosensibles. Dans ce cas, les crises peuvent être déclenchées par des stimuli visuels répétés. Ils sont présentés à des fréquences de l'ordre de 20 ou 25 cycles par seconde. A une époque, regarder la TV pouvait déclencher ces crises, les écrans étaient à balayage. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas car les écrans sont digitaux, il n'y a donc plus ce problème. Cependant, dans des situations très particulières où les jeux vidéos ont des systèmes de balayage d'écran, et des petites lignes qui peuvent créer des stimuli visuels, on peut déclencher des crises. Il faut comprendre que ces dernières ne se déclenchent que chez les malades épileptiques. En aucun cas quelqu'un qui n'est pas sujet ne peut avoir une crise en jouant aux jeux vidéos. Ces crises photosensibles représentent 1% de toutes les formes d'épilepsie, même un peu moins, soit 5000 patients-risque sur 500 000. Cela ne justifie pas l'interdiction de jouer aux jeux vidéos aux patients épileptiques, pour lesquels on n'a pas établi la preuve que les stimulations lumineuses pouvaient provoquer des crises. Au plan neurologique, il n'y a pas de maladie susceptible d'être aggravée, ou favorisée par les jeux vidéos, mis à part le fait que jouer peut être fatigant. Dans ce cas-là, on retrouve les cas où certaines maladies susceptibles d'empirer à cause de la fatigue, le stress, les privations de sommeil, mais ce n'est pas propre aux jeux vidéos ou aux écrans. La mise en garde systématique sur les jeux n'a donc pas lieu d'être. Il y a 15 ans, elles avaient aussi pour but d'éviter l'invasion des consoles de jeux japonaises sur le marché européen. Ca n'a pas toujours été utilisé à des fins purement médicales.

 

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Mots-clés :
Noël, cadeaux, DGCCRF
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