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Confiscation du pouvoir
Haute fonction publique : l’autre cible que devraient se donner les Gilets jaunes
Publié le 19 décembre 2018
Peut-être que les Gilets jaunes devraient tourner leurs regards vers les administrations comme Bercy.
Jean-Marc Boyer est diplômé de Polytechnique et de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE). Il a commencé sa carrière en tant que commissaire contrôleur des assurances puis a occupé différentes fonctions à l...
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Jean-Marc Boyer est diplômé de Polytechnique et de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE). Il a commencé sa carrière en tant que commissaire contrôleur des assurances puis a occupé différentes fonctions à l...
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Peut-être que les Gilets jaunes devraient tourner leurs regards vers les administrations comme Bercy.

Atlantico : La classe politique actuelle canalise la haine des Gilets jaunes et d'une grande part de la population dans un même cri de "Tous pourris". Mais alors que Bercy s'est opposé à l'exécutif à propos de l'application des mesures de Macron, les manifestants ne se trompent-ils pas dans leur combat en ne visant qu'un seul "ennemi" ?


Jean-Marc Boyer : Les cibles des gilets jaunes sont mouvantes. Aujourd’hui ce sont les politiques, demain peut-être certains médias officiels et subventionnés, ou certaines administrations honnies. Les affaires (Benalla, les ministres qui ont dû ou préféré démissionner, etc) et des dépenses somptuaires ont concentré la remise en cause sur le Président, sa posture et son tropisme vers les riches.
Le ministère de l’Action et des Comptes publics était précédemment passé en force, comme avec la modération des aides aux logements, contre l’avis de l’Elysée. Cette fois-ci, E. Macron a annoncé des mesures sans passer par la validation technique de Bercy. Les responsables politiques devront ramer pour expliciter des mesures non encore cadrées.
Les fonctionnaires de base (infirmières, enseignants, …et même forces de l’ordre) sont proches des revendications de pouvoir d’achat des gilets jaunes. « L’ennemi » serait plutôt la haute fonction publique, supposée déconnectée de la vie réelle.


Quelle est la marge de manœuvre de la classe politique face à la machine administrative française?


La marge de manœuvre budgétaire des politiques est aujourd’hui nulle. Les enveloppes ne permettent pas d’embauches nettes, mais seulement des réaffectations. Les statuts sclérosent la fonction publique et les titulaires sont pratiquement irrévocables. Faute de « lois de dégagement de cadres », l’Etat en est pratiquement réduit à des mobilités forcées (au sens de la loi sur les mobilités du 3 août 2009).
On ne saurait réduire les effectifs des 3 fonctions publiques sans alléger les tâches bureaucratiques. Pour retrouver des marges de manœuvre, il faudrait simplifier les strates de processus fiscalo-administrés de l’administration : supprimer une ou deux couches du millefeuille territorial, abroger les redondances entre les ministères et des « autorités indépendantes » et autres agences, supprimer des niches fiscales et des micro-impôts, etc.


Comment reprendre le contrôle sur ces institutions ? La classe politique est-elle le seul relais possible ?


CAP 2022 aurait pu être une ouverture, mais le pouvoir politique a étouffé ce rapport devant le risque de réactions des fonctions publiques. Une « transformation » de la fonction publique supposerait une nuit du 4 août abolissant les privilèges des corps d’Etat, la féodalité actuellement aux commandes. Or, ces castes tiennent précisément le pouvoir dans toute sa verticalité. 
Du Président, son Secrétaire Général, son Premier ministre, son ministre des Finances, sa Directrice générale du Trésor, ses chefs de service, sous-directeurs, chefs de bureau, etc, tous sont issus du même moule de pensée unique. Celui du pouvoir par la dépense fiscalo-administrée, tel qu’enseigné à l’ENA, et qui mène la France à la faillite avec 44 années consécutives de déficits budgétaires. 
Pourquoi cette caste scierait-elle la branche qui la soutient ? La classe politique ne va pas remettre en cause la haute administration dont elle est largement issue. La reprise de contrôle sur les institutions ne peut venir que d’une hypothétique et hasardeuse révolution, ou au moins de l’instauration d’une sixième république plus moderne. Aujourd’hui, selon les normes européennes et dans un monde digital, le pouvoir vertical d’une caste n’aurait plus lieu d’être.

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Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
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SD..
- 20/12/2018 - 06:06
Pas surpris d'un tel article
Je ne suis pas surpris car la seule fonction publique que je côtoie ou plutôt touche est celle qui me controle et me taxe au quotidien; et je considère aujourd'hui que ces gens sont contre moi. L'Urssaf perd un de mes courriers, résultat: il me mette sansvrappel le niveau maximum de cotisation, avec la mécanique de courrier bien huilée de menaces, écrite en noir gras, rappelant l'article que "j'ai " enfreint. Pour ce défaire de là, c'est bien difficile car vous êtes coupable d'office. Idem pour ma taxe d'habitation qui augmente soudainement, je me rends à la préfecture et argumentant que ça fait 8 ans qu'elle était (presque) inchangée , j'ai eu pour magnifique réponse d'un petit guichetier de la préfecture d'Evreux d'à peine 30 ans que "je pourrai aussi vous redresser depuis 8 ans!" Heureusement sa collègue a pris le relai et ca c'est bien terminé....
BienVu
- 20/12/2018 - 00:07
N'est-ce pas un peu facile ?
Avant hier, c'était "tous pourris" (qui étaient ces tous ?). Hier, c'était "Macron démission". Aujourd'hui c'est "A bas la haute fonction publique". Demain , ce sera "au crochet les bouchers-charcutiers" trop cruels envers les animaux ? Si j'en crois sa bio, M. Boyer est diplômé de Polytechnique (rue Descartes en son temps) et de l'ENSAE, ce qui n'est pas rien. Il fait partie de l'élite, ce qui n'est pas infamant, bien au contraire me semble-t-il. Il a travaillé (IGF, Trésor) à Bercy ou dans d'autres bâtiments du ministère des Finances. Alors ces récriminations actuelles contre ses ex-collègues s'apparentent à une guerre de clans, puisque, à son palmarès, manquent les trois lettres ENA . Le domaine d'action de la haute fonction publique ne se limite pas à Bercy, elle sévit même au Palais-Royal 'Culture). Si ces fonctionnaires ont pris le pouvoir, c'est que les finances ont pris un poids démesuré dans la gestion du pays, que les pouvoirs exécutif et législatif se sont laissés déposséder depuis bien longtemps. Le Président Macron avait, en début de mandat, manifesté des velléités de changement mais...
Liberte5
- 19/12/2018 - 19:44
Excellent article auquel je souscrit.
Depuis Giscard et Chirac, la haute fonction publique a pris le pouvoir et ne l'a plus lâché. Les énarques qui sont à tous les postes, pilotent depuis cette époque la France. Les résultats sont sous nos yeux: hausse sans fin des prélèvements obligatoires( N° 1 sur le podium mondial), hausse de la dette, du chômage. Parallèlement à cela ,dégradation des services publics, notamment l'EN , les transports, la santé et la sécurité. Les énarques qui peuplent la haute fonction publique ont dépassé depuis longtemps leur seuil de compétence , mais sans aucune conséquence pour eux. Et cela grâce à un système très verrouillé , qui ne permet pas d'avoir une démocratie , où le peuple puisse s'exprimer. La partie n'est pas gagnée, car la résistance de cette caste va être musclée, ne voulant pas perdre tous les avantages indus qu'elle s'est attribuée.