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Casseurs + terroristes : une brutale demande d’ordre risque-t-elle de faire son apparition sur la scène politique française ?
Publié le 13 décembre 2018
Ces derniers mois ont été marqué par une vraie violence, qu'elle soit politique dans le cas des gilets jaunes et du gouvernement ou d'ordre terroriste comme à Strasbourg. Une accumulation qui pourrait inciter les Français à demander de l'ordre.
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Arnaud Lachaize
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Ces derniers mois ont été marqué par une vraie violence, qu'elle soit politique dans le cas des gilets jaunes et du gouvernement ou d'ordre terroriste comme à Strasbourg. Une accumulation qui pourrait inciter les Français à demander de l'ordre.

Atlantico : Blindés, déploiement massif de policiers, le gouvernement n'a pas hésité à montrer les muscles face aux Gilets jaunes et plusieurs ont été condamnés à de la prison ferme. Le parallèle avec l'auteur de l'attentat de Strasbourg, un criminel multi-récidiviste en liberté au moment des faits, pose question. Ce décalage qui peut être ressenti par la population peut-il amener à un retour du débat sur l'ordre et l'autorité sur le devant de la scène ?

Arnaud Lachaize : Les deux sujets ne se recoupent pas. On ne peut pas effectuer un rapprochement entre une opération de maintien de l'ordre extrêmement sensible et une affaire de criminalité multirécidiviste ayant tourné au terrorisme. On a vu certaines manifestations des gilets jaunes qui récupérées par des casseurs, ont dégénéré en violence et en destructions, en agression contre les policiers et les gendarmes. Dans une situation dramatique, les forces de l'ordre et les autorités du pays ont été obligées de faire preuve de fermeté pour éviter le pire. La lutte contre la criminalité multirécidiviste qui peut conduire jusqu'au terrorisme, c'est un sujet qui n'a bien aucun rapport. C'est toute la question du parcours d'un certain nombre d'individus, en petit nombre, qui les conduit de la petite délinquance au grand banditisme puis au terrorisme djihadiste. Depuis les élections de 2017, on parle surtout des sujets économiques et sociaux, et l'attention médiatique se polarise sur la communication du plus jeune chef de l'Etat de l'histoire. Pourtant, les sujets régaliens, la sécurité, la maîtrise des frontières, le communautarisme, demeurent dans les profondeurs du pays des préoccupations majeures. L'attentat de Strasbourg les replace au premier plan de l'actualité.

Emmanuel Macron serait-il apte à répondre à ces inquiétudes ou d'autres candidats pourraient-ils davantage en profiter politiquement ?

La présidence Macron dès l'origine, n'est pas centrée sur le sujet régalien. Lui-même ancien inspecteur des finances et ministre des affaires étrangères, a forgé son identité politique sur l'économie et non sur la sécurité. A cet égard, il est plus proche de Giscard d'Estaing que de Sarkozy. Ce dernier fut ministre de l'Intérieur pendant 4 ans avant d'être élu président de la République. Il a toujours considéré la sécurité et la maîtrise de l'immigration comme les marqueurs de son quinquennat. Le style, la campagne et les priorités de la présidence Macron sont d'un ordre différent. Il peut difficilement en changer en cours de route. Cependant, la réussite du ministre de l'Intérieur qu'il s'est donné, M. Castaner, qui vient tout juste d'arriver place Beauvau, sera évidemment décisive pour la suite du mandat présidentiel de M. Macron. Si M. Castaner parvient à rassurer et incarner la sécurité des Français, ce sera un point décisif dans le contexte à venir. Sinon, qui peut en profiter sur le plan électoral? Une course décisive se joue entre LR et le mouvement lepéniste désormais en tête des intentions de vote. Les dirigeants de LR doivent impérativement parvenir à gagner une crédibilité et une confiance dans ce secteur s'il veulent éviter, d'ici les prochaines échéances électorales, une nouvelle poussée frontiste. Les Français attendent de l'opposition LR des signes tangibles de l'abandon des stratégies et calculs individualistes et la mise en place d'un travail collectif pour élaborer un projet d'intérêt général au service du pays. C'est cela qui peut faire la différence.

Comment le gouvernement pourrait-il agir pour mieux affirmer sa fermeté et montrer qu'il garde le contrôle ?

Ces questions sont d'une infinie complexité et on ne va pas les régler par un coup de baguette magique. Pourtant il y aurait des mesures fortes et symboliques qui pourraient être prises, marquant une rupture définitive avec l'ère du quinquennat Hollande. Comme le président Macron a décidé de rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires qui fut un axe majeur de la présidence Sarkozy, une première étape pourrait être la remise en vigueur de mesures qui ont été adoptées en 2007-2008 et abrogées par les socialistes, notamment les peines-planchers pour les multirécidivistes ou la relance du programme de développement du nombre des places en établissement pénitentiaires. Face aux risques de bain de sang à venir, il faut également réfléchir aux modalités de mise en surveillance des individus indentifiés comme dangereux, bracelets électroniques, assignation à résidence ou en rétention de sécurité dans les cas les plus extrêmes. Ce sont des mesures fortes qui pourraient contribuer à rassurer l'opinion et marqueraient une rupture nette et sans équivoque avec le temps de l'angélisme. 

 

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vangog
- 14/12/2018 - 01:17
Les 400 ou 500 fascistes-zadistes sont connus...
Il faut obliger la gauche à accepter la reconnaissance faciale, isoler ces fascistes-zadistes avant manifestation: assignation à résidence, enfermement préventif, perquisitions etc...et les manifestations se passeront bien , sans que les racailles de banlieues ne profitent de la casse provoquée délibérément par les fascistes-zadistes d’extrême-gauche...mais peut-être le gouvernement de Macrouille n’a-t-il pas intérêt à ce que ces manifestations gilets-jaunes ne dégénèrent pas?...
HOBBES17
- 13/12/2018 - 14:38
j'adhère à vos propositions de mesures
des 6 dernières phrases
Papy Geon
- 13/12/2018 - 13:27
Une brutale demande d'ordre...
Je crois que les français demandent autre chose. Ils demandent une justice. Une personne qui a été condamnée à 27 reprises, et qui n'est pas en prison, cela signifie que la justice manque pour le moins de justesse. Par contre, on condamne à 4 mois de prison, un salarié qui a osé balancer une canette de bière lors d'une manifestation. Si nous continuons comme cela, il est évident que les gens vont appliquer leur propres règles de justice. Et ce genre de justice populaire est toujours expéditive.