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Le contexte particulier des soulèvements et des luttes intestines à l'origine de la "guerre de Vendée" (1793-1796)

Publié le 04 novembre 2018
Philippe Joutard et Jean-Clément Martin ravivent la mémoire de la guerre des Camisards et de la guerre de Vendée. Ces révoltes ont été menées par des catholiques et des protestants qui tentaient de préserver leur liberté de culte face au régime qui les opprimait. "Camisards et Vendéens, deux guerres, deux mémoires vivantes" est publié aux éditions Alcide. Extrait 2/2.
Philippe Joutard est ancien recteur et professeur d’histoire  émérite. Il est notamment l'auteur d'Histoire et mémoires, conflits et alliance (La découverte, 2013).
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Jean-Clément Martin est un spécialiste de la Révolution Française. Ancien directeur de l'Institut de l'histoire de la Révolution Française, il a notamment étudié la Vendée comme lieu de mémoire. 
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Philippe Joutard et Jean-Clément Martin ravivent la mémoire de la guerre des Camisards et de la guerre de Vendée. Ces révoltes ont été menées par des catholiques et des protestants qui tentaient de préserver leur liberté de culte face au régime qui les opprimait. "Camisards et Vendéens, deux guerres, deux mémoires vivantes" est publié aux éditions Alcide. Extrait 2/2.

La guerre de Vendée a été, entre 1793 et 1796, la dernière guerre civile importante que la France a connue. Elle peut être comprise comme une guerre religieuse, populaire et politique, marquant une région et l’histoire nationale. À cet égard, elle peut être considérée comme le pendant de la guerre des Camisards, même si elle a concerné un vaste espace, affecté un très grand nombre de personnes et surtout porté des enjeux politiques importants.

Une guerre longue 

 
Au sens strict, la guerre débute en mars 1793 quand des émeutes se produisent dans les bourgs et les villages du sud de la Loire, dans les départements des Deux-Sèvres, de Loire-Atlantique, de Maine-et-Loire et de Vendée. 
 
La Vendée n’existe pas en tant que telle mais l’opposition des partis révolutionnaires lui donne naissance. Ainsi, elle trouve son identité quand, depuis Paris, les députés de la Convention parlent de la « guerre de Vendée » pour évoquer l’ensemble des insurrections qui viennent de se produire dans cette région. Les déchirements des partis révolutionnaires favorisent les premières victoires des Vendéens et permettent l’existence d’un « territoire » sous contrôle des insurgés. La guerre se prolonge sans interruption jusqu’en 1796, date à laquelle les principaux chefs sont exécutés. Elle recommence ensuite, sur une plus petite échelle, en 1799, puis encore en 1814-1815 et enfin en 1832. 
 
Cette longue durée de conflit est une caractéristique importante de cette guerre qui repose sur des antagonismes compliqués, mélangeant les dimensions sociales, économiques, religieuses et politiques. De ce point de vue, la guerre de Vendée apparaît comme plus complexe que la guerre des Camisards. Il est vrai que le contexte général a changé entre le début et la fin du XVIIIe siècle et que les enjeux de cette guerre n’ont plus rien à voir avec la réalité de l’époque de Louis XIV.

 

1793 

La France révolutionnaire est en guerre contre le reste de l’Europe qui s’est coalisée suite à l’exécution de Louis XVI. En mars 1793, une vague d’insurrections se développe en réaction à la décision prise par la Convention d’envoyer à la frontière 300 000 soldats pris dans l’ensemble du pays. Ces soulèvements, qui touchent entre un quart et un tiers de la France, sont rapidement réprimés, que ce soit, pour les plus importants, en Alsace, dans le nord de la France ou plus encore en Bretagne, au nord de la Loire. Contrairement à tout ce qui s’est passé ailleurs, les insurgés du sud de la Loire remportent le 19 mars 1793 une victoire inattendue sur une troupe partie de la Rochelle. Or, la situation existante au sud du fleuve ne relève pas d’une spécificité régionale : les revendications et les modalités d’interventions sont les mêmes d’une rive à l’autre. Ce qui change est simplement le fait que les troupes commandées par la République n’ont pas su faire face à cette insurrection. C’est une situation tout à fait incongrue pour l’époque car les troupes régulières ne pouvaient a priori qu’écraser des groupes de rebelles mal commandés et mal équipés. Les députés de la Convention, influencés par les dénonciations de représentants en mission hostiles aux Girondins, vont assurer que cette défaite est liée à une conspiration entre insurgés et certains révolutionnaires proches des Girondins, seule explication plausible de cet événement. Ainsi, dès ces premiers jours, ce qui se passe au sud de la Loire est interprété en fonction des luttes internes qui opposent Girondins et Montagnards pour le contrôle de la Convention. C’est ce contexte très particulier qui explique la dénomination de « guerre de Vendée » utilisée dès la fin du mois de mars pour englober l’ensemble des soulèvements et leur donner une unité qu’ils étaient loin d’avoir. Aucun autre moment, ni aucune autre région contre-révolutionnaire ne connaîtront pareil traitement, même dans le Midi déchiré par des affrontements depuis 1790 ou dans l’Ouest breton et normand où la Chouannerie sera active pendant plus de dix ans. La menace « vendéenne » – rappelons que le terme est donné par les députés à la suite de la bataille perdue dans le département de Vendée alors que les autres départements voisins sont également soumis à des émeutes contre-révolutionnaires – sert donc aux règlements de comptes entre révolutionnaires, ce qui radicalise d’emblée les réactions à son égard.
 
 
 

Opposition Girondins-Montagnards : la naissance de la Vendée 

Au printemps de 1793, la Révolution a pris un tour nouveau. L’exécution du roi, le 21 janvier, a opposé les révolutionnaires entre eux. Les Jacobins se répartissent entre Girondins et Montagnards, pôles devenus emblématiques, incarnés par des individus autant que par des idées et des orientations, Brissot, Condorcet, contre Marat, Robespierre. Un des enjeux essentiels tient à la position à adopter vis-à-vis des mouvements Sans-culottes, qui ont été les initiateurs de la chute de la royauté, le 10 août 1792, avec la prise des Tuileries. Les Girondins sont hostiles à ces courants, contrairement aux Montagnards qui s’appuient sur eux pour arriver au pouvoir dans la Convention. Ce sont ces luttes qui expliquent cette naissance de la « guerre de Vendée » dont les Girondins sont rendus responsables, n’ayant pas voulu des mesures radicales que leurs rivaux réclament. La Vendée devient l’occasion saisie par tous les camps pour obtenir la victoire militaire qui ouvrira la voie à la victoire politique. C’est dans cet esprit de concurrence que se retrouvent des forces hétéroclites, souvent hostiles les unes aux autres, au point de ne pas intervenir quand les Vendéens combattent des groupes d’opinions différentes, ceci expliquant notamment les succès vendéens de septembre 1793. En octobre 1793, les Sans-culottes obtiennent de facto la direction des armées présentes sur place, au détriment des officiers girondins ou dantonistes. Ils battent, certes, les Vendéens en octobre 1793, mais vont être incapables de se rendre maîtres de la situation ensuite, laissant la violence atteindre des sommets et permettant aux Montagnards de les éliminer au printemps 1794.
 
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