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Solutions diplomatiques

Sommet sur la Syrie : aucune résolution du conflit en vue

Publié le 28 octobre 2018
Le sommet Turquie Russie Allemagne France sur la Syrie qui se tenait à Istanbul s'est conclu hier. Emmanuel Macron a appelé la Russie à exercer des pressions sur le régime de Damas pour garantir un "cessez-le-feu stable et durable à Idleb".
Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné...
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Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné...
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Le sommet Turquie Russie Allemagne France sur la Syrie qui se tenait à Istanbul s'est conclu hier. Emmanuel Macron a appelé la Russie à exercer des pressions sur le régime de Damas pour garantir un "cessez-le-feu stable et durable à Idleb".

Atlantico : Mais les choses sont-elles si faciles que cela dans le sens où le cessez-le-feu n'a pas été accepté par les djihadistes présents à Idleb ?

 
Cyrille Bret : Ce sommet est celui du retour des Européens en Syrie. Pour mesurer les résultats de ce sommet, il faut regarder le format autant que le fond. Le format est tout à fait essentiel : les deux chefs d’Etat européens les plus actif sur la scène internationale, Angela Merkel et Emmanuel Macron sont enfin autour de la même table que deux des principaux protagonistes de la crise syrienne, le président Erdogan et surtout le président Macron. Pour comprendre la nouveauté de ce sommet, il faut se souvenir que, depuis le début de l’intervention russe en Syrie à la demande du régime Al-Assad en septembre 2015, les autorités russes ont lancé des formats de résolution de la guerre qui excluent de fait les Européens. Le forum d’Astana lancé en 2016 associe en effet, sous la présidence de la Russie, les Iraniens, les Turcs et les différents mouvements syriens. Aucun occidental aucun Européen n’est parvenu à faire partie du format et à faire entendre la voix de l’Europe sur la Syrie, alors même que l’Europe est directement concernée par la question des réfugiés, par la question de la protection des populations civiles. Enfin, il était temps, les Européens sont à la table des négociations. Et l’Iran est, lui mentionné par le président russe sans être invité par les autorités turques.
 
Quant à la question du cessez-le-feu à Idlib, il est nécessairement instable même sil est souhaitable. Cette suspension relative des hostilité procède du désaccord profond entre la Turquie, qui soutient certains mouvements président à Idlib et la Russie qui, elle, s’aligne sur l’analyse syrienne. Concernant Idlib, le président Macron et la chancelière Merkel ont un objectif commun qu’ils ont réaffirmé : la protection des populations civiles pour éviter les massacres connus dans la Ghouta et à Alep. Et la maîtrise du flux de réfugiés vers la Turquie et vers l’Europe.

 

Vladimir Poutine sur Idleb a déclaré que "Si les radicaux entravent la réalisation de cette mission (de retrait des forces d'opposition d'Idlib) s'ils mènent des provocations armées depuis la zone d'Idlib, la Russie se réserve le droit de soutenir les actions résolues du gouvernement syrien visant à démanteler ce foyer terroriste". Est-ce révélateur de l'impasse à laquelle sont confrontés les pays investis sur le dossier syrien et sur la région d'Idleb ?

 
Cyrille Bret : Le président russe se contente de rappeler, dans cette déclaration, sa position constante : son intervention en Syrie est double. C’est une opération anti-terroriste et c’est une opération réalisée à la demande du régime Al-Assad qu’il considère comme la seule autorité légale en Syrie. Cette déclaration rappelle que, pour lui, la Syrie ne connaît pas de guerre civile mais une invasion islamiste : il n’y a pas lieu, selon lui, de trier entre les « bons » et les « mauvais » opposants au régime. Aux yeux de la Russie, tous les opposants armés au régime sont, par définition, terroristes.
 
Cette lecture simpliste des événements est d’autant plus efficace qu’elle peut facilement être « vendues » aux options publiques qui se perdent dans les nuances des myriades de mouvements d’opposition. Ce que le président Macron a fait entendre, lui, c’est la voix de la complexité : le régime Al-Assad est, par ses crimes de guerre, tout autant terroriste que certains mouvements d’opposition. En Syrie, la ligne de démarcation entre le bien et le mal n’est pas aussi claire que ce que le président russe soutient.
 
 
 

Les quatre pays " ont souligné la nécessité de créer à travers le pays les conditions permettant le retour en sécurité et volontaire des réfugiés". Mais cela vous semble-t-il possible considérant la position de Damas et les déclarations du chef des services de renseignements de l'armée de l'air syrienne Jamil Hassan ?

 
Cyrille Bret : Là encore, ce sommet marque une avancée européenne :  alors que le régime Al-Assad et ses soutiens iraniens et russes souhaitent que les réfugiés restent en Europe pour que les mouvements d’opposition sunnites syriens soient hors sol, les Européens, alliés aux Turcs pour la circonstance, ont fait parler la voix de la raison. Aucune solution ne peut être trouvée en Syrie par l’exportation en Europe du problème politique interne à la Syrie. Le retour des réfugiés, très lent, très incertain et très difficile, ne peut être considéré comme une cause perdue. Les réfugiés syriens en Europe n’ont pas considéré la guerre comme une aubaine pour émigrer vers l’Europe. Ils ont fui la mort et le malheur. Une grande partie d’entre eux souhaite rentrer au pays et y vivre en paix. Les Européens et les Turcs, dans ce nouveau « format d’Istanbul » doivent obtenir du régime syrien que le retour en sécurité des réfugiés fasse partie de la solution politique.
 
 

Au final, ce sommet aura-t-il fait avancer d'une quelconque manière la résolution du conflit en Syrie ? 

 
Cyrille Bret : Ce sommet n’a marqué que des petits pas. Mais il a permis plusieurs avancées politiquement et symboliquement importantes : d’une part, le retour des Européens à la table des négociations car l’absence de l’UE dans les forums de règlement de la guerre est délétère. D’autre part, l’affirmation des objectifs essentiels du président Macron dans la crise : le retour des réfugiés, l’élaboration d’une solution politique et la protection des populations civiles. Enfin, l’appel conjoint à la création d’un comité constitutionnel chargé de préparer la sortie de crise. Ce qui s’est affirmé dans le « format d’Istanbul », c’est une voix à la fois réaliste (le régime Al-Assad est vainqueur sur le terrain) et exigeante (il doit faire place à des réformes et prendre le retour des réfugiés comme un impératif)
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