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Planète rouge
L’expérience au sommet d’un volcan hawaïen qui montre que nous avons encore énormément à apprendre avant d’envisager une station sur Mars
Publié le 10 octobre 2018
Une simulation menée par l'Université de Hawaï et financée par la NASA, Hi-seas (Hawaii Space Exploration Analog and Simulation) dont l'objectif est d'envoyer des petits groupes de personnes vivre dans des conditions d'isolement, sur un volcan de l’île du pacifique, dans des conditions les plus proches possibles d'une vie sur Mars. Les résultats sont plutôt encourageants.
Olivier Sanguy est spécialiste de l’astronautique et rédacteur en chef du site d’actualités spatiales de la Cité de l’espace à Toulouse.
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Une simulation menée par l'Université de Hawaï et financée par la NASA, Hi-seas (Hawaii Space Exploration Analog and Simulation) dont l'objectif est d'envoyer des petits groupes de personnes vivre dans des conditions d'isolement, sur un volcan de l’île du pacifique, dans des conditions les plus proches possibles d'une vie sur Mars. Les résultats sont plutôt encourageants.

Atlantico : Quelles ont été les difficultés révélées par ces tests ?

Olivier Sanguy : En fait, les résultats de Hi-SEAS en général ne sont pas décevants. Ces simulations de mission martienne ont d'ailleurs déjà donné satisfaction. Précisons que les simulations Hi-SEAS s'occupent plus exactement de la partie qui se déroulerait à la surface de la planète rouge et pas du voyage. Bien évidemment, il est impossible de reproduire véritablement l'environnement martien, surtout la pesanteur réduite (3 fois moindre que sur Terre), une atmosphère considérablement moins dense où un taux de radiation plus élevé. En revanche, les difficultés d'une vie en équipage dans un lieu de taille relativement modeste, les conséquences sur le moral de procédures strictes (pour sortir, les participants doivent suivre un protocole proche de celui d'une sortie en scaphandre et ils portent des reconstitutions de scaphandre) ou encore l'éloignement d'avec les proches et les contrôleurs (les communications subissent un délai de transmission comme ce serait le cas sur Mars) permettent d'étudier les nombreux impacts psychologiques. Il y a là des enseignements indispensables, par exemple sur la façon dont il faudra composer les équipages ou sur la gestion de l'emploi du temps de ceux qui partiront véritablement. C'est pourquoi la NASA finance en partie Hi-SEAS. Ce qu'il s'est passé récemment pour la sixième mission Hi-SEAS, au début de l'année, est un accident. Un membre de la simulation a reçu un choc électrique, semble-t-il (cela reste à confirmer) : le risque a été jugé suffisamment important pour ordonner une évacuation ce qui a mis fin à la simulation puisque la recréation des conditions de séjour martien a dû être logiquement abandonnée afin qu'une ambulance vienne chercher la personne blessée.

Qu'avons nous à apprendre, et à améliorer, afin de permettre un résultat satisfaisant à ce type de missions ? 

Dans ce cas précis, il y a un peut-être un aspect matériel lié à la sécurité à améliorer afin que les futures missions Hi-SEAS ne rencontrent pas le même problème. Mais là, il s'agit de l'organisation de la simulation. Maintenant, si on se place au niveau de ce que nous apprenons d'une façon plus générale avec les simulations de mission martienne, il faut comprendre qu'on vise essentiellement à identifier des problématiques de dynamique de groupe. Parfois, on teste aussi des équipements pour défricher de nouvelles idées. Hi-SEAS n'est du coup pas le seul exemple de simulation. Ainsi, la Mars Society aux Etats-Unis gère plusieurs missions de simulation par an. Il y a quelques années, l'Agence Spatiale Européenne (ESA) a mené avec son homologue de Russie une très ambitieuse simulation de 520 jours durant laquelle 6 personnes ont vécu enfermées en banlieue de Moscou dans des modules afin de recréer un voyage vers mars avec une courte visite du sol martien (reconstitué lui aussi). Là aussi, le but n'était pas de tester du matériel, mais bien de voir l'évolution du stress et de la psychologie des participants. On peut aussi étudier certains aspects physiologiques, notamment les éventuels soucis sanitaires causés par plusieurs personnes vivant en vase clos et dans un environnement confiné. On s'est rendu compte que pour le moral, il était important de célébrer des dates porteuses de symboles comme la fête nationale des membres d'équipage, les anniversaires ou les fêtes de fin d'année.

Quelles sont les causes sous-jacentes de ces tests ? Dans quelle logique de tels tests d'une vie sur Mars sont-ils menés ? 

La logique est que lorsque nous serons prêts sur le plan technique pour lancer une mission habitée autour de Mars ou à sa surface, toutes ces simulations auront permis de cerner les éventuels problèmes psychologiques et de dynamique de groupe des équipages. Imaginez un seul moment qu'une mission vers Mars se déroule parfaitement sur le plan technique, mais que, par exemple, la mésentente des astronautes cause des dysfonctionnements tels qu'il devienne difficile de mener à bien le programme scientifique ! C'est impensable d'en arriver là ! De plus, des frictions entre personnes ou un moral en berne peuvent aboutir à de mauvaises décisions dans des situations de crise qui se soldent alors par un événement grave. Bref, ces simulations martiennes au sol adressent le facteur humain. Car il n'y a pas que la technique qui pourra nous amener sur Mars, il faudra aussi des femmes et des hommes psychologiquement préparés à une telle aventure.

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