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A Saint-Jean-de-Luz

Déferlante du nouveau (et très bon) cinéma d'auteur

Publié le 07 octobre 2018
Cinq ans... Cinq ans seulement, mais décidément, un goût de plus en plus affirmé pour l’audace et l’innovation...
Dominique Poncet est est chroniqueuse pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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Cinq ans... Cinq ans seulement, mais décidément, un goût de plus en plus affirmé pour l’audace et l’innovation...

Le cru 2018 du Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz restera dans les annales.  D’abord, pour la première fois de sa jeune existence, il aura réuni un jury 100% féminin. Dans ce genre de manifestation, c’est une grandepremière ! La « faute » en incombe au « patron » artistique  du Festival, Patrick Fabre-Cat, cinéphile  passionné, mais aussi militant engagé pour le droit des femmes et des minorités. 

Présidé par cette grande comédienne populaire qu’est Corinne Masiero  (l’inimitable Capitaine Marleau, mais aussi  l’interprète sensible de films d’auteur à fibre sociale  comme Louise Wimmer ou Discount), le jury, constitué donc par sept femmes,  a réuni notamment la productrice-réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar (Le Ciel attendra), la comédienne Aure Atika (La vérité si je mens, Mademoiselle Chambon), l’actrice- réalisatrice Sonia Rolland ( Miss, Femmes du Rwanda) ou encore la réalisatrice Lidia Leber Terki ( Paris la Blanche).

Actrices et/ou cinéastes, ces sept jurées ont posé leur regard à la fois aigu et bienveillant sur les dix films de la sélection  2018. Une sélection haut de gamme, sans aucun doute la meilleure de toute l’histoire du festival. Composée, comme de tradition, de premiers ou seconds films, elle a témoigné, non seulement de la sagacité de son directeur artistique mais aussi, de la vitalité du jeune cinéma sur tous les continents.  Il faut le dire, la majorité des films a médusé, oui, médusé le public (le terme n’est pas trop fort). Comme, L’Ordre des  médecins du français  David Roux, qui relate avec force, sobriété, pudeur et réalisme, comment le quotidien d’un médecin hospitalier  (Jérémie Rénier, encore une fois d’une justesse sidérante) peut être bouleversé par l’arrivée, dans un service voisin,  d’un proche en état critique. Comme  La Permission  de l’iranien  Soheil Beiraghi, qui, d’après l’histoire vraie d’une sportive  qui fut empêchée de sortir de son pays à cause du seul vouloir de son mari, dénonce, dans une démonstration impeccable,  la condition de femmes mariées dans cette république islamiste. Ou encore, comme L’Enkass  de la française Sarah Marx, qui, à travers un film en forme de chronique, dit, avec autant d’authenticité que de réalisme,  la difficulté des anciens taulards à se réinsérer honnêtement dans le monde des gens « libres »…

 A en juger par  la chaleur de ses applaudissements à l’issue de chaque projection, aucun des  dix films de cette compétition 2018, aucun n’aura laissé le jury de marbre… Ce dernier a rendu son verdict dans un palmarès  qui suggère la difficulté qu’il a eu à choisir : trois de ses récompenses sont à couper en  deux. C’est sans précédent. 

Deux films se partagent le Grand prix. Deux films qui, comme les précités, repartis bredouilles, ont laissé, eux aussi, et peut-être plus encore, les spectateurs KO debout. Tel Aviv on fire du palestinien Sameh Zoabi,  et  Monsieur de l’indienne Rohena Gera. Le premier, sur fond de soap opéra relatant les amours d’une espionne palestinienne et d’un général israélien, arrive à faire rire, avec les ressorts des comédies à italienne, sur le douloureux et épineux conflit israélo-palestinien. Scénario, filmage, interprétation, tout dans ce deuxième long métrage est éblouissant . Le second, sur le fil tendu et ténu d’une histoire  d’amour interdite entre une domestique et son patron, dénonce, avec une simplicité somptueuse et mélancolique, les  inégalités sociales perdurant dans l’Inde contemporaine. Ce  premier film, qui avait été sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes, a également reçu ici, le Prix du  Public.

D’une  force scénaristique indubitable, d’un filmage à l’énergie époustouflante et  d’un engagement rare, le québécois Chien de Garde  de Sophie Dupuis rafle pour sa part  deux récompenses : le prix de la mise en scène et celui du prix d’interprétation masculine, donné à ses deux principaux acteurs, Jean-Simon Leduc et Théodore Pellerin. Sous haute tension, cette chronique sociale sur une famille de deux frères et une mère  tous les trois englués à la fois dans la violence, le désespoir et l’amour fou,  va sans doute représenter le Canada  dans la course aux Oscars. C’est dire sa maitrise et son intelligence.

Deux comédiens récompensés pour leur rôle de frères, et…deux actrices couronnées par le prix de l’interprétation féminine pour leur rôle de sœurs. Hasard de la sélection luzienne qui montrait cette  année, dans deux films  de style et de contenu très différents,  le quotidien de deux fratries. A des années lumière de l’univers, sombre et noir, de Chien de garde, sauf pour l’amour et l’émotion  qui s’en dégage, Marche ou crève  de Margaux Bonhomme relate le quotidien de deux sœurs dont l’une est polyhandicapée. Projeté  en ouverture de la compétition, ce film, d’une humanité bouleversante, qui ne verse jamais dans le pathos, avait laissé le public entre émotion et admiration. Le jury a récompensé ses deux interprètes, Diane Rouxel (l’héroïne du récent Volontaire) qui campe  la sœur « valide », sincèrement dévouée à sa cadette mais qui étouffe sous le poids de la charge , et Jeanne Cohendy qui compose son personnage de jeune fille handicapée avec une formidable authenticité.  Inséparables dans le film,  ces  deux  actrices là   le restent au palmarès. Et c’est justice.

A compétition haut de gamme, avant-premières du même niveau. Projeté en ouverture du festival, Les Invisibles de Louis-Julien Petit  qui, entre docu et fiction, relate avec une drôlerie et une cocasserie poignantes le quotidien des femmes S.D.F. a raflé, à juste titre, tous les suffrages. Accueil du même acabit pour tous les autres films, du bouleversant Pupille de Jeanne Herry   (le parcours d’un bébé né sous X jusqu’à son adoption)  en passant le poignant Les Filles du Soleil d’Eva Husson (au Kurdistan, le combat de femmes contre les djihadistes), jusqu’ au très sensible  Lola et ses frères de Jean Paul Rouve (tendre chronique sur une fratrie de deux frères et une sœur orphelins), qui clôt le festival.

Inutile de préciser  que, pendant une semaine, les cinq salles du cinéma Le Select ont fait carton plein.  

 
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