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Santé
Petits conseils pour comprendre ce que votre corps essaie de vous dire sur votre santé
Publié le 23 septembre 2018
Fatigue, maux de tête, douleurs... Ces signaux envoyés par le corps doivent inciter à prendre du temps pour soi, dans un monde dominé par la vitesse.
Sauveur Boukris est médecin enseignant à l'université Diderot (Paris VII). Il est l'auteur de nombreux livres médicaux dont Ces médicaments qui nous rendent malades (Le Cherche Midi, 2009). Chroniqueur médical, il participe à différentes...
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Sauveur Boukris est médecin enseignant à l'université Diderot (Paris VII). Il est l'auteur de nombreux livres médicaux dont Ces médicaments qui nous rendent malades (Le Cherche Midi, 2009). Chroniqueur médical, il participe à différentes...
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Fatigue, maux de tête, douleurs... Ces signaux envoyés par le corps doivent inciter à prendre du temps pour soi, dans un monde dominé par la vitesse.

Atlantico : Le phénomène sans doute le plus marquant de l'époque est son irrésistible prise de vitesse. Ses répercussions sur notre santé, en termes de déficience passagère ou durable, bénigne ou plus grave, de nos systèmes immunitaire et nerveux doivent-elles devenir un vrai sujet d'inquiétude ?

Sauveur Boukris : Bien sûr. Vous savez, il n'y a pas que la transition écologique, il y a aussi la transition comportementale. On a des modes de vie où l'on veut tout, tout de suite, l'ordinateur accélère les processus, le téléphone portable fait qu'on est en permanence disponible et en désir d'une réponse immédiate. Tout cela fait qu'on a un rythme de vie qui est forcément accéléré, et cette accélération provoque du stress, des maladies, une baisse de l'immunité, une surconsommation des médicaments et en particulier des tranquillisants. En somme, on a une écologie médicale, une écologie "sanitaire" si je puis dire, très mauvaise. C'est comme ça que l'on voit des accidents vasculaires cérébraux qui apparaissent beaucoup plus tôt qu'il y a vingt ans, des dépressions également, des cancers, beaucoup de maladies qui apparaissent de façon plus précoce en raison de notre mode de vie. Et par mode de vie, j'entends le mode alimentaire, les conditions de travail, les conditions de transport, etc. Il y a un lien évident entre santé et environnement, au sens large.

Quelle est la part qui revient en propre au médecin, et ce qui relève de l'écoute de soi dans ce contexte ?

Le corps, évidemment, envoie des signaux d'alerte. La fatigue est un signal d'alerte, les maux de tête et les douleurs également. Toute la problématique tient à ce que, dans notre société, on vous demande toujours plus, on est dans un système de compétition où il faut constamment faire preuve d'efficacité et de rapidité. Bien souvent, on prend sur soi en négligeant son corps. Mais le corps se venge et fait apparaître des maladies. Il faut donc s'écouter et bien se connaître. C'est ce que les Grecs disaient : connais-toi toi-même. En médecine, le ressenti est capital, car c'est ce qui nous amène à consulter. On consulte parce que l'on ressent une douleur, on ressent une fatigue, des maux de tête, etc. Il faut être capable d'en parler à son médecin. Cela fonctionne comme des clignotants dans une voiture, qui nous alertent qu'il n'y a plus d'huile ou plus d'essence. On ne peut pas aller au-delà de ses capacités.

Là-dessus, il existe une différence entre les hommes et les femmes dans l'écoute de son corps. Les femmes sont beaucoup plus préoccupées lorsqu'il y a des dysfonctionnements de leur corps, que ce soit au niveau intestinal, cardiaque, au niveau du sommeil aussi. Elles consultent plus souvent, elles sont davantage à l'écoute, et elles font attention à leur organisme, autrement dit : elles ont un souci préventif. Les hommes, eux, consultent beaucoup moins, et attendent en général le dernier moment pour consulter. Généralement, lorsqu'ils consultent, on est déjà au stade du curatif.

A considérer nos rythmes de travail et de vie, est-il normal que nous ayons à y dégager régulièrement des temps et des espaces de déconnection, si ce n'est de désintoxication ?   

L'organisme a besoin de repos. Un repos au travail, un certain nombre d'heures de sommeil, réduire son alimentation, faire quelque fois des jeûnes. Mais il n'y a pas de règles ! Chacun a ses moyens de faire des pauses. Il y a des petits dormeurs, et des grands dormeurs. Certains ont besoin de prendre trois semaines de vacances d'affilée, d'autres prennent plusieurs fois cinq jours. Cela permet de désintoxiquer le corps naturellement. Après il y a toutes les solutions naturopathiques : par le yoga, par l'irrigation du col du colon, par une alimentation beaucoup plus équilibrée en protéines, et d'autres exemples. Et pour cela, on se fait aider par des professionnels.

L'embranchement toujours plus poussé du corps humain sur un environnement de prothèses technologiques et numériques – je pense par exemple aux applications smartphones qui permettent ici un suivi de santé personnel très poussé, là la possibilité de connaître la composition exacte des produits alimentaires que nous consommons – est-il de nature à combler ce fossé de l'attention au corps ou bien de l'aggraver par la distance qu'il instaure avec notre nature organique ?  

Il y a les deux. Autant je suis favorable à ce qu'il y ait des applications qui permettent de détecter et de savoir quel type d'aliment on mange et sa composition, parce qu'elles sont très utiles. Autant j'émets beaucoup de réserve sur tous les outils numériques et digitaux qui consistent à utiliser, par exemple, la fréquence cardiaque, la tension artérielle, la glycémie, parce qu'ils peuvent être sources d'anxiété. Vous pouvez avoir à un moment de votre vie une poussée de tension, cela ne fait pas de vous pour autant un hyper-tendu. Je suis pour le fait qu'on puisse consulter son médecin lorsqu'il y a un ressenti, quand on voit que ça ne va pas. Mais on ne peut pas se substituer au médecin, en se disant, par exemple, qu'on est cardiaque simplement parce qu'on a à la maison un outil qui a mesuré une montée cardiaque à 95. Il y a des normes, mais elles sont purement statistiques. Elle concerne un grand nombre de cas, mais vous, individuellement, vous n'êtes pas une statistique. Vous avez un vécu, votre propre histoire, votre propre comportement, et on ne peut pas le remplacer par la statistique que donne la machine. Je connais des gens qui ont des appareils à mesurer la tension, à mesurer la glycémie, bon. Moi je trouve qu'il faut éviter de médicaliser la vie et l'existence.

En revanche, tous les appareils qui peuvent vérifier s'il y a des produits dangereux, des aliments qui contiennent plus de sucres ou plus d'allergisants, peuvent être utiles, parce qu'ils permettent de modifier son comportement et de faire des choix. La technologie est toujours à deux faces, elle peut être le bien et le mal.

Quelqu'un comme David Le Breton, sociologue du corps, fait régulièrement l'apologie de la marche à pieds, qui représenterait l'anti-pratique contemporaine par excellence, tout en s'attirant paradoxalement de plus en plus d'adeptes. L'avenir verra-t-il un retour au corps paisible ?

C'est déjà en cours. Il est vrai que la marche est le moyen que chacun peut utiliser, quel que soit son âge ou sa condition physique. A son rythme bien sûr, je ne parle pas de marche nordique, de marche rapide. La marche améliore tout le corps humain, et au-delà de ça, les fonctions intellectuelles, imaginatives, cérébrales. C'est un exercice que je préconise. Mais de manière de plus générale, il faut encourager tout ce qui permet de ralentir et de contrebalancer cet excès de l'immédiateté, du "tout, tout de suite", de la vitesse. Moi, je suis un adepte du slow life. On doit faire en sorte de retrouver le temps d'apprécier, de manger, de respirer, de partager des moments. Manger, travailler, se promener, doivent se faire à son rythme, ce qui, bien souvent, suppose de ralentir. Je suis convaincu que l'on confond bien souvent vitesse et précipitation. 

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