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© Etienne de Geyer - Guides et Scouts d'Europe
© Etienne de Geyer - Guides et Scouts d'Europe
Il n'y a pas que les Bleus

Le scoutisme, cet autre creuset de mixité sociale qui se joue chaque été discrètement

Publié le 18 juillet 2018
Alors qu'ils sont des dizaines de milliers à camper cet été, les scouts font rarement parler d'eux : il faut dire qu'au fond de la forêt, leur camp est souvent coupé du monde, car ils préfèrent vivre l'aventure à la verte. Cette oeuvre d'éducation populaire fondée il y a plus d'un siècle par un officier anglais continue pourtant de séduire de plus en plus de jeunes, et leur permet de vivre des aventures ancrées dans le réel tout en apprenant à vivre en groupe et à surpasser les différences entre chacun. En somme, le scoutisme n'est-il pas une alternative convaincante à un hypothétique service national universel ?
Louis-Auxile Maillard
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Louis-Auxile Maillard est dirigeant d'une start-up et diplômé de Sciences Po Paris. Depuis de nombreuses années, il sert comme chef chez les Guides et Scouts d'Europe, l'une des associations agréées de scoutisme en France.
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Alors qu'ils sont des dizaines de milliers à camper cet été, les scouts font rarement parler d'eux : il faut dire qu'au fond de la forêt, leur camp est souvent coupé du monde, car ils préfèrent vivre l'aventure à la verte. Cette oeuvre d'éducation populaire fondée il y a plus d'un siècle par un officier anglais continue pourtant de séduire de plus en plus de jeunes, et leur permet de vivre des aventures ancrées dans le réel tout en apprenant à vivre en groupe et à surpasser les différences entre chacun. En somme, le scoutisme n'est-il pas une alternative convaincante à un hypothétique service national universel ?

Atlantico : Vous êtes engagé depuis plusieurs années chez les Guides et Scouts d'Europe, l'une des associations de scoutisme agréées en France. Sérieusement... Vous n'avez rien de mieux à faire ? On entend partout dire que le scoutisme, c'est d'un autre âge...

Louis-Auxile Maillard : Le scoutisme, c'est une école de management pour adolescents. Il n'existe pas d'autres lieux en France ouverts à tous où des jeunes de 12 à 17 ans sont autant responsabilisés. Chez les scouts d'Europe -et dans d'autres mouvements- quand un jeune de 12 ans arrive, on lui confie au sein du groupe un rôle, une mission précise, à tenir sur une année, qui n'est pas un jeu et pour laquelle il n'existe pas de plan B : gérer le matériel, prévoir et cuisiner les repas, tenir la carte... Les plus âgés, à 16 ou 17 ans, se voient même confier pour une année un groupe de "petits frères" et autorisés à organiser des activités complètes, jusqu'à quatre jours, loin de chez eux et sans présence d'adulte sur place. Pour ces jeunes, c'est souvent la première fois qu'on leur parle comme à un adulte, qu'on leur donne l'occasion d'agir "pour de vrai", en dehors des cours de récréation.

Est-ce d'un autre âge que de responsabiliser des jeunes pour les faire grandir ? Je ne crois pas. De nos jours, les recruteurs en entreprise sont de moins en moins attentifs aux diplômes et de plus en plus aux expériences extra-scolaires. A 20 ans, un jeune qui a été scout -et plus encore s'il a été aussi dans l'encadrement- a déjà une réelle expérience de gestion d'équipe, de gestion de projet, de gestion d'un budget, d'application d'une règlementation, voire de gestion de crise. Il a donc de sérieux atouts pour débuter sa vie professionnelle !

En ce qui me concerne, en tant que jeune chef d'entreprise, je me retrouve aussi dans cet engagement qui me permet de prendre l'air tout en me rendant utile. Le scoutisme, c'est un mouvement d'éducation, mais c'est aussi une famille et un état d'esprit.

C'est la période des camps d'été, en ce moment. En quoi consiste exactement un camp ? Pourquoi est-ce si important de partir en forêt, pour les scouts ?

Cette famille du scoutisme compte au niveau local des jeunes qui se connaissent bien, et fréquentent le même groupe scout dans la durée, parfois plus de dix ans. Le camp d'été est chaque année le moment phare de la vie d'un groupe. Il dure en général entre 2 et 3 semaines, et comprend des activités intenses et variées : installation du camp (tentes surélevées dans les arbres, tables en bois artisanales, ...), activités sportives, randonnées, exploration des villages alentours, "Grands Jeux", descentes de rivières sur des radeaux confectionnés par les scouts eux-mêmes, etc. Aucun jour ne ressemble à un autre, et chaque jour, les jeunes se lèvent tôt et en redemandent !

Or, le scout en camp a besoin d'espace et de tranquillité. L'idée est de partir loin du tumulte des villes, et de laisser à la maison tout ce qui est superflu : les jeux vidéos, la télévision, les réseaux sociaux, etc. Il ne s'agit pas de dénigrer obstinément tout ce qu'apporte la modernité, mais simplement de proposer à chaque jeune, durant quelques semaines, de se concentrer sur l'essentiel : lui, et les autres. La vie dans la nature, outre son charme romantique (connaître et écouter la nature, attacher son hamac entre deux arbres, arrimer sa tente au-dessus, cuisiner son repas au feu de bois...) est aussi indispensable car elle permet d'oublier un temps toutes nos sécurités du confort quotidien, et donc de mieux responsabiliser le jeune : il n'y a pas d'autre toit où s'abriter que la tente qu'il plante, il n'y a pas d'autre repas à cuisiner que celui déjà prévu. Cela l'aide à maîtriser son environnement, d'abord dans la nature, puis, plus tard, dans sa vie personnelle, professionnelle et citoyenne.

Qu'est-ce qui fait du scoutisme une oeuvre d'éducation particulière, complémentaire notamment de celle reçue en famille ou à l'école ?

L'école instruit les jeunes dans des domaines académiques tels que les mathématiques ou les langues, la famille lui donne un cadre aimant et protecteur et les bases de la vie en société. Le scoutisme est complémentaire dans la mesure où il est, pour ces jeunes, une première expérience d'émancipation : dans un cadre à la fois sûr et offrant des possibilités infinies, le jeune apprend, décide, agit, et mène avec ses frères scouts des projets sur la durée. Ces projets, il les mène pour la première fois sans ses parents et sans ses professeurs, sous la seule autorité d'un scout plus expérimenté que lui de quelques années seulement. C'est ce qu'on appelle "la pédagogie du grand frère" : les plus âgés sont responsabilisés par la présence des plus jeunes, et les plus jeunes encadrés par les plus âgés.

Le scoutisme se veut aussi être une éducation à la fois intégrale et personnalisée. Intégrale, car elle concerne tous les aspects de la personne : son corps, avec de nombreuses activités sportives, son caractère, avec des jeux et des veillées qui forgent sa personnalité, son dévouement à l'autre, avec une continuité de service et d'écoute tout au long de chaque activité. Enfin, et dès le plus jeune âge, les scouts sont acteurs de leur propre éducation : ils sont chacun partie prenante des conseils qui prennent, chacun à leur niveau, les petites et les grandes décisions de la vie du groupe.

Baden Powell, dit-on, a fait camper des jeunes des rues pour leur transmettre des valeurs en leur confiant de vraies responsabilités. Le scoutisme est-il toujours un mouvement populaire, capable de faire camper ensemble des jeunes de toutes origines ?

Absolument ! D'abord parce que la méthode scoute se veut universelle. Même s'ils s'expriment parfois différemment, les besoins et les aspirations d'un jeune de 15 ans sont les mêmes, quelles que soient ses origines sociales ou culturelles. Aujourd'hui, il existe des mouvements de scoutisme dans la majorité des pays du monde, et des mouvements de toutes confessions et de toutes cultures.

Cerise sur le gâteau : la vie en plein air, le bénévolat de l'encadrement et le caractère non lucratif des mouvements de scoutisme permettent d'en faire une activité très bon marché pour les familles, comparé notamment aux centres de loisirs plus conventionnels. Les ressources financières sont donc rarement un frein à l'entrée, et quand elles le sont, les groupes scouts au niveau local trouvent toujours le moyen de s'entraider.

Le sens de la patrie, le rapport à l'histoire et à la culture de son pays sont aussi très présents dans le scoutisme...

Le scoutisme a été créé par un général de l'armée britannique qui en avait assez de faire la guerre, et a voulu prendre ce qu'il y avait de bon dans l'armée pour la formation des hommes, afin de construire un mouvement dédié à la paix. Les scouts d'Europe en particulier sont nés d'une rencontre entre jeunes français et allemands dans l'après guerre, désireux de construire un mouvement d'entente entre les peuples européens fondé sur la méthode scoute.

Aujourd'hui, nous demandons à nos jeunes d'être fiers de ce qu'ils sont, car nous pensons qu'on ne peut pas être libre sans savoir qui l'on est, et qu'on ne peut pas savoir qui l'on est sans savoir d'où l'on vient. Mais cette fierté est une fierté aimante : de même qu'un enfant qui aime sa mère n'en refuse pas moins aux autres enfants le droit d'aimer la leur, nous pensons qu'aimer sa patrie c'est permettre à chacun sur terre d'aimer la sienne. Le Conseil Constitutionnel vient justement de rappeler l'existence d'un "principe de fraternité". Or, qu'est-ce qui définit la fraternité, si ce n'est le fait d'avoir les mêmes pères, et donc la même patrie? 

Après, l'Histoire et le folklore français nourrissent en effet beaucoup nos veillées et nos grands jeux, lesquels sont mis en scène sur un thème donné et sont pour les jeunes une aventure de plusieurs jours. Je n'ai pas peur d'affirmer par exemple qu'aujourd'hui le scoutisme est un moteur essentiel de perpétuation de la chanson française traditionnelle. Le chant est très important chez nous car il permet de rythmer la journée en camp, d'exprimer ses émotions, de se souvenir, de se rassembler, d'écouter, de découvrir une certaine forme de beauté qui vient du coeur. Quand le Ministre de l'éducation nationale décide de créer une chorale dans chaque collège et chaque lycée de France, il confirme ce constat. Ces chants retracent l'Histoire et la géographie françaises, et constituent un patrimoine dont nous sommes fiers. D'autant plus quand on voit la pauvreté du folklore des supporters français de la coupe du Monde de football : j'étais sur les Champs Elysées le soir de la victoire, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser que si seulement la masse des supporters français savaient faire la fête, s'il y avait ne seraient-ce que quelques harmonies entraînantes dans les chants entonnés, quelques instruments unis et retentissants, quelques danses, comme on peut le voir aux JMJ ou chez les supporters d'autres pays, il n'y aurait pas ou peu de place pour les casseurs.

En somme, vous proposez des modèles, des références alternatifs aux footballers ?

Alternative au cliché du footballeur millionnaire, qui joue hors-sol dans un club éloigné de chez lui, qui pleurniche au moindre tacle et qui roule dans un 4x4 chromé, oui. Nous proposons un modèle plus simple, plus tourné vers le service, plus spirituel aussi. Disons le : plus chevaleresque. Mais si on regarde de près l'équipe de France championne du monde, on constate qu'on y retrouve certains ingrédients du scoutisme : un petit groupe avec un capitaine, qui est le plus expérimenté, et des plus jeunes qui observent et apprennent ; des joueurs qui ont chacun leur mission, leur rôle à tenir, mais aussi leur personnalité propre. Cette victoire en coupe du Monde est une victoire du collectif sur l'individu, dans lequel chaque individu s'affirme néanmoins (les joueurs ne sont pas des moutons!). Tout cela, on le retrouve dans un groupe scout. Didier Deschamps aurait sûrement fait un très bon chef scout !

Disons-le autrement : le scoutisme reprend des valeurs éducatives universelles traditionnellement liées aux sports collectifs, et les décline dans une activité qui est bien plus large que l'activité sportive en elle-même. Un jeune qui fait du scoutisme fait du sport collectif, un jeune qui fait du sport collectif -et c'est très bien- ne fait pas de scoutisme.

Comment le scoutisme fait-il pour rester fidèle à une tradition vieille de plus d'un siècle, tout en évoluant dans son temps, avec les technologies de l'époque ? 

Rester fidèle à une tradition n'est pas une fin en soi. Nous pensons qu'en un siècle, même si le mode de vie des humains sur terre a beaucoup changé, ses aspirations profondes sont restées les mêmes. La méthode scoute, elle aussi, reste donc la même, d'autant plus que les camps se déroulent en zone rurale, et que hisser sa tente dans les arbres d'il y a cent ans ou dans les arbres d'aujourd'hui revient à peu près au même. 

Bien entendu, de nouveaux enjeux sont arrivés : Quelle place donner aux réseaux sociaux dans la vie d'un jeune de 15 ans ? Comment sensibiliser la jeunesse à l'environnement, et respecter nous-même l'environnement quand on campe ? Comment conserver le goût du beau, de la fraternité, dans une société de plus en plus inhibée et aseptisée ? Comment continuer à vivre des activités un peu "hors-normes", dans une société ultra-normative ? Heureusement, la simplicité de la méthode scoute lui permet de s'adapter facilement. De plus, les technologies sont aussi une grande aide : le téléphone portable permet de sécuriser les activités, le Cloud nous aide à mieux concevoir et partager nos camps d'été, de nombreuses formalités administratives ont été numérisées, les sites de streaming musical nous aident à apprendre de nouveaux chants sans avoir à déchiffrer une partition, les réseaux sociaux nous aident à mieux communiquer entre encadrants... 

Et puis, les technologies de notre époque suscitent désormais autant d'angoisses que d'enthousiasme. Face à l'ubérisation, à l'intelligence artificielle, au big data, et à tous ces mots qui font peur autant qu'ils fascinent, le besoin d'un centrage sur l'essentiel se fait de plus en plus sentir... y compris chez les ados, qui ne veulent pas laisser la technique leur voler leur futur rôle d'adultes, et qui ont d'autant plus besoin de repères qu'ils sont confrontés de plus en plus jeunes au monde numérique, à ses dangers mais aussi à son formidable potentiel.

L'époque veut aussi faire croire que tout ce dont on ne voit pas l'utilité, au mieux n'en a aucune, au pire serait ringard ou nocif. En tant que scouts, nous assumons tout à fait un certain folklore et une certaine originalité d'esprit, souvent mal comprise. D'abord parce que nous aimons cela, et ensuite parce que le scoutisme nous a fait vivre des moments si intenses qu'on ne saurait les comprendre sans les avoir soi-même vécus. Un préfet à qui je demandais un jour son avis sur un camp très important devant se dérouler dans son département, m'a dit : "Vous êtes un peu maso-spartiates, de partir camper ainsi dans les bois. Et j'ai du mal à comprendre ce qui vous motive tant. Mais j'ai entièrement confiance dans le sérieux de votre organisation, et dans le succès des jeunes qui vous sont confiés."

Ces jeunes, durant l'été 2018, ils sont -tous mouvements confondus- plus de 100 000 en France. Et même si leur allure peut sembler extravagante au non-initié, ce qu'ils vivent est à la fois d'une grande force et d'une grande simplicité :  une découverte d'eux-mêmes, une répétition générale avant de se lancer dans la vraie vie, un entraînement à rester "toujours prêt".

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Deneziere
- 18/07/2018 - 21:23
Je demanderais à voir...
D’un côté, le discours de l’intervenant fait sens. Mais parfois il dévoile ce que je pressens. Quand il parle d’  « environnement sûr », je crains que les mentalités bisounours et pétochardes de notre époque n’aient amputé le scoutisme du courage physique - et de la prise de risque associée - qui, en pratique, devait être au niveau de l’engagement moral. J’ai bien peur que « c’était mieux avant ». Mais bon, ne faisons pas la fine bouche.