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Un prix Nobel de la paix pour Trump... made in Chine ?
Publié le 13 juin 2018
Il y a un an, peu sont ceux qui n'auraient pas crié au canular. Mais en progressant vers la fin d'un des plus anciens conflits de notre planète, Donald Trump et Kim Jung-un pourraient très bien briguer le prochain Nobel de la Paix.
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Il y a un an, peu sont ceux qui n'auraient pas crié au canular. Mais en progressant vers la fin d'un des plus anciens conflits de notre planète, Donald Trump et Kim Jung-un pourraient très bien briguer le prochain Nobel de la Paix.

A Trump et à Kim Jung-un bien sûr, ensemble ! Bien sûr que non, diront certains ! Bien sûr oui, dans le monde fou qu’est devenu le nôtre ! Obama l’a bien eu ! Et Barack Obama l’a eu en 2009 « pour ses efforts en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale des peuples », rien de bien concret. Il avait en effet présidé une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui, à l’unanimité, avait entériné une résolution rédigée par les États-Unis qui appelait les pays nucléarisés à démanteler leurs arsenaux. L’intention était louable, et fut nobélisée, alors que la réalisation n’était pas au rendez-vous. En plus, à l’époque, Barack Obama avait à gérer les conflits d’Irak et d’Afghanistan – qui durent. Obama a donc plus été primé pour des intentions et de beaux discours que pour de franches avancées de la paix !

Nobel ! Nobel ! Nobel ! Le slogan n’est pas récent : Donald Trump est déjà entouré de ces mots quand il réunit ses supporters sur l’évolution de la Corée, en attendant la réunion prévue le 12 juin à Singapour. A la question « aurez-vous le Nobel ? », il répond « tout le monde le pense ». « Mais je ne le dirai jamais », modeste et prudent, ajoutant aussitôt après : « le prix que je veux est celui de paix pour le monde ». Le naturel est revenu. 18 membres de la Chambre des Représentants en ont déjà fait la demande officielle et le Président Moon Jae-in appuie la démarche. 

Bien sûr, rien n’ira de soi. Berit Reiss-Andersen, Présidente du comité membre du Prix, note depuis plusieurs mois qu’il ne faut pas s’offusquer des rapprochements que salue le Prix Nobel de la Paix. On se souvient de l’Afrique du Sud, entre Nelson Mandela et Frederik Willem de Klerck, et de Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin pour le Moyen-Orient.  Elle ajoute « que l’on ne négocie pas la paix avec vos amis » mais ajoute aussi, lors d’une autre interview à propos d’une candidature Trump : « Oh my God, no f**king way” face à cette éventualité. Mais les mots passent ! 

Donald Trump pourra dire que sa violence, ses invectives et ses sanctions ont affaibli le régime, le conduisant à négocier très rapidement. Même s’il possède encore « la bombe » et « les missiles », il sera désormais surveillé et cantonné, pour détruire ses rampes de lancement, cesser les fabrications de bombes et en réduire les stocks. En même temps, les Etats-Unis ne feront plus d’exercices militaires avec la Corée du Sud.

Certes, les opposants (et les experts) feront remarquer qu’on ne connaît pas tout le texte et que le Président coréen a vu deux fois le Président chinois avant ses propositions (plus d’autres rencontres à niveau inférieur). Ils pourront faire remarquer que la Corée du nord a bien joué son rôle de chien de garde, verrouillant la péninsule et y fixant des troupes américaines, avec leur matériel dernier cri. Maintenant, ce n’est plus la peine : le rapprochement des deux Corées ira avec la dénucléarisation de la péninsule, en clair avec le départ des troupes américaines, en attendant les avancées chinoises, plus leurs achats d’entreprises sud-coréennes. Trump veut une « victoire rapide », pour le Nobel ? Oui bien sûr, parce qu’il est occupé au Moyen-Orient et préoccupé par les élections intermédiaires de novembre. 

La question sera sans doute plus complexe avec ce qui se passe en Iran. La tactique Trump est la même : cris, sanctions et menaces, sauf qu’il laisse là 5 membres du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne, avec l’Iran, à avoir signé le traité. Sauf surtout que, là aussi, la Chine est présente. La méthode Corée va-t-elle marcher ? 

Le jeu n’est pas le même : il n’y a là aucune Chine qui poussera l’Iran à signer, comme en Corée. Au contraire, la Chine a plutôt intérêt à soutenir l’Iran, à acheter son pétrole, à lui vendre des équipements, car elle pourra dire qu’elle soutient un grand pays émergent, sachant qu’elle pense que Trump n’osera pas la sanctionner. Elle joue avec lui le jeu du rééquilibrage des échanges commerciaux sino-américains, bien plus important à ses yeux. En même temps, Trump risque de détériorer encore plus ses relations avec ses alliés s’il les menace, après la crise du G7, et pire s’il les sanctionne ! La Chine le laissera faire ! Il faudra alors qu’il atténue sa position pour ne pas envenimer la situation et trop inquiéter les marchés. La Chine interviendra alors, pouvant entrer dans de nouvelles négociations élargies. Mais c’est bon pour le Nobel !

Et aux États-Unis, les Républicains sont au mieux intimidés, au moins surpris, sachant que les Démocrates n’ont, face à Trump, personne de bon calibre. Donc la politique économique et fiscale trumpienne va continuer. Certes, l’inflation américaine est repartie, à 2,8%, ce qui fera monter les taux courts et les taux longs. Mais Trump pourra faire demander ou même demander d’attendre pour la prochaine hausse (ceci ne se fait jamais, mais on ne sait plus !). Il pourra en même temps demander à l’Arabie Saoudite, mais aussi à la Russie et à l’Iran, de produire plus de pétrole, ce qui les aidera et calmera aussi l’inflation américaine. Mais c’est bon pour le Nobel !

Trump est au moins nobélisable et va partout en profiter, en politique d’abord, en économie ensuite, pour prolonger la reprise américaine. Comme il ne souhaite pas le Nobel d’économie, que celui de Poker n’existe pas, il lui reste donc celui de la Paix ! 

 

 

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vangog
- 13/06/2018 - 23:37
Oh my god! Oh my god!...
elle ne serait pas cousine avec Hidalgomygode, la bécasse Présidente du Nobel?...ceci écrit, je m’en fous autant que Donald qu’il obtienne le prix Nobel de la paix! Mais, rien que pour faire pleurer les gauchistes, ce sera assez jouissif...
Marie-E
- 13/06/2018 - 16:07
desolee,je ne suis pas encore habituee au clavier
pas sure que la Chine aide l'Iran :" petrole et gaz iraniens: la Chine aux aguets, face au retrait" ...www.lepoint.fr › Économie 17/05/2018 "Les hydrocarbures iraniens ne sont pas irremplaçables: la Chine peut importer davantage de Russie (via un nouvel oléoduc récemment inauguré, NDLR) et d'Arabie saoudite", insiste Hu Xingdou. Surtout, les entreprises chinoises "demeureront très prudentes pour ne pas compromettre leurs activités aux USA ou en Occident", ajoute-t-il. CNPC possède diverses coopérations avec des partenaires américains. Selon lui, les milieux d'affaires sont traumatisés par le cas ZTE -- géant chinois des télécoms (sa survie est menacée par une sanction après qu'il ait violé un embargo américain sur l'Iran). Enfin, l'incertitude politique à Téhéran peut être dissuasive. "Il est possible que le régime iranien change à tout moment, faisant partir en fumée les investissements chinois", indique M. Hu. "La Chine doit tirer les leçons du passé: elle avait investi massivement en Libye et au Venezuela, et y a perdu énormément". . .l'impact sera modéré car les échanges sino-iraniens ne représentent qu'une fraction du marché.
Marie-E
- 13/06/2018 - 15:56
pas sur aue lq
"Les hydrocarbures iraniens ne sont pas irremplaçables: la Chine peut importer davantage de Russie (via un nouvel oléoduc récemment inauguré, NDLR) et d'Arabie saoudite", insiste Hu Xingdou.

Surtout, les entreprises chinoises "demeureront très prudentes pour ne pas compromettre leurs activités aux Etats-Unis ou en Occident", ajoute-t-il, notant que CNPC possède diverses coopérations avec des partenaires américains.

Selon lui, les milieux d'affaires sont traumatisés par le cas ZTE -- géant chinois des télécoms dont la survie est menacée par une sanction de Washington après qu'il ait violé un embargo américain sur l'Iran.

Enfin, l'incertitude politique à Téhéran peut être dissuasive.

"Il est possible que le régime iranien change à tout moment, faisant partir en fumée les investissements chinois", indique M. Hu. "La Chine doit tirer les leçons du passé: elle avait investi massivement en Libye et au Venezuela, et y a perdu énormément".