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Nouveau corps, nouvelle tête ? La chirurgie esthétique pourrait bien changer aussi la personnalité

Publié le 11 avril 2012
Pour les patients, le recours à la chirurgie permet de se sentir plus à l'aise avec son corps. Mais changer radicalement d'apparence peut aussi avoir des effets dévastateurs sur la perception de sa propre identité.
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Pour les patients, le recours à la chirurgie permet de se sentir plus à l'aise avec son corps. Mais changer radicalement d'apparence peut aussi avoir des effets dévastateurs sur la perception de sa propre identité.

Des opérations de chirurgie esthétique amenant les patients à changer drastiquement l'apparence physique d'une personne peuvent avoir des effets dévastateurs sur leur perception de leur propre identité. C'est ce qu'avancent des psychologues américains, selon lesquels ces personnes ont tendance à négliger leur attachement à leurs caractéristiques physiques. De nombreux patients réalisent - après leur opération - que « l'imperfection est souvent une partie de l'identité », résume le Docteur Vivian Diller, cité par le Daily Mail.

Selon le docteur Z. Paul Lorenc, seul un faible nombre de patients souhaitent que leurs yeux ou leur sourire soient le même après l'opération. C'est loin d'être le cas pour tout le monde : plutôt que de ressembler à une meilleure version d'eux-mêmes, la majorité des patients veut ressembler à tel ou tel acteur ou mannequin. Pour le Dr. Lorenc, cela indique un désir inhérent de devenir quelqu'un autre. Quelqu'un qui - dans l'esprit du patient du moins - a une vie sans problème, et d'apparence parfaite.

C'est ce que le Dr. Lorenc appelle le « drapeau rouge ».

Ces patients se sont représenté une image glorifiée de cette « identité parfaite », qui peut avoir des conséquences psychologiques profondes. Lorsque le patient se débarrasse de ce qu'on pourrait appeler son « sens du soi-même » en changeant de visage, il est fréquent qu'il réalise après coup que l'identité qu'il cherchait n'est en rien parfaite.

Il se peut aussi que le patient ne supporte finalement pas d'avoir « troqué » son visage ou une partie de son corps pour celui d'un autre. Il ne se reconnait plus du tout, et a l'impression de vivre avec un élément parasite qui ne lui appartient pas. On retrouve ce même phénomène chez les personnes qui perdent beaucoup de poids en très peu de temps ou encore chez les personnes ayant subi une greffe cardiaque, souligne le site américain Slate. Les transplantés cardiaques sont en effet quelques uns à raconter avoir reçu, en plus du cœur, certains traits de la personnalité de leur donneur. S'il n'existe pas de preuves scientifiques de ce phénomène, les troubles psychologiques de certains patients greffés sont, eux, avérés.

Autre raison au mal être qui peut suivre une opération chirurgicale : le regard que les autres portent sur nous, rapporte le site Accentuate within. Dans son livre In Your Face: The New Science of Human Attraction, Dave Perrett, professeur de psychologie à l'Université de Saint Andrews, explique qu'en changeant d’apparence physique, on modifie aussi la perception que les autres ont de nous. Or la manière dont autrui nous perçoit est un élément essentiel qui permet de façonner notre personnalité.

Comme le dit Anne Roumanoff dans son célèbre sketch sur la chirurgie esthétique : « Depuis que j'ai fait des petits travaux, de rénovations tout le monde se retourne sur moi dans la rue, les hommes, les femmes... Au zoo de Vincennes un singe est même tombé amoureux de ma bouche de babouin ! »

Plus sérieusement, le vrai problème est que très peu de médecins prennent la peine et le temps de vérifier que leurs patients n'ont pas recours à la chirurgie pour de mauvaises raisons, estime la thérapeute Daniela Schreier. Selon elle, certains médecins ont peur de perdre des clients, et donc de l'argent, en agissant ainsi.

S'il suspecte que la demande d'opération trouve son origine dans un trouble psychologique sous-jacent, le Dr. Lorenc explique qu'il redirige les patients vers des psychiatres. 

Mais quand bien même tous les chirurgiens feraient subir consciencieusement un dépistage psychologique à tous leurs patients, cela ne permettrait pas d'éviter tous les problèmes.

La plupart des chirurgiens ne sont pas des bouchers partisans des opérations multiples - comme celles qui ont rendu Heidi Montag méconnaissable. Malgré tout, il est difficile de prévoir dans quelle mesure une opération chirurgicale, en particulier les plus radicales, peut affecter la perception que le patient a de sa personne.

Victoria Pitts-Taylor, sociologue et auteure du livre Les junkies de la chirurgie : bien-être et pathologie dans la culture esthétique, note que « la transformation de son apparence par le biais de la chirurgie plastique peut être radicale. Et les effets psychologiques sur une personne qui change de visage ou qui modifie radicalement son corps sont très difficiles à prévoir ».

Les chirurgiens comme le Dr. Lorenc peuvent bien faire passer toute une batterie de tests psychologiques à leurs patients, mais ils ne peuvent pas déterminer de manière sûre si leurs patients se sentiront toujours eux-mêmes après avoir changé de visage.

Au lieu de passer sur le billard une seule fois et de changer radicalement d'apparence, mieux vaut se faire opérer plusieurs fois sur une période longue. Des changements graduels semblent être la meilleure manière pour s'adapter à son nouvel aspect. C'est par exemple la solution privilégiée par Megan Fox.

Mais quel que soit la modification, très importante ou quasi invisible, elle nécessitera toujours une certaine forme d'adaptation mentale. Et plus les changements sont importants, plus cette période d'adaptation est susceptible de prendre du temps.

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