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Voilà comment la Chine et la Russie vont tester Donald Trump
Publié le 18 novembre 2016
Malgré des engagements non-interventionnistes en matière de politique étrangère, Donald Trump risque de ne pas avoir le choix lors de ses premiers mandats : Chine et Russie sont bien décidées à le tester, et il pourrait avoir besoin d'alliés.
Gordon G. Chang est journaliste pour The Daily Beast.
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Malgré des engagements non-interventionnistes en matière de politique étrangère, Donald Trump risque de ne pas avoir le choix lors de ses premiers mandats : Chine et Russie sont bien décidées à le tester, et il pourrait avoir besoin d'alliés.

La politique étrangère de Donald Trump, surtout dans ses premiers mois au pouvoir, sera probablement sans rapport avec ce tout qu'il a dit. Ou pensé.

Pourquoi ? Il est peu probable que Trump conduise la politique américaine. Regardez plutôt du côté de Pékin ou Moscou. Washington dans les premiers mois seront probablement amené à réagir face à ces deux grands Etats autoritaires, qui semblent coordonner les défis qu’ils lancent à l'Amérique, illustrés, entre autres choses, par leurs exercices navals conjoints dans la partie méridionale de la mer de Chine et leur coalition informelle au plus fort de la guerre civile syrienne.

Trump lors de sa campagne a critiqué l’organisation internationale mise en place, après la guerre, par Washington alors qu'elle fait la quasi unanimité aux États-Unis. En juillet, il a stupéfié l'Europe quand il a suggéré que le traité de l'OTAN n’oblige pas les États-Unis à défendre ses membres attaqués. Il a choqué l'Asie en mars, quand il a remis en cause les alliances de l'Amérique avec le Japon et la Corée du Sud, puis enterré plus de sept décennies de non-prolifération, en suggérant qu'ils pourraient développer leurs propres arsenaux nucléaires.

Son accord quasi-total avec Kremlin, évident tout au long de la campagne, est une répudiation de décennies de politique américaine, à la fois pendant et après la Guerre Froide.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que sa victoire ait inquiété.

Pourtant, il a également été célébré par Pékin et Moscou. La Douma de Russie, par exemple, a applaudi et le champagne a été débouché au cours d'une session plénière, lorsqu’Hillary Clinton a reconnu sa défaite.

A Moscou, on se dit que Washington ne sera plus opposée à l'expansionnisme russe. Vladimir Poutine a, derrière les murs du Kremlin, préparé sa campagne contre l'Ukraine, annexé la Crimée en 2014 et déstabilisé le Donbass, dans le cadre de ce qu'il appelle hardiment  la "Nouvelle Russie". Certains pensent que la première réaction de Poutine à la victoire de Trump sera une nouvelle offensive de la Syrie, puis une nouvelle poussée contre l'Ukraine.

La Russie pourrait également menacer directement les intérêts américains parce que Poutine vise les trois Etats baltes. Estonie, la Lettonie et Lituanie qui sont membres de l'OTAN. Alors que conformément à l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord, une attaque contre l'un d'eux est considérée comme une attaque contre les États-Unis. Si Trump devait hésiter en cas de crise, les chars russes y entreraient en quelques jours. Une étude de la Rand, cette année, a estimé que les forces russes pourraient atteindre la périphérie de Tallinn et Riga, les capitales de l'Estonie et de la Lettonie, en moins de 60 heures.

Au moins, le système politique russe semble relativement stable. Son nouveau partenaire, la Chine, ne l’est évidemment pas. Cette semaine, le gouvernement central chinois a surpris à peu près tous les observateurs en remplaçant le réformateur Lou Jiwei, le très respecté ministre chinois des Finances.

Le mouvement, largement interprété comme le résultat de tensions politiques, intervient après des mois de luttes intestines au sommet du Parti communiste. Ces luttes s’intensifient alors que chef du Parti, Xi Jinping, agit de manière encore plus audacieuse en violent les règles fixées pour limiter les problèmes lors des changements au sein du pouvoir. Comme il "désinstitutionnalise" le système politique, le tumulte au sommet se traduit par une politique extérieure plus provocante.

Cette nouvelle agressivité est en partie le résultat de querelles entre personnalités civiles qui cherchent le soutien des officiers généraux chinois. Comme les principaux généraux et amiraux deviennent des acteurs puissants au sein du parti, ils obtiennent la possibilité d’intervenir dans la politique étrangère du pays.

Dans l'incertitude politique actuelle, aucun responsable civil n’est en mesure, ou disposé à prendre le risque, de dire aux chefs de l’armée ce qu’ils ont à faire. Dans une culture politique où les Etats-Unis sont considérés comme l’adversaire principal  de la Chine, seules les attitudes les plus hostiles sont maintenant considérées comme politiquement acceptable. Les partisans de la ligne dure contrôlent presque certainement la situation.

Nous ne connaissons pas l’étendue des tensions internes à Pékin, mais ces différends surviennent à un moment où la Chine pourrait passer à l’action. Depuis plus de trois décennies, la principale base de la légitimité du Parti communiste a été la prospérité continue, mais alors que l'économie marque le pas, la seule base restante de cette légitimité est le nationalisme.

Trump menace la prospérité de la Chine. Il a proposé une taxe de 45% sur des produits chinois, il a promis de relocaliser des usines aux Etats-Unis, il a parlé d’inciter au retour les liquidités placées à l'étranger. Son scepticisme face aux accords commerciaux fait que le Bilateral Investment Treaty, dont les négociations entre Washington et Pékin étaient en train de se terminer, ne sera probablement jamais ratifié.

Même la politique économique globale de Trump pourrait nuire à la Chine. Ses baisses d’impôt et les grands travaux de réparation des infrastructures, par exemple, pourraient créer un boom en Amérique, ce qui conduirait à une augmentation des taux d'intérêt. La hausse des taux à son tour va attirer encore plus d'argent alors que la Chine manque déjà d’espèces, peut-être à raison d’un trillion par an. Comme on le voit, Trump menace l'économie chinoise, fragile à bien des égards.

Le Parti communiste, est donc incité à tester Trump rapidement. Même dans des périodes plus calmes, les dirigeants chinois ont testé les deux derniers présidents américains au début de leur premier mandat, George W. Bush en avril 2001 (avec la collision entre un avion d’espionnage militaire américain et un chasseur chinois dont le pilote a été tué près de l’île d’Hainan), et Barack Obama dans une série de dangereux face-à-face entre navires de guerre, en mer de Chine du Sud au début de mars 2009.

Et pour rendre les choses encore plus dangereuses, Pékin pense que c’est maintenant qu’il faut agir. "Les Chinois apprécient que Trump parle de plus en plus de politique intérieure" dit Paul Haenle du Carnegie-Tsinghua Center for Global Policy, au Time . "Trump dit que nous devons nous retirer. Tout cela paraît idéal aux yeux des Chinois."

Les Chinois, nous le savons, en veulent beaucoup. Ils veulent expulser les Etats-Unis hors d'Asie, ils veulent que d'autres pays reconnaissent la suprématie chinoise, ils veulent contrôler les mers qui les entourent, et ils veulent annexer des territoires dans un arc qui va de l'Inde à la frontière sud de la Corée du Sud.

Désormais, Pékin et Moscou voient des opportunités historiques pour redessiner leurs frontières vers l'extérieur parce qu'ils pensent que Trump, va quitter les alliances en abandonnant ses amis, et qu’il pourrait se retirer des zones que les Chinois veulent contrôler.

Pourtant, même si l’intention de Trump est de réduire les engagements américains de manière aussi dramatique - Pékin et Moscou pourraient facilement mal l’interprêter – ce sera difficile pour lui de le faire.

Deux grands océans n'ont pas protégé l'Amérique dans les années 1940, et il est peu probable qu’ils le fassent maintenant, à une époque beaucoup plus globalisée et interconnectée. Trump, et le public américain, vont bientôt réaliser que le système d'alliance américaine comporte des devoirs pour les Etats-Unis mais il les protège aussi en maintenant leurs adversaires loin de ses frontières.

Et ces adversaires ne s’arrêteront pas avant qu’on ne les stoppe. En fait, la Chine et la Russie, après les succès de cette décennie, ont des ambitions qui grandissent.

Les États-Unis, par conséquent, pourraient se trouver en face des Etats chinois et russe qui ont l'intention de tester l’Amérique du nouveau président Trump. Donc, quoiqu’il qu'il pense maintenant, le nouveau leader américain va, bientôt avoir besoin d'amis et d’alliés.

Copyright The Daily Beast - Gordon G. Chang

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zouk
- 14/11/2016 - 11:16
Réactions de la Chine et de la Russie envers Trump
Ah bon, l'auteur de cet article aurait-il pénétré les cerveaux de W. Poutine et Xi Jing Ping
ikaris
- 14/11/2016 - 11:04
Daliy Beast, la référence de l'unilatéralisme
Encore un article qui fait qu'on se demande ce que fait cette source sur Atlantico. Pathétique de chauvinisme et d'excès partisan. D'autant plus remarquable que l'auteur n'a pas un mot pour commenter les "grandes réussites" de Obama en politique étrangère. Article vraiment sans intérêt.
Cervières
- 13/11/2016 - 18:11
Obama
Obama s'est tellement bien débrouillé (et embrouillé) que depuis 2 ans, il est quasiment sans pouvoir extérieur diplomatique et militaire, les Chinois et Russes en profitant allègrement. Clinton était ouvertement belliqueuse. Trump envisage les choses différemment, plutôt en faveur de la Paix et du développement économique avec la Russie dont tout le monde pourrait bénéficier. Mais s'ils bougent dans un autre sens, c'est un pragmatique et le retour de bâton ne se fera pas attendre. Pour les Chinois, les luttes intestines rendent les choses plus complexes mais les Chinois de la rue commencent à peser sur le Parti et ne souhaiterons pas la guerre longtemps. Les différences technologiques dans l'armement ne laissent pas beaucoup de doutes.