En direct
Best of
Best of du 18 au 24 mai 2019
En direct
© Reuters
 Comme l'indique Marie Claire, les femmes sont plus exposées aux risques d'une alcoolémie abusive car pour la même quantité d'alcool absorbée, le taux d'alcoolémie qui en résultera sera d'un tiers plus élevé chez la femme que chez l'homme.
Un dernier verre pour la route
Comment les femmes en sont venues à boire (presque) autant que les hommes
Publié le 04 novembre 2016
Si au début du XXème siècle, les hommes buvaient plus de deux fois plus d'alcool que les femmes, cet écart s'est sensiblement réduit au cours du siècle. Une étude pointe du doigt ces statistiques et les conséquences sanitaires qui pourraient affecter ces femmes, plus exposées aux risques de la consommation d'alcool que les hommes.
Rédaction Atlantico
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Atlantico.fr
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rédaction Atlantico
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Si au début du XXème siècle, les hommes buvaient plus de deux fois plus d'alcool que les femmes, cet écart s'est sensiblement réduit au cours du siècle. Une étude pointe du doigt ces statistiques et les conséquences sanitaires qui pourraient affecter ces femmes, plus exposées aux risques de la consommation d'alcool que les hommes.

"C'est bien connu, les hommes boivent plus que les femmes". Vous avez sûrement déjà entendu cette phrase, et vous êtes d'ailleurs peut-être en accord avec elle. Et vous n'avez pas tort. Seulement, cette affirmation est au fil des années de moins en moins véridique. Une étude publiée le 24 octobre 2016 dans la revue BMJ Open conduite auprès de 4 millions de personnes et relayée par la BBC a rendu un verdict pour le moins surprenant : les hommes et les femmes boivent pratiquement la même quantité d'alcool.

L'écart se resserre

En effet, les habitudes ont grandement changé. L'étude montre que chez les personnes nées au début du XXème siècle, les hommes buvaient plus de deux fois (2,2) plus d'alcool que les femmes. De même, les hommes avaient trois fois plus de probabilité de boire dans des proportions problématiques. Enfin, ils développaient plus de trois fois (3,6) plus de problèmes de santé liés à cette consommation d'alcool abusive, tels que la cirrhose du foie. Or, pour les populations nées entre 1991 et 2001, qui ont entre 16 et 25 ans aujourd'hui, les hommes ne boivent plus que 10% plus (soit 1,1 plus) plus que les femmes, ne sont plus que 1,2 fois plus exposés à une consommation dangereuse et ne développent plus que 1,3 fois plus de pathologies liées à l'alcool. On dirait bien que les femmes ont suivi les hommes dans cette fâcheuse tendance.

Pour mener cette étude, des scientifiques de l'Université australienne de Nouvelle-Galles du Sud ont analysé les données de plus de 4 millions de personnes nées entre 1891 et 2001 dans le monde entier. Toutefois, ces travaux reflètent davantage les habitudes de consommation des pays développés, puisque plus de 75% des résultats analysés provenaient de populations européennes ou nord-américaines, explique France Info.

Inégalité hommes-femmes face à l'alcool

Ces scientifiques suggèrent que la réduction de cet écart soit dû à une évolution des rôles sociaux attribués à chaque sexe, du regard vis-à-vis de la consommation d'alcool chez les femmes ainsi que des contextes dans lesquels l'alcool est consommé. Si les femmes boivent davantage, il apparaît également que les hommes boivent un peu moins qu'auparavant, bien que cette baisse soit négligeable.

Toutefois, la réduction de cette "inégalité" n'est en rien réjouissante : en effet, les hommes et les femmes sont bien inégaux face à l'alcool. Et c'est la science qui le dit. Comme l'indique Marie Claire, les femmes sont plus exposées aux risques d'une alcoolémie abusive car pour la même quantité d'alcool absorbée, le taux d'alcoolémie qui en résultera sera d'un tiers plus élevé chez la femme que chez l'homme – même à poids égal. Pour cause : l'alcool déshydrogénase, l'enzyme que sécrète notre corps pour éliminer l'alcool, est deux fois moins active dans les organismes féminins, détaille France Info. Pour atteindre le même degré d'ébriété qu'une femme, un homme devra donc boire davantage d'alcool.

Prévention

Autant dire qu'à quantité égale d'alcool absorbé, les femmes se retrouvent dans un état d'ébriété plus avancé qu'un homme. Dans les tristes courses au "binge drinking" qui se sont généralisées dans les soirées entre jeunes adultes, les culs secs s'enchaînent et la règle impose un "même tarif" pour tout le monde. Or, ces ivresses répétées ont, comme nous le savons, de graves conséquences sur la santé. Conséquences qui pourraient se révéler d'autant plus dramatiques chez les femmes. "Les dommages au foie sont plus graves chez les femmes et apparaissent aussi plus rapidement. Elles souffrent également plus vite de lésions cérébrales. Enfin, il ne faut pas oublier les répercussions typiquement féminines : risques accrus de cancer du sein et dérèglement du cycle menstruel", précise l'association Aide Alcool sur son site, rapporte BFM TV.

Une situation à prendre en main le plus vite possible si l'on ne veut pas voir une augmentation significative de ces pathologies chez les femmes. "Nous devons veiller à ce que les campagnes portant sur les méfaits de la consommation d'alcool soient conçues pour plaire aux hommes et aux femmes. Nous devons aussi réduire les obstacles comportementaux et structurels que rencontrent les femmes qui veulent se faire traiter", estiment les chercheurs. L'alcool fait partie des facteurs à risque les plus importants pour la santé et cause environ 5 millions de décès chaque année dans le monde, selon une étude parue en 2010 dans la revue The Lancet. Selon Santé Publique France, l'alcool est la deuxième cause évitable de mortalité prématurée en France après le tabac, avec 49 000 morts par an, conclut France Info.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
02.
LREM, UDI, LR ou abstention ? Petit guide pour ceux qui voudraient (vraiment) voter libéral aux Européennes…
03.
La Chine détient-elle une arme nucléaire en étant capable de bloquer l’approvisionnement des Etats-Unis en terres rares ?
04.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
05.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
06.
SOS médecins : les hebdos au chevet de l'Europe ; Bellamy laisse Nicolas Sarkozy de marbre et atomise Dupont-Aignan ; L'ami milliardaire qui finance Francis Lalanne ; Valls souffre, le PS meurt (selon lui)
07.
Comment les socialistes en sont arrivés à se demander ce qu'est le vrai vote utile pour eux
01.
Pôle Emploi n’aime pas qu’on dise qu’il est peu efficace dans son accompagnement des chômeurs mais qu’en est-il concrètement ?
02.
Semaine à haut risque pour Emmanuel Macron : les trois erreurs qu’il risque de ne pas avoir le temps de corriger
03.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
04.
Immobilier : l’idée folle de la mairie de Grenoble pour protéger les locataires mauvais payeurs
05.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
06.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
01.
Mondialisation, libre-échange et made in France : l’étrange confusion opérée par François-Xavier Bellamy
02.
Appel des personnes en situation de handicap ou familles concernées pour sauver Vincent Lambert d’une mort programmée
03.
La bombe juridique qui se cache derrière la décision de la Cour d’appel de Paris de sauver Vincent Lambert
04.
Chômage historiquement bas mais travailleurs pauvres : le match Royaume-Uni / Allemagne
05.
Des experts estiment dans un nouveau scénario que la hausse du niveau des océans pourrait dépasser deux mètres d'ici 2100
06.
Vidéo de Vincent Lambert : son épouse va porter plainte
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
assougoudrel
- 05/11/2016 - 07:29
Tout dépend aussi du
pays. Les chercheurs sont australiens. L'australienne est connue pour être une bonne buveuse d'alcool. J'ai vécu sept mois en Nouvelles Calédonie, il y a 35 ans et je peux vous dire que des navires entiers déversaient des flots de touristes, en très grande majorité des femmes (les Pokens qu'elles étaient surnommées) dans l'ile et elles n'étaient pas déshydratées. Au club Mèd pareil, alors que pour les touristes japonaises et néo-zélandaises, c'était l'inverse. Les femmes (et aussi les gamines) en Bretagne, Normandie et dans le Nord ont la dalle plus en pente que dans d'autres régions de France. Mais les femmes ont obtenu leur liberté, fument, boivent et baisent comme elles l'entendent. Boire et prendre un petit coup ne fait du mal à personne que l'on sache, mais ...avec modération.
jurgio
- 04/11/2016 - 15:12
On les avait pourtant averties !
Autrefois, elles avaient des qualités spécifiquement féminines mais c'est désormais plus facile d'imiter les défauts des hommes.
Anouman
- 04/11/2016 - 11:25
Alcool
On ne voit pas pourquoi les femmes ne boiraient pas d'alcool, égalité oblige. Mais consommer de l'alcool même si ce n'est pas bon pour l'organisme sur le long terme n'est pas pareil que de boire jusqu'à être ivre et de manière répétée , ce qui est vraiment pathologique. Et ça ça relève de la psychologie. Je ne crois pas que les campagnes débiles contre l'alcool puissent y changer quoique ce soit.