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Familles nombreuses et questions taboues : est-il possible d'aimer et de donner autant à tous ses enfants ?
Publié le 05 août 2016
L'amour et l'attention que donnent les parents à chaque enfant d'une fratrie ne se mesure pas quantitativement. Peu importe que le temps accordé à chaque enfant soit réparti de façon égalitaire, l'essentiel est de répondre aux besoins spécifiques de chacun.
Pascal Anger est psychologue, psychanalyste, psychothérapeute, sexothérapeute, systémicien et médiateur familial.Il est également chargé de cours à Paris VII. Il est l'auteur de Le couple et l'autre, livre publié aux éditions l'Harmattan.
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Pascal Anger
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Pascal Anger est psychologue, psychanalyste, psychothérapeute, sexothérapeute, systémicien et médiateur familial.Il est également chargé de cours à Paris VII. Il est l'auteur de Le couple et l'autre, livre publié aux éditions l'Harmattan.
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L'amour et l'attention que donnent les parents à chaque enfant d'une fratrie ne se mesure pas quantitativement. Peu importe que le temps accordé à chaque enfant soit réparti de façon égalitaire, l'essentiel est de répondre aux besoins spécifiques de chacun.

Atlantico : Est-ce qu'avoir plusieurs enfants signifie forcément qu'ils recevront moins d'amour et d'attention qu'un enfant unique ? N'est-ce pas une façon trop quantitative de voir la chose ?

Pascal Anger : C'est une idée reçue. L'idée d'une division proportionnelle de son amour en fonction du nombre de ses enfants n'est pas valide. Bien sûr, tous les parents rêvent à un moment ou un autre de donner le même amour à tous leurs enfants, mais ce "même" ne se mesure pas quantitativement. Ce n'est pas le nombre d'enfants qui détermine l'amour que l'on peut donner à chacun d'entre eux. Il faut renoncer, en mon sens, à cette idée d'égalité quantitative d'attention, ou d'amour. C'est autour de la question des besoins que le problème (et la solution) se situent. Chacun des membres d'une fratrie requiert des besoins distincts. L'aîné est celui qui essuie les plâtres : on lui donne les premiers biberons, on lui fait faire les premiers pas, les premiers tout ! C'est l'aîné qui nous apprend à être parent pour la première fois. Pour ceux qui viennent après, ce n'est pas forcément plus facile mais vraisemblablement différent. D'une part, parce que les parents sont rodés, et d'autre part, parce que le deuxième enfant présentera des besoins distincts de ceux présentés par son frère ou sa sœur : que ce soit en termes de santé, de problèmes de jalousie, de rébellion contre l'éducation… De même, les besoins du troisième, du quatrième, seront encore nouveaux. Et parce que les frères et sœurs n'ont pas le même âge, et parce qu'ils ont tous des individualités qui leur sont propres. A chaque besoin, une forme d'attention et d'amour correspond. Il faut comprendre cette relation parents-enfants et enfants-enfants comme une relation à plusieurs.

Est-il possible d'accorder autant d'attention ou amour à tous ses enfants ? Si oui, comment ?

Oui, à condition de définir cette "attention" comme un ensemble de réponses à des besoins. Il ne s'agit pas, en effet, d'accorder exactement la même quantité de temps, ou de disponibilité à tous ses enfants, mais plutôt de répondre aux besoins précis et personnels de chacun des enfants. Pour ce faire, la communication est nécessaire. Qu'elle se situe au niveau des parents entre eux, mais aussi entre les parents et les enfants, dans un rapport à double sens : écoute et demande à la fois. Il faut que les parents soient sensibles à ce qui leur fait plaisir, ou pas. Toute la question de l'attention se joue autour du ressenti.

Est-ce que l'exemple du Professeur Mc Andrew (du Knox College, qui a tenté de modéliser des organigrammes correspondant à l'investissement des parents à leurs enfants) est une solution envisageable ?

J'ai bien peur que l'on tombe ainsi dans une trop grande maîtrise des choses. Ce qui relève de l'éducatif ne peut se limiter à des schémas théoriques. L'éducatif comporte tout un ensemble d'évènements inattendus. Il serait trop manichéen de prévoir à l'avance le temps ou l'attention accordé à tel ou tel enfant. Si l'on considère que la famille est un système, on comprend mieux alors que quand l(un de ses membres bouge, toutes les relations sont affectées ; or, la vie est jonchée d'épreuves et d'inattendus. Aussi ne peut-on pas prévoir à l'avance avec des schémas ou autres organigrammes, comment, quand, et combien d'amour donner à ses enfants. Surtout que ce n'est pas en termes de temps, mais en termes de qualité. L'exemple-type est celui de la mère qui s'est remise à travailler après un congé parental et qui culpabilise du trop peu de temps accordé à ses enfants. En réalité, la durée de ce partage entre la mère et ses enfants importe moins que la qualité de l'écoute accordée à ces mêmes enfants.

Qu'entraîne une répartition jugée trop peu équitable (la question du chouchou, de l'enfant préféré, ou, a contrario, de la brebis galeuse) ?

Il est évident que tout membre d'une famille a besoin amour. Si l'on ne répond pas aux besoins d'un enfant, il y a de grandes chances qu'il se retrouve dévalorisé, et ceci ne l'aidera pas à se construire de façon sereine. Si l'enfant se sent mal aimé (au sens "pas écouté"), on l'empêchera de se sentir soutenu et d'avoir une bonne estime de lui-même, ce qui peut avoir des conséquences redoutables pour sa construction et sa vie sociale et professionnelle.

Mais heureusement, ce rôle de valorisation n'est pas réservé aux parents : oncles, tantes, professeurs, et autres figures paternelles ou maternelles qu'un enfant rencontre durant sa construction, peuvent se substituer aux parents. Et puis, il ne faut pas oublier que nous confondons souvent… amour et surprotection. Nous vivons dans une société qui tend à surprotéger ses enfants, sur le modèle de "l'enfant roi" à qui on donne tout. Nous aurions besoin de valoriser l'autonomie et la liberté des enfants, qui en conséquence seraient moins dans le besoin

Quant à la rivalité entre frères et sœurs, elle est courante. La relation parent-enfant cadet varie en fonction de l'ordre des naissances. Cela ne signifie pas pour autant qu'on reçoit plus ou moins d'amour. Pour ce qui est des parents qui déclarent aimer plus un enfant qu'un autre, on peut l'interpréter comme quelque chose de positif dans la mesure où à partir du moment où les parents ont conscience d'être plus à l'écoute de l'un ou de l'autre, il pourront remédier à cette inégalité. Les incompréhensions, les quiproquos entre parents et enfants, peuvent être rectifiés. Le métier de parent est un métier constamment remis en question. Et cette nature fluctuante peut éviter justement de fixer des rôles : chouchou, enfant préféré ou à l'inverse brebis galeuse.

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