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Theresa May
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Theresa May, la femme qui avait une botte secrète pour maximiser l'intérêt des Britanniques dans les négociations sur le Brexit
Publié le 15 juillet 2016
Passée par la banque d'Angleterre et l'Association for Payment Clearing Services, la nouvelle occupante du 10 Downing street est rodée aux enjeux financiers et à la négociation avec les acteurs et institutions européennes.
Jean-Marc Siroën est économiste. Il enseigne actuellement à l’université Paris Dauphine et est professeur au sein du département Master Sciences des Organisations. Il est spécialiste d’économie internationale. Il participe également au programme de...
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Jean-Marc Siroën est économiste. Il enseigne actuellement à l’université Paris Dauphine et est professeur au sein du département Master Sciences des Organisations. Il est spécialiste d’économie internationale. Il participe également au programme de...
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Passée par la banque d'Angleterre et l'Association for Payment Clearing Services, la nouvelle occupante du 10 Downing street est rodée aux enjeux financiers et à la négociation avec les acteurs et institutions européennes.

Atlantico : Trois semaines après le résultat du Brexit et à compter du mercredi 13 juillet, Theresa May devient la nouvelle locataire du 10 Downing street. En tête des priorités, elle devra déclencher le fameux article 50 pour enclencher la procédure de sortie de l'Union européenne. Une étape qui devrait donner lieu à une série de renégociation des traités qui lient le pays et l'UE. A quelles difficultés l'ancienne secrétaire d'Etat sera-t-elle confrontée ? Quelle est la réalité de ces renégociations à effectuer ?

Jean-Marc Siroen : Theresa May devra rendre possible ce qui apparaît aujourd’hui impossible. Le point de vue britannique est en effet de conserver les avantages du marché unique sans en supporter les devoirs, ce qui est inacceptable pour l’Union Européenne sauf à s’engager dans un processus de dissolution. Chronologiquement, il faudra d’abord que Mme May active l’article 50 du traité de Lisbonne qui permettra d’enclencher le processus de négociation. Elle ne souhaite manifestement pas précipiter cette démarche quitte à irriter l’Union européenne. En fait, ce n’est pas une, mais deux négociations qui devront être menées : les modalités du départ  et les futures relations avec l’Union européenne. Mme May souhaitera fusionner ces deux négociations alors que l’Union européenne voudrait les séparer : d’abord le Brexit et ensuite la négociation d’un nouveau traité. C’est évidemment ce dernier point qui sera le plus délicat.

La Grande-Bretagne voudra préserver son accès au marché unique mais sans la mobilité du travail ce qui n’est pas concevable. Le marché unique est fondé sur les « quatre libertés » (biens, services, capitaux, personnes)  dont une, au moins –les personnes- a été refusée via le vote sur le Brexit. Il implique aussi une contribution au budget européen alors même que la campagne des partisans du Brexit s’est fondée sur le refus d’une telle contribution. Enfin, le marché unique est fondé sur le respect de normes et de réglementations européennes. On imagine mal que le Royaume-Uni accepte aujourd’hui les contraintes qu’elle a refusées… En d’autres termes, on voit mal comment la solution norvégienne ou Suisse pourrait s’appliquer au Royaume-Uni qui devrait accepter ce que le vote a refusé tout enperdant la possibilité d’intervenir dans les choix européens ! Il ne faut pas oublier non l non plus que le Royaume-Uni ne devra pas négocier seulement avec l’Union Européenne. Elle devra aussi renégocier les traités européens contactés avec les pays tiers, notamment les traités de libre-échange : une quarantaine aujourd’hui sans compter la quinzaine en cours de ratification ou de négociations, dont le Japon, l’Inde, le Canada et les Etats-Unis…

Theresa May a travaillé pendant 6 ans à la Banque d'Angleterre, et 12 ans à la tête de l'Association for Payment Clearing Services. En quoi ces expériences pourront-elles lui être utiles pour mener à bien la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ? Comment pourrait-elle les mettre à profit ?

Theresa May bénéficie en effet d’une expérience utile en matière financière et plus particulièrement, bancaire. C’est un avantage dans la mesure où une des priorités de  l’Angleterre sera de préserver l’accès de ses services financiers au marché européen. En tant que Ministre de l’intérieur, elle est également au fait d’un autre sujet hyper-sensible : l’immigration,.Cette expérience est néanmoins limitée. Elle ne couvre pas des questions plus techniques, mais aussi politiques, liées au commerce, à la concurrence aux différentes réglementations européennes. Toutefois, le rôle du Premier Ministre sera moins de participer directement aux négociations que d’assurer une supervision de nature plus politique et, finalement, d’arbitrer entre les différentes options. Il reviendra au négociateur désigné par elle, et qui aura sans doute rang de Ministre, lui-même accompagné d’une foule d’experts, d’arracher le maximum de concessions à une Union européenne aujourd’hui peu disposée à les accorder. 

Depuis le résultat du référendum, les capitales européennes s'activent pour "récupérer" les entreprises londoniennes du secteur de la finance qui souhaitent continuer leurs opérations en euros. Que pourrait faire l'exécutif britannique pour les inciter à rester ? 

Le Royaume-Uni s’est redressé économiquement en grande partie en jouant la carte d’une spécialisation dans les services financiers. Londres  est de loin la première place financière où se réalisent, notamment,  les transactions sur le marché des changes ce qui la place devant les Etats-Unis alors même que la plupart des transactions impliquent le dollar. En effet, l’industrie financière britannique n’est pas européenne, mais mondiale, ce qui relativise l’importance du Brexit. Si celui-ci ne remet donc pas en cause la suprématie de Londres, il l’écornera sûrement. L’accès au marché européen repose en effet sur deux des quatre libertés du marché unique : le capital et les services, financiers en l’occurrence. Il pourrait donc y avoir un rééquilibrage en faveur de certaines places européennes. Le « dumping » fiscal, qui est une tentation ancienne du Royaume-Uni, pourrait être utilisé afin de convaincre les banques et institutions financières, mais aussi l’ensemble des entreprises, de rester au Royaume-Uni. Cette menace de « dumping » fiscal –comme celle de dévaluation compétitive de la livre sterling- sera d’ailleurs une des menaces implicites qui flottera au-dessus des futures négociations. Outre leur supériorité dans le domaine financier, l’histoire a montré à quel point le Royaume-Uni  pouvait être un négociateur redoutable pour préserver ses privilèges….

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Paulquiroulenamassepasmousse
- 14/07/2016 - 13:38
Paradis fiscal......et pourquoi pas !
Les européens vont peut-être comprendre ....enfin ......que le libéralisme est la seule alternative au communisme sournois et à l'assistanat délirant, objectifs non affichés mais but ultime de. la communauté européenne. Et les Anglais ont compris les premiers que faute de Fédéralisme, l'Europe ne pouvait -être qu'un espace de libre échange.
Fran6
- 14/07/2016 - 10:01
tiens tiens
on dirait quelle a emprunté le même chemin que Macron professionnellement,verrons nous un changement véritable d'aider le petit peuple anglais? ou verrons nous une action de nous enfilé comme le fait l'Europe avec la présence majoritaire de pontes financières à tout les étages des décisions majeures de nos états, je crains que c'est là le vrai soucis: Emprisonné les sans dents dans la volonté de plus voter, par dégoût, pour tenir les pays dans une poigne de fer financière, les vrais dirigeants, c'est eux! une preuve? aucun chef d'état Européenne n'a critiqué la trahison de Barroso, est ce des vendus?
langue de pivert
- 14/07/2016 - 09:45
oups !
Sinatra ! désolé Nancy ! Sû(r) bien sûr !