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Conflits larvés
100 ans après l’horreur de Verdun : ces “guerres” d’un nouveau genre qui déchirent l'Europe, toute unie et pacifiée qu'elle soit
Publié le 03 juin 2016
Ce dimanche 29 mai est, pour Angela Merkel et François Hollande, l'occasion de se rassembler. Les deux chefs d'Etat commémorent le centenaire de la bataille de Verdun. L'Union Européenne, pensée à la suite des deux guerres mondiales, devait permettre la paix. Le bilan est finalement assez mitigé... puisque toutes les guerres ne se font pas dans le sang.
Frédéric Farah est diplômé de Sciences Po Paris, professeur en classes préparatoires, chargé d’enseignement à l’université de Paris V, ainsi que coauteur des deux derniers numéros de mars et d’avril de la revue Ecoflash relatifs aux dettes publiques en...
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Ce dimanche 29 mai est, pour Angela Merkel et François Hollande, l'occasion de se rassembler. Les deux chefs d'Etat commémorent le centenaire de la bataille de Verdun. L'Union Européenne, pensée à la suite des deux guerres mondiales, devait permettre la paix. Le bilan est finalement assez mitigé... puisque toutes les guerres ne se font pas dans le sang.

Atlantico : Angela Merkel et François Hollande commémorent dimanche 29 mai le centenaire de la bataille de Verdun. Après avoir connu deux guerres mondiales sur leur sol, les pays d'Europe ont créé l'Union européenne afin de garantir la paix sur le continent en misant sur la prospérité. Si les conflits militaires entre ses grandes puissances ont été neutralisés, quels conflits sont apparus depuis ? Normes européennes, questions économiques (dette, investissement public...) sur quels sujets les Etats membres s'affrontent-ils ?

Frédéric Farah : Une précision pour commencer, la construction européenne s’est aussi surtout bâtie contre le communisme. Il ne faut jamais l’oublier c’est probablement le moteur principal de l’intégration européenne. C’était l’ennemi structurant. Le Marché Unique mis en chantier au milieu des années 1980 est l’enfant de la crise des euromissiles de 1979, les fameux missiles SS20. F. Mitterrand après son célèbre discours du Bundestag de 1983, profite de la nomination de J. Delors à la Commission pour redynamiser le projet européen par le biais du marché Unique. 

D’autre part, la paix sur le continent européen, on la doit surtout à la présence américaine qui assurait le parapluie atomique. Souvenons-nous du "ich bin ein Berliner" de Kennedy, phrase emblématique de cette protection. Aujourd’hui, pour reprendre le beau titre de l’excellent livre de Coralie Delaume, l’heure est aux Etats désunis de l’Europe. Les Etats Européens ne s’entendent sur rien ou presque. La récente négociation sur le traité transatlantique le montre. Une partie du gouvernement allemand, l’Italie et la Grande Bretagne sont ouvertement pour. Nous nous sommes réticents. 

La question migratoire, l’Allemagne a été à la manœuvre de l’accord avec la Turquie imposant son tempo aux autres Etats dont la France. Cette même Allemagne à travers des figures comme M. Schauble ou Weidman le patron de la Bundesbank souhaite imposer l’orthodoxie économique la plus stricte aux autres Etats. L’intérêt commun aux 28 est une chimère. 

Philippe Fabry : Je crois qu'il faut commencer par faire l'état des lieux et comprendre que l'Europe d'aujourd'hui n'est  pas simplement l'Europe d'hier dont on aurait simplement banni les conflits armés. La réalité est plus complexe.

En effet, si l'on considère la première phase de l'histoire de l'Union européenne, c'est-à-dire jusqu'à l'adoption du Traité sur l'Union, le fameux traité de Maastricht, en 1994, on observe alors essentiellement le vieux jeu des puissances européennes dans un cadre simplement plus policé qu'auparavant, sans violence, mais avec des intérêts nationaux bien compris, et défendus. Ce modèle est authentiquement celui de l'Europe des nations, une Europe dans laquelle chaque pays est composé de son peuple et de ses élites, qui le représentent face aux autres peuples et leurs élites ; c'est encore le logiciel du XXe siècle. Les vieilles rivalités existaient toujours et étaient fortement présentes dans l'esprit de dirigeants appartenant à des générations qui avaient connu "l'avant", avant la paix européenne, avant la menace soviétique qui contraignait à s'entendre.

Par exemple, François Mitterrand menait la politique étrangère et européenne de la France avec à l'esprit les grandes lignes de la politique française traditionnelle : l'entente avec les anciens ennemis Anglais et Allemand se faisait avec toujours une méfiance en arrière-pensée. Ainsi, après des décennies d'amitié franco-allemande, Mitterrand considérait-il toujours comme un danger la réunification allemande ! Et dans ce contexte, il utilisa l'Euro comme une arme politique pour maintenir l'influence française en Europe. Il disait "j'ai cloué les mains de l'Allemagne sur la table de l'Euro", signifiant par là qu'il était hors de question que l'Allemagne triomphe seule avec son Deutchsmark.

Avec la signature du traité de Maastricht s'est ouverte une nouvelle phase : entre la pratique, durant vingt ans, du marché unique et l'arrivée d'une nouvelle génération n'ayant pas connu l'époque de la guerre, des rivalités violentes, les élites des états européens se sentent de moins en moins nationales et de plus en plus européennes. Ce qui les pousse à défendre encore leurs intérêts nationaux, ce sont leurs échéances électorales nationales, mais plus leur logiciel de pensée, contrairement à leurs aînés qui défendaient l'intérêt national non seulement parce que c'était ce que les électeurs attendaient d'eux, mais parce que, comme je le disais pour Mitterrand, c'était dans leur culture.

Cette modification de l'état d'esprit des élites entraîne des conséquences importantes sur les conflits que l'on observe en Europe, car si demeure, effectivement, le jeu des puissances, il s'efface lentement au profit d'un autre jeu, celui de l'opposition entre les élites et le peuple ; un clivage qui, d'habitude, ne se retrouve qu'à l'intérieur d'une même nation. Et cela est justement un symptôme de ce que l'Europe devient une nation d'Etats fédérés, plus qu'une fédération d'Etat-nations.

Alors, bien sûr, ce processus est encore loin d'être achevé, mais on peut mesurer ses progrès, justement, à travers l'évolution des grandes questions traitées, qui montrent que ces questions s'apparentent de moins en moins à des questions de politique internationale entre Etat-membres de l'Europe qu'à des questions de politique nationale européenne.

Ainsi, et pour reprendre les éléments de votre question, les normes européennes ne sont plus aujourd'hui un sujet de conflits. Elle l'ont fortement été dans les années 1990, qui furent la grande époque des débats sur les dangers d'harmoniser la taille des concombres, et la crainte de voir disparaître les fromages au lait cru en raison de règlementations technocratiques. Aujourd'hui ces débats sont complètement retombés et c'est effectivement sur des questions économiques : politiques monétaires, fiscales, dépense publique, que les discussions sont les plus enflammées.

C'est l'exacte illustration de ce que je disais : il y a vingt ans, on évoluait encore dans le logiciel du XXeme siècle, avec des élites nationales qui dialoguaient entre elles et représentaient leurs peuples respectifs dans les négociations européennes. Et alors les préoccupations étaient centrées autour de l'effacement des particularismes locaux,  une résistance au centralisme européen.

Depuis, le paysage institutionnel et politique a beaucoup évolué : les nouveaux grands sujets de débat correspondent plus à ce nouveau clivage : on parle de solidarité économique, d'harmonisation fiscale, de politique économique globale, bref de l'émergence d'un Etat européen.

Et l'évolution "ethnogénétique", de transformation de l'Europe en nation, s'observe non seulement par l'européanisation des élites, mais aussi à travers l'apparition d'un populisme européen, qui diffère du populisme souverainiste d'hier par le fait que, précisément, il est international : les populistes des différents pays s'allient au Parlement européen, ils tiennent des conférences à l'échelle européenne, créent des partenariats, se reçoivent... Bref, jusque chez les plus enclins à défendre des intérêts purement nationaux, qui appellent à retrouver une politique économique, migratoire et monétaire nationale, l'on constate la naissance d'un véritable esprit européen. Et à l'échelle européenne, cela accouche d'un clivage élites/peuples qui auparavant n'existait que dans le cadre national, et qui tend à opposer deux visions de l'Europe, une "populiste" et une plus "élitiste", et ce clivage, peu à peu, tend à remplacer la poursuite des intérêts nationaux.

Donc, on ne peut plus lire les rapports entre Etats européens aujourd'hui comme on les lisait hier : les élites nationales sont désormais si intriquées que l'on constate l'existence d'une élite européenne qui n'existait pas avant. Cela change nécessairement les règles du jeu.

Pour autant, cette évolution n'est pas parachevée, et comme l'on est un peu au milieu du gué, on s'aperçoit que les conflits, les rapports de force au sein de l'Europe tiennent à la fois de l'héritage du jeu des puissances des XIXe-XXe siècles, où l'on voit les Etats-membres utiliser encore les anciens ressorts, et à la fois intègrent les nouveaux paramètres, en tendant à opposer, sur un grand nombre de sujets, non pas tant les Etat-membres les uns aux autres que l'élite européenne dans son ensemble au peuple européen dans son ensemble, ce qui est tout à fait nouveau.

Michael Lambert : L’Europe post-Seconde Guerre mondiale se caractérise par sa division entre Ouest et Est, mais aussi par le souhait des pays comme la France, la Grande Bretagne et la RDA d’aller de l’avant vers plus de concertation et vers un système Fédéral. Cette philosophie, qui trouve ses origines dans les idéaux fondamentaux que sont la “Démocratie” et le “Libéralisme”, a amené les pays d’Europe à renouer avec la prospérité économique et à aller vers l’Union européenne en 1992.

La création de l’UE marque un point de rupture historique essentiel ou le nationalisme et les intérêts des États passent après les objectifs communs comme l’instauration de la Paix sur le continent, la liberté des individus et leur bien-être.

La dislocation de l’Union soviétique en 1991 va cependant mettre à mal tous ces principes. Avec la disparition de l’URSS, ce sont désormais plusieurs pays qui participent à la vie de l’Union européenne après les élargissements de 2004, 2007 et 2013.

Les nouveaux membres entrent ainsi en compétition avec les anciens pays sur de nombreux domaines, et alignent leurs politiques nationales sur celles de puissances externes, à l’image de l’influence des États-Unis en Pologne.

A cela s’ajoute le retour d’une Allemagne réunifiée qui se retrouve au coeur d’une Europe dont le centre de gravité se situait entre Paris et Londres pendant la Guerre froide. En conséquence, les pays comme la France et la Grande Bretagne qui disposaient d’une certaine puissance (militaire, économique, diplomatique, etc.) doivent désormais remettre en question leur systèmes afin de les adapter dans un cadre plus compétitif.

On note dès lors une confrontation indirecte entre d’une part une Allemagne prospère et compétitive sur le plan économique, et d’autre part des pays qui n’arrivent pas à s’européaniser. Sur un plan technologique, on assiste également à une concurrence accrue d’États comme l’Estonie, ou bien encore en diplomatie à l’implication grandissante de la Pologne dans la politique de Voisinage de l’UE, notamment dans les pays du Partenariat oriental.

En 2016, on retrouve une Europe en proie aux divisions internes avec de manière schématique les anciens Empires coloniaux qui peinent à développer une politique Est-Européenne, une Allemagne qui est devenue le centre de gravité économique de l’UE. La Pologne et les pays-Baltes qui affichent une forte croissance, un faible endettement et sont plus compétitifs en raison des choix gouvernementaux dans le contexte post-Guerre froide.

En ce sens, il est difficile de parler “d’affrontement” entre des pays comme la France et la Pologne, ou encore entre l’Allemagne et la Grande Bretagne, mais davantage d’un basculement géopolitique qui recentre le coeur de l’Europe sur Allemagne et nuit indirectement aux pays qui n’arrivent pas à s’adapter à l’idée qu’il est désormais temps de regarder à l’Est plutôt qu’à l’Ouest pour leur avenir. 

Dans ce système où la guerre ne peut prendre une forme militaire, par qui, quoi, ont été remplacés les canons et le nombre de soldats ? 

Frédéric Farah : C’est désormais l’économique qui tient lieu de champ de bataille. Même si je déteste cette expression, la guerre économique bat son plein. Les politiques non coopératives se portent bien en Europe, elles consistent à exporter son chômage chez le voisin. L’Allemagne à la fin des années 1990 par la réduction du périmètre de son Etat social et la contraction de sa demande intérieure a développé une politique économique non coopérative. Elle a eu pour effet, la fameuse polarisation des balances commerciales avec des excédentaires au nord de l’Europe et des déficitaires au sud. Excédents et déficits ne sont jamais séparés. Aujourd’hui la chair à canon de l’idéologie actuelle que je nomme le compétitivisme, c'est-à-dire la recherche effrénée de la compétitivité quels qu’en soient les couts sociaux ce sont les moins qualifiés, des franges des classes moyennes, des employés, des petites entreprises qui la supportent. C’est le travail plus que le capital qui est le perdant de ces affrontements économiques. L’esprit de marché a tué l’esprit de communauté, à ce niveau c’est Waterloo morne plaine.

Philippe Fabry : Permettez-moi tout d'abord d'insister encore sur un point : on ne peut pas raisonner sur l'Europe d'aujourd'hui en considérant qu'elle serait l'Europe des nations du XXe siècle avec cette seule différence que la guerre serait désormais interdite, et que l'on serait donc censés observer exactement les mêmes rapports que jadis entre les nations européennes, simplement remplacés par d'autres moyens.

L'Europe d'aujourd'hui est plus que ça : comme je le disais, elle a désormais ce que l'on peut considérer comme des élites propres, qui évoluent au sein d'institutions communes qui développent un esprit et des intérêts propres. Hier, les élites de tel pays lui étaient attachées, et œuvraient à défendre essentiellement les intérêts nationaux contre les manœuvres des élites des nations rivales. Aujourd'hui, elles se soucient autant des intérêts globaux de l'Europe que de ceux de leurs nations d'origine.

Pour l'instant, on observe encore les deux types de conflits, voire une synthèse des deux, avec un cadre européen désormais accepté, mais dans lequel s'expriment encore des intérêts nationaux.

Cela conduit chacun à jouer un peu sur les deux tableaux, en cherchant à la fois à promouvoir une certaine vision pour l'Europe dans son ensemble, et à retirer le maximum de bénéfices de l'Europe à l'échelle nationale.

Cette dualité des intérêts laisse donc bien chaque Etat  jouer partiellement sa partition dans son coin, et à chercher à tirer le meilleur parti de l'appartenance à l'Europe : cela passe par les diverses formes de dumping (fiscal, social...), et par l'utilisation, pour les pays qui parviennent à s'imposer à la tête de l'Europe, des instruments européens pour servir leurs intérêts nationaux.

Ainsi, durant les dix dernières années, la place de leader a progressivement échu à l'Allemagne, qui a vraisemblablement atteint son apogée dans ce rôle il y a un an : elle a, durant ce temps, bénéficié des effets de l'Euro : les pays voisins ayant une productivité inférieure, notamment la France et l'Italie, ne pouvant plus compenser cette différence par des politiques monétaires, ont vu peu à peu leurs industries les déserter au profit de l'Allemagne, ce qui a accru leurs déficits autant que cela a nourri les excédents commerciaux allemands.

Michael Lambert : Il semble difficile de parler de “guerre” entre les États au sein de l’Union européenne dans la mesure ou ceux qui affichent la meilleure performance le font sans volonté de nuire aux pays voisins.

A titre d’exemple, la Pologne affiche un record en ce qui concerne la performance économique en raison de la politique libérale des gouvernements après 1992, de la flexibilité en ce qui concerne l’emploi, et naturellement avec la mise en place d’un système qui stimule les exportations et se base sur l’exemple de la Chine avec des “zone franches”.

Des pays comme l’Estonie sont également leaders dans le secteur informatique, notamment en raison du manque d’innovation des autres États qui peinent encore à fixer un cap idéologique et à intégrer la modernité comme facteur identitaire. Pour résumer la situation, certains pays pensent encore à leur passé glorieux, et d’autres à l’avenir en raison d’une liberté retrouvée depuis la chute du Communisme.

La puissance d’un pays ne se mesure donc plus à son “hard power”, mais désormais à son “soft power”, c’est à dire sa puissance économique, culturelle, sa capacité à influencer avec ses lobbyistes dans les Institutions européennes.

L’université joue également un rôle essentiel dans un contexte compétitif à l’international et depuis le lancement du programme Erasmus. Un pays qui parvient à attirer et à former les cerveaux s’impose naturellement face aux autres. Dans ce domaine, des pays comme la France rament avec un système universitaire en proie aux divisions depuis mai 1968, des enseignements en Français (et donc difficile d’accès pour les étudiants Européens et Internationaux) et le principe des Grandes écoles qui n’a aucun sens car désuet par rapport aux Universités des pays voisins qui proposent des formations plus polyvalentes. A titre d’exemple, Sciences-Po Paris ou Paris-Sorbonne affichent une performance “basse” en occupant en moyenne la 200e place dans le QS Ranking 2016, ce qui peine à attirer les étudiants qui préfèrent aller en Angleterre ou en Allemagne.

On assiste ainsi à une confrontation entre des pays mais non sur le hard power, mais sur le soft power, avec un leadership incontesté pour l’Allemagne et grandissant pour les pays d’Europe de l’Est par rapport aux pays de l’Ouest.

Un autre facteur qui assure la prospérité d’un pays n’est autre que la transparence du sytème politique et la lutte contre la corruption. On note dès lors un retard évident des pays latins alors que l’espace Scandinave s’impose comme un exemple au reste du monde. La corruption en France est ainsi devenue un problème majeur, au même titre que la formation des élites, et cela entraîne des répercussions négatives sur la vie des citoyens au quotidien.

Observe-t-on des alliances d'intérêts selon les sujets ? Comment ces confrontations sont-elles organisées par les Etats ? Dans quelle mesure ces affrontements ont-ils pu alimenter des conflits "traditionnels" ?

Frédéric Farah : Les alliances peuvent apparaître dans certains cas. Le cas grec est emblématique, les Etats du nord, ce que P. Grigoriou historien grec nomme l’euro-centre, ont fait front contre la Grèce entre janvier et juillet 2015. L’Allemagne, la Finlande, les Pays bas, l’Autriche ont été très durs à l’égard de la Grèce. Le cas migratoire est intéressant lorsqu’on observe la clôture de la route des Balkans pour empêcher les migrants de circuler. C’est moins le fait d’une politique concertée que d’une logique NIMBY not in my backyard. On voit bien que les Balkans dans un mélange de difficultés économiques, de pressions mafieuses, de poussées des nationalismes, renforcées par la question migratoire redevient une poudrière. 

Mais la lecture Etatique ou réaliste des relations internationales ne suffit plus. Des acteurs non étatiques jouent un rôle clef et s’allient parfois avec les Etats et parfois contre. Aujourd’hui il y a une fracture qui se dessine entre une frange des élites politiques et entrepreneuriales, des gouvernements qui prennent la forme de grandes coalitions, des marchés financiers et une partie des peuples européens. Cette fracture se retrouve dans la question des droits sociaux et de la protection sociale, ces franges dont je parle souhaitent favoriser les mécanismes de marché et tendre vers ce que N. Burgi nomme "l’Etat social minimal". Les peuples réagissent parfois à armes inégales. Qu'on pense à l’écrasement du printemps grec de 2015, à la présente contestation sociale française, aux indignés espagnoles, au bloc des gauches portugais...

Philippe Fabry : Oui, on observe de telles alliances d'intérêts, mais il est très intéressant de noter que, la plupart du temps, lesdites alliances sont loin d'être aussi ponctuelles et liées à un intérêt particulier que l'on ne le croit.

Revenons un peu en arrière : depuis le milieu du XIXe siècle, il y a trois grandes puissances et autant de visions de la géopolitique européenne. Ces trois puissances sont l'Angleterre, la France et l'Allemagne.

La France et l'Allemagne sont les deux puissances continentales, dont la préoccupation est, au minimum, de pouvoir faire jeu égal l'une avec l'autre.

Traditionnellement, elles ont des zones d'influence naturelle.

La zone d'influence de la France est la Méditerranée : elle s'est notamment incarnée dans l'Union latine de 1865, qui instaurait une première monnaie commune avec bimétallisme or-argent et réunissant notamment à la France de Napoléon III l'Italie et la Grèce. On peut ajouter à cela la péninsule ibérique, sous influence française durant tout le XVIIIe siècle et qui, au regard de la rivalité franco-allemande, fait figure d'arrière-cour française.

La zone d'influence allemande, c'est l'Europe centrale et de l'Est, soit la zone correspondant à l'ancien empire Austro-hongrois, auquel on doit ajouter la Pologne.

L'Angleterre, puissance du "grand large", n'a pas de zone d'influence en Europe parce que son calcul a toujours été différent : elle ne cherche pas à faire jeu égal avec les grandes puissances continentales mais seulement à s'assurer que celles-ci le font entre elles et que règne un équilibre qui empêche l'une ou l'autre de s'imposer sur le continent et de nuire à l'Angleterre ; c'est pourquoi, depuis qu'elles sont toutes deux démocratiques, l'Angleterre soutient tantôt la France, tantôt l'Allemagne, et toujours le plus faible des deux, pour maintenir l'équilibre ; et lorsque France et Allemagne sont unies, l'Angleterre pousse à la désunion.

De fait, l'on s'aperçoit bien souvent qu'au sein de l'Union européenne, chacune des trois puissances a continué à jouer son jeu traditionnel, en s'appuyant sur sa zone d'influence traditionnelle.

Le meilleur exemple de cela est probablement la position de la France dans la crise de la dette : contre l'Allemagne et les pays "vertueux" de l'Est, la France a pris le parti des pays dont on a craint le défaut total ou partiel : le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Grèce. Les commentateurs ont généralement dit que, la France étant elle-même très endettée, se sentait plus proche des pays du sud de l'Europe, et que là était la raison de son positionnement en prévision du moment éventuel où sa propre dette commencerait à poser problème. Mais en réalité, derrière cela, on voit reparaître la zone d'influence française traditionnelle : la péninsule ibérique et les pays de l'Union latine. La France n'a pas pris leur parti uniquement parce qu'elle se sentait "sœur de dette" avec eux, mais parce qu'ils sont ses soutiens traditionnels ; inversement, les "pays vertueux" se trouvaient être la zone d'influence traditionnelle de l'Allemagne. A travers la crise de la dette, c'est donc une permanence de la rivalité franco-allemande que  l'on a vu s'exprimer.

Et cela au moment où le leadership allemand, disais-je, atteignait son apogée. Je parle d'apogée parce que, depuis, cette domination allemande de la politique européenne a pris un coup, et cela s'explique précisément par ce jeu des sphères d'influence : la crise migratoire a placé l'Allemagne en situation de confrontation directe avec la Pologne, la Hongrie, l'Autriche, bref sa sphère d'influence naturelle, ces pays refusant l'accueil massif demandé par Angela Merkel. Dans le même temps, la France avait plutôt réussi, en obtenant une politique accommodante de la BCE, à défendre les intérêts de sa propre sphère d'influence, c'est pourquoi la relation franco-allemande est en train de se rééquilibrer, et cela en dépit du fait que la France n'a nullement amélioré ses propres résultats économiques alors que ceux de l'Allemagne sont toujours aussi bons. Comme quoi l'économie est loin de tout expliquer.

Il faut noter encore que l'on dit souvent que l'Europe ne peut se faire que grâce au moteur de l'entente franco-allemande, que le "couple" franco-allemand est décisif, et cela est vrai, pour la simple et bonne raison que la France, l'Allemagne et leurs zones d'influence traditionnelles constituent l'essentiel de l'Union européenne.

Mais le grand paradoxe est que l'Union européenne, fruit de l'entente franco-allemande, demeure le théâtre de la rivalité franco-allemande.

Michael Lambert : On note des intérêts communs à l’image de la lutte contre la corruption, la bonne Gouvernance et la promotion des normes environnementales en Europe du Nord. Une Union des pays post-Soviétiques pour lutter contre l’influence de la Russie sur le continent. On pourrait parler de choix idéologiques ou plutôt de représentation de l’avenir et de l’espace Européen.

Par contraste à ces pays, on retrouve les latins qui se soutiennent entre eux car craignant une ingérence de pays socialement plus en avance dans leur politique interne. Ainsi la Grèce, l’Italie, l’Espagne et la France se soutiennent face à l’Allemagne pour empêcher celle-ci de mettre en place des programmes contre la corruption. Les gouvernements de pays comme l’Italie ou a Grèce savent pertinemment que si l’Allemagne parvient à s’ingérer dans le système politique et ainsi à aider à relancer l’économie et accroitre la transparence, les élites nationales ne parviendront plus à détourner autant l’argent des contribuables.

Les confrontations s’organisent surtout au niveau de Bruxelles et dans les cadres bilatéraux avec les lobbies et les luttes d’influence par la corruption des représentants politiques dans les Grandes institutions. La priorité absolue semble dès lors être devenue la lutte pour la bonne Gouvernance mais aussi pour la répartition des richesses dans la mesure ou un GINI bas génère des emplois et plus de stabilité. 

De quoi ces conflits modernes sont-ils voués à l'échec ? Peut-on attribuer ces tensions à un vice de conception du projet européen, comme le fait d'ériger la "compétition pacifique" entre Etats- membres au rang de projet politique indépassable ?

Frédéric Farah : Le projet européen est en panne, il est devenu un jeu à somme négative. Politiquement inefficace et démocratiquement défaillant, économiquement, il ne faut pas hésiter à le dire et le démontrer le marché unique n’a pas tenu ses promesses et l’euro est un échec. La monnaie unique a fait plus de mal à l’idée européenne plus que tous les eurosceptiques réunis. Elle ne crée pas de la solidarité, excite les préjuges, limite la démocratie, et économiquement ne dynamise pas l’activité. 

Le 15 décembre 2001, dans la la déclaration de Laeken, le Conseil européen posait trois questions sous forme de défis " comment rapprocher les citoyens du projet européen et des institutions européennes" " comment structurer la vie politique et l’espace politique dans une union élargie" " comment faire de l’Union un facteur de stabilisation et un repère dans le monde nouveau, multipolaire ?"

Ces trois questions sont toujours sans réponse 15 ans après. Pire, aucun progrès n’est à enregistrer. Le cas grec et la question migratoire montrent que l’Union Européenne oublie ses citoyens et qu’elle est une entité peu stratégique. La gestion de la question des migrants a été catastrophique. L'UE n’a aucune position claire sur les questions géopolitiques qui agitent la méditerranée. 

Le vice est de croire que l’économique peut créer du lien, de la solidarité et de l’appartenance, nier le politique conduit à son retour sous forme périlleuse.

Philippe Fabry : Je ne dirais pas que ces conflits modernes sont l'échec de quelque chose. Ils sont plutôt le corollaire d'un phénomène : l'évolution européenne vers l'apparition d'une nation européenne. On n'a jamais vu une telle évolution se faire sans les heurts et les tensions que l'on observe.

De la même manière, je ne dirais pas qu'il y a un "vice de conception" du projet européen, dans la mesure où il me semble que la construction européenne est un phénomène naturel. Après le grand siècle de la colonisation, des guerres mondiales, de la perte de la suprématie mondiale et de l'apparition des géants américain et soviétique, les Européens ont subi des contraintes environnementales qui les ont poussés à prendre conscience de leur proximité. Par ailleurs, la démocratie s'étant installée dans tous les grands pays européens après la Seconde guerre mondiale, l'identité de régime a effacé un grand facteur de division idéologique et fait ressortir d'autant la communauté de culture entre les pays européens. Donc, je dirais que cette convergence européenne, et jusqu'à l'émergence d'une nationalité européenne, sont assez naturelles. On est même face à un cas assez typique d'apparition d'un "Etat universel" suivant le modèle d'Arnold Toynbee, c'est-à-dire un Etat regroupant toutes les communautés politiques appartenant à une même civilisation.

Cependant, dans la mise en œuvre du projet, il peut effectivement y avoir des vices. Le principal, à mon sens, est dans la relative déconnexion entre la nouvelle élite européenne et les peuples européens. Il est intéressant de noter que ce vice est le même qui affecta dans l'Antiquité les ligues grecques. C'est un thème que j'ai explicité notamment sur mon blog : les nations européennes en s'unissant ont reproduit le schéma des cités grecques antiques qui formèrent la Ligue achéenne, avec des institutions communes, une monnaie commune. Mais ce faisant, des cités démocratiques intégrèrent un système qui l'était moins, et si les élites y trouvèrent leur compte, puisqu'elles avaient part aux institutions globales, les peuples avaient le sentiment de perdre des droits, d'où un populisme important qui entraîna de grands troubles, et des guerres.

Avec l'Union européenne, on observe le même phénomène, et les peuples européens, ou du moins une partie, vivent mal le fait de voir émerger un régime européen qui leur semble moins démocratique que les démocraties nationales d'hier.

Toutefois, il faut voir qu'à long terme, en dépit du relatif échec de la ligue achéenne, qui fut dissoute, on vit apparaître une nation grecque, qui existe aujourd'hui, et dans laquelle ont disparu toutes les nations grecques antiques. Je ne saurais pas dire si l'Union européenne vivra, je suis même plutôt enclin à penser qu'elle va entrer des temps de division et que ses institutions actuelles n'y survivront peut-être pas, mais je suis convaincu que, dans mille ans, l'Europe sera beaucoup plus intégrée, unie et homogène qu'elle ne l'est aujourd'hui, sur le modèle de ce qu'ont connu nos ancêtres hellènes.

Michael Lambert : La principale et unique problématique de l’Union européenne est de ne pas être un État à part entière en 2016. Sur un plan statistique, il serait possible pour l’Europe d’être la deuxième puissance militaire mondiale et d’assurer une Paix durable dans sa périphérie. Pour se faire, il faudrait une Armée commune et une “CIA à l’Européenne”, une telle absence engendre une insécurité constante et la progression du terrorisme sur le continent depuis plusieurs années, ces derniers jouant sur l’inexistence de Services Secrets supranationaux.

Il serait également facile de prendre en charge les crises migratoires avec une agence Européenne et une vision globale.  Actuellement seuls certains États assure celle-ci et peinent à parvenir à aider les réfugiés sans l’aide des pays voisins.

On pourrait également envisager de lutter contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent avec une uniformisation des politiques de taxation entre tous les membres. De réduire le GINI et mettre en place des politiques de lutte contre la corruption et pour accroitre la transparence dans les pays du Sud, ainsi que de lutter activement contre le lobbying sauvage à Bruxelles.

Pour résumer la situation, l’existence de pays autonomes au sein de l’Union européenne au XXIème siècle relève de l’aberration politique, économique et militaire. Si ce terme peut sembler violent, c’est la conclusion évidente que chacun peu faire au regard des attentats de Paris et Bruxelles qui ont coutés la vie à plusieurs centaines de personnes, des conditions d’accueil catastrophiques des réfugiés et migrants en provenance du Moyen-Orient, de la progression de la corruption en Grèce et dans le Sud de l’Europe, et des difficultés pour les plus jeunes à envisager l’avenir et à innover.

Il apparait comme évident qu’aucun pays n’avancera un jour l’idée d’une Europe fédérale dans la mesure ou chacun souhaite préserver quelques modestes avantages. Cette situation incite à penser que l’absence d’Europe engendrera la résurgence des tensions avec la Russie dans les prochaines années, mais aussi le retour d’un monde bipolaire entre les USA et Chine, l’absence d’Europe unie empêchant une concertation entre trois grandes puissances mondiales de tailles similaires. 

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Gré
- 29/05/2016 - 20:27
Philippe Fabry est tellement
Philippe Fabry est tellement acquis à l'idée européenne telle qu'elle nous est prêchée qu'il tord la réalité dans tous les sens pour qu'elle "colle" à son idéologie. Car dire que les conflits entre pays européens sont le corollaire de l'évolution européenne vers l'apparition d'une nation européenne". il faut quand même le faire.
lasenorita
- 29/05/2016 - 11:41
Les assassins sont bien reçus chez nous!
Les assassins de milliers de ''civils innocents'' sont bien reçus chez nous, ils peuvent se soigner gratuitement, acheter des propriétés, etc...Hollande a fait ''repentance'' de la FRANCE pour les terroristes tués par nos soldats..il aurait aussi dû faire ''repentance'' pour les ''innocents'' tués aussi par ''l'armée française'' ,à la rue d'Isly, le 26 mars 1962,il aurait dû faire ''repentance'' pour avoir laissé le F.L.N. massacrer 5.000 habitants de la ville d'Oran,le 5 juillet 1962,laisser aussi massacrer 150.000 Harkis ''désarmés'' par ce même F.L.N. ..laisser ces assassins enlever, torturer,.3.000 ''Français'' après les ''accords d'Evian'', et ne pas rendre les dépouilles à leur famille, faire ''repentance'' pour avoir mal accueilli ces ''Français'' chassés de leur pays natal et qui étaient OBLIGES de venir chez la ''Mère Patrie''...
lasenorita
- 29/05/2016 - 11:28
La guerre de 1914-1918.
On ne parle pas beaucoup des nombreux villageois de nos campagnes françaises ''morts au champ d'honneur'' ,dont on peut lire leurs noms sur les monuments aux morts de nos villages,qui étaient de ''la chair à canons''...Mon époux a perdu 2 oncles (des frères de sa mère)à la guerre de 1914-1918,quant à son grand-père paternel il en est revenu, dans son village natal, ''gazé'' et il a eu une courte vie, abandonnant une veuve et 3 enfants dont le père de mon époux!...