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Rencontre Moscou-OTAN : Russie, Europe, Etats-Unis, la guerre des trois n’aura pas lieu
Publié le 16 mai 2016
Après une interruption de deux ans suite à l'annexion de la Crimée par les Russes, le dialogue dans le cadre du Conseil Otan-Russie a repris ce mercredi. La situation en Syrie est à l'origine de ce réchauffement diplomatique. Néanmoins, les obstacles sont nombreux avant la reprise des convergences.
Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné...
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Cyrille Bret
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Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné...
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Après une interruption de deux ans suite à l'annexion de la Crimée par les Russes, le dialogue dans le cadre du Conseil Otan-Russie a repris ce mercredi. La situation en Syrie est à l'origine de ce réchauffement diplomatique. Néanmoins, les obstacles sont nombreux avant la reprise des convergences.

Atlantico : Ce mercredi 20 avril, s'est tenue à Bruxelles la première réunion du Conseil Otan-Russie (COR) depuis deux ans. Quand est née cette instance et quel est son rôle ? Quels sont les principaux enjeux de la rencontre ?

Cyrille Bret : Le Conseil OTAN-Russie est né en 2002 mais il est l’enfant des années 1980 et des années 1990. De 1986 à 1991, durant l’ère Gorbatchev, l’URSS est passée progressivement de l’affrontement mondial aux rapprochements sectoriels avec les Européens et avec les Américains. Toutefois, durant la dernière phase de l’URSS, la rivalité entre l’OTAN et le Pacte de Varsovie, les deux grands coalitions aux prises en Europe durant la Guerre froide s’est maintenue. Après 1991 et la disparition de l’URSS, seule l’Alliance atlantique s’est maintenue, le Pacte d Varsovie étant dissout le 1er juillet 1991 dans le sillage de la fin des systèmes soviétiques et de la chute du mur.

Tout au long des années 1990, la faiblesse politique, militaire et économique de la nouvelle Fédération de Russie a poussé cette dernière à se concerter avec l’ennemi d’hier l’OTAN. Ce long processus, mené sous les présidences Eltsine, s’est achevé par la signature, en 2002 de la déclaration de Rome par le Président Poutine en Italie. Elle ponctue une série d’accords avec la Russie concernant la lutte contre le terrorisme, contre le trafic de drogue, pour l’acheminement des troupes de l’OTAN en Afghanistan à travers une partie de l’espace soviétique. Avec les crises ukrainiennes, la dynamique de coopérations, qui était déjà assez faible durant la décennie Poutine, s’est bloquée : la Russie a été placée dans un certain isolement par les sanctions de l’UE et des Etats-Unis, les instances de concertations mondiales comme le G8 ont été reportées et le Conseil OTAN-Russie a cessé d’être convoqué. Ses fonctions, essentiellement axées sur la coordination militaire, sont aujourd'hui très difficiles du fait des tensions persistantes entre Russie et OTAN. Le principal enjeu de la réunion du 20 avril 2016 a été de reprendre langue. Les divergences se sont en effet accumulées durant les dernières années. Et pas seulement sur l’Ukraine. Le processus de reprise des discussions sera nécessairement lent.

En 2014, après l'annexion de la Crimée par les Russes la coopération a été rompue par l'Alliance atlantique. Aujourd'hui le dialogue est renoué. Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a été reçu mercredi 20 par Vladimir Poutine et son homologue russe pour discuter des dossiers syrien et ukrainien. En quoi ces deux événements concordants témoignent-ils d'un réchauffement des relations  entre l'"Occident" et la Russie ?

Apaisement relatif oui. Réchauffement durable non. Le game changer ou le tournant date du 28 septembre 2015, lorsque Vladimir Poutine, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, a annoncé au monde le déclenchement d’une opération militaire russe au sol, en mer et dans les airs pour combattre les mouvements djihadistes en Syrie en appui au gouvernement al-Assad. Ce discours montre les ferments et les limites de l’apaisement avec les Occidentaux : côté pile, la Fédération de Russie a les même ennemis que les démocraties occidentales, le terrorisme jihadiste international. Côté face, la Fédération de Russie vilipende l’interventionnisme américain au Moyen-Orient, critique la politique agressive de l’OTAN sur tout le pourtour de l’espace soviétique, de l’Arctique à la Mer Noire en passant par les espaces baltiques et l’Ukraine. Durant cette période, l’OTAN et les pouvoirs publics russes se sont engagés dans des surenchères rhétoriques et militaires (sous formes d’exercices, de manoeuvres, etc.) rappelant explicitement la Guerre Froide. Aujourd’hui l’état de tension est tel au niveau géostratégiques qu’un réchauffement rapide et massif est hautement improbable.

Quant aux autorités françaises, elles ont été tentées, durant l’hiver 2015-2016, d’opérer un rapprochement avec la Russie. Rapprochement militaire en Syrie pour lutter au sol contre Daesh qui a frappé si durement et si fréquemment la France, la Belgique, la Tunisie et d’autres Etats amis de la France. Rapprochement dans la lutte contre le terrorisme en Europe également. Toutefois, ce rapprochement butte sur plusieurs obstacles que j’ai souligné en octobre et en novembre : d’une part, les forces armées françaises sont au standard OTAN alors que la Russie a ses propres standards, ce qui rend l’interopérabilité en opération difficile; d’autre part, les objectifs de la Russie au Moyen-Orient ne sont que partiellement ceux des Français et des Belges : il s’agit pour la Russie de revenir durablement sur la scène régionale via le régime al-Assad, l’allié iranien et ses bases militaires. Pour les Occidentaux, la solution politique et le départ de al-Assad sont les priorités.

En un mot, la levée des sanctions et la coopération politique ne sont pas imminentes.

Où en sont les accords de Minsk 2 conclus en février 2015 pour un respect du cessez-le-feu en Ukraine ? Peut-on s'attendre à ce que ces diverses rencontres permettent des avancées sur la question ukrainienne ? 

La question ukrainienne, si brûlante localement, est aujourd'hui passée au second plan des préoccupations occidentales car elle a été éclipsée par la question brûlante de la lutte contre le terrorisme. D'où une certaine inertie, chez tous les partenaires, dans l’application des accords de Minsk 2. D'une part, le cessez-le-feu est très imparfait : on constate des victimes militaires et civiles des deux côtés depuis des semaines. D'autre part, le processus de réforme institutionnelle de décentralisation de l’Etat ukrainien est largement bloqué du fait de l’instabilité gouvernementale à Kiev (le Premier ministre Iatseniouk, minoritaire à la Rada, le parlement, a dû se démettre) et des exigences des séparatistes. Enfin, la question de la Crimée continue de perturber la résolution du conflit : c’est une question de principe (intégrité territoriale et souveraineté) pour tous les adversaires ainsi que pour l’Allemagne et la France qui patronnent le "format Normandie" ayant donné naissance aux accords de Minsk 2. Dans la préparation de la réunion des instances européennes qui doivent se prononcer à l’été sur le renouvellement ou non des sanctions envers la Russie, les contacts ont vocation à se multiplier.

Propos recueillis par Emilia Capitaine

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VV1792
- 21/04/2016 - 22:25
La raison du plus fort...
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