Société
Capote, burqa : même combat !
Publié le 02 avril 2011
Vous les croyiez éloignés l’un de l’autre, et pourtant : le préservatif et la burqa participent d’une même logique...
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Vous les croyiez éloignés l’un de l’autre, et pourtant : le préservatif et la burqa participent d’une même logique...

Il y a de forts avantages à être antimoderne : la possibilité de s’abstraire des oppositions apparentes du temps n’est pas le moindre. Prenons l’exemple très simple de la capote et de la burqa, deux valeurs sûrement contradictoires des débats d’actualité dont la cote, après s’être un peu effondrée, ne cesse de remonter. Deux mots  qui méritent amplement leur triple A auprès des agences de notation du scandale. Une interview de Tariq Ramadan, un mot de Benoît XVI et les voilà qui atteignent incontinent un plus haut. Mais quel rapport entre ces deux notions, entre ces deux symboles, dira-t-on, sinon leur force polémique ? C’est ici qu’un regard détaché s’impose.

Une méfiance commune du sexe

Quand, en théorie, en apparence, tout oppose les sectateurs de l’une aux partisans de l’autre, quand d’un côté, on tient des occidentaux ouverts au libertinage, de l’autre des musulmans rigoristes, il est néanmoins possible de discerner un arrière-plan civilisationnel commun aux deux positions.

En effet, qu’expriment d’un même mouvement la capote et la burqa, sinon la méfiance éternelle d’un sexe pour l’autre ? Qu’on couvre une partie ou l’autre du corps, il s’agit toujours de contrer la béance flagrante et vertigineuse des rapports entre les sexes. La burqa, défense communautaire primitive, fait disparaître totalement l’individu féminin, en réservant la jouissance esthétique à l’usage exclusif de son propriétaire. Le préservatif, lui, introduit la fermeture dans le rapport même, en séparant absolument l’acte de sa possibilité. Capote et burqa sont in fine des pratiques sociales de préservation face à tout ce qui pourrait arriver par le sexe, c’est-à-dire la vie comme la mort. La conception comme l’infidélité, la maladie comme le désir. La burqa met en scène la mort d’un être qui a pour dernière fonction d’accoucher de la vie. La capote dans son double rôle contraceptif et prophylactique dévoile une existence tremblante qui se défie de la vie qu’elle peut donner comme de la mort qu’elle peut recevoir. Deux images concurrentes et complémentaires de ce monde merveilleux désormais si méfiant parce que si ouvert.

Deux symboles de notre époque

Aux frontières naturelles, peu à peu abolies par leur mise en concurrence sur le grand marché mondial de la relativité culturelle, se substituent les barrières artificielles d’une morale de dernière extrémité, d’une morale de survivants, explicitement affirmée dans la symbolique répressive de la burqa, finement suggérée par la réglementation publique de cet objet intime qu’est le préservatif.

Dans les deux cas, on se trouve en présence d’êtres librement consentants à l’usage de ces dispositifs de régulation sociale. Un seul mot d’ordre pour notre monde nouveau : sors couvert(e) et fais ce que tu veux !

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Commentaires (6)
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quesako
- 04/04/2011 - 00:25
Opus Dei, Islam-Judaïsme-Evangélistes extrémistes même combat ?
Les bras m'en sont tombés d'entendre que la Secrétaire à la Santé ait demandé que les dons d'organes des homosexuels soient a priori refusés car c'était une population à risques.
Pourtant il me semble qu'elle a fait des études de médecine qui ont du lui apprendre que c'étaient les comportements à risque à réprouver.
Mais le sida est peut être une "punition de dieu" ? Mais la déesse Venus est là
MCPN
- 03/04/2011 - 21:58
Hallucinant...
Religions et schizophrénie, unique maladie.

La schizophrénie, la comprendre…
«La désorganisation que cause la maladie s’accompagne d’interrogations incessantes sur sa propre identité, sur les valeurs morales (le Bien, le Mal, Dieu et le Diable), sur la sexualité etc...

Mais à qui l’a-t-il dit : http://champion20.monsite-orange.fr

LeditGaga
- 03/04/2011 - 21:18
Merci
Merci d'avoir "remonté" cet article en une... il le méritait. Il y a tellement d'articles nases que ça nous change un peu !