En direct
Best of
Best of du 4 au 10 mai 2019
En direct
© Reuters
Helmut Schmidt, ancien Chancelier allemand, est décédé ce mardi 10 novembre.
Vieux dicton
"Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain" : 40 ans après, quel bilan réel pour le théorème d’Helmut Schmidt en Allemagne
Publié le 13 novembre 2015
Helmut Schmidt, ancien Chancelier allemand, est décédé ce mardi 10 novembre. Ce dirigeant politique social-démocrate a donné son nom à ce qui est aujourd’hui appelé le "théorème de Schmidt" : "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain."
Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nicolas Goetzmann
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Helmut Schmidt, ancien Chancelier allemand, est décédé ce mardi 10 novembre. Ce dirigeant politique social-démocrate a donné son nom à ce qui est aujourd’hui appelé le "théorème de Schmidt" : "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain."

Le 3 novembre 1974, le chancelier social-démocrate Helmut Schmidt prononçait une phrase devenue culte : "Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain.". Depuis, cette phrase a été érigée au rang de théorème sur le terrain politique, car sur le terrain économique, quelques doutes subsistent.

Et il suffit de prendre l’exemple de l’Allemagne contemporaine pour s’en apercevoir. En effet, entre 1999 et 2006, l’Allemagne fait le choix de la modération salariale afin de privilégier les marges et les profits des entreprises. Le premier pilier du théorème. Et cette politique va atteindre son but aussi rapidement qu’efficacement :

Part des profits des entreprises dans le revenu national. Allemagne. En % du revenu national brut

Et ce transfert de richesse s’est bien effectué en provenance des revenus salariés.

Part des revenus salariés dans le revenu national brut. En %.

Ici, aucune surprise. Tout se déroule comme prévu. Les salaires ne progressent plus, par contre les marges décollent. Il s’agit maintenant de vérifier la réalité de la suite du théorème en observant si ces nouveaux profits ont permis de financer les investissements des entreprises allemandes. Et là, c’est une petite déception, parce que les investissements ont bien chuté tout au long de cette période de modération salariale. 

Investissements. En % de PIB. Allemagne. Source Destatis

Pourquoi ? Parce que si les entreprises industrielles allemandes ont bénéficié à plein de la modération salariale, elles ont décidé d’investir ailleurs qu’en Allemagne. Plus rentable. Ainsi, puisque les profits des entreprises constituent une part de l’épargne nationale, les efforts consentis par les salariés allemands ont finalement servi à financer les déficits commerciaux d’autres Etats. (Espagne, Portugal , Grèce etc…). Ce qui explique en partie la chute des investissements en Allemagne. Les investissements de "demain" ont donc bien eu lieu, mais plutôt ailleurs qu’en Allemagne. Cette situation perdure aujourd’hui puisqu’en 2014, la part de l’investissement dans le PIB allemand atteint 19.31%, pas plus élevée qu’elle ne l’était en 2006.

Enfin, le principal ; les emplois d’après-demain. Et là, force est de constater que le pays a été créateur d’emplois depuis 2006, soit plus de 2.3 millions. Et ce malgré la chute des investissements. Le théorème pourrait donc bien se justifier de lui-même. Pourtant, le détail des emplois crées dans le pays depuis cette date laisse peu de place au doute :

L’industrie manufacturière allemande n’a été à la source que de 9% des créations d’emplois depuis 2006. Alors que le secteur des services y a contribué à hauteur de 85%. Ce qui signifie que le grand secteur de l’exportation, qui a été la cible prioritaire de la politique allemande du début des années 2000, n’a pas réellement suivi le théorème d’Helmut Schmidt. Non pas que les entreprises en soient coupables, mais simplement pour se défaire d’une idée toute faite.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Pôle Emploi n’aime pas qu’on dise qu’il est peu efficace dans son accompagnement des chômeurs mais qu’en est-il concrètement ?
02.
La bombe juridique qui se cache derrière la décision de la Cour d’appel de Paris de sauver Vincent Lambert
03.
Attention danger politique pour Emmanuel Macron : voilà pourquoi l’électorat en marche est à manier avec grande précaution
04.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
05.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
06.
Un bilan dont il “n’y a pas à rougir” : radioscopie des performances économiques de la France depuis l’élection d’Emmanuel Macron
07.
Cancer : Non, on ne peut pas affamer les cellules malades, mais il est possible d’optimiser son alimentation
01.
Semaine à haut risque pour Emmanuel Macron : les trois erreurs qu’il risque de ne pas avoir le temps de corriger
02.
Pôle Emploi n’aime pas qu’on dise qu’il est peu efficace dans son accompagnement des chômeurs mais qu’en est-il concrètement ?
03.
Immobilier : l’idée folle de la mairie de Grenoble pour protéger les locataires mauvais payeurs
04.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
05.
Le Monde a découvert une nouvelle et grave pathologie : la droitisation des ados !
06.
Ce que les experts de l’OMS recommandent pour réduire les risques de démence sénile
01.
Mondialisation, libre-échange et made in France : l’étrange confusion opérée par François-Xavier Bellamy
02.
Appel des personnes en situation de handicap ou familles concernées pour sauver Vincent Lambert d’une mort programmée
03.
Chômage historiquement bas mais travailleurs pauvres : le match Royaume-Uni / Allemagne
04.
De l'art d'utiliser les morts : et Nathalie Loiseau enrôla Simone Veil dans sa campagne
05.
Emmanuel Macron, l’Europe, le RN et les Gilets jaunes : un cocktail détonnant de vérités et d’erreurs intellectuelles ou politiques majeures
06.
Le glyphosate, le dernier débat hystérique de tous ceux qui se méfient de l’Europe et du progrès
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Ganesha
- 11/11/2015 - 10:48
1974
C'est la date qui est importante : 1974 ! Helmut Schmidt résumait brillamment la philosophie qui venait de faire le succès des ''Trente Glorieuses''. C'est exactement à ce moment que sont arrivés Reagan et Thatcher : la revanche de l'oligarchie : tous les bénéfices sont devenus des dividendes pour les actionnaires ! Quarante ans plus tard, quelques milliers de milliardaires possèdent plus de la moité des richesses sur cette planète ! Mais la révolte gronde !