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L’utilisation de substances psychotropes ou de drogues de synthèse lors d’un rapport sexuel est particulièrement courante chez les hommes homosexuels.
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Chemsex : quand les marathons de sexe sous substances psychotropes font brutalement remonter les taux de MST et les contaminations VIH
Publié le 09 novembre 2015
L’utilisation de substances psychotropes ou de drogues de synthèse lors d’un rapport sexuel est particulièrement courante chez les hommes homosexuels. Et cette pratique à risques tend à se démocratiser.
Muriel Grégoire est addictologue et psychiatre. Elle est responsable du CSAPA la ville Floreal à Aix-En-Provence. 
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L’utilisation de substances psychotropes ou de drogues de synthèse lors d’un rapport sexuel est particulièrement courante chez les hommes homosexuels. Et cette pratique à risques tend à se démocratiser.

Atlantico : Connue sous l’abréviation "Chemsex" (contraction des mots anglais "chemical" pour "chimique"  – et sexe), l’utilisation de substances psychotropes ou de drogues de synthèse lors d’un rapport sexuel est particulièrement courante chez les hommes homosexuels. Y a-t-il de réelles raisons de s'inquiéter ?

Muriel Grégoire : Cette pratique est reconnue dans la communauté gay en France depuis cinq environ. Elle est moins développée que dans les pays anglo-saxons et depuis moins longtemps. Il est difficile à ce jour de dire la proportion de personnes pratiquant le Chemsex. Elle reste minoritaire. Certains pratiquent de manière très occasionnelle et d'autres de manière quasi systématique et même addictive. Il semble qu'on ne reçoive qu'une petite partie des gens qui ont ces pratiques et a qui cela pose problème. Il faut être vigilant et pouvoir avoir un discours de prévention et réduction des risques adaptés sans discours alarmiste non plus. Pour cela une meilleure information et des usagers et des professionnels est nécessaire. 

Si ces pratiques ont commencé avec la cocaïne et le crystal meth il y a une dizaine d'années, en France, ce sont surtout les dérivés d'amphétamines comme les cathinones, des psycho-stimulants donc, qui se rapprochent des amphétamines, qui sont consommées. Et la consommation de ces drogues fait prendre des risques risques supérieurs : les personnes font un peu moins attention, il peut y avoir des échanges de seringues ou de pailles pour sniffer les substances etc. Ce qu'on observe aussi, c'est que ceux qui pratiquent le Chemsex ne sont pas forcément ceux qui prenaient des drogues auparavant. C'est la recherche de performance, de sensation, de plaisirs qui devient une porte d'entrée vers sa consommation.

Quels sont les risques pour la santé publique ?

Les risques de santé publique se caractérisent surtout par l'augmentation de l'hépatite C et des IST (Infections sexuellement transmissibles ndlr). C'est ce que nous observons chez nos patients déjà suivis. Mais il y a aussi des risques inhérents aux produits utilisés et leur voie de prise comme des risques cardiovasculaires et psychiques. Cela étant plus des risques individuels.

Quels sont les buts recherchés ?

Les buts recherchés peuvent être nombreux. Les plus souvent rapportés sont la recherche de bien être, les sensations d'euphorie, mais aussi la stimulation et l'excitation sexuelle, l'augmentation du plaisir sexuel, la recherche de sensations, l'endurance, ou pour oublier les soucis du quotidien. Certains présentent une addiction à la fois sexuelle et aux produits. Si une addiction apparaît c'est souvent que plusieurs facteurs se combinent tant au niveau social que personnel. Il me semble important d'être à l'écoute et de pouvoir informer sur les risques potentiels de ces pratiques sans stigmatisation. 

Pourquoi cette pratique a-t-elle augmenté ces dernières années en France ?

Une des causes évidentes de l'augmentation de ces pratiques est que l'offre de ces nouveaux produits de synthèse (NPS) est illimitée. Ces produits se trouvent sur internet. Ils ont un statut pseudo légal qui leur confère une bonne image et un accès facilité. Une grande partie de ces personnes n'iraient pas se fournir chez un revendeur classique. 

Plus vous avez de personnes autour de vous qui ont une certaine pratique, plus elle est banalisée et peut se diffuser. De plus, parmi les personnes pratiquant le Chemsex,  la grande majorité sont séropositifs, quid de cette difficulté à vivre cette séropositivité ? Et puis on peut retrouver la recherche de plaisir,  le malaise social (burn out, pression sociale, rejet).

Qu'en est-il des hétérosexuels, ces derniers pratiquent-ils également le Chemsex ?

En consultations nous n'en voyons pas. Ces derniers peuvent utiliser des produits de synthèse bien sûr, mais ce n'est pas du tout la même proportion en comparaison à la communauté gay, et beaucoup moins dans le cadre de relations sexuelles. Bien sûr toute la communauté gay ne pratique pas le Chemsex. Mais on peut expliquer cette différence de proportion entre hétérosexuels et homosexuels par le fait que le Chemsex peut s'apparenter à un phénomène un peu avant-gardiste, et que les homosexuels ont généralement une plus grand liberté sexuelle. Les souffrances de vivre leur différence peut aussi bien entendu jouer.

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winnie
- 10/11/2015 - 07:21
le bateau.....
Coule normalement ! Laissons le couler,il est pourri.
JMAndré
- 09/11/2015 - 13:35
Quand il ne reste que la jouissance
Tout cela n'ira qu'en augmentant. La recherche de plaisir, qu'elle soit strictement orgasmique ou conséquence d'un mal-être, est inassouvissable. Elle installe dans la dépendance, sexuelle et chimique, un nombre croissant de personnes. Surtout si l'érotisation des esprits s'amplifie et se banalise, car il y a aussi un phénomène de contagion.