En direct
Best of
Best of du 17 au 23 octobre
En direct
ça vient d'être publié
pépites > Politique
Vers un nouveau confinement ?
Covid-19 : Emmanuel Macron annoncera de nouvelles restrictions ce mercredi à 20 heures
il y a 5 heures 3 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"La Chambre des dupes" de Camille Pascal : Louis XV et les soeurs Mailly-Nesle : amours, intrigues, courtisans... Un roman brillant et bien documenté

il y a 6 heures 8 min
pépites > Politique
Campagne sous tension
Virginia Raggi, la maire de Rome, révèle être menacée par la mafia
il y a 7 heures 4 min
pépites > France
Tchétchénie
Ramzan Kadyrov estime qu'Emmanuel Macron pousse les musulmans "vers le terrorisme"
il y a 8 heures 22 sec
pépites > Justice
Décision
La justice administrative valide la fermeture temporaire de la mosquée de Pantin
il y a 9 heures 41 min
décryptage > Culture
Septième art

Les banalités subversives de Maïwenn

il y a 12 heures 16 min
pépites > Santé
Choix cornélien : épidémie ou économie
Coronavirus : le reconfinement n'est plus tabou, couvre-feu élargi, confinement général ou local ?
il y a 13 heures 20 sec
pépites > Politique
Relations humaines
Tensions internes dans la cellule diplomatique de l'Elysée et rapports tendus avec le Quai d'Orsay
il y a 13 heures 36 min
décryptage > Société
Dangers des nouveaux outils

Les objets connectés, des armes redoutables aux mains des auteurs de violences familiales

il y a 14 heures 12 min
décryptage > Economie
Réindustrialisation

Et pendant ce temps là, sur le front de l’industrie, on continue à faire des âneries

il y a 15 heures 3 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde" de Philippe de Villiers : La Vendée se prend pour Bibracte. La révolte gronde. Les 2 Villiers sont à la manoeuvre

il y a 5 heures 57 min
light > Media
Bon rétablissement
Michel Drucker ne sera pas de retour sur France 2 avant 2021 après son opération
il y a 6 heures 42 min
Pollution
Réchauffement climatique : des gisements de méthane se décongèlent dans l'océan Arctique relâchant du gaz à effet de serre
il y a 7 heures 25 min
pépites > Education
Education Nationale
Rentrée du 2 novembre : un hommage à Samuel Paty sera organisé dans les écoles
il y a 8 heures 55 min
décryptage > Histoire
Identifier la menace

Guerre des civilisations ou guerre au sein de l’islam ?

il y a 12 heures 8 min
décryptage > France
Vocabulaire

Ensauvagement : une fois encore, Laurent Mucchielli parle trop vite…

il y a 12 heures 42 min
pépite vidéo > Europe
Paris - Ankara
L'Union européenne apporte son soutien à la France après l'appel au boycott des produits français
il y a 13 heures 3 min
décryptage > Histoire
Origines du mythe

Alerte aux vampires : comment des cadavres en décomposition ont provoqué la première crise de panique collective en 1720

il y a 13 heures 58 min
décryptage > Santé
Hiver de la dépression

Puisque nous sommes partis pour des reconfinements, que faire pour éviter une violente crise de santé mentale ?

il y a 14 heures 41 min
décryptage > Politique
Sondage pour 2022

Mais qu’est ce qu’ont vraiment loupé les partis pour que 79% des Français soient désormais prêts à un vote anti-système ?

il y a 15 heures 29 min
Dallas à Ryad

Coup de tonnerre en Arabie saoudite : un prince anonyme lance une contestation publique sans précédent de la légitimité du roi Salmane et de son fils

Publié le 12 octobre 2015
The Guardian a publié deux lettres d’un prince saoudien qui appelle à un changement de régime en Arabie saoudite. Une lettre, qui s'inscrit dans un contexte de conflit au sein de la famille royale depuis 1926.
Alain Chouet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alain Chouet est un ancien officier de renseignement français.Il a été chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE de 2000 à 2002.Alain Chouet est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l’islam et le terrorisme. Son dernier livre, "Au coeur des...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
The Guardian a publié deux lettres d’un prince saoudien qui appelle à un changement de régime en Arabie saoudite. Une lettre, qui s'inscrit dans un contexte de conflit au sein de la famille royale depuis 1926.

Atlantico : Qui peut-être ce prince ? Quelle peuvent-être sa place et sa légitimité au sein de la famille royale au sens large ? Plus largement, quelles sont les rivalités entre les clans ?

Alain Chouet : Pour autant que ces lettres soient authentifiées et qu’elles émanent bien d’un membre de la famille royale, il vaut mieux pour leur auteur qu’elles restent anonymes…. La famille royale séoudienne compte un peu plus de 3000 princes issus de diverses lignées. Ibn Séoud, le fondateur de la dynastie, avait assuré pendant l’entre-deux guerres l’unification de son royaume par les armes mais aussi en épousant les filles de nombreux et différents chefs de tribus de la péninsule arabique. Il y a donc une sorte de hiérarchie informelle entre les branches de la famille selon le prestige du clan auquel appartenaient les différentes épouses du feu roi.

Il existe ainsi une rivalité certaine, voire une animosité,  entre la branche Soudaïri de la famille à laquelle appartient le roi Salmane et la branche Tuwaïjri à laquelle appartenait son prédécesseur le roi Abdallah. Cela dit, il ne faut pas exagérer l’importance de ces rivalités. Si elles peuvent influer sur des questions de politique interne, de partage des richesses ou sur certains choix de politique extérieure, personne ne remet en cause les fondamentaux du Royaume et tous les clans se réunissent face à une éventuelle menace extérieure.

Enfin, en dehors du roi, de son cabinet et du « conseil de famille » auquel appartiennent ses frères les plus âgés en phase avec le Conseil des Oulémas wahhabites, personne en Arabie n’a de légitimité quelconque pour émettre des avis et des critiques. Celles-ci seront d’autant plus mal reçues qu’elles sont exprimées de façon anonyme par le truchement d’intermédiaires étrangers. En Arabie, on lave son linge sale en famille….

Ce n'est pas la première fois que l'on met en lumière un conflit au sein de la famille royale. Dans quel contexte interne et international ces lettres s'inscrivent-elles ? Comment ce contexte influe-t-il sur les divisions de la famille royale ?

Toutes proportions gardées, l’Arabie Saoudite, terre natale de Ben Laden, se trouve dans une situation comparable à celle de la France des années 1780. Une famille s’y est installée au pouvoir en 1926, établissant sa légitimité sur une base religieuse en usurpant la garde des lieux saints de l’Islam à ses titulaires historiques qu’étaient les Hashémites, descendants en ligne directe du Prophète Mahomet. Cette famille exerce sans partage la totalité du pouvoir et accapare la totalité d’une rente astronomique provenant de l’exploitation du plus riche sous-sol du monde en hydrocarbures. Afin de conserver sa légitimité face à toute forme de contestation, la famille Séoud a fermé la voie à toute forme d’expression démocratique ou libérale. Elle pratique et répand une interprétation de l’Islam la plus fondamentaliste possible, ainsi susceptible de la mettre à l’abri de toute forme de surenchère dans ce domaine et de toute contestation démocratique ou nationaliste.

Dans ce pays où l’on dénombre sans certitude une vingtaine de millions d’habitants, les retombées de la rente ont tout de même donné naissance à diverses formes de commerce et d’industrie auxquelles le princes ne sauraient toucher sans déroger et qu’ils ont donc concédées, moyennant participation aux bénéfices, à des entrepreneurs « roturiers » majoritairement issus de pays étrangers proches et bien sûr musulmans : Yéménites, Levantins, Palestiniens, Pakistanais. Alors que l’avenir du pétrole s’annonce incertain, ces entrepreneurs font observer, comme les bourgeois du Tiers Etat en 1789, que ce sont eux qui font « tourner la boutique » et préparent l’avenir du pays. Dans ces conditions ils estiment que ce ne serait que justice de les associer sous une forme ou une autre à l’exercice du pouvoir et à la gestion d’une rente que la famille régnante confond avec sa cassette personnelle. Ils le font régulièrement savoir.

Et ce n’est donc pas un hasard si l’on trouve parmi les activistes islamistes les plus violents hostiles au Royaume et à ses soutiens extérieurs, un nombre significatif d’enfants de cette bourgeoisie saoudienne privée de tous droits politiques mais certainement pas d’idées ni de moyens. Oussama Ben Laden est au nombre de ceux-là. La majorité des terroristes du 11 septembre également. Mais il existe aussi un certain nombre de rejetons de la classe dirigeante, souvent formés en Occident, qui estiment que le fondamentalisme et l’immobilisme du pouvoir royal compromet leur avenir et, dans un monde ouvert à l’information, risque de conduire à des phénomènes révolutionnaires violents alimentés par le salafisme et le djihadime que les services séoudiens ont imprudemment suscité, soutenu et financé en croyant ainsi se prémunir de tout débordement et se mettre à l’abri des ambitions de l’Iran chiite. Le rédacteur des lettres ouvertes, si il existe, appartient sans doute à cette mouvance. Mais il s’y prend mal.

De quels soutiens ce prince peut-il bénéficier à l'étranger, notamment aux Etats-Unis ? Est-ce que ces lettres peuvent changer l'attitude des autres pays envers le roi Salmane et son entourage ?

D’une manière générale, et même si elle n’apprécie guère le monopole de la famille royale sur le pouvoir et la rente, la population de l’Arabie demeure majoritairement conservatrice, traditionaliste et xénophobe. Longtemps statique et isolée géographiquement, elle se méfie des évolutions brusques et des ingérences étrangères. Elle peut à la rigueur tolérer des « erreurs de jeunesse » mais rejetterait avec véhémence toute intervention extérieure pour les soutenir.

En Arabie, le meilleur moyen de tuer dans l’œuf toute idée d’évolution, de progrès ou d’ouverture est d’en attribuer l’initiative à une main étrangère. En confiant la publication de ses lettres ouvertes à un journal britannique, le « prince séoudien » condamne par avance les idées qu’il préconise. Elles seraient encore plus condamnées si elles recevaient des soutiens extérieurs. Ce qui, en définitive, jette la suspicion sur l’existence même de ce prince graphomane. On aurait voulu jeter à la trappe les évolutions qu’il réclame qu’on ne s’y serait pas pris autrement…

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (5)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Marie Esther
- 03/10/2015 - 08:18
et s'ils adoptaient
une république, ce ne serait pas mieux que la famille Saoud installée par les Anglais pour le pétrole après avoir chassé la banche des Hachémites en Jordanie (installée elle sur les 2/3 de la Palestine mandataire) et remise à plat de Sykes Picot (c'est ce qui se passe aujourd'hui en Syrie, Irak et Liban) et adoption des accords de San Remo pour Israël ? bref région complètement vérolée par les colonialistes anglais et français pour garantir leurs intérêts.
Jardinier
- 03/10/2015 - 08:17
Faiblesse de la croissance mondiale,
arrivée de l’Iran sur les marchés, offre de gaz pléthorique, solaire et économie d’énergie stimulés par l’éventuel réchauffement climatique, le prix du pétrole n'est peut être pas près de remonter. Ce qui au rythme actuel de disparition du matelas d’économie des saoudiens conduira probablement à l'effondrement du royaume (au profit de l’état islamique ou de son éventuel successeur ? ). Avec les risques énormes que cela comporte. Z'ont pas fini de nous emmerder.
Jardinier
- 03/10/2015 - 07:54
Vengeance divine ?
"et la chute le 11 septembre dernier d’une grue appartenant au groupe de construction Ben Laden... ...causant la mort de 107 pèlerins"