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Les business angels aident les entrepreneurs à se lancer.
Et c'est parti pour le (road) show
Derrière le retour en grâce des business angels, la professionnalisation des entrepreneurs propulse l’investissement dans les start-up
Publié le 27 août 2015
Jamais en 5 ans les créateurs d’entreprise n’avaient levé autant d’argent auprès des business angels. C’est la conclusion encourageante du baromètre réalisé par le fonds d’investissement ISAI. Un retour en grâce de l’investissement qui se justifie par l’amélioration de la conjoncture mais aussi par des entrepreneurs plus professionnels dans leur démarche entrepreneuriale.
Julien Gagliardi est journaliste pour Atlantico. Il couvre l’actualité des entrepreneurs et des start-up.
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Jamais en 5 ans les créateurs d’entreprise n’avaient levé autant d’argent auprès des business angels. C’est la conclusion encourageante du baromètre réalisé par le fonds d’investissement ISAI. Un retour en grâce de l’investissement qui se justifie par l’amélioration de la conjoncture mais aussi par des entrepreneurs plus professionnels dans leur démarche entrepreneuriale.

Dans les pépinières d’entrepreneurs on a le sourire. L’origine de la bonne nouvelle, l’étude dévoilée mercredi 26 août par le fond d’investissement ISAI indiquant une hausse de 53% des montants investis pour le premier semestre 2015, comparativement à la même période de l’année précédente. Selon le fonds, 16 millions d’euros ont été investis rien que sur le deuxième trimestre contre 8 millions en 2014, un record depuis 5 ans. 38 start-up ont ainsi augmenté leur capital contre 20 à 30 les années précédentes avec un ticket moyen à 400.000 euros, une hausse de 42%.

Une avalanche de chiffres pour le moins optimistes, confirmée par une étude du Cabinet Clipperton réalisée au mois de juillet précisant que les fonds levés par les start-up en Europe enregistrait un bond de 86% sur ce même semestre.

Pour Jean-Marc Patouillaud, co-président de Partech Ventures, un autre grand fond d’investissement français, cette tendance se justifie par plusieurs leviers. "Il y a d’une part, la présence sur le marché de plus de véhicules d’investissements dédiés à l’amorçage. Si on prend des start-up qui l’on été cette année, il faut se dire que la plupart d’entre elles n’auraient pas trouvé de fonds il y a 5 ans". Le dirigeant de Partech estime également que les investisseurs particuliers, comme les business angels, "veulent recycler les produits de leur patrimoine et se détournent des produits financiers ou des LBO". Et de reconnaitre que "l’investissement dans ces entreprises est une des seuls classe d’actif avec des rendements intéressants".

Mais l’explication pourrait également se trouver du côté des entrepreneurs et autres start-upper. Ces derniers se bonifient au gré des succès de la précédente génération et présentent des projets nettement plus solides et convaincants.

Dominique Restino voit défiler chaque jour des dizaines de porteurs de projet désireux de lancer ou de développer leur start-up. Pour le fondateur du MoovJee, le Mouvement pour les Jeunes et les Etudiants Entrepreneurs, "il est vrai que chaque segment d’entrepreneurs a amélioré son degré de connaissance. L’entrepreneuriat s’est beaucoup développé parce qu’en France nous avons un écosystème incroyable pour l’accompagnement et l’information. Rien que le site de l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises) c’est 11 millions de visites par an" argue celui qui est aussi le président de l’organisme.

Même son de cloche pour Eve Chegaray, coach de nombreux entrepreneurs. "En 10 ans, on perçoit une vraie montée en gamme. Évidemment dans cet écosystème foisonnant, il y a à prendre et à laisser mais, beaucoup plus qu’avant, on assiste à une forme de régulation naturelle, les entrepreneurs sont aujourd’hui entrainés comme des athlètes et rencontrent moins de difficultés à trouver des fonds. Avant, les entrepreneurs avaient juste une bonne idée et le sens du business. Aujourd’hui,  ils sont hyper professionnalisés : les bonnes pratiques sont là, c’est une véritable source de réussite."

Pour Dominique Restino, les organismes financiers sont, de fait plus rassurés, "car les entrepreneurs ont appris à se poser les bonnes questions". Et d’ajouter : "de l’argent, il y en a. Aujourd’hui les banques s’intéressent davantage aux jeunes entrepreneurs et également, fait nouveau, aux femmes. Ajoutez à cela le crowdfunding qui intervient désormais dans une opération sur six."

Selon Jean-Marc Patouillaud, il y a aussi un intérêt marqué des capitaux étrangers sur les marchés européens et particulièrement français. "Notre pays sait faire preuve de créativité et d’enthousiasme. Un succès comme Critéo a complètement légitimé le savoir-faire français en matière de nouvelle technologie. Ces success stories développe un terreau favorable à la création de projets plus qualitatifs, une vraie spirale vertueuse". Cependant, l’investisseur relativise : "les entrepreneurs de générations en générations montrent en effet plus de compétences, néanmoins, ce n’est pas cela qui peut expliquer ce rebond sur une année même si, sur le long terme, il y très clairement une professionnalisation."

Si la nouvelle est encourageante, la France est cependant encore loin des niveaux de ses homologues anglais ou américains dont les volumes d’investissement sont nettement plus importants. Pour Dominique Restino, il faut relativiser : la France est le pays le plus armé sur le plan de l’accompagnement des entrepreneurs, rappelons que ces pays brûlent beaucoup de cash.

Enfin, "l’apaisement des aspects politiques et fiscaux n’y sont pas étrangers" avoue Jean-Marc Patouillaud. "On est aujourd’hui dans un meilleur état d’esprit ambiant qu’en 2012 ou 2013. Tout le monde est un peu plus en confiance. "Contrairement aux années précédentes, il n'y a pas eu de la part du gouvernement d'initiatives anti-business" lançait Jean-David Chamboredon, patron du fond ISAI et initiateur du mouvement Les Pigeons dans les Echos mercredi lors de la présentation du baromètre.

Si les start-up sont aujourd’hui plus aguerris aux pratiques entrepreneuriales, les observateurs s’accordent à dire qu’il faudra attendre encore plusieurs trimestres pour savoir si ces investissements massifs sont le signe d’une véritable reprise.

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