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Quand le Maroc se réforme à son rythme en tentant d’éviter les travers des printemps arabes
Publié le 13 mars 2015
Le Maroc représente une zone de stabilité dans une Afrique du Nord au cœur du tumulte depuis les "printemps arabes". Le pays peut même constituer un véritable point d'appui pour la France et l'Europe dans la région.
Bruno Alomar, économiste, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, auteur de Grandes Questions Européennes (Armand Colin, 4em Edition) ou bien encore La réforme ou l'insignifiance : 10 ans pour sauver l'Union européenne (2018,...
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Le Maroc représente une zone de stabilité dans une Afrique du Nord au cœur du tumulte depuis les "printemps arabes". Le pays peut même constituer un véritable point d'appui pour la France et l'Europe dans la région.

Le monde change rapidement. Au cours de la dernière décennie, le Machrek a vu les petro-monarchies du Golfe Persique, décidées à en finir avec la "malédiction du pétrole", se lancer enfin dans une modernisation à marche forcée de leurs économies, afin de sortir de l’impasse à laquelle tôt ou tard se trouve confrontée une économie basée sur la rente. Aujourd’hui, alors que le printemps arabe n’en finit pas de produire ses secousses, il n’est pas inutile de se tourner cette fois vers le Maghreb, où un pays se distingue par sa stabilité politique et par son désir affiché d’entrer dans une phase nouvelle de développement économique et social : le Maroc.

C’est tout d’abord un profond et méconnu bouleversement institutionnel qui nous y pousse. La constitution adoptée en 2011 a signé une évolution radicale qui dirige la royauté chérifienne vers une monarchie constitutionnelle plus moderne. Bien sûr, au-delà des textes, la réalité politique, culturelle, sociale impose un tempo différent. Les esprits vont moins vite que l’écrit dans un pays où l’adoubement royal conserve autorité, prestige et caractère religieux. Il reste qu’incontestablement cette évolution institutionnelle marque une étape dans la volonté du Maroc de moderniser son système politique, et d’éviter de tomber dans les travers de printemps arabes qui déchantent.

L’actualité économique marocaine est, elle aussi, marquée par des changements certes plus subtils mais tout autant significatifs pour les observateurs. Ainsi, l’arrivée d’un nouveau Président à la tête de la Société Nationale d’Investissement (SNI), bras armé de la holding royale (SIGER), marque la fin d’un cycle de reconstruction. Commençons par SIGER. Sous l’impulsion de Mohamed Mounir el Majidi, Président de SIGER – comprendre le Monsieur Colbert de Mohammed VI – c’est toute la puissance financière de Mohamed VI qui a été réorientée vers des secteurs de croissance avec la volonté très gaullienne de faire naître des champions nationaux. Et de fait, 10 ans plus tard, SIGER et SNI ont accompli leur mission et les deux structures jouent aujourd’hui un véritable rôle de fonds souverain. Une capacité d’investissement qui accompagne Mohammed VI et le Maroc dans leurs nouvelles ambitions en Afrique subsaharienne.

Une telle évolution correspond à des enjeux essentiels, qui vont bien au-delà du seul Maroc et de son économie. A cet égard, rappelons que le Maroc, comme la plupart des économies émergentes, a connu une croissance importante au cours de la dernière décennie. Son économie s’est fortifiée, permettant de réduire la pauvreté, même si elle connaît des faiblesses, au premier rang desquelles un taux d’activité inférieur à 50%, parmi les plus faibles des pays émergents.

Premier enjeu, la consolidation d’un pôle de stabilité au Maghreb. Ce point est tout à fait essentiel, pour la France et pour l’Europe, compte tenu des difficultés importantes que connaissent l’Algérie, la Lybie et dans une mesure moindre, la Tunisie, incapables, de fait, de jouer un tel rôle.

Deuxième enjeu, dans la continuité logique du précédent, le rôle essentiel que le Maroc peut et doit jouer pour favoriser, en lien avec l’Europe, le développement africain. Il est clair que l’Europe, contrairement aux BRICS, Chine en tête, n’a que très insuffisamment pris acte de la montée en puissance de l'Afrique, trait majeur du siècle qui commence. Rappelons à cet égard quelques chiffres (en dollars) : des besoins en infrastructures évalués à 100 milliards par an couverts à 50%, un marché de la consommation de 600 milliards en 2013 (estimé à 1000 milliards en 2020), des investissements directs étrangers en forte croissance et atteignant 43 milliards en 2013 (144 milliards en 2020), une population d'un milliard d'habitants (2 milliards prévus en 2050). Pour toutes ces raisons, l'Afrique est à l’évidence, un enjeu majeur pour des économies européennes matures et confrontées à une baisse du sentier de croissance potentielle.

Troisième enjeu, plus profondément, le rapport entre développement politique et développement économique. Chacun comprend que le monde émergent, à rebours d’une certaine naïveté qui a prévalu après la chute du mur de Berlin et qui a nourri l’idée d’un modèle unique calqué sur la démocratie de marché nord américaine, est à la recherche d’une voie médiane : concilier le développement économique accéléré et une évolution vers plus de liberté qui demeure respectueuse de structures politiques, démographiques et sociales délicates et anciennes. Le printemps arabe et son lot de désillusions, contre-révolutions ou échecs économiques, ont montré, si besoin en était, qu’un tel équilibre est difficile à trouver. C’est tout l’enjeu de l’évolution actuelle du Maroc, une évolution positive, que la France doit accueillir favorablement et soutenir fermement.

Au total, il est clair que le Maroc se place plus que jamais au cœur du développement de l’Afrique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la 9ème session du Forum pour le développement de l’Afrique, s’y est tenu au mois d’octobre dernier, et ce, pour la première fois, en dehors de son siège à Addis-Abeba.

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