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Cette Histoire que les Français n’apprennent plus : petite leçon de patriotisme

Publié le 21 septembre 2014
Dans son nouvel ouvrage, "l'Histoire de France de l'ombre à la lumière" (Flammarion) l'historien Dimitri Casali dénonce les pans entiers d’Histoire que les Français n’apprennent plus à l’école de la République. Il revient en outre sur le drapeau tricolore et son "rapt" par le Front National et met en perspective le patriotisme des Français en 1914 avec celui d'aujourd'hui. Des vérités qui font mal... Extrait (1/2)
Dimitri Casali, historien et directeur de collection, est l’auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages historiques, notamment : Qui a gagné Waterloo ? Napoléon 2015 (6 mai 2015, Flammarion), L’Histoire de France de l’Ombre à la Lumière (Flammarion 2014),...
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Dimitri Casali
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Dimitri Casali, historien et directeur de collection, est l’auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages historiques, notamment : Qui a gagné Waterloo ? Napoléon 2015 (6 mai 2015, Flammarion), L’Histoire de France de l’Ombre à la Lumière (Flammarion 2014),...
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Dans son nouvel ouvrage, "l'Histoire de France de l'ombre à la lumière" (Flammarion) l'historien Dimitri Casali dénonce les pans entiers d’Histoire que les Français n’apprennent plus à l’école de la République. Il revient en outre sur le drapeau tricolore et son "rapt" par le Front National et met en perspective le patriotisme des Français en 1914 avec celui d'aujourd'hui. Des vérités qui font mal... Extrait (1/2)

POLITIQUEMENT INCORRECT

Mourir pour la patrie

Le fait de mourir pour la patrie ne fait plus sens pour les nouvelles générations élevées dans le confort matériel. L’esprit de sacrifice, le sens du devoir et de l’honneur sont des valeurs à replacer dans le contexte de l’époque, en évitant de plaquer nos représentations mentales actuelles sur celles de nos aïeux. C’était un monde avec des valeurs très différentes d’aujourd’hui, où la guerre restait l’horizon quotidien des gens. Certes, la Grande Guerre fut une boucherie – on ne le répétera jamais assez –, mais d’autres aspects sont occultés par les tenants du politiquement correct. Le patriotisme était ancré dans les mentalités, transmis de génération en génération et inculqué avec bonheur par l’école de la République. L’Église, au tournant du siècle, jouait aussi un rôle majeur ; les notions d’obéissance, de discipline y étaient prégnantes.

Par ailleurs, il faut rappeler qu’à l’époque la mort était omniprésente, les exécutions capitales restaient fréquentes et avaient encore lieu sur les places publiques. Les foules s’y pressaient pour assister au spectacle. Cette pratique perdure jusqu’en 1939, date de son interdiction. Enfin, le syndrome de stress post-traumatique, dont on sait aujourd’hui qu’il affecte plus ou moins chaque combattant, n’était pas encore diagnostiqué.

Entre 1914 et 1918, six cents soldats furent "fusillés pour l’exemple". Il est vrai que certains le furent injustement, il y eut des erreurs judiciaires lors des conseils de guerre des tribunaux militaires, dont le but principal était de museler, d’écarter toute tentative de mutinerie. Il faut dire cependant que parmi les condamnés se trouvait une proportion d’espions et de criminels endurcis. Non seulement il serait absurde de rouvrir leurs dossiers militaires – beaucoup sont vides ou ont disparu –, mais comment porter un jugement avec nos valeurs d’aujourd’hui ? Depuis l’Antiquité, les soldats acceptent la justice militaire, perçue comme indispensable pour maintenir la discipline. Les témoignages des poilus s’inscrivent dans cette continuité millénaire ; ils écrivent souvent en évoquant les fusillés : « c’est terrible, mais… ». Celui qui tourne le dos à l’ennemi est considéré comme un lâche ; il n’y a pas de pire déshonneur pour un soldat que de s’enfuir lors d’un combat.

D’après W. Bürger, Bombardement de la cathédrale de Reims par l’artillerie allemande, v. 1914, gravure, coll. part. © akg-images

LEÇON PERDUE DE L’HISTOIRE DE FRANCE

La disparition des héros

On assiste depuis plusieurs années à un surinvestissement mémoriel de la Première Guerre mondiale, avec une multiplication de livres, de mémoires, de films, de documentaires. Pourtant, les grands généraux français font l’objet d’un véritable mépris de la part de l’intelligentsia française – ce qui est loin d’être le cas dans les autres pays. Souvent injustes, ces jugements de valeur sont aussi disproportionnés, comme vis-à-vis du maréchal Foch, auquel on reproche son aveuglement quant au rôle de l’aviation ; il est pourtant facilement compréhensible eu égard aux capacités techniques des appareils de l’époque. La personnalité de Foch, catholique fervent dans une France laïque et volontiers anticléricale, permet de montrer que la République est parfois capable de faire fi des convictions pour placer aux plus hauts postes les gens les plus compétents. Foch a probablement été le Français le plus populaire entre 1918 et sa mort en 1929, mais il est aujourd’hui totalement oublié dans les manuels scolaires français. Ceux-ci développent sur des pages entières le génocide arménien de 1917, l’oeuvre du peintre expressionniste allemand Otto Dix ou encore la bataille de Verdun, mais sans citer une seule fois le maréchal Pétain. Cette aberration pédagogique est absurde, car comment comprendre l’arrivée au pouvoir du maréchal en 1940 sans évoquer le héros de la Première Guerre mondiale ? Et comment faire comprendre aux élèves le basculement de l’opinion publique à l’égard de Pétain, de 1940 à 1944, quand son impopularité et son antisémitisme avéré accélèrent le processus qui fait de l’ancien héros un traître à sa patrie ?

Depuis une trentaine d’années, le processus d’héroïsation des héros de la Grande Guerre a totalement muté. Désormais, il concerne uniquement le "poilu", considéré en tant que victime de guerre. Le soldat souffrant a ainsi remplacé le général victorieux célébré depuis l’époque romaine. Le corollaire de cette évolution est que le soldat-victime n’est plus le citoyen patriote, au sens antique du terme, tel que le résumait le vers du poète latin Horace : "Il est doux et glorieux de mourir pour sa patrie." Charles Péguy, en 1913, a repris ce thème, qui conservait alors une signification particulière pour les soldats : "Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle…"

Extrait de "l'Histoire de France de l'ombre à la lumière", de Dimitri Casali, publié chez Flammarion, 2014.

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yeneralobregone
- 21/09/2014 - 21:07
@assougoudrel
quand j'étais à la communale, dans les années 70, si un élève poussait le bouchon un peu trop loin , il avait droit au " couloir " : l'instite le sortait de la classe pour lui " redresser " les idées à coup de claque sans que les autres puissent regarder... souvent , il revenait avec une lèvre éclatée. s'il se plaignait le soir à ses parents, il risquait souvent une deuxième salve à domicile... aucun n'en ait mort. aujourd'hui, l'instit risquerait la tolle ... j'ai un cousin instituteur qui a eu droit à la visite de la gendarmerie pour avoir mis un ( leger ) coup de pied au cul à un de ses éleves. maintenant, il laisse faire ...
assougoudrel
- 21/09/2014 - 17:56
Avant mai 68, à l'école
il y avait les leçons de civisme, calottes et coups de baguettes si on on faisait les cons. Puis, il a été interdit d'interdire, j'ai été branleur, alors que j'étais loin d'être mauvais. La gauche s'est emparée de l'instruction et on voit ce que ça donne aujourd'hui. il n'est pas difficile de trouver le coupable.
yeneralobregone
- 21/09/2014 - 14:46
avec les français d'aujourd'hui
toujours pret à se plaindre et à exiger leurs " droit " , biberonné par le " gouvernemaman de l'état providence, ce n'est pas 15 jours que l'on tiendrait contre l'armée allemande, mais 15 minutes ... étant sportif, et faisant un métier difficile, quand " j'en chie " et que j'ai envie de lacher, je me remémore la retraite de russie, et je me dit que ma situation est quand même enviable par rapport à ceux qui ont vécu cela ...