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Les mensonges les plus incroyables de l'Histoire : qui a vraiment gagné la guerre de cent ans ?

Publié le 05 juin 2014
Le livre de Philippe Valode et Luc Mary revient sur près d’une centaine de mensonges historiques qui ont eu – et ont encore ! – la vie dure. Extrait de "Les mensonges le plus incroyable de l'Histoire", publié aux éditions de l'Opportun (2/2).
Luc Mary est un écrivain et historien. Il a notamment écrit Mary Stuart, la reine aux trois couronnes (l'Archipel, 2009) et Jeanne d'Arc (Larousse, 2012). Il a aussi coécrit avec Philippe Valode Et si... Napoléon avait triomphé à Waterloo ? L&...
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Philippe Valode est écrivain et éditeur. Ancien directeur de la revue Actualités de l'Histoire, il est l'auteur de Les Présidents des Etats-Unis (L'Archipel, 2005). Historien diplômé en sciences politiques, il est spécialiste de la période...
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Luc Mary est un écrivain et historien. Il a notamment écrit Mary Stuart, la reine aux trois couronnes (l'Archipel, 2009) et Jeanne d'Arc (Larousse, 2012). Il a aussi coécrit avec Philippe Valode Et si... Napoléon avait triomphé à Waterloo ? L&...
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Philippe Valode
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Philippe Valode est écrivain et éditeur. Ancien directeur de la revue Actualités de l'Histoire, il est l'auteur de Les Présidents des Etats-Unis (L'Archipel, 2005). Historien diplômé en sciences politiques, il est spécialiste de la période...
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Le livre de Philippe Valode et Luc Mary revient sur près d’une centaine de mensonges historiques qui ont eu – et ont encore ! – la vie dure. Extrait de "Les mensonges le plus incroyable de l'Histoire", publié aux éditions de l'Opportun (2/2).

Lourdes défaites à l’Écluse, à Crécy et à Poitiers

Édouard III, le fils d’Isabelle de France, fille de Philippe IV le Bel, revendique le royaume de France, puisque les trois fils du roi français sont morts sans héritiers. Dès 1337, il engage la guerre, en appuyant la révolte des Flandres de Jacob van Artevelde contre les Français. Il cherche, ainsi, en privant les ateliers flamands de laine anglaise, à briser la puissance économique française qui repose, en partie, sur la florissante industrie des draps de Gand et de Bruges.

Philippe VI de Valois est un roi courageux : après sa brillante victoire de Cassel de 1328 face aux révoltés flamands, il ne craint pas d’affronter l’Angleterre. Il sait son pays riche en hommes avec quinze millions d’habitants alors que les Anglais doivent combattre loin de leurs terres avec une population ne dépassant pas quatre millions d’individus. Philippe IV le Bel lui a laissé une flotte remarquable. Aussi envoie-t-il deux cents nefs, depuis l’arsenal de Rouen, contrer le débarquement anglais. Assistée par des conseillers génois, la flotte est dirigée par Béhuchet et Quiéret. Hélas, non seulement les deux hommes ne s’entendent guère, mais le premier est un financier et le second un corsaire. Ils sont bien incapables de diriger une flottille de cette dimension. Ils la positionnent dans l’estuaire de la Zwin, devant Bruges, en face de l’Écluse. Au lieu d’écouter les Génois qui conseillent un affrontement avec les Anglais en haute mer où la vélocité des nefs françaises devrait leur donner un avantage décisif, ils préfèrent enchaîner leurs navires les uns aux autres. La bataille navale se déroule le 24 juin 1340. Criblés de flèches, ne pouvant manoeuvrer, ne répondant que par des tirs d’arbalètes trop espacés, les Français doivent affronter un corps à corps où ils sont inférieurs. Environ quinze mille Français sont ainsi massacrés : seules une vingtaine de nefs et leurs deux mille hommes qui ont refusé de s’enchaîner, parviennent à se dégager. Capturés, les deux amiraux français sont pour le premier, pendu à un mât et pour le second, décapité sur le bastingage de son navire. Assurément, Édouard III ne fait pas la guerre en dentelle. Cependant ce grand succès ne profite guère au roi anglais car son homme lige en Flandre, Artevelde, est bientôt exécuté par ses anciens partisans.

En juillet 1346, Édouard III débarque en France à Saint-Vaast-la-Hougue avec l’intention de s’emparer de Rouen. Mais il doit bientôt fuir devant l’ost français qui menace de l’encercler. Aussi décide-t-il de combattre son adversaire à Crécy, dans la Somme, le 26 août. Philippe VI ne parvient pas à se faire obéir de ses troupes. Son arme secrète, « l’arbalétrerie » génoise, se révèle un fiasco, les cordes des arbalètes se trouvant distendues à la suite des orages. Et la lourde cavalerie française effectue des assauts désordonnés repoussés par des pluies de flèches expédiées par les archers gallois. Sans doute les Français comptent-ils cinq mille tués, soit approximativement un combattant sur trois. Quant aux huit mille Anglais, ils ne perdent que quelques dizaines d’hommes.

Cependant, se jugeant trop faible, Édouard III ne poursuit pas les Français : il se dirige vers Calais et en fait le siège. Il lui faut près de neuf mois pour prendre la ville remarquablement défendue par Jean de Vienne. Ainsi, dès 1347, les Anglais disposent-ils avec Calais, jusqu’à la fin de la guerre de Cent Ans (qui dure jusqu’en 1453), d’une base solide pour leurs opérations en France.

Dix ans plus tard, Édouard III laisse ses fils, le Prince Noir (Édouard prince de Galles) et Jean de Gand (duc de Lancastre), conduire des raids sanglants, pour le premier depuis Bordeaux vers l’Auvergne, le Berry et la Touraine, pour le second depuis la côte, en Normandie. Le roi Jean II est décidé à les briser. Il s’avance jusqu’à Poitiers, débordant les six mille hommes du prince de Galles, contraint d’accepter le combat. La retraite vers Bordeaux est coupée. Cerné sur le plateau de Maupertuis, l’Anglais est perdu. Il doit combattre à un contre deux ou périr de faim et de soif. Mais le roi Jean est chevaleresque : il ne veut pas d’une victoire trop aisée. Il ordonne l’assaut contre l’avis de son entourage. Placée sur la hauteur, l’archerie anglaise massacre la cavalerie française qui ne peut charger que par un étroit sentier, avant que l’Anglais n’attaque le roi de France dans la plaine. Abandonné par une partie de ses troupes, le roi Jean est finalement capturé avec son fils Philippe. Les pertes françaises sont beaucoup moins élevées qu’à Crécy, peut-être de deux mille hommes.

Privée de roi, la France va connaître une période sombre. Le dauphin Charles, futur Charles V, doit affronter les états généraux dont il a besoin pour voter l’impôt. Il faut, en effet, tant payer la rançon de Jean II retenu captif en Angleterre que reconstituer une armée digne de ce nom.

Le redressement de Charles V

Après avoir brisé la révolution parisienne conduite par Étienne Marcel, le dauphin Charles, qui se révèle un homme énergique et rusé, signe avec l’Angleterre, en 1360, le traité de Brétigny qui fixe la rançon de Jean II à trois millions d’écus et le territoire anglais au tiers du pays français (Aquitaine jusqu’aux Pyrénées et au Massif central, région de Calais, Ponthieu inclus).

Dès la mort de son père en 1364, le nouveau roi, Charles V, après avoir dû reconnaître Jean de Montfort comme nouveau duc de Bretagne (1365) – il lui prête serment –, engage une active guérilla contre le Prince Noir qui contrôle la vaste principauté d’Aquitaine. Appuyant les revendications du comte d’Armagnac, il entreprend une reconquête progressive des territoires perdus, avec l’appui de son connétable, du Guesclin. Ces actions de guérilla sont couronnées de succès, même si à la mort du roi, en 1380, les Anglais tiennent encore solidement Bordeaux, Bayonne et Calais.

En raison des graves problèmes rencontrés par Richard II en Angleterre, le temps est plutôt à la trêve entre les deux nations. Puis c’est au tour de la France d’être en proie à la guerre civile, la démence du roi Charles VI déclenchant une lutte féroce entre les Bourguignons de Jean sans Peur et le duc d’Orléans, Louis, frère du roi en titre. Après l’assassinat de Louis d’Orléans par son rival, Bernard d’Armagnac reprend le flambeau des Valois. La lutte entre Bourguignons et Armagnacs est si intense que les deux parties en viennent à rechercher l’alliance anglaise.

Un roi anglais en France

En 1415, le nouveau roi, Henri V, se décide à la guerre : il entend imposer une double monarchie anglo-française sous son égide. Il débarque en France avec douze mille hommes. Aussitôt l’ost français, privé toutefois d’une fraction importante des troupes bourguignonnes dont Jean sans Terre refuse l’engagement, vient l’affronter à Azincourt, le 24 octobre. Il y subit une terrible défaite, perdant près de trois mille soldats. La défaite d’Azincourt affaiblit les Armagnacs qui ont perdu nombre des leurs sur le champ de bataille du Pas-de-Calais. Aussi, en 1418, les Bourguignons parviennent-ils à s’emparer de Paris, faisant un grand massacre d’Armagnacs, dont Bernard VII. Cependant, le dauphin Charles, futur Charles VII, est parvenu à s’enfuir, échappant aux Bourguignons. Devant l’avancée rapide des troupes anglaises qui ont achevé la conquête de la Normandie et se dirigent désormais vers Paris, partisans du dauphin Charles et Bourguignons se rapprochent. Mais, prenant sa revanche du meurtre de son oncle, Louis d’Orléans, le dauphin Charles fait assassiner le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, au pont de Montereau, en 1419. Rejetés dans l’alliance anglaise, les Bourguignons obtiennent du roi Charles VI qu’il exhérède son fils. Ainsi déshérité, le futur Charles VII devient l’unique résistant, suivi par toute la France du Centre et du Sud, au traité de Troyes signé en 1420 entre Philippe le Bon, le nouveau duc de Bourgogne, Charles VI et le roi anglais Henri V. Ce traité prévoit de confier à titre perpétuel la couronne de France au roi Henri V, dès la mort du roi Charles VI. Henri V épouse alors Catherine de France, fille de Charles VI, qui lui donne très vite un fils, le futur Henri VI.

Mais la situation du dauphin Charles est moins désespérée qu’il n’y paraît : le riche Languedoc lui fournit des subsides pour lever une armée, alors que dès 1422, Charles VI et Henri V quittent ce bas monde. Le nouveau régent, frère du roi défunt, le duc de Bedford, exerce la régence au nom du tout petit Henri VI. Il obtient avec difficulté des renforts, car la guerre pèse déjà lourdement sur les finances anglaises. Aussi se décide-t-il à tenter d’abattre le dauphin Charles, en cherchant à le repousser au sud de la Loire, pour le prendre en étau entre Bourgogne et Guyenne. Et il lui faut faire vite car il ne peut supporter une guerre longue, faute de moyens.

Le 22 mars 1421, l’armée écossaise du dauphin Louis inflige une dure défaite au duc de Clarence, frère du duc de Bedford, à Baugé. Non seulement, le duc est tué, mais il perd près de quatre mille hommes, dont plus de cinq cents prisonniers. Deux ans plus tard, les Anglais prennent leur revanche à Cravant, le 23 juillet 1423 : l’armée française y affronte les Anglo-Bourguignons. Principalement composée d’Écossais et d’Espagnols, elle est écrasée, laissant trois mille tués sur le terrain et un millier de prisonniers.

L’affrontement le plus important de la guerre de Cent Ans se déroule le 24 août 1424, à Verneuil- sur-Avre. Alors qu’ils se sont emparés de Verneuil et qu’après la terrible charge des cavaliers lombards qui a pulvérisé le front anglais ils semblent avoir la victoire en main, Français et Écossais se désunissent. Ils sont finalement vaincus par le duc de Bedford en personne qui n’aligne que huit mille hommes face à ses quinze mille ennemis. Bedford prétend avoir compté plus de sept mille cadavres franco-écossais mais il minimise ses propres pertes, certainement assez lourdes, pas moins de trois mille hommes, car la bataille a duré toute la journée. Aussi, avec probablement huit mille tués, la bataille de Verneuil est-elle, bien que souvent ignorée, la plus meurtrière de la guerre de Cent Ans.

Le miracle de Jeanne

Fort de son succès (encore faut-il remarquer que les défaites de Cravant et de Verneuil ont lieu en terre anglo-bourguignonne, à la suite d’offensives françaises), Bedford entend en profiter. Il décide, dès 1428, de porter un coup de butoir décisif contre Orléans, pour rompre la ligne de défense du futur Charles VII sur la Loire. Bien défendue par Dunois, avec soixante-dix canons et deux cents combattants d’élite, Orléans est difficilement prenable. D’autant que le capitaine anglais, Salisbury, dispose de forces insuffisantes. Après la défaite française de Rouvray-Saint-Denis, dite également « bataille des harengs », due à la désunion entre l’Écossais John Stuart et le comte de Clermont, qui a permis aux Anglais de se ravitailler, Orléans semble à bout de souffle. La survenance de Jeanne d’Arc réveille l’esprit de résistance français. Le 29 avril 1429, précédant l’armée de secours, Jeanne fait son entrée par le fleuve. Dès le 4 mai, les Français reprennent la bastide Saint-Loup, puis le 6, celle des Augustins. Les Anglais de Suffolk décident de se retirer. Alors l’avancée française est irrésistible : Jargeau, Beaugency tombent entre leurs mains, avant que, le 18 juin, les troupes anglaises en fuite ne soient sévèrement vaincues à Patay, perdant deux mille cinq cents hommes et des centaines de prisonniers. La marche du roi Charles vers Reims où il se fait couronner permet d’obtenir la reddition de villes puissantes comme Troyes. Mais le roi ne veut pas risquer inutilement ses troupes. Dès l’échec du premier assaut devant Paris, il abandonne la partie. Il ne veut plus de guerre ouverte, mais est décidé à séparer Anglais et Bourguignons. Il n’est pas sans avoir constaté que l’alliance avec l’Angleterre n’a rien rapporté à la Bourgogne.

L’offensive généralisée de 1450

Le 21 septembre 1435, Philippe le Bon signe la paix d’Arras avec Charles VII. Il en obtient Auxerre, Mâcon, Bar-sur-Seine, Péronne, Montdidier, Roye, Luxeuil…

Dès lors, seul face aux Anglais, Charles VII accomplit des progrès rapides. En 1436, Richemont s’empare de Paris. Ayant brisé le soulèvement féodal de la Praguerie en 1440, Charles VII signe une trêve avec l’Anglais à Tours en 1444. Il en profite pour mettre sur pied de grandes réformes militaires, créant une artillerie modèle et de grandes compagnies à cheval permanentes (sept mille hommes), sans oublier l’archerie.

Ayant reconquis Le Mans dès 1449, Charles VII entreprend la reconquête de la Normandie. Il reprend Rouen dès le 4 novembre 1449, puis écrase des forces anglaises récemment débarquées le 15 avril 1450 à Formigny. Les Anglais perdent près de trois mille huit cents tués et laissent douze cents prisonniers entre les mains françaises. En juillet, Caen tombe, avant que Cherbourg ne se rende le 12 août 1450.

Débute alors une seconde offensive contre la Guyenne et Bordeaux qui s’achève le 19 octobre 1453 par la prise de Bordeaux, après une série de désastres militaires anglais dont le plus significatif est sans conteste celui de Castillon (mille hommes tués et quinze cents faits prisonniers).

Ainsi s’achève cette guerre de Cent Ans qui aura duré cent treize ans, par une victoire totale des troupes de la monarchie française. Les rois d’Angleterre ne conservent plus que Calais en France (jusqu’en 1553) !

La France sort donc victorieuse d’un conflit où, par deux fois, sous Jean II et sous Charles VI, elle a failli sombrer. La supériorité démographique française est pour beaucoup dans ce succès, car l’occupation de la France est inaccessible à un pays dont les ressources financières et militaires s’avèrent bien trop faibles. Par ailleurs, beaucoup de victoires anglaises sont dues à de graves défaillances du commandement français et non pas à une pensée stratégique anglaise d’exception. Dès que le commandement français est de qualité, il remporte les affrontements.

Extrait de "Les mensonges le plus incroyable de l'Histoire",  Philippe Valode et Luc Mary, publié aux éditions de l'Opportun, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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Chateaubriant
- 30/05/2014 - 08:56
ils sont où les soi disants mensonge ?
ce monsieur ne fait que réciter le programme d'histoire de CM1, il est où le problème ?