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Protection de la vie privée : ce que l'on gagnerait à compter sur les entreprises
Publié le 09 avril 2014
Il est désormais évident que nos conversations virtuelles ou réelles font l'objet d'une observation intensive. Par les Etats d'une part, mettant en avant des raisons stratégiques, et par les entreprises d'autre part, qui ont un besoin croissant de données sur nos modes de consommation. A choisir, c'est vers les entreprises que notre confiance doit se tourner.
Olivier Babeau est essayiste et professeur à l’université de Bordeaux. Il s'intéresse aux dynamiques concurrentielles liées au numérique. Parmi ses publications:   Le management expliqué par l'art (2013, Ellipses), et La nouvelle ferme des...
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Olivier Babeau
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Olivier Babeau est essayiste et professeur à l’université de Bordeaux. Il s'intéresse aux dynamiques concurrentielles liées au numérique. Parmi ses publications:   Le management expliqué par l'art (2013, Ellipses), et La nouvelle ferme des...
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Il est désormais évident que nos conversations virtuelles ou réelles font l'objet d'une observation intensive. Par les Etats d'une part, mettant en avant des raisons stratégiques, et par les entreprises d'autre part, qui ont un besoin croissant de données sur nos modes de consommation. A choisir, c'est vers les entreprises que notre confiance doit se tourner.

Des révélations d’Edward Snowden sur l’ampleur ahurissante de la collecte des données personnelles par la NSA aux écoutes étonnantes des conversations entre notre ancien président et son avocat, les derniers mois n’ont pas manqué d’illustrations éloquentes du rapport pour le moins compliqué entre pouvoir de l’Etat, vie privée et numérique. Plus personne ne peut désormais ignorer que nos communications et nos moindres actions sur Internet — et de plus en plus dans la vie réelle — font l’objet d’une observation intensive. Alors que les Etats ont des raisons stratégiques à agir, les entreprises ont de leur côté un besoin croissant de nos données pour nous offrir des produits et services de plus en plus performants. Sommes-nous pour autant condamnés à perdre le contrôle de nos données ? La bataille de la vie privée est-elle déjà perdue ? Sans doute pas, si l’on fait confiance aux entreprises plutôt qu’aux Etats — injonction paradoxale pour un Français, j’en conviens.

Il faut d’abord le rappeler, les Etats n’ont annoncé aucun moratoire convaincant de leurs pratiques d’espionnage massif — même si l’intention affichée d’Obama paraît aller dans le bon sens. Les entreprises, quant à elles, n’ont qu’un véritable maître : le marché. Et celui-ci pourrait bien être, pour peu que le consommateur le veuille, un formidable incitateur au respect de notre vie privée.

Les entreprises cherchent par vocation à fournir des biens et services auxquels des acheteurs potentiels accordent de la valeur. Si le contrôle de nos données personnelles devient un enjeu à nos yeux, alors des entreprises vont émerger pour nous y aider. Lors de son discours donné par visio-conférence au Texas le 10 mars Snowden a évoqué le nécessaire développement du chiffrement des données qui aujourd’hui circulent à découvert sur les réseaux. Or, il faut le dire, ce sont des acteurs comme Google, Facebook, Twitter ou Yahoo qui ont pour l’heure développé des mécanismes de chiffrement servant à protéger les cyberdissidents dans les pays les moins démocratiques. Le chiffrement par l’ensemble des acteurs du web des échanges s’affirme de plus en plus comme l’enjeu de demain, ce que le Premier ministre français a d’ailleurs lui-même appelé de ses vœux !

Autre exemple de tendance intéressante pour le contrôle de notre vie privée : le règlement européen sur la protection des données personnelles cherche à consacrer un droit à la portabilité des données. Il permettra à tout moment à un particulier de reprendre ses données dans un format ouvert et, au choix, de les conserver sur un ordinateur ou de les apporter à un service concurrent. Or plusieurs grands acteurs du numérique ont d'ores et déjà mis en oeuvre ce droit, qui s’annonce comme un futur pilier de notre vie numérique. Par ce contrôle et cette portabilité, la règle du marché jouera à fond puisque le consommateur pourra décider à tout moment de quitter un acteur au profit d'un concurrent dès lors que ses services sont moins pertinents ou tout simplement si un déficit de confiance s'installe.

Signe des temps : certaines offres comme le BlackPhone de Deutsche Telekom commencent à faire de la protection des communications et des connexions de ses abonnés (notamment en empêchant la géolocalisation) un argument commercial. Dans le domaine des services aux entreprises, ont peut citer encore le cas de STMicroelectronics qui a lancé récemment un module de sécurité avancée censé renforcer la fiabilité des réseaux intelligents notamment en offrant une meilleure protection contre les attaques et tentatives d’intrusion.

Nous le savons désormais, nos données sont une matière première précieuse dont l’exploitation est créatrice de valeur. Nous pouvons accepter de les livrer gratuitement sur Internet, bien conscients que nous achetons en réalité ainsi différents services dont nous bénéficions. Mais nous pouvons aussi refuser de le faire, le prix que nous attachons à notre vie privée devenant ainsi l’objet d’une émulation nouvelle entre les entreprises pour satisfaire à notre volonté de protection. Dans ce cas, nous pouvons faire confiance à l’esprit d’entreprise et à l’innovation pour faire émerger rapidement des solutions particulièrement efficaces qu’aucun gouvernement n’aurait l’intérêt ni la capacité de promouvoir. Il serait ainsi temps que les citoyens réalisent que leurs alliés objectifs dans le contrôle de notre vie privée sont ainsi moins les Etats que les entreprises, pour peu qu’ils en témoignent réellement la volonté.

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