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Revue de presse des hebdos

Valeurs actuelles se paye Macron (et égratigne Fillon) ; L'Express vise Retailleau ; Le Point , L'Obs et Challenges alignent Hamon ; Algérie : mystère sur la succession Bouteflika ; Strasbourg, laboratoire d'Erdogan ; DSK, business en Afrique

Et aussi : Mélania Trump se languit dans sa cage dorée à New York, et les nouveaux critiques littéraires sont des "youtubeurs "...

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Presque tout a été dit et écrit sur le "retour" de François Fillon, qui a pulvérisé les ébauches de "plan B" échafaudés pour lui substituer un autre candidat de la droite et du centre à la présidentielle. A en croire l'Express, si François Fillon a "tenu", c'est grâce au vendéen Bruno Retailleau, le patron du groupe LR du Sénat, président de la région Pays de Loire, qui a fait ses classes en  politique sous la houlette de Philippe de Villiers. "Depuis que les ennuis ont commencé Bruno Retailleau, 56 ans, répond présent. Jamais il n'a cru à une alternative. Pour lui la légitimité du vote de la primaire est le bien le plus précieux, rien ni personne ne peut s'y opposer". Et le mag cite François Fillon qui loue "la fidélité et la loyauté "de son ami. Mais, celui qui est surnommé "le chanoine" au QG du candidat, "n'est pas un enfant de choeur". Au lendemain de la primaire, il aurait pu récupérer la direction des Républicains; il pousse Bernard Accoyer. Laurent Wauquiez qui est donc rétrogradé apprécie peu. "Il cherche à éliminer tout ce qui lui fait de l'ombre". C'est un reproche que lui adressent nombre de ses compagnons. Avant l'affaire, il éloigne les gens de Fillon. Après l'affaire, il essaie... d'éviter que les gens ne s'éloignent de Fillon.

Le 1er mars, (-jour où on a appris la convocation de François Fillon chez le juge), au cinquième étage d'un QG sous le choc, Bruno Retailleau et la communicante Anne Méaux gardent le dernier réduit autour de François Fillon. Filtrant l'accès au candidat, ils repoussent ceux qui le pressent de renoncer. Thierry Solère, le porte-parole venu la jambe dans le plâtre est éconduit. D'après un ex-pilier de la campagne, "tout le système ne tient que grâce à lui. S'il n'est pas là, il n'y a plus rien. Il tient sa puissance de l'absence des autres, il a une dureté idéologique que j'ai rarement vue". D'après un sarkozyste (également anonyme), c'est un "faux cul".Dans sa région des Pays de Loire on lui reproche son "national conservatisme". Lui se défend d'être "un fou furieux fanatique", mais revendique ses convictions .Mais constate l'Express : "s'il est celui qui a le mieux tenu, la faiblesse du candidat a contraint ce dernier à modifier ses plans: les plus fidèles ne sont jamais les mieux récompensés. Depuis quelques jours François Fillon élargit son équipe à ses adversaires d'hier : François Baroin, Luc Chatel, même Laurent Wauquiez à qui François Fillon a déclaré " si, il y a deux mois, on m'avait dit que l'un de ceux qui se seraient le mieux comportés avec moi, ce serait toi, je n'aurais pas signé en bas à droite".

Ceux qui sont partis

Le Point rapporte les explications de la démission du directeur de campagne de François Fillon, Patrick Stefanini et ses deux adjoints: Sébastien Lecornu et Vincent Leroux : "Nous avons martelé aux journalistes l'engagement de François Fillon de quitter la campagne s'il était mis en examen; et soudain il décide de n'en faire qu'à sa tête, on ne pouvait donc pas continuer". Challenges écrit que  François Fillon, "en remodelant son équipe de campagne, a choisi de promouvoir un carré de fidèles au lieu d'essayer d'élargir ", et qu'en réalité "le candidat s'appuie sur un cercle rapproché : la communicante Anne Méaux, Henri de Castries, Antoine Gosset-Grainville et la plume Igor Mitrofanoff. C'est avec eux, en amont, qu'il fixe sa stratégie. On les surnomme " la secte".

Benoît Hamon, le frondeur frondé

Le Point, l'Obs, et Challenges reviennent sur le parcours de Benoit Hamon qualifié tour à tour d'''apparatchik en chef", de "frondeur frondé"(- à son tour puisque une grande partie du PS, Manuel Valls en tête refuse de le soutenir). Le candidat PS à la présidentielle "peine à rassembler et sa campagne patine", se désole (un peu) l'Obs. Celui qui "n'a jamais rêvé d'être président de la République" et qui "récuse la notion d'homme providentiel" est salué par tous les mags pour ses qualités de "redoutable manoeuvrier. Depuis qu'il a fait ses classes au cabinet de Michel Rocard à Matignon, il a grimpé tous les échelons de l'appareil socialiste sans que ses camarades y prêtent vraiment attention : les gens ne le voient pas venir car lui-même ne se voit pas venir. Ce sont les circonstances qui font de lui ce qu'il est aujourd'hui, et c'est sain. Ca ne l'enferme pas dans une obsession de sauveur suprême. Il est authentique, pétillant, transmet du positif" dit de lui son "pote" Pouria Amirshahi, député des Français de l'étranger (L'Obs). Le Point a passé au peigne fin son parcours  depuis son passage au cabinet de Michel Rocard à Matignon. Le mag décrit comme "malin", celui qui a fait du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) un mouvement autonome et ... frondeur avant l'heure. " Pas un seul président du MJS n'a été nommé sans son accord" écrit le mag citant "un cadre du PS. Pas moins de cinq anciens patrons du MJS travaillent actuellement à Paris pour qu'il puisse, au soir du 7 mai, accéder à l'Elysée. Personne n'est dupe: Benoit Hamon n'est pas le favori des hebdos. Challenges revient sur les " trois chiffons rouges" de son programme, dont la dernière version "enrichie, dixit son QG, édulcorée, selon Solférino": distribuer le revenu universel, renégocier la dette, sortir du nucléaire". Et le Point va plus loin en publiant une tribune des Gracques qui parlent de " désastre annoncé" à propos de la renégociation de la dette. D'ailleurs ces défenseurs "d'une vision réformatrice de la gauche", ont choisi :"Emmanuel Macron a notre soutien"!

Macron, sa face cachée

"Il a troqué ses costumes sur mesure du couturier français Lagonda pour du demi-mesure. Maintenant que le voilà candidat, il évite d'apparaître dans les restaurants les plus en vue de la capitale, comme économe de son argent et inquiet que son image d'ancien banquier le poursuive au point de contrarier ses plans". Valeurs Actuelles qui s'intéresse à la "face cachée du candidat Macron "taille un costard sur mesure à celui" qui a un sourire en guise de programme. Des mots creux qu'il enfile comme des perles, des évidences qui suscitent pourtant l'enthousiasme et provoquent des commentaires enfiévrés de ses soutiens. Chez Macron tout n'est que verbiage, mais personne ne songe à lui en faire grief" déplore le mag qui a trouvé des détracteurs de choix, Aquilino Morelle, le conseiller de l'Elysée banni qui explique que Macron, c'est Hollande en mieux. C'est à dire en pire". Et le banquier Philippe Villin estime que "Emmanuel Macron est un menteur permanent, un imposteur qui vend du vent. Le "ni de droite ni de gauche que défend le candidat d'En Marche ! porte probablement en germe un risque de régime autoritaire au visage faussement souriant"."C'est bien là le paradoxe pour V.A.: alors que la sécession entre le peuple et les élites n'a jamais été aussi grande, que, élection après élection, les Français manifestent leur défiance vis à vis du pouvoir, voilà qu'ils semblent prêts à élire le dernier avatar d'un système qu'ils rejettent". Le mag s'interroge sur "l'argent de Macron" et publie une interview non, nominative de "l'équipe de campagne" qui annonce qu'Emmanuel Macron a effectué" une nouvelle déclaration de patrimoine qui sera publiée avant le premier tour ". En attendant, le mag réussit, via Macron, à donner un coup de patte à François Fillon: pour lui "l'aventure personnelle d'un fol ambitieux inexpérimenté, selon les mots d'un de ses détracteurs, n'a jamais été proche de réussir. Cette possibilité est d'autant plus grande que la droite est en miettes, chaque jour un peu plus troublée par les révélations qui accablent François Fillon et le révèlent sous un jour insoupçonné". A bon lecteur ...

Algérie,  l'après Bouteflika

Le Point a enquêté sur les "Secrets de l'après Bouteflika" à Alger. "Au pouvoir depuis 18 ans, dont le mandat arrive à terme en 2019, Abdelaziz Bouteflika, qui vient de fêter ses 80 ans, n'est pas immortel. Et si ceux qui l'entourent ont en commun de considérer sa succession comme un sujet tabou, c'est en grande partie parce qu'aucun consensus n'a été établi pour lui trouver un remplaçant. Dans le cas d'une disparition brutale" (sachant que le président vit dans une résidence médicalisée), deux options sont avancées : la première consiste à suivre la voie règlementaire, du moins en apparence. Abdelkader Bensalah, 75, dont le visage rond et le double menton masquent l'âme d'un tueur politique, un des fidèles de Bouteflika, président du Conseil de la Nation, assume la charge de chef de l'Etat durant 90 jours au maximum durant lesquels une élection présidentielle sera organisée. En réalité, le candidat du pouvoir aura été auparavant désigné par le président. Ou bien on choisira celui qui aura rassemblé assez de consensus au sein du sérail". En l'absence d'un tel consensus, un autre mécanisme pourrait être actionné : la gestion d'une période transitoire serait confiée à l'armée en la personne de son patron, Ahmed  Gaïd Salah". Même le très opposant Ali Benfis a appelé l'armée à être le garant de la transition. Autre piste envisageable, d'après le Point Bouteflika " se présente pour un cinquième mandat. "Il faudrait pour cela modifier la constitution algérienne qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Impossible pour les uns, possible, pour les autres qui avancent qu'"un fauteuil roulant n'a jamais empêché Roosevelt d'être un grand président". Et le mag de citer un "cadre du FLN qui reconnait que le jeu est fermé : Tout le monde dit que l'Algérie n'a pas de scénario de succession. Mais c'est faux! Nous avons deux plans. Le plan A, comme Abdelaziz. Et le plan B comme Bouteflika".

Strasbourg et Erdogan

Au moment où les dirigeants turcs font campagne avec des fortunes diverses en Europe pour le référendum constitutionnel, (- 62,97% des ressortissants turcs enregistrés au consulat de Strasbourg votent pour l'AKP, le parti  du président), on découvre dans Le Point "l'influence de l'islam politique turc dans le Grand Est". Le ministère des Affaires Etrangères turc dispose d'un relais officiel en France, l'Union des affaires turco-islamiques de Strasbourg ( Ditib). En vertu d'un accord franco-turc, la structure gère 250 lieux de culte musulmans et accompagne les 151 imams fonctionnaires rémunérés par Ankara dans l'Hexagone. En parallèle, le Ditib prévoit d'ouvrir une faculté libre de théologie islamique en France. Mosquée, centre d'hébergement pour imams, bibliothèque, maison des arts de l'Islam, salle de sport, crèche, écoles, collège et lycée privé confessionnels, internat, restaurant, boutiques, centre d'enseignement de l'islam… Le campus de Hautepierre sera à l'image de la place que souhaite occuper la Turquie dans le monde : grandiose. Depuis 2002, le président islamo conservateur s'est lancé dans la diplomatie religieuse. Personne n'avait imaginé que le réveil nationaliste religieux le long du Bosphore viendrait perturber l'équilibre  alsacien et aujourd'hui la belle entente entre la ville et la structure est rompue. "L'islam turc est devenu politique alors qu'il n'aurait rester que religieux, nous ne l'avons pas vu venir" jure un élu PS strasbourgeois". A Strasbourg, "des partisans d'Erdogan sont venus se faire entendre et des échauffourées ont éclaté... le Point cite le directeur du cinéma l'Odyssée qui se définit contre l'islamisme et contre l'islamophobie ", qui affirme :" les arrangements des politiques, ici comme ailleurs, sont condamnés à subir un effet de boomerang". Et, conclut le mag "à Strasbourg le boomerang est en train de revenir".   

Melania Trump, la solitude à New York

"Un drame de la solitude se joue au sommet de la Trump Tower". C'est ainsi que débute l'article que l'Express consacre à la nouvelle première dame des Etats-Unis, dans une vaste enquête sur le nouveau président des Etats Unis . "Trump est dingue, mais l'Amérique le soigne" titre le mag en couverture . Portraits de ses  collaborateurs, étude de sa personnalité et enquête sur l'opposition citoyenne "qui fait de la résistance ", et ....enquête sur la first lady  qui "serait " prisonnière de sa cage dorée. "Après l'inauguration du 20 janvier, elle a attendu 21 jours avant de remettre les pieds à Washington. Elle a rompu avec la tradition en s'abstenant d'accompagner la femme du Premier ministre japonais Shinzo Abe dans ses visites d'agrément. Une absence d'autant plus remarquée que Laura Bush et Michelle Obama avaient toutes chaperonné Akie Abe lors des précédents séjours dans la capitale". Pour Melania ce n'est vraiment pas la joie. "Elle déteste sa nouvelle vie", confie une proche de la famille au magazine people US Weekly. L'ex-mannequin était le mois dernier au centre des conversations de la Fashion Week. Tom Ford, Marc Jacobs et Philip Lim ont déjà fait savoir qu'ils se refusent à habiller le top modèle de 1,80 mètre de hauteur. Depuis Hollywood, où les discours anti-Trump de Meryl Streep et de Madonna font les gorges chaudes des convives des soirées people, Melania est devenue la persona non grata de l'Amérique branchée. Moins people, l'enquête que l'Obs consacre aux clandestins aux Etats-Unis, qualifiés de criminels par Donald Trump, et raconte comment la solidarité s’organise,"au-delà des groupements de défense des latinos..."avec des avocats, des habitants "qui préparent spontanément des refuges pour les immigrés en danger ..., voire la police de certaines villes qui "ne veut pas jouer les auxiliaires dans la chasse aux clandestins. D'autant sur le taux de criminalité de ces derniers, contrairement à ce que prétend le président, est inférieur de moitié à celui de la population en général".

DSK l'Africain

L'Express touche apparemment un sujet sensible puisque "ni DSK ni sa conseillère Anne Hommel n'ont daigné répondre aux sollicitations du mag": l'ancien patron du FMI fait du business en Afrique. Avec une plume trempée dans le vinaigre, le mag raconte qu'il a rencontré le président du Sénégal "à quelques encablures d'un building résidentiel du quartier dakarois Sicpa-Liberté 1 que convoite Nafissatou Diallo" (vous voyez de qui on parle ) "puisque celle -ci a investi dans l'immobilier local l'essentiel du capital reçu, via une transaction financière négociée, en contrepartie de l'extinction de l'action en justice intentée pour viol. En Afrique, DSK conseille aussi, moyennant de confortables émoluments le président du Togo :" par quel prodige la magie DSK opère-t-elle encore, en dépit des casseroles qu'il trimballe et des fiascos semés dans son sillage?. Piètre gestionnaire, DSK n'a pas, depuis son crash de mai 2011 ruiné que sa réputation. Il a aussi apporté sa caution à des montages hasardeux, contribué à la débâcle de clients fortunés, hypnotisés par son bagout et son culot. Et le mag de conclure "cruel constat : c'est encore sur le continent noir que les marabouts au teint plus ou moins pâle soignent le mieux leur ego endolori. Peut-on aussi, grâce aux sortilèges du bois sacré, y patiner à la feuille d'or une carrière fracassée? Pas sûr.".

YouTube et la littérature

Sur YouTube, on ne trouve pas seulement des conseils pour la mode, le maquillage ou la cuisine. Si les ados se remettent à la lecture, c'est parce que des "booktubeuses "leur donnent des conseils"… et "les éditeurs ont repéré ces prescripteurs d'un nouveau genre qui "touchent un autre public ". Et font grimper les ventes de vrais livres ...

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