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Emploi : les ravages de l'absentéisme, le carnage du chômage ; l'islam se déchire : comment est né Daech ; l'Europe ne s'accorde pas : le phénomène des migrants ou l'échec de nos politiques post-coloniales
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Revue de presse des Hebdos

Emploi : les ravages de l'absentéisme, le carnage du chômage ; l'islam se déchire : comment est né Daech ; l'Europe ne s'accorde pas : le phénomène des migrants ou l'échec de nos politiques post-coloniales

Et aussi : la transition digitale va-t-elle créer des emplois ou en détruire ? ; l’arabe du futur... C'est la revue de presse des hebdos, par Sandra Freeman.

Sandra Freeman

Sandra Freeman

Sandra Freeman est journaliste et productrice.

 

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L’absentéisme au travail : symptôme des souffrances de la fonction publique

Une série de silhouettes noires, dessinées sur fond jaune avec ce titre : "Fonctionnaires, les ravages de l’absentéisme"… c’est la couverture de L’Express, cette semaine. Le mal est réel, dans les ministères, les hôpitaux, les collectivités locales, "les absences désorganisent les services, coûtent cher à nos finances et épuisent les agents", recadre le journal. Le mal est réel, oui, mais il est aussi global. Le constat est bien partagé mais les analyses des causes et des conséquences divergent… Si on empile souvent des idées toutes faites, L’Express va plus loin et cherche des vrais chiffres.

Première surprise début 2015 : après avoir enquêté sur la véracité des arrêts maladie dans la fonction publique, le ministère de Marylise Lebranchu a relevé que le taux d’arrêts injustifiés est de 6% pour les fonctionnaires… Mais il est "de 10,8% dans le privé". Bien plus élevé !

En fait, notifie l’hebdomadaire, que ce soit le public ou le privé, c’est "la pénibilité des métiers qui est une des clefs". Alors concentrons-nous sur la pénibilité dans la fonction publique : "La fonction publique nourrit son propre malheur. Dans un monde où les perspectives de carrières sont limitées, où la mobilité est quasi inexistante, avec des chefs peu impliqués… l’absence est le mode de contestation de plus en plus couru". Pour sûr, "absence de plaisir au travail et absence - tout court - sont liés" !

Et ou est-ce que ça se fait le plus ressentir dans la fonction publique, alors ? A l’hosto et dans les collectivités locales.  A l’hôpital, la situation est devenue explosive avec "la tarification à l’activité" qui a "précipité nombre d’établissements dans une situation financière désastreuse et a rendu très difficile le remplacement  du personnel absent". Pour avoir une idée de l’effet produit sur l’ensemble des hôpitaux, selon Force ouvrière, "la hausse des arrêts maladie entre 2008 et 2011 équivaut à la perte de 10 000 emplois".

L’Education nationale connaît aussi de réelles difficultés : "En matière de remplacement longue durée (plus de 15 jours), le ministère affiche un taux de remplacement de 89,4% en 2012".  Cela, c’est assez positif. "En revanche, il se révèle totalement impuissant face aux absences de courte durée, un véritable fléau", qui mine le moral de tous, des élèves aux parents en passant bien sûr par les chefs d’établissement… Tout cela "déstabilise le système et plombe la réputation des enseignants", conclue le journal.

Et pourquoi parle-t-on d’absentéisme dans les collectivités locales (au delà des départements ou des communes) ? ce n’est pas lié à la pénibilité particulièrement. Selon les explications de L’Express, ça proviendrait entre autres du "clientélisme des élus qui embauchent à tour de bras pour asseoir leur socle électoral mais négligent ensuite le suivi du personnel".

La ville particulièrement mise en avant dans le papier de l’Express est Montpellier, où le personnel municipal "détient le record d’absentéisme des grandes villes françaises" : la facture totale de l’absentéisme, pour les contribuables montpelliérains peut être évaluée à environ 3,5 millions d’euros chaque année.

Et je finirai volontiers avec ce dessin humoristique signé Mix &Remix, qui illustre le papier : "Lutter contre l’absentéisme… c’est trop de boulot".

Mais du boulot, y en a-t-il vraiment ? La question du chômage est aussi un sujet récurrent dans nos journaux cette semaine et Challenges se concentre d’ailleurs en Une sur "Internet et l’emploi".

La transition digitale va-t-elle créer des emplois ou en détruire ?

Pour Challenges, le numérique peut créer des jobs en masse, même si le magazine rappelle que "les experts sont divisés ; seule certitude, le numérique bouleverse toute l’économie". L’expert à qui ils offrent la parole la plus forte est Nicolas Colin, 38 ans, associé fondateur de la société d’investissement "TheFamily". C’est sa photo en couverture de ce numéro. Son credo : "Le digital peut créer des empois massivement… à condition qu’il en ait le droit". Il donne pour exemple le préfet du Nord qui a interdit UberPop et commente : aujourd’hui, "on préfère la défense d’un ordre établi à la création de nouveaux emplois". Et d’expliquer notre mentalité française de la sorte : "Nos dirigeants regardent souvent le monde des start-up comme un bac à sable sympathique où des enfants s’amusent (…) Tant que ces nouveaux acteurs sont petits tout va bien ; dès qu’ils déstabilisent les filières ou des champions nationaux… ça coince !"

Des idées d’emplois dans le numérique ? Challenges évoque des jobs de développeurs, de designers, d’ingénieurs, cite de nouveaux mots comme Content curator, architecte big data, growth hacker… L’ambition étant de saisir l’opportunité "de sortir par le haut de plusieurs décennies de crise et de chômage de masse".

Le chômage reste une exception française

De son côté, le Point qui revient en couverture sur la question du Latin et du grec et propose de faire "l’inventaire avant liquidation", aborde aussi la question du chômage dans l’édito de Nicolas Baverez. Il l’affirme : "Le chômage reste une exception française". Et il va même plus loin : "Tout a été tenté en France pour lutter contre l’emploi, mais rien n’a été entrepris pour lutter contre le chômage". De fait, les chiffres sont inquiétants et "plus que jamais, la France s’affirme comme la terre d’élection du chômage permanent". Rappel des chiffres : à la fin d’avril 2015, elle compte 3,54 millions de chômeurs de catégorie A et 5,64 millions de personnes à la recherche d’emploi. L’éditorialiste de commenter que "le chômage est un cancer qui détruit non seulement l’économie mais la société et la nation. Il bride la reprise".

Mais de la reprise et du chômage, qui a la main sur l’autre ? "Ce n’est pas la reprise qui a réduit le chômage. Ce sont les réformes qui ont déclenché la reprise", tranche Baverez et le "retour au plein-emploi dans les pays développés résulte des réformes"… Sauf chez nous, ironise-t-il : "Dans un contexte de reprise mondiale, Hollande aura tenu la gageure de créer 64 2000 chômeurs et de détruire 300 000 emplois".

La lutte fratricide entre sunnites et chiites : matrice de "l’Etat islamique"

"Pourquoi l’Islam se déchire ?" c’est la question que pose L’Obs en revenant sur la guerre fratricide des enfants de Mahomet : sunnites/chiites. Le magazine retrace donc l’Histoire de cette religion en remontant au Prophète et à sa succession, la première fracture sans doute. Aujourd’hui, selon l’Obs, les sunnites représentent à peu près 1400 millions de personnes, alors que les chiites en comptent entre 150 et 200 millions et de commenter : "Dieu est un mais l’islam est pluriel. L’umma, la communauté forte de 1,5 milliard de croyants, se répartit en trois grands ensembles : dont les sunnites à 85% et les chiites entre 10 et 15%".

Mais si aujourd’hui, les événements se multiplient, des attentats de mosquées chiites dans le nord-est de l’Arabie saoudite à la guérilla houthiste au Yémen financée par l’Iran… Le magazine apporte des réponses fouillées à ces questions : qu’est-ce qui oppose ces deux branches de l’islam ? Ou à quelle époque et sur quels fondements se sont-elles constituées ?

Même si dès le début, les modèles se sont développés différemment entre les imams chiites et le modèle califal sunnite, "les deux catégories vont en réalité se construire progressivement" retrace l’Obs. Le rôle des Etats théocratiques l’Arabie saoudite et l’Iran sont majeurs. Ainsi, le 16 janvier 1979, le régime pro-américain du chah qui s’effondre en Iran et le retour d’exil de Khomeini est fondamental dans l’Histoire contemporaine. Puis vint Saddam Hussein, qui ressuscite tous les préjugés anti iraniens.

C’est ainsi que d’étape en étape, à partir de 2013, "un nouvel acteur fait son apparition dans le nord-est de la Syrie : l’Etat Islamique en Irak et au Levant, plus connu sous l’acronyme de Daech. Ses principaux cadres viennent de l’Irak voisin".

Et l’arabe du futur ?

Les Inrockuptibles continuent la frise chronologique avec le dessinateur Riad Sattouf et "l’arabe du futur, le retour", sa nouvelle BD. Il explique au journal, qu’il y a quatre ans, rattrapé par l’actualité et la guerre en Syrie, il décide d’explorer sa propre jeunesse,"une enfance forcément particulière, écartelée entre la Lybie, la Syrie et la Bretagne". Et il poursuit : "Au moment où la guerre a débuté en Syrie, une partie de ma famille vivait encore à Homs… Alors j’ai tenté de les faire venir en France mais je me suis heurté à l’administration"… Et à Riad Sattouf de faire remarquer : "les gens pensent que la France est une terre d’asile dans laquelle n’importe qui peut entrer facilement. Ce n’est pas le cas".

Les migrants : un immense naufrage en tous points

Une barque. Une mer calme. Le silence apparemment. Le titre qui accompagne cette photo de couverture de Télérama cette semaine est pourtant "Le cri". Comme si le cri qui était poussé par ceux qu’on appelle les "migrants" nous était totalement inaudible. C’est sans doute vrai : "depuis le début de l’année plus de 1800 migrants sont morts noyés en méditerranée. L’Europe n’a toujours pas trouvé de réponse".

Sur les 274 000 personnes entrées illégalement dans l’Union en 2014, 170 000 sont arrivées sur les côtes italiennes. Début 2015, plus de 40 000 migrants ont été secourus. Mais on ne sait pas qu’en faire. Pourquoi ?  Télérama recueille plusieurs témoignages et avis d’experts dont celui de Simona Taliani, anthropologue et psychologue, selon qui "ces migrants montrent largement la faillite de nos politiques militaristes post coloniales, par exemple l’intervention de 2011 en Libye. Les accueillir reviendrait à reconnaître cet échec, et l’Europe n’y est pas prête".

Et combien payent-ils pour arriver en Europe où on ne les désire pas du tout ? L’Obs, à l’aide d’une carte sur les coûts de ces déplacements, explique que "quelques 55 000 migrants sont pris en charge par des passeurs en Afrique pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 150 millions de dollars". Et de détailler le business sur les bateaux, où chaque prestation est tarifée : 200 dollars un gilet de sauvetage, 100 pour quelques vivres, 300 pour une communication téléphonique… De tels investissements pour être traités comme des moins que rien si d’aventure, ils mettent pieds à terre.

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