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De l'art à se pâmer à Amsterdam

Longeant l'Oudezijds Voorburgwal, l'un des nombreux canaux d'Amsterdam, on trouve le chemin d'Art Deli, bâtiment classé que Jessica Voorwinde et Bram Claassen, anciens du monde de la mode, ont reconverti en café dit « artsy ».

Quentin Desurmont

Quentin Desurmont

Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens. Quentin contribue aussi à l’émergence du tourisme de luxe en Europe, il est membre de Traveller Made.

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Même sensibilité, même fascination pour la couleur, mêmes influences. C'est pourtant la première fois qu'ils sont exposés ensemble. Rien que tous les deux ; car ils avaient déjà été réunis à Cologne, en 1912, nous rappelle-t-on. Placardés sur tous les murs, tous les poteaux du Museum Quarter (le quartier des musées) d'Amsterdam, les noms d'Edvard Munch (1863-1944) et de Vincent van Gogh (1853-1890) renvoient à l'exposition que propose actuellement le musée dédié au peintre amoureux des tournesols. L'inauguration a lieu en présence de la princesse Beatrix et de la reine Sonja de Norvège. Passés quelques discours introductifs, on se fraie un chemin entre les flashs d'appareils photo pour rejoindre Axel Rüger, le directeur de l'institution hollandaise

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Six ans qu'il travaille à ce projet, « de concert » avec la conservatrice Maite van Dijk, ainsi que le Munch Museum d'Oslo. « De concert ». Le terme est bien choisi. La visite commence par « Symphonie », dernière salle consacrée au thème de la musique. On est déjà au troisième niveau. Peu importe l'ordre, étant donné le chaos qui transparaît dans l'œuvre des deux artistes présentés. Van Gogh jouait un peu de piano. Quant à la relation de Munch au son, elle se limite à une note que l'on imagine perchée dans les aigus. L'une des versions du « Cri », son tableau le plus célèbre, s'inscrit dans l'accrochage du premier étage, à côté d'une large colonne renfermant une partie de ses écrits.



Si les travaux du peintre norvégien dominent nettement, ils sont constamment associés des compositions van goghiennes. Mais pas que... La présence de Paul Gauguin (1848-1903) offre un autre point de comparaison entre les deux artistes qui, malgré leurs ressemblances, ne se sont jamais rencontrés. Contemporain de Van Gogh (qui, pour la petite anecdote, lui aurait tiré dessus), le maître français n'en a pas moins influencé son cadet scandinave. C'est ce que montre la confrontation de deux tableaux, tels que « Madame Roulin » (1888) et « Mélancholie » (1900-1901). Nonobstant d'intéressants rapprochements, la scénographie semble quelque peu décousue. Un flottement que compense la beauté incontestable des œuvres juxtaposées.



On profite de Munch autant que possible car, contrairement à son père spirituel, il n'est pas autant représenté dans les institutions voisines. En effet, Van Gogh reparaît dès l'entrée du Stedelijk, en tant que chef de l'expressionnisme, l'ensemble des galeries s'articulant autour d'un axe chronologique. Sur les cimaises immaculées se détachent des noms d'artistes internationaux, de Piet Mondrian à Pablo Picasso, en passant par Kasimir Malevitch ou Henri Matisse. À deux pas, le Rijksmuseum, soit l'équivalent du Louvre d'Amsterdam, met la culture néerlandaise en avant. Et pour cause, au cœur de la section « impressionniste » ressort un autoportrait de Van Gogh. Encore et toujours lui !



On quitte le quartier des musées pour rejoindre la vielle ville. Longeant l'Oudezijds Voorburgwal, l'un des nombreux canaux d'Amsterdam, on trouve le chemin d'Art Deli, bâtiment classé que Jessica Voorwinde et Bram Claassen, anciens du monde de la mode, ont reconverti en café dit « artsy ». À un menu fin et équilibré, répond un accrochage temporaire, chapeauté par des conservateurs de renom. La prochaine exposition « Night » est due au même Axel Rüger que l'on a rencontré au musée Van Gogh. Le monde est petit, quand on y pense. Une coïncidence qui atteste la qualité de la programmation en cours et à venir.



Cap sur le nord de la ville, et plus particulièrement sur l'Eye Film Institute. Pourquoi prendre le ferry, le « Buiksloterwegveer », quand peut traverser l'Ij (lac d'eau douce dont le nom, prononcé « aïe », permet un jeu de mots avec « œil » en anglais) à bord d'une navette privée ? Des chaussures traînent sur le parvis de ce monument futuriste blanc. Invités à s'asseoir sur des marches en bois, les visiteurs y oublient souvent leurs affaires. Le restaurant, à gauche, derrière la caisse, offre l'une des plus belles vues sur Amsterdam. C'est pourquoi les tables ont été superposées sur des gradins. Au sous-sol, la rétrospective dédiée à Michelangelo Antonioni se fond dans les recoins de la collection permanente.

Plus de 40 000 films, 700 000 photos, et 70 000 affiches de films ont été réunis depuis sa création dans l'ancien Vondelpark pavilion, en 2010. Les attractions ne manquent pas alentour. On peut créer son propre court-métrage, projeter des vieux films dans des cabines individuelles ou collectives, se prendre en photo sur des fonds thématiques...

 



On ressort dans ce quartier en travaux qui appartenait autrefois à la compagnie pétrolière Shell. Juste en face se dresse un gigantesque immeuble en fin de construction. « LE nouveau lieu hype d'Amsterdam en 2016, avec un restaurant rotatif, une boîte de nuit, des chambres tout confort, et bien d'autres surprises », lance un passant également contemplatif. L'occasion de revenir l'année prochaine.

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