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Enfin une bonne nouvelle pour le climat, les émissions mondiales de carbone n'ont pas augmenté en 2016 : simple pause ou vrai espoir ?

Améliorations technologiques, réglementations plus contraignantes, réduction du secteur industriel, etc. : autant de raisons qui expliquent la stagnation des émissions mondiales de carbone, mise en lumière dans un rapport de l'Administration internationale de l'Energie.

Max Falque

Max Falque

Max Falque est consultant, spécialiste des problèmes d'environnement, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Il a notamment publié un ouvrage sur la régulation de la consommation d'eau par l'échange de droits, L'eau entre réglementation et marché aux éditions Johanet

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Atlantico : L'Administration internationale de l'Energie a annoncé dans un rapport que les émissions mondiales de carbone sont restées stables pour la troisième année consécutive en 2016. Comment interpréter cette nouvelle ? Les émissions de gaz carbonique ont-elles atteint un seuil, ou bien n'est-ce qu'une pause d'une durée indéterminée ?

Max Falque : Ce phénomène correspond au mouvement général de diminution des pollutions dans les pays industriels avancés, à savoir qu’à partir d’un certain niveau de richesse (environ 10 000 dollars annuels par habitant), on observe un retournement de la "courbe environnementale de Kuznets". 

Mais plus précisément, en ce qui concerne le CO2, l’exemple de plusieurs pays laisse penser que les causes sont multiples : améliorations technologiques, réglementations plus contraignantes, etc. Mais le facteur essentiel est la réduction du secteur industriel : ainsi, pour la période 2010-2014, dans 20 pays, le World Resource Institute observe qu’à une baisse de 3% du secteur industriel dans le  PNB correspond une réduction de 15% des émissions de CO2.

On peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’une tendance à long terme qui, progressivement, se propagera aux pays en voie de développement qui, eux aussi, non seulement adopteront des mesures contraignantes mais aussi réduiront la part du secteur industriel dans leur PIB. 

Parallèlement à cette stagnation des émissions de gaz carbonnique, ce rapport souligne le fait que le développement économique global de la planète a évolué. Peut-on, à partir de là, en déduire la part des énergies renouvelables dans la production de richesses ? 

Si, pour l’instant, on ne peut attribuer aux énergies renouvelables la responsabilité de la diminution des émissions de CO2, on peut escompter que leur développement jouera un rôle d’autant plus important que l’on disposera de possibilités de stockage de l’énergie grâce à de nouvelles technologies dont l’hydrogène

En ce sens, la politique allemande de recours massif à l’éolien doit être évaluée dans la mesure où elle implique l’utilisation du charbon pour assurer la continuité de la fourniture d’électricité. En l’absence de saut technologique, on pourrait aboutir à une hausse des prix de l’énergie, un accroissement des émissions carbonées, et in fine à un ralentissement de la croissance économique.

Globalement, on peut escompter un rôle plus important des énergies renouvelables dans la production de richesses pour autant que le coût réel du KW continue à baisser, y compris pour les PVD.

Est-il possible de savoir quels sont les pays qui ont le plus ralenti leur consommation d'énergies fossiles ? Au contraire, quels sont les pays qui l'ont augmentée ?

Les statistiques d’évolution de la consommation d’énergies fossiles ne sont pas disponibles, sauf à procéder à des recherches spécifiques. L’excellent rapport annuel de BP fournit les informations suivantes concernant les années 2014-2015:

- Gaz naturel

La consommation a cru de 1,7%, chiffre significatif par rapport à l’année 2014 ; une consommation médiocre mais inférieure à celle observée sur les dix années précédentes de  + 2,3%. 

Le Moyen-Orient enregistre la plus forte augmentation (6,2%) alors que l’Europe et l’Eurasie déclinaient de 0,3% (cependant, on note une légère augmentation pour l’Union européenne).

Parmi les pays émergents, l’Iran (+ 6,2%) et la Chine (+4,7%) enregistrent la plus forte augmentation malgré un ralentissement de l’économie. Parmi les nations de l’OCDE, ce sont les Etats-Unis qui enregistrent la plus forte augmentation (+ 3%). 

- Pétrole

La consummation globale a cru de + 1,9% contre la moyenne des années passées de + 1%. Cela est dû aux pays de l’Ocde qui avaient, au cours de la décennie précédente, connu une diminution de 1,1%.

La Chine a augmenté sa consommation de 6,3% et l’Inde, avec + 8,1%, est devenue le troisième consommateur mondial, dépassant ainsi le Japon. 

- Charbon

Sa consommation a diminué (- 1,8%) en 2015 dans le monde entier (sauf en Amérique centrale et du Sud). Ce sont les Etats Unis (- 12,7%) et la Chine (- 1,5%) qui enregistrent la plus forte dminution, légèrement compensée par une augmentation en Inde et en Indonésie . On notera que la part du charbon (29%) dans l’énergie primaire ne cesse de diminuer depuis 2005.

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