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Apocalypse tomorrow : les abeilles reviennent... mais il est encore beaucoup trop pour s'en réjouir

Le Département d'Etat Américain a l'Agriculture a publié un rapport qui montre que la population des abeilles d'élevage a connu une progression sur un an au 1er avril dernier. Cette hausse du nombre d'abeilles s'élève à trois pourcents. L'animal pollinisateur pourrait être sauvé de l'extinction.

Serge Gadoum

Serge Gadoum

Serge Gadoum est entomologiste ingénieur écologue, chargé de projet "pollinisateurs sauvages" à l'OPIE (Office pour les insectes et leur environnement). Il a rédigé le Plan national d'action "France Terre de pollinisateurs" pour le ministère de l'environnement. Il en assure son animation

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​Atlantico : Le Departement d'Etat américain à l'Agriculture a dévoilé que le nombre d'abeilles d'élevage a connu une progression de 3% sur un an au 1er avril 2017. Faut il y voir un véritable signe d'encouragements ? 

Serge Gadoum : Il faut distinguer les abeilles domestiques qui sont élevées et les abeilles sauvages. Pour ce qui est de l'abeille domestique et de l'apiculture plus particulièrement, l'abeille domestique aux Etats-Unis est autochtone. C'est une bonne nouvelle dans le sens ou cela vient marquer un frein aux problèmes de déclin des populations. Le chiffre de 3% est une hausse qui n'est pas significative. Il faut attendre d'avoir les chiffres sur trois ou quatre ans pour voir si cette situation se stabilise ou si ce n'est qu'un petit paller qui a été atteint et que la baisse reprenne. Cela reste une étape positive pour l'apiculture américaine. En termes de biodiversité, cela n'est pas spécialement idéakl dans la mesure ou l'abeille domestique n'est pas autochtone. Si elle disparait, ce sera plus un problème socio-économique pour les Etats-Unis. 

Comment expliquer que les syndromes d'effondrements de colonies d'abeilles aient reculé de 27%, toujours d'après le rapport du Departement d'Etat à l'Agriculture ? 

Des pistes sont avancées, mais rien de concret. Les conditions climatiques ont joué favorablement, à cela s'ajoute que le parasitisme qui attaquait les essaims a reculé. L'utilisation des nicotinoïdes par les agriculteurs doit être interrogée. Si une plus petite quantité de ces produits ont été utilisés, cela peut être un facteur qui explique ce chiffre. Mais l'explication principale reste à fournir de façon claire et précise. Les nicotinoïdes sont un des éléments qui rentre en compte dans la composition des pesticides. Leurs effets sont certains mais leur ampleur peut être débattue. Cet effet vient en synergie avec d'autres facteurs. Ces facteurs qui vont ensemble font qu'il n'est pas facile de comprendre ce qui fait qu'un type d'abeille ne va pas résister à certains produits alors que d'autres oui. 

Enfin, on cible beaucoup les nicotinoïdes, mais il ne faut pas oublier de rappeler que d'autres types de pesticides sont utilisés par les agriculteurs et qui sont tout aussi problématiques, voire plus dangereux pour les abeilles. Lorsque l'on traite une maladie du mais, la molécule utilisée est très toxique pour la petite faune. Si un fongicide est rajouté, la mortalité qui est déjà très élevée progresse encore plus. 

Avons nous des moyens de savoir quelle est le nombre d'abeilles d'élevage en France et en Europe ? Comment se portent-elles ? 

Le ministère de l'agriculture possède toutes les données puisque les apiculteurs sont obligés de déclarer leurs exploitations en préfecture. Certains apiculteurs amateurs ne se soumettent pas forcément à ces obligations. Cela ne reste qu'une évaluation. Les facteurs climatiques encore une fois entrent en jeu sur les nombres d'abeilles. Le type d'agriculture présent dans une région dépend du nombre d'abeilles. Cela est variable d'une année sur l'autre. Cela peut aller très bien dans une partie de la France et plus mal ailleurs. On sait que la production de miel est en baisse en France, ce qui est un bon indicateur de la santé du milieu. L'apiculture se porte mal en France. De plus, les pratiques des apiculteurs pose question puisque certains d'entres eux possèdent de petites exploitations mais les autres qui en ont de plus grandes peuvent avoir des maladies qui se développent dans une partie de leurs ruches et ne pas s'en apercevoir assez vite. Cela laisse le temps de décimer des essaims complets. 

Enfin, en France, on est dans une zone ou les abeilles domestiques sont assez présentes, mais des croisements avec d'autres races d'abeilles ont pu être effectués. On a plus d'abeilles noires en France, mais elles diffèrent d'une région à l'autre, que ce soir en Provence ou en Bretagne. 

 

 

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