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Aerochromics a mis en vente trois t-shirts intelligents grâce auxquels – moyennant entre 500 à 625 dollars (450 à 560 euros) - vous pourrez être alertés du niveau de pollution ou de radiation de l'air environnant.
©Aerochromics

La mode au bout des doigts

Vêtements intelligents : comment la technologie risque bien de nous coller à la peau

Initiatives et prototypes se multiplient dans le secteur du vêtement intelligent. Va-t-on finir par porter la technologie comme un gant ?

Le monde qui nous entoure est de plus en plus connecté. Smartphones, fours à micro-ondes, télévisions : nous voletons d'une technologie à une autre. Et pourtant, les objets les plus proches de nous, nos vêtements, en sont encore pour la plupart dénués. Les seules exceptions étant les habits de sport, qui régulent la transpiration et/ou la température. Cependant, ce "vide technologique" ne devrait pas tarder à être comblé. Pour cause, les initiatives et prototypes de vêtements intelligents se multiplient. Voici quelques exemples de technologies qui pourraient bientôt nous coller à la peau.

Le dernier vêtement intelligent en date est celui proposé par Aerochromics. Comme l'explique le site Quartz, l'entreprise américaine a mis en vente trois t-shirts intelligents grâce auxquels – moyennant entre 500 à 625 dollars (450 à 560 euros) - vous pourrez être alertés du niveau de pollution ou de radiation de l'air environnant. Grâce à des capteurs incorporés, ces vêtements révèlent en effet leurs motifs blanc sur fond noir selon le niveau de pollution aux particules fines, celui au monoxyde de carbone ou encore le taux de variation. L'intérêt est limité, puisque ces vêtements ne protègent pas des dangers dont ils vous informent, précise Konbini, mais il s'agit tout de même d'une bonne intention.

Technologie intégrée

Et des bonnes idées, il y en a dans le secteur du textile. Les concepteurs se sont livrés à des prototypes de t-shirts, vestes et jeans toujours plus ingénieux : celui qui change de couleur selon la météo, celui qui ne se salit jamais, celui qui vous fait avoir une posture droite, celui qui prépare votre peau à bronzer, celui qui limite les odeurs de transpiration, celui qui vous protège des coups de couteau, celui qui vous fait ressentir les regards qu'on pose sur vous... Les idées ne manquent pas. L'armée elle-même s'intéresse de près à ces matériaux intelligents : dans le cadre du projet TALOS, les soldats américains pourraient d'ici 2018 s'équiper d'exosquelettes qui en plus de décupler la force physique du porteur de l'armure, résisterait aux balles et aux éclats de shrapnel grâce à un fluide pouvant se durcir brusquement au moment de l'impact. Mais tous ces vêtements n'ont qu'un intérêt limité puisqu'il s'agit de ne les porter qu'en cas de besoin.

Les vêtements connectés, eux, risquent bien de faire réellement partie de notre quotidien. A commencer par celui des sportifs. Durant l'US Open de 2014, le fournisseur officiel et marque de vêtements Ralph Lauren avait expérimenté sur les ramasseurs de balles un t-shirt intelligent conçu par la firme canadienne OMSignal capable d'enregistrer des données biométriques telles que le rythme cardiaque ou encore la fréquence respiratoire avant de les transmettre sur application sur smartphone. Une manière de faire du pied aux sportifs professionnels qui souhaitent garder un œil sur leurs performances.

Révolution textile en vue

Cityzen Sciences est le fleuron de l'industrie textile intelligente française, dont les produits sont semblables à ceux d'OMSignal. Selon son directeur Jean-Luc Errant, interrogé par La Tribune, le vêtement intelligent devrait prendre beaucoup de poids dans la société à l'avenir : "La révolution qui se dessine est la mise en place progressive d'un environnement connecté dans lequel la technologie sera intégrée et invisible. C'est bien à cette technologie de s'adapter aux usages des consommateurs, et non l'inverse. […] C'est pourquoi rendre le textile intelligent - doté de capteurs - et communiquant - connecté à Internet - ouvre des perspectives […] Citons entre autres le sport, la santé et le bien-être, la sécurité des personnes. Mais aussi d'autres moins intuitifs comme l'environnement ou la cosmétique."

Mais encore une fois, quand il s'agit de généraliser une innovation au plus de monde possible, le géant américain Google a un coup d'avance. Dans le projet Jacquard, la firme californienne songe à troquer les fils de couture contre des fils conducteurs. Qu'il s'agisse de vêtements ou de sièges de voiture, il suffirait alors d'effleurer le tissu pour l'activer et lui permettre de se connecter avec d'autres objets, précise Konbini. À terme, l'intégration de l'électronique dans le textile permettra de greffer dans nos vêtements toute une série d'équipements - GPS, lecteur audio, smartphone – mais également de veiller sur notre santé grâce à des capteurs. C'est là que réside le plus gros potentiel du vêtement intelligent.

En 2021, il y aura au total plus de 30 milliards d'objets connectés. Pour veiller à l'acheminement des vêtements en boutique, la startup londonienne Evrythng compte connecter pas moins de 10 milliards de vêtements d'ici 2019. Quelle utilité ? Chaque vêtement aura une sorte d'identité Facebook qui permettra au fabricant de géolocaliser leurs articles tout au long de la chaîne logistique.

Pour le moment, ces vêtements connectés restent chers, voire hors de prix. Mais pas de quoi filer du mauvais coton. Au fil du progrès, ces startups du textile intelligent pourraient bien révolutionner notre manière de nous habiller et tirer les ficelles de l'industrie textile de demain. 

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