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Lumière synonyme de vie ?

Les guerres nucléaires entre extraterrestres pourraient être observées depuis la Terre

La lumière provenant de planètes extrasolaires pourrait aussi indiquer si l'univers abrite d’autres êtres capables de fabriquer des outils.

Dans un récent article du New Yorker, l'historien nucléaire Alex Wellerstein a recueilli le témoignage de plusieurs personnes qui ont vu le flash de la première détonation du premier essai de la bombe atomique tristement célèbre, le 16 Juillet 1945. Trinity était le nom de code de ce premier essai d'une arme nucléaire et réalisé par l'armée américaine dans le cadre du projet Manhattan. Le test fut effectué sur le champ de tir d'Alamogordo à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Socorro au Nouveau-Mexique et démontra la viabilité du type d'arme qui fut utilisé pour le bombardement de Nagasaki le 9 août 1945.

Selon un général, présent ce jour-là, le flash était de plusieurs teintes : "or, pourpre, violet, gris, et la lumière était bleue". Tous les alentours ont été illuminés : "chaque pic, crevasse jusqu'à la crête" d'une chaîne de montagnes à proximité" avec une clarté et une beauté indescriptibles. " Wellerstein raconte que plusieurs témoins oculaires ont décrit la lumière de Trinity comme "cosmique".

Une équipe d'astronomes a récemment tenté de déterminer si la lumière de Trinity pouvait vraiment être cosmique. Cet essai n'a engendré qu'une seule explosion, mais s'il y en avait plusieurs impliquant diverses armes nucléaires, ces derniers pourraient générer suffisamment de chaleur et de lumière pour être vus à partir d'étoiles proches, ou plus loin encore dans la galaxie. Si quelqu'un, bien sûr est là pour observer. 

Il y a des dizaines de milliards de galaxies dans l'univers, chacune d'elle représentant des centaines d'étoiles. Quand les astronomes observent ces étoiles de près, ils les voient scintiller, de la même façon que le soleil tremble lorsque ses planètes satellites tournent autour de lui. Les astronomes voient également ces étoiles perdre légèrement de leur éclat et cette variation se produit à intervalles prévisibles comme si des objets se déplaçaient de façon régulière devant ces étoiles. Les astronomes pensent aujourd'hui que presque toutes les étoiles abritent des planètes. Grâce à des téléscopes ultra-sensibles, ils essaient de faire des cartes en captant leur faible lumière.

En arrivant sur Terre cette lumière indique qu'elle a croisé toutes sortes de molécules pendant son périple à travers l'univers et les garde en mémoire dans son spectre. Si la lumière du soleil traversait l'atmosphère terrestre et s’en allait vers les étoiles, elle voyagerait avec ces données chimiques enregistrées. Si, après quelques millénaires , cette lumière qui a frôlé la terre arrivait dans le télescope d’un astronome, ce dernier serait en mesure de déterminer quelles sortes de produits chimiques étaient présents dans l'atmosphère de notre planète. Il saurait que la vapeur d'eau était présente, et donc la vie aussi parce que l'atmosphère de la Terre contient du méthane, produit par la respiration des milliards d'organismes qui vivent sur la terre. En effet, ce sont précisément ces sortes de "biosignatures" que les astronomes de la Terre espèrent trouver dans les atmosphères des planètes extrasolaires. Ce serait là une avancée exceptionnelle pour la science.

La lumière provenant de planètes extrasolaires pourrait aussi indiquer si l'univers abrite d’autres êtres capables de fabriquer des outils. Après tout, certains des polluants utilisés sur Terre laissent des traces chimiques qui ne pourraient pas exister naturellement. Si l'homme découvre ces polluants dans l'atmosphère d'une planète lointaine, il pourrait en conclure raisonnablement qu’une vie technologique a existé sur sa surface à un moment ou un autre. Et selon Adam Stevens, Duncan Forgan et Jack O'Malley James de l'Institut Carl Sagan de Cornell, il serait même possible de découvrir s'ils ont utilisé leur technologie pour se détruire eux-mêmes.

Ainsi, en juillet , Stevens, Forgan et James ont publié un document dans lequel ils se demandaient à quoi pouvait ressembler une civilisation lointaine auto-destructrice dans la lunette d’un télescope. Pour ce faire, ils ont imaginé plusieurs scénarios de science-fiction très détaillés. Ils ont calculé la luminosité des rayons gamma produits par un échange massif d'armes nucléaires . Ils se sont demandé ce qui arriverait si un agent pathogène se répandait à travers une grande population d'animaux de taille humaine. Quels gaz pourraient remplir l'atmosphère d'une planète, si sa surface était jonchée de cadavres en décomposition ? Et ces gaz seraient-ils détectables sur des distances interstellaires ? Tant de questions au final pas si farfelues.

Mais, Jill Tarter appelle à la prudence. Cette célèbre astronome américaine qui dirige le centre de recherches SETI (recherches d’une intelligence extraterrestre), tient à préciser ce document a certes fait le buzz dans la communauté SETI mais explique aussi que étoiles situées très loin de la Terre brûlent pendant des milliards d'années, envoyant un flux constant de lumière vers la Terre, mais le flash d'une guerre nucléaire peut ne durer que quelques jours. Pour capter sa lumière, il faut avoir un timing très précis. 

Stevens, Forgan et James reconnaissent le caractère éphémère de ce phénomène. Selon leur étude, certains vont durer seulement 30 ans, et d'autres moins. Et même si un signal devait rester pour une centaine de millénaires, il serait encore aussi difficile à trouver qu'une aiguille dans une botte de foin spatio-temporel qu'est le ciel nocturne. L'univers fabrique des planètes depuis des milliards d'années. Les chances de pointer son télescope sur une planète au moment où sa civilisation fait un clin d’oeil sont, selon les mots de Tarter, "bien pire que les chances à Vegas". En France, on pourrait évoquer les chances de gagner au loto, par exemple.

Mais c’est concevable, en particulier en 2015, année qui célèbre le 70e anniversaire de l'essai de Trinity.

Voici des images rares d'une explosion nucléaire qui permettent de se rendre compte de l'impact :

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