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©Olivier DOULIERY / AFP

Bannis

Il n'y a pas que Trump... Les interdictions sur les réseaux sociaux sont courantes. Et loin d'être toujours clairement justifiées

Au-delà du cas du président américain, des citoyens lambda se sont souvent supprimer leurs comptes sur les réseaux sociaux. Mais les abus sont légion.

Anthony Poncier

Anthony Poncier

Anthony Poncier est Docteur en Histoire, membre du collectif Réenchanter Internet et expert en transformation digitale et en stratégies collaboratives. En cette qualité, il accompagne les entreprises dans la conception de leurs stratégies médias sociaux, ainsi que dans la création de leurs réseaux internes.

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Atlantico : Au-delà de Twitter et de Facebook qui ont interdit les comptes de Donald Trump, des citoyens lambda se voient-ils eux aussi interdire leurs comptes ? Est-ce toujours justifié ?

Anthony Poncier : Bien évidemment ! Et, cette situation existe depuis très longtemps. Il faut savoir que si l’on signe des CGU lors de l’inscription, on accepte un règlement. Il vise à imposer un certain nombre de règles pour le bon usage des réseaux sociaux. Dès lors, à partir du moment où l’on ne le suit pas, les réseaux sociaux entreprennent des bannissements ou des suspensions temporaires.

Néanmoins, les abus sont légions. On ne compte plus ceux qui signalent des comptes à Facebook dans le but d’éliminer son adversaire politique. Tout le monde peut alors à un moment ou à un autre subir une suppression de compte, il n’y a pas besoin d’être Donald Trump. Cela peut survenir sur toutes les plateformes et même sur Tinder… Aux États-Unis, un certain nombre de comptes des Proud Boys se sont fait fermés. Pourtant sur Tinder, nous ne sommes pas sûr que ces personnes tenaient tous un discours raciste.

Aujourd’hui, les GAFAM sont dans le viseur du camp démocrate après leur victoire. Ils veulent montrer patte blanche au niveau du nouveau pouvoir en place et il y a une réactivité des plateformes comme il n’y a jamais eu avant sur les contenus déviants.

Y-a-t-il un problème alors au niveau de la liberté d’expression ou même de la simple liberté de poster un contenu ?

La vraie question à poser à propos de ces plateformes est leur position de monopole. Elles sont devenues une porte d’entrée. Lorsque l’on regarde Twitter, le réseau est si important qu’une rédaction sur cette plateforme est équivalente à celle d’un journal diffusé mondialement. S’en passer est impossible aujourd’hui et s’engager dans un conflit avec eux est extrêmement compliqué. L’aspect à ne pas oublier est que TripAdvisor, Airbnb, Uber ou Facebook sont là pour gagner de l’argent. Entre engager et payer une armée de personne pour réguler le contenu et programmer un algorithme de plus en plus performant et plus réactif, le choix est vite fait. Et il est économique.

Comment font-ils alors pour retirer leur contenus ?

Étant donné le nombre de contenu, tout est contrôlé par un algorithme, même s’il y a des modérateurs humains. On ne sait pas comment il fonctionne, les entreprises voulant le garder secret. Les algorithmes deviennent de plus en plus complexe et il y a eu des couacs. Facebook s’est par exemple retrouvé coincé avec deux algorithmes : celui d’origine qui a permi le développement de théories complotistes comme QAnon et le nouveau qui devait bloquer les contenus politiquement problématiques. Ces deux algorithmes se sont opposes dans le contrôle des publications, on voit bien qui a gagné au final... Les militants ont réussi à faire jouer ensemble deux algorithmes l’un contre l’autre avec le résultat que l’on connaît. Même pour les plateformes, le développement d’un algorithme de régulation de contenu est compliqué et cela produit des erreurs.

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