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Pour vivre ou revivre un instant « Ushuaïa », il suffit de prendre l'avion pour Buenos Aires et ses alentours.
Pour vivre ou revivre un instant « Ushuaïa », il suffit de prendre l'avion pour Buenos Aires et ses alentours.
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Grand Large

L'Argentine côté sauvage, l'Ethiopie côté cultes

Mais aussi : découvrez la faune et la flore exceptionnelle de Madagascar, ainsi que celle d'Ushuaïa.

Quentin Desurmont

Quentin Desurmont

Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens. Quentin contribue aussi à l’émergence du tourisme de luxe en Europe, il est membre de Traveller Made.

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Ushuaïa nature

« Vivants, robustes, éclatants de vitalité ». Tels sont les cheveux une fois propres, tels sont les êtres au sortir d'un voyage revigorant. Tout le monde se souvient de ces pubs pour shampoing où la végétation verdoie, les oiseaux piaillent et les jeunes filles se savonnent au rythme de généreuses cascades. Pour vivre ou revivre pareil instant, un instant « Ushuaïa », il suffit de prendre l'avion pour Buenos Aires et ses alentours. Peuplée de 41 millions d'habitants environ, l'Argentine abonde en points d'eau qu'elle partage pour la plupart avec le Brésil. Céder à leur appel, à celui de la nature, n'implique pas qu'il faille nécessairement renoncer à tout confort. Il est complètement envisageable de combiner voyage de luxe et aventure dans le cadre d'un seul et même séjour, ne serait-ce que par le biais de transports privés. Avis aux plus sceptiques : voilà l'Argentine en mode intime, un vrai voyage privé.

« La nature est un temple », comme disait Baudelaire, qui mérite d'être exploré au même titre que musées, théâtres et églises. Un site touristique à part entière. Voilà une bonne raison pour aller évaluer, admirer la force des chutes d'Iguaçu. Pique nique en plein air, parmi papillons et oiseaux exotiques, avant de grimper au faîte de la Gorge du Diable, laquelle offre, depuis ses 90m de hauteur, une vue inénarrable sur les 275 cascades du milieu. Fantastique ! Classées au patrimoine de l'Humanité, les chutes sont considérées plus impressionnantes côté Brésil. C'est pourquoi des chemins et circuits ont été aménagés dans la forêt, afin de pouvoir s'en approcher le plus possible.

Salto avant. Salto arrière. Direction Salta dont les ruelles, places et maisons coloniales contribuent à une atmosphère des plus pittoresques. De là, départ en hélicoptère pour l’estancia Colomé, un hôtel rural de grand confort entouré de vignobles (39 000 hectares) et majestueuses montagnes et qui dispose, outre d'une piscine, d'un spa et d'un tennis, d'un musée d’Art Contemporain consacré à l'artiste nord-américain James Turrell.

Étape suivante : La Quebrada. S'écoulant du nord au sud de la Cordillère Orientale, ce profond canyon coupe une myriade de villages aux accents précolombiens. Le Rio Grande s'y jette en été tandis que les touristes suivent paisiblement son cours pour accéder à las Salinas Grandes, vaste étendue de sel dont l'éclatante blancheur ne manque jamais une occasion d'époustoufler ceux qui se mirent à sa surface. Pourquoi y aller ? Pour voir s'évaporer son reflet à la surface de flots scintillants.

Un peu de sciences à présent. Après l'état liquide, l'état gazeux et enfin l'état solide ; car il s'agit de pousser l'expérience aquatique jusqu'au bout. Au Parc des Glaciers. Perito Moreno, Mayo, Onelli, Agassiz et Mayo, Spegazzini, où rivière et lac se confondent. Tous débouchent sur le Lac Argentin, dont les eaux bleues reflètent une pléiade d'icebergs parfois en plein fonte. Mais, comme on dit, il faut savoir garder le meilleur pour la fin : un panorama exceptionnel sur le glacier Upsala, le plus long et vaste de tous (1 000 km2), se profile au terme de 3h de navigation. Décidément, la croisière s'amuse au-delà des écluses.

Avis aux insatisfaits chroniques : la ville d'Ushuaia qui a donné son nom à une célèbre marque de shampoing se trouve à une heure de vol. C'est donc là, dans le canal de Beagle, que certains pourront se repasser en boucle dans leur tête des extraits de leurs spots publicitaires préférés. Dauphins, baleines et zifides. Toute la faune locale sera au rendez-vous.

L'art de la chute : toute une histoire. Elle travaille non seulement les auteurs, mais aussi la nature qui, en irriguant ses cascades, donne à ces derniers de quoi écrire et aux voyageurs de quoi rêver.

 

Entre faune et flore : la foire de Madagascar

Depuis la sortie du film d'animation produit par DreamWorks, Madagascar est associé à toute une faune : Alex le lion, Marty le zèbre, Gloria l'hippopotame, Melman la girafe... Ces animaux, où les rencontrer ?  Dans la Baie de Diego Suarez, par exemple, découverte par un ou deux, selon le son de cloche écouté, navigateur(s) portugais du même nom. Peuplée de Yéménites, de Somaliens, de Chinois, d’Indiens et Bantoues, elle pavoise aux couleurs d'une civilisation métissée. Divisée en 24 régions depuis 2004, c'est la plus grande ville septentrionale du pays. Soumise à différents micros climats, son paysage arbore plusieurs visages : entre pierre et calcaire, grottes et forêts, fleurs exotiques et plantes médicinales, la région ne souffre d'aucune monotonie. Berger chantait : « Diego libre dans sa tête, derrière sa fenêtre, s'endort peut-être ». Rectifions le tir. Pas le temps de soupirer : à Diego Suarez, on est libre dans sa tête, mais jamais derrière sa fenêtre. La preuve en quelques mots. 

Par association d'idées on arrive souvent à ses fins. Michel Berger – Berger allemand – Allamanda. Tel est le nom de l'hôtel le plus côté de Diego Suarez. Situé en bord de mer et à proximité du centre ville, cet établissement dispose de 24 chambres réparties dans 3 bâtiments. Son restaurant « La Baie » dénonce rien que par son nom le centre d'intérêt principal des lieux. Aux traditionnelles baies utilisées en cuisine, se mêle la perspective de visiter les trois baies de la région, à savoir la baie des pigeons, la baie des dunes, et la baie des Sakalavas.

Une trinité qui s'étend sur 40 km. En route pour les plages de carte postale ! Sable blanc à la clef et eau cristalline dont la transparence se pose comme un véritable appel à la baignade. Deux voies possibles, pédestre ou automobile. Autre alternative : longer la côte, en passant de baie en baie, ou bien partir à la découverte des terres.

Au murmure de la végétation répond le cri d'animaux divers et variés, parmi lesquels 20 espèces de lémuriens, l'Eulemur coronatus, l’étrange Aye Aye, le Lémur Fulvus, de Stanford ou de Bambou, le Microcèbe roux, considéré, au vu de ses 50gr, comme étant le plus petit primate du monde ; d'étonnants mammifères, comme la Galidie Élégante, sorte de petit furet d'une agilité étonnante ; des reptiles et batraciens, tels que le Brookesia tuberculé, estampillé le plus petit caméléon au monde, ainsi que le crocodile du Nil ; des papillons, des chauves souris...

À 37 kms de là, au détour d'un sentier botanique spécialement aménagé en vue de souligner la diversité floristique du Parc national de la Montagne d’Ambre, on rencontre le Cryptoprocta ferox ou Fosa, le plus grand carnivore, à moitié félin, à moitié canin, de Madagascar. Cet endroit exceptionnel abrite également une foultitude de volatiles, soit 35 espèces endémiques, dont le rarissime Ankoay, aigle pêcheur et mangeur de poissons. Encore un record battu, proche des 2, 20 m, sa taille en fait un des plus grands oiseaux de l'île.

Le voilà le « paradis blanc » de Berger. Madagascar, le paradis au sable blanc « où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps », « où l'air reste si pur que l'on se baigne dedans » Et à Diego (Suarez), libre dans sa tête, on peut même « parler aux poissons d'argent ».

 

Croix ou bannière en Éthiopie ?

Ethiopie rime souvent avec pauvreté, guerre et famine. Il est vrai qu'un voyage en Afrique, et plus particulièrement dans cette région, semble souvent insurmontable. D'aucuns appréhendent un conflit politique, d'autres des conditions de vie rudimentaires, entre pannes d’électricité, coupures d’eau, et ainsi de suite. À tort. Au-delà des préjugés, se profilent des paysages magnifiques mêlés à un patrimoine d'une richesse rare. Si les infrastructures touristiques restent à développer, l'histoire demeure, et l'aborder c'est déjà empêcher que les traditions ne se meurent. Désosser l'Éthiopie pour en saisir la chair, voilà le défi à relever lors d’un voyage sur-mesure en Ethiopie. La chair, le corps du Christ. En effet, pourquoi ne pas commencer par l'histoire religieuse ? Ruines, églises et mosquées... Quel luxe de pouvoir surfer entre les cultes.

Début du pèlerinage à Axum, dont l'étymologie trahit le principal intérêt. Classé au Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco depuis 1980, ce site archéologique de renom couvre plus de 2000 ans d’histoire. Son exploration se doit d'être complétée par la visite des thermes de la reine de Saba, des ruines du palais du roi Khaleb qui régna sur l’empire au VIème siècle et du musée archéologique, fort d'une collection d’antiquités datant de l'âge pré-chrétien.

Parfait tremplin pour la découverte de monuments symbolisant l'essor du Christianisme en Éthiopie, à savoir la cathédrale Sainte Marie de Sion dont le complexe comprend l'ancienne église construite par l’Empereur Fasilidas au XVIIème siècle, ainsi que la nouvelle cathédrale érigée dans les années 1960 sous le règne d’Haile Selassie.

Sur la route de Hawezien, les églises défilent au rythme du moteur. Arrêt à Yeha première capitale de l’Abyssinie, où trônent les vestiges du temple de la lune. Construit selon certaines sources par des Sabéens venus du Yémen, c'est l'un des premiers monuments découverts en Ethiopie. Attenante à ce point de repère historique se dresse une église moderne dédiée au saint Abuna Aftse, l'un des pères du christianisme. Le  musée correspondant expose des pierres gravées en sabéen, grec et guèze. Quel brassage culturel ! Et ce n'est pas fini...

Le chemin de croix se poursuit à Gheraelta où se succèdent Abreha we Atsbeha, Beraqit, Debre Mear: Debre Tsion: Degum: Guh: Harerigwa: Hawzien: Korkor, Daniel: Korkor, Mariam, Maaqudi, Papaseyti, Sella. Certaines étant plus accessibles que d'autres, il faut parfois marcher plusieurs heures dans les montagnes. Un kilomètre à pied, ça use, ça use...

Alpha, bêta, gamma... Une gamme de 11 bete (églises en amharic), reliées par un mystérieux réseau de tranchées et tunnels court dans les montagnes de Lalibela. Séparées par la rivière Jourdain, elles se divisent en deux groupes. Au Nord on trouve Bete Medhane Alem, une des plus vastes monolithiques au monde (11.5 m de hauteur, 800 m2, 36 colonnes à l’intérieur et 36 colonnes à l’extérieur) creusés dans le roc. Encore un peu et on se croirait dans Fort Boyard. C'est par un souterrain que l'on accède à l'incontournable triade du site : Bete Maryam, remarquable par ses sculptures, Bete Maskal et de Bete Danaghel, construite en mémoire des 50 vierges martyrisées par l’empereur romain Julien au IVème siècle. À côté, cohabitent  dans une même cour deux églises jumelles Bete Debre Sina et Bete Golgotha, interdite aux femmes.

Quant au groupe Est, il comprend les églises Bete Gabriel-Rufael, Bete Mercurios, ancien tribunal transformé en prison avant d’être reconverti en lieu de culte, Bete Emmanuel, un énorme bloc  de 12 m de haut, et enfin, l’église de Bete Abba Libanos, qui, d'après a légende aurait été bâtie par des anges sollicités par l’épouse du roi Lalibela. Retour en Grèce avec Bete Gyorgis dont la forme s'apparente à une croix orthodoxe.

Reste l'islam, dont Harar  se pose comme la représentante majeure. Malgré ses 82 mosquées et 300 sanctuaires consacrés à des saints musulmans, la ville apparaît comme un véritable creuset de civilisations.

Un séjour riche, sans être ruineux. De toute façon, on s'en fiche. La connaissance n'a pas de prix, même et surtout en Éthiopie, pays indument qualifié de « jungle », où l'on jongle pourtant entre cultes et cultures et ce, au cœur de paysages de toute beauté.

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