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Smart-watch : comment les montres connectées peuvent détecter les problèmes cardiaques

Les avancées technologiques sont telles que demain, d'autres capteurs intégrés ou appariés à la montre pourront "monitorer" tout un tas de constantes biologiques telles que la glycémie ou les gaz du sang dans le cas de pathologies particulières.

La Minute Tech

Publié le
Smart-watch : comment les montres connectées peuvent détecter les problèmes cardiaques

Atlantico : Jeudi dernier, une étude présentée lors de l'événement Heart Rythm 2017 a révélé que l'application Cardiogram, disponible sur l'Apple Watch, peut détecter les premiers signes de maladies cardiaques, parmi lesquelles la fibrillation atriale. Comment cette application est-elle techniquement capable de cela ? 

Gilles Dounès : Enfonçons le clou puisque les choses ne sont apparemment pas claires pour tout le monde, jusque, et y compris, parmi certains experts français de l'informatique : l'écosystème d'Apple est non seulement organisé autour d'un pôle "software", logiciels et systèmes d'exploitation, en même temps qu'un pôle "hardware", matériel électronique, ce qui faisait sa spécificité depuis sa création, et également autour d'un pôle de "services". Ces services – que ceux-ci soient "gratuits", c'est-à-dire compris dans le prix du produit ou payés par la publicité, ou payants, par abonnement – sont inhérents à Internet.

Ils ont été théorisés dès 1995, au moment de l'ouverture au grand public du World Wide Web, auparavant réservé aux universitaires, et Apple a commencé à en tirer les conséquences concrètes à partir de janvier 2000, d'abord avec les iTunes qui sont devenus le service Mac (DotMac) à partir de 2002, puis de façon beaucoup plus éclatante à compter de 2003 avec l'iTunes Music Store, avec le succès que l'on sait.

Le modèle gagnant de l’App Store développé comme la conséquence de la transformation du logiciel interne de l'iPhone en un véritable système d'exploitation, iOS, découle de ce même principe : une intégration très étroite entre le matériel, le logiciel et les contenus, que ceux-ci soient fournis par le constructeur ou les partenaires de son écosystème. Cela a d'abord reposé sur l'iPod, l'iTunes Music Store et les fichiers musicaux (payants) ou les fameux podcasts (gratuits). Le modèle a été, à présent, étendu aux ordinateurs Mac, à l'iPhone, l'iPad, l'Apple Watch ou l'Apple TV pour ce qui concerne Apple, mais ses concurrents (Google, Microsoft, feu Nokia) ont également copié le modèle dans l'urgence, à partir de l'automne 2010.

Très concrètement, voici comment cela fonctionne pour Cardiogram et l'Apple Watch, mais le principe de fonctionnement est le même pour l'ensemble de ce que l'on appelle "électronique à porter sur soi". Le principe du monitoring de l'activité des individus avait même été inauguré par le partenariat Nike + iPod, grâce auquel il était possible de transformer l'iPod en coach vocal pendant la course, puis de débriefer celle-ci et d'effectuer des statistiques grâce aux données collectées par un capteur intégré à la chaussure. Le cable FireWire, puis USB, et l'ordinateur ont tout simplement été remplacés par l'Apple Watch et l'iPhone, et l'Internet filaire par la 3G, puis la 4G dans ce qu'on appelle la "pervasivité des réseaux" : nous sommes à présent connectés en permanence.

On a donc :

des capteurs sur l'envers de l'Apple Watch, qui mesurent l'activité cardiaque en surveillant la fréquence du pouls grâce des photodiodes LED, lesquelles mesurent le flux sanguin.

Les données brutes sont analysées, intégrées et mises à disposition des développeurs de l'application par le biais des API de HealhKit ou de ResearchKit, un ensemble d'interfaces de programmation disponibles dans l'ensemble des kits de développement logiciel mis à la disposition des développeurs par Apple, et spécialement dédiés à la santé et à la recherche médicale. Ces API sont disponibles pour l'ensemble des plates-formes de développement de l'écosystème de la marque à la pomme, au niveau du système d'exploitation : l'ensemble des appareils peuvent donc interagir entre eux de façon totalement transparente.

– Les développeurs de Cardiogram ont utilisé ces API pour recueillir des informations mises à disposition par un panel de volontaires (plus de 6 000 personnes, 139 millions de mesures du rythme cardiaque et 6 338 électrocardiogrammes mobiles). Ces données ont ensuite été analysées par un réseau d'intelligence artificielle de type neuronal, réseau validé ensuite auprès d'un échantillon de 51 patients, avant et après défibrillation : le résultat donné par l'algorithme a été correct à 97 %.

 
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Gilles Dounès

Gilles Dounès a été directeur de la rédaction du site MacPlus.net  jusqu’en mars 2015. Il intervient à présent régulièrement sur iWeek, l'émission consacrée à l’écosystème Apple sur OUATCH.tv, la chaîne TV dédiée à la High-Tech et aux loisirs.

Il est le co-auteur, avec Marc Geoffroy, de l'ouvrage iPod Backstage, les coulisses d’un succès mondial, paru en 2005 aux Editions Dunod.

Vous pouvez suivre Gilles Dounès sur Twitter : @gdounes

 

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