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Cultiver sans herbicides : un enjeu environnemental majeur

Le glyphosate, l'herbicide le plus vendu au monde, est utilisé par une majorité d'agriculteurs dans le monde. Les cultures maraîchères en dépendent et apprendre à réduire son usage est un enjeu environnemental majeur. Cette question devient cruciale avec la probable interdiction de cet herbicide en Europe. Prenons du recul avec l’Association pour une agriculture écologiquement intensive, qui vient d’organiser un séminaire sur le sujet.

La main verte

Publié le - Mis à jour le 6 Février 2017

Affronter la complexité pour cultiver sans herbicides

Lors du Grenelle de l’environnement, il a été convenu de tenter de diminuer par deux la consommation de pesticides en France entre 2008 et 2018… Or à mi-parcours, on avait augmenté de 5 %, et cet objectif a été repoussé à 2025. Beaucoup d’agriculteurs protestent en disant "qu’ils n’ont pas d’autres solutions ", et les écologistes s’énervent !

Avec les interdictions à venir, il faut impérativement mettre en place un ensemble de solutions complémentaires (s’il y en avait une seule, ça se saurait !), et acquérir une nouvelle culture sur le sujet. Tentons de citer quelques agressions qu’on peut inventer envers les adventices, dans le cadre d’une agriculture écologiquement intensive :

- Les dérouter, en allongeant les rotations, et en faisant se succéder plantes à cycles de vie différents (céréales d’hiver et de printemps, légumineuses, etc.) et en particulier des plantes qui se récoltent avant la montée des graines des adventices, ou des plantes qui se développent précocement et étouffent les adventices. On peut également décaler les semis ;

- Les étouffer en couvrant le sol en permanence pour ne pas leur laisser la possibilité d’accéder aux ressources (eau, soleil, etc.), via des plantes de couverture, des cultures dérobées, des faux semis, mais aussi du mulch, du bois raméal fragmenté, ou du paillage, végétal (écorces de pin, de peuplier, coques de cacao, lin, chanvre, etc.) ou minéral (pouzzolane, schiste, ardoise, tuiles concassées, etc.) ;

- Les empoisonner autrement, via des produits naturels utilisés par les agriculteurs bio, par exemple à base de géranium, vinaigre blanc, divers acides gras, huiles de pin, ou les nouveaux bio produits d’imitation de la nature qui vont maintenant arriver rapidement, sur la base de l’allélopathie (mécanismes inhibiteurs de proximité inspirés de certaines plantes qui ont historiquement pu résister à la concurrence en produisant des molécules toxiques contre les adventices). Cette bioinspiration garantit que les molécules sont métabolisables dans la biosphère et qu’elles peuvent donc avoir une fin ultime ;

- Les brûler ou les ébouillanter sélectivement (une solution coûteuse en énergie…). Des techniques de destruction laser arrivent également sur le marché, éventuellement couplées à des drones… ;

- Les faire manger par certains animaux : citons, par exemple, les canards (qui n’aiment pas le riz !) lâchés dans les rizières qui les désherbent impeccablement ;

http://s365327531.onlinehome.fr/wp-content/uploads/2017/01/Canards-dans-une-rizi%C3%A8re.jpg

- Les enfouir durablement (jusqu’à ce que mort s’ensuive). Des expérimentations sont actuellement menées sur l’introduction de plages de 5 années de prairies dans les zones céréalières, après labour. Des éleveurs de ruminants itinérants louent ces terres, qui dans cette période se fertilisent et se débarrassent des graines d’adventices, les rendant ensuite prêtes à une agriculture sans labour ;

- Les arracher sélectivement, à la main, par binage ponctuel (éventuellement guidé électroniquement) ou via des outils comme la herse étrille, la houe rotative, et les robots désherbeurs qui commencent à arriver. 

                 

(Ci-contre RobotOZ, développé par Naiö pour le maraîchage)

La mise en œuvre combinée de ces solutions réclame un raisonnement anticipateur et complexe, et peut être vu comme "un investissement" patient, nécessitant de savoir gérer les risques mais avec un réel espoir d’être de plus en plus efficace avec le temps. Rien ne sera simple dans l’agriculture du futur, mais elle sera passionnante !

 
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  • Par vangog - 05/02/2017 - 13:29 - Signaler un abus La vérité sur le programme social et libéral de MLP!

    Baisse de 33% à 24% de l'impôt sur les sociétés ( neo-marxiste?????), baisse des impôts sur les petits revenus (neo-marxiste????), baisse des taxes d'habitation et foncière (neo-marxiste????), grâce à la suppression de deux étages (pour commencer) du mille-feuille territorial, augmentations des allocations pour personnes âgées, pour adultes handicapés, grâce à une taxe de 3% sur les importations étrangères, quarante annuités pour bénéficier de la retraite avec possibilité pour ceux qui ont travaillé plus tôt de partir à 60 ans, choix de la modernité par le suffrage universel et les référendums populaires, fin de l'islamisation rampante...quel neo-marxisme?...beaucoup de choix libéraux (baisses d'impôts) et beaucoup de choix sociaux (allocations revalorisées des personnes modestes). "Social et libéral"...ça ne vous dit rien? https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/texte-chiffrage-version-finale-.pdf

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Bruno Parmentier

Bruno Parmentier est ingénieur de l’école de Mines et économiste. Il a dirigé pendant dix ans l’Ecole supérieure d’agronomie d’Angers (ESA). Il est également l’auteur de livres sur les enjeux alimentaires :  Faim zéroManger tous et bien et Nourrir l’humanité. Aujourd’hui, il est conférencier et tient un blog nourrir-manger.fr.

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